Accueil Blog Page 453

Comment réussir sa création d’entreprise

Voici quelques conseils complémentaires à l’article sur les étapes avant de se lancer dans le bain de la création d’entreprise !

Partir de l’idée pour développer le projet

Définissez le plus précisément possible, par écrit, votre idée de création d’entreprise. Il s’agit d’analyser l’ensemble des contraintes liées à la mise en place du projet. Vous devez entrer dans les détails afin de déterminer l’ensemble des actions et savoir si vous serez capable de le mettre en œuvre.

Vous devez faire le point sur votre capacité à le réaliser : compétences, motivations et aptitudes à gérer ce projet (contraintes de diplômes, d’expérience professionnelle, familiales, disponibilités horaires).

Bien connaître son marché

Ne négligez pas l’étude de marché car elle constitue une base pour savoir si votre projet est réalisable, pour déterminer votre stratégie de pénétration du marché ou encore vos avantages et différences. Cette dernière doit comporter :

  • une analyse de la concurrence qui mettra en évidence vos points forts par rapport aux autres acteurs du marché,
  • des informations complètes sur vos futurs clients en identifiant le mieux possible leurs besoins,
  • la définition d’une stratégie commerciale même si celle-ci peut faire l’objet d’une section spécifique (implantation, positionnement des prix, stratégie de communication, politique commerciale, mode de distribution).

Chiffrer le projet

Réalisez une simulation financière de l’activité qui tiendra compte d’une approche la plus réaliste possible des charges, des produits, des besoins et des ressources mais aussi de l’impact de certains choix de gestion sur la trésorerie de l’entreprise.

N’hésitez pas à faire des simulations avec un chiffre d’affaires sous-estimé si vous avez un doute et à mettre des charges plus importantes pour vous assurer de la solidité de votre trésorerie. Vous pouvez avoir une très belle idée et projet mais qui met du temps à se mettre en place.

Choisir le statut juridique le plus adapté à votre situation

Auto-entrepreneur, entreprise individuelle, SARL, EURL, SAS ou SA ne doivent plus avoir de secrets pour vous. Malheureusement, la forme juridique idéale n’existe pas !

En fonction des aspects fiscaux, du risque de votre projet, de votre patrimoine, des charges sociales, de la volonté de vous associer et des moyens à mobiliser, optez pour la forme juridique la plus adaptée. Pensez aussi qu’il est toujours possible (mais pas toujours aisément) d’en changer par la suite.

Rédiger le plan d’affaires

Il résume votre projet et vous permet d’aller convaincre vos banques ou partenaires. Le plan d’affaires inclut une partie financière mais valorise également vos connaissances de l’activité et vos atouts pour réussir.

Il permet surtout de faire le point et éventuellement de discuter avec vos associés de votre stratégie d’implémentation sur le marché. Il peut être long à rédiger mais vous donnera du recul. N’hésitez pas à le mettre à jour, surtout les premières années afin de comparer votre avancée avec le réel.

Ne pas hésiter à se faire conseiller et accompagner

De nombreux réseaux d’appui à la création ou d’aide au financement sont à votre disposition pour travailler sur votre projet (Chambre de commerce, chambre de métiers, Boutiques de Gestion, France Active, ADIE…). Vous pouvez également vous adresser aux experts comptables ou aux avocats. L’accompagnement est avant tout une question de recul. N’hésitez donc pas à y faire appel surtout que certaines structures le proposent gratuitement.

Financer le projet

Ne vous lancez pas sans les fonds suffisants pour pouvoir couvrir les investissements mais aussi le fonds de roulement de votre entreprise. De nombreuses entreprises meurent faute de trésorerie qui demeure le nerf de la guerre tout comme le commercial. Si vous n’avez pas les moyens financiers nécessaires pour la réalisation de votre projet, il vous faudra sûrement essayer de trouver de nouvelles sources, parfois même avant la création d’entreprise.

Prendre sa décision

Prenez le temps de faire la synthèse de l’ensemble des données collectées pendant la phase d’étude de votre projet et décidez ou non de vous lancer. La création d’entreprise demande énormément d’énergie et souvent d’y consacrer tout son temps pour qu’elle se développe. Il s’agit donc d’une véritable décision de votre part de vous lancer ou non.

Préparer la gestion de la nouvelle entreprise

Mettez en place les bases d’un suivi comptable rigoureux et construisez des tableaux de bord pour vous aider à gérer votre entreprise au quotidien. Vous devez avoir des indicateurs qui vous permettent de suivre son développement. Si, au début, il est courant de naviguer à vue, il est essentiel de mettre en place les outils que vous utiliserez demain.

Cette année oubliez les bonnes résolutions !

Chaque fin et début de nouvelle année est l’occasion pour beaucoup d’entre nous de démarrer en prenant des bonnes résolutions. Ces résolutions visent généralement à décider de laisser tomber de mauvaises habitudes ou d’intégrer de nouveaux comportements. Les premiers jours nous essayons de nous y tenir mais très vite, malgré nos bonnes intentions, nous revenons à nos comportements initiaux et nos résolutions sont bonnes à ranger aux oubliettes.

Si vous ne décidez pas véritablement de vous y tenir, tout ce qui vous arrive à faire et de faire une évaluation négative de votre personne en vous apportant la preuve qu’une fois de plus « je ne suis pas capable de ». Avouez que démarrer l’année en faisant baisser son estime de soi-même n’est pas ce que vous souhaitiez au départ !

Une question de motivation

En réalité, si nous ne réussissons pas à tenir nos résolutions, c’est qu’elles ne sont que des intentions, des souhaits, des choses qu’on aimerait bien, et qu’elles ne sont guidées que par des motivations intellectuelles et réelles. Les intentions, de manière générale, manquent d’un ingrédient essentiel à leur concrétisation : la motivation émotionnelle.

Alors si cette année était l’occasion de ne pas prendre de bonnes résolutions ou seulement celles auxquelles on tient vraiment ? Parce que le secret du changement réside au cœur de nos motivations, pourquoi ne pas remplacer la liste de vos bonnes résolutions par des objectifs motivants ?

En tant qu’entrepreneurs, les limites entre la vie personnelle et professionnelle sont presque invisibles. Alors pour bien commencer l’année je vous propose un outil plébiscité car il permet très facilement d’identifier des objectifs motivants qu’ils veulent atteindre, ceux qui feront une vraie différence dans leur vie.

Un outil en plusieurs étapes comme alternative

Pour appliquer cet outil je vous invite à prendre 10 minutes au calme. Munissez-vous d’une feuille de papier blanc A4, d’un crayon à papier, d’une gomme, et de post-it.

Étape 1 : Préparez votre support

Dessinez 2 cercles d’environ 4 cm de diamètre l’un au-dessous de l’autre

Le premier cercle représentera votre vie actuelle, et le second votre vie désirée.

Étape 2 : Visualisez-vous aujourd’hui

Vous allez maintenant vous focaliser sur la manière dont vous répartissez les 5 grands domaines de vie dans votre vie actuelle à savoir :

1/ MOI

2/ MON TRAVAIL

3/ MA VIE SOCIALE

4/ MON COUPLE

5/ MA FAMILLE

Prenez le temps de positionner ces 5 domaines dans votre camembert actuel. Choisissez le critère qui vous parle le plus. Certains choisiront le critère « importance » d’autres « temps », d’autres encore « priorité » …

Une fois ce travail terminé, que constatez-vous ? Un domaine que vous lésez et auquel vous aimeriez accorder plus d’importance à l’avenir ? Quel est le domaine qui au contraire occupe une majeure partie de votre vie et qui mériterait d’être diminué ? Quel est celui qui occupe parfaitement l’espace que vous estimez vouloir lui donner ?

Une fois ces premiers constats faits, passez à la troisième étape.

Étape 3 : Projetez-vous vers ce vers quoi vous avez envie d’aller.

Maintenant, il est temps de positionner ces mêmes 5 domaines tels que vous aimeriez les répartir idéalement dans votre vie.

Etape 4 : Fixez-vous des premiers objectifs

Vous devez avoir maintenant deux camemberts en face de vous.

Quelles seraient selon vous les trois choses à faire pour commencer à passer de l’un à l’autre ?

Quels sont ces changements, aussi petits soient-ils, que vous pouvez commencer dès aujourd’hui à mettre en place et qui à coup sûr feront la différence pour vous et votre entourage ?

Je vous rappelle les critères pour qu’un objectif soit SMART :

  • Spécifique : Il doit être énoncé à la 1ère personne (je)
  • Mesurable : Il doit être concret afin de pouvoir en mesurer l’avancée
  • Atteignable
  • Réaliste
  • Timé (c’est-à-dire cadré dans le temps)

Et il doit être formulé de manière positive avec un verbe d’action (je veux faire versus je veux avoir plus, je veux être moins)

Étape 5 : Passez à l’action !

Écrivez ces trois objectifs sur 3 post-it.

Au-dessous de chaque objectif, écrivez la 1ère action que vous allez mettre en place et quand.

Je vous invite à relire vos objectifs chaque matin, et une fois la première action réalisée, prenez un nouveau post-it et réécrivez l’objectif accompagné de l’action suivante.

N’oubliez pas : un objectif qui n’est pas écrit est un souhait, un désir, une bonne intention… Alors écrivez, prenez un engagement avec vous-même, et récompensez-vous à chaque action que vous menez.

Commencez l’année avec des objectifs qui vous permettront de gagner en qualité de vie et en estime de vous-même.

Bonne et heureuse année 2023 à tous les entrepreneurs !

Comptabilité : classez c’est gagné !

La comptabilité est une corvée et elle n’est en rien une fin en soi : il n’y a pas de comptabilité sans activité économique. Cependant, pour ingrate qu’elle soit, la comptabilité est un outil de pilotage de l’entreprise en plus d’être une obligation. Elle demande une certaine rigueur alors autant vous y mettre dès aujourd’hui.

Adoptez la méthode du classement réflexe !  

Dans beaucoup de start-up et de TPE, les tâches administratives répétitives sont souvent remises à « plus tard, quand on aura le temps ». On y dit aussi que la comptabilité, c’est compliqué. Or, il n’y a rien de pire que les tas de documents qui s’entassent diversement : un peu sur le bureau, un peu dans le salon, à la maison. Surtout plus les documents s’accumulent, plus il peut devenir rebutant de se mettre à la tâche. Rien de moins motivant que de devoir checker parmi des tonnes d’emails pour retrouver les pièces jointes qui vont justifier la déclaration à faire « pour hier » ou encore de devoir passer une après-midi à scanner des documents qu’il vous faudra classer par la suite. 

Voici un message simple qu’il vous faut retenir : Classez systématiquement vos papiers et scanner-les au plus vite si nécessaire !

Si vous n’avez pas envie de le faire chaque jour : continuez à ne pas vous soucier de la paperasse chaque jour mais achetez un trieur cartonné et compartimenté, dans lequel vous classez directement, par thème, par interlocuteur ou par destinataire, tous les « papiers entrants ». Faites de même sur votre ordinateur avec des répertoires dédiés, pour gérer les documents dématérialisés, arrivés par emails ou les factures que vous téléchargez. 

L’important, c’est l’habitude, qui vous permet de ranger au bon endroit, en un seul geste. Ce faisant, systématiquement, vous faites 50% de l’effort administratif. Il vous restera à « traiter » les éléments triés, chaque mois : réponse au courrier, envoi des factures au comptable, déclaration à faire, paiement à émettre. 

Faites une purge chaque mois

Si vous ne faites rien au jour le jour, sauf centraliser tous les documents, vous devez planifier au moins un demi-jour par mois réservé à la gestion administrative. Déjà, car vous devrez forcément déclarer votre TVA. Il se peut que vous n’ayez pas cette obligation mensuelle mais rien ne vous empêche de prendre le réflexe pour quand votre activité se développera. Mettez-vous en mode « administrateur de société » et videz le trieur.

Gérez vos affaires : c’est tellement plus facile de s’y mettre quand tout est sous la main. Et les problèmes sont plus simples à affronter si toutes les données sont facilement accessibles, avec tous les éléments nécessaires pour décider de la suite pratique à donner.

Vous pouvez aussi choisir de déléguer (ou externaliser) « la vidange du trieur ». Mais le fait d’avoir rangé par vous-même les informations à traiter va vous donner une bonne connaissance des enjeux administratifs de votre entreprise. C’est bien le moins : vous ne pouvez pas risquer d’apprendre ce qui se passe dans votre entreprise par votre secrétaire, votre directeur financier ou votre expert-comptable. Votre crédibilité de chef d’entreprise en dépend alors mettez-vous à l’ouvrage.

Lhyfe entre en Bourse sur le marché d’Euronext avec une levée de fonds de 118 millions d’euros

Interview de Matthieu Guesné, fondateur et Président Directeur-général, Lhyfe.

Comment vous est venue l’idée de Lhyfe ?

J’ai travaillé pendant longtemps dans la recherche. J’ai dirigé trois centres de recherche au sein du Commissariat à l’énergie atomique. Il y en a deux à Nantes et un à Quimper. L’équipe la plus importante était dans le stockage des énergies renouvelables par l’hydrogène et les batteries.

Je connaissais très bien les deux domaines et j’y ai découvert que de nombreuses sociétés allaient lancer dans les 3 à 5 ans des véhicules à hydrogène, que ce soit des bus, des bateaux ou encore des voitures. A l’occasion de nos travaux de recherche, j’ai compris qu’il était impossible d’acheter de l’hydrogène vert et renouvelable à un coût raisonnable.

Nous pouvions simplement acheter l’hydrogène fossile et nous décalions juste le problème du pot d’échappement à la production d’hydrogène si nous nous basions sur le fossile. Je me suis dit qu’il fallait absolument résoudre cet enjeu et c’est pour cela que j’ai créé Lhyfe pour y répondre et rendre l’hydrogène disponible partout en Europe, de façon écologique et économique.

Quelles ont été les différentes étapes jusqu’à la création de l’entreprise ?

J’ai lancé la société en 2017, avec 7 associés rencontrés notamment dans le cadre de mon parcours professionnel et de mes études. Nous avons développé le concept, le projet et trouvé le premier site. Nous avons financé ce site à l’aide d’une première levée de fonds de 8 millions d’euros et avons commencé à recruter massivement à partir de 2019. Nous avons ensuite connu une croissance exponentielle du fait des programmes hydrogènes allemands, européens puis français, italiens, portugais… Depuis ce temps-là, nous nous sommes développés un développement exponentiel. Nous sommes implantés maintenant dans dans 11 pays. Pour des raisons techniques, nous implantons nos premiers sites à terre mais notre prototype de production en mer nous permet de continuer à poursuivre cet objectif initial !

Est ce qu’il y a eu des modifications par rapport au concept depuis le début ?

Au début, nous avons travaillé d’abord sur la production d’hydrogène renouvelable en mer. Parce que l’idée initiale et ce qui est toujours notre objectif, c’est de produire de l’hydrogène en mer. Là-bas, l’énergie renouvelable et notamment les énergies éoliennes, qu’elles soient posées ou flottantes, foisonnent beaucoup plus que sur la terre et de plus il n’y a pas de problème de place. Nous avons la ressource en eau et notre objectif, c’est aussi d’oxygéner les océans. Nous avons effectué des travaux avec des collaborateurs de notre entreprise qui bossent à l’Outre-mer, qui travaillent sur cette oxygénation des océans afin de corriger les effets néfastes de la pollution.

Quelles ont été les grandes étapes jusqu’à aujourd’hui ?

Aujourd’hui, nous avons un portefeuille commercial représentant une capacité totale de production installée de 9,8 GW à travers l’Europe. C’est assez pharaonique ! Nous avons fait le premier projet, à terre, en Vendée. Pour la première usine que nous avons conçue, nous avons sécurisé le terrain, nous l’avons financée, construite. Nous avons aussi trouvé des clients pour tout cet hydrogène. En parallèle, nous avons développé des équipes internationales pour dupliquer ce projet partout en Europe sur la base du savoir-faire que nous avions acquis.

Nous sommes arrivés à montrer que c’était possible aujourd’hui de faire de l’hydrogène à prix compétitif et de gagner de l’argent, car il faut que ce soit rentable, tout en créant de l’emploi et en étant heureux de le faire. Nous avons ouvert tout de suite en 2020 une filiale en Allemagne. Et puis maintenant nous sommes implantés dans onze pays en Europe, des pays scandinaves jusqu’à l’Espagne. Nous sommes entrés en Bourse sur le marché d’Euronext en mai, à travers une levée de fonds de 118 millions d’euros, ce qui a permis l’entrée d’investisseurs institutionnels à notre capital mais aussi de milliers d’investisseurs individuels. Nous avons inauguré en septembre la première plateforme-pilote de production d’hydrogène en mer au monde.

Pour la première fois, une usine flottante alimentée en électricité par une éolienne flottante, produira de l’hydrogène en mer. Cette plateforme d’une puissance d’1 MW va produire jusqu’à 400 kg d’hydrogène renouvelable par jour. Mais les projets sur lesquels nous travaillons, seront – à terme – 100 fois plus puissants. A un horizon 2030-2035, l’offshore pourrait représenter une capacité installée additionnelle d’une puissance de l’ordre de 3 GW pour Lhyfe.

Je suppose que vous avez dû lever des fonds avant d’entrer en Bourse ?

Alors, initialement, nous avons levé des fonds en equity, quasi-equity. Ensuite, nous avons eu de la dette, des subventions, des avances remboursables. L’année dernière, nous avons fait un tour de financement en obligations convertibles. Parmi ces obligations convertibles, une bonne partie sont convertibles en actions, avec des grands noms comme la Banque des Territoires et SWEN Capital Partners, qui opère des fonds mutuels, avec Andera Partners, et puis avec Mitsui. Ce sont des investisseurs qui sont venus en pré-IPO pour soutenir le développement et l’introduction en bourse de la société. Au global : nous avons levé de l’ordre de 184 M€ depuis 2019.

Avant d’ouvrir votre usine, il s’est passé quoi ?

En 2017, j’ai lancé le projet. En 2018, nous avons trouvé le premier site pour construire notre première usine en Vendée. Nous nous sommes très vite entendu avec Alain Leboeuf qui était à l’époque le président du Syndicat de l’énergie de la Vendée. Maintenant, il est président de la Vendée. Avec lui, en 2018 nous avons trouvé le premier site où nous avions la disponibilité d’eau de mer pour alimenter notre électrolyseur, l’électricité renouvelable et le foncier. En 2019, nous avons démarré la conception détaillée, la sécurisation du terrain.

Le projet Lhyfe a été officiellement annoncé en même temps que notre première levée de fonds, en janvier 2020. En septembre de la même année, nous avons posé la première pierre du site, nous l’avons inauguré 1 an après, en septembre 2021. En décembre, soit 4 mois après, la Ville de La Roche-sur-Yon a inauguré sa station multi-énergies, et son bus à hydrogène a pu commencer à transporter des voyageurs avec de l’hydrogène renouvelable produit à quelques dizaines de kilomètres, à partir d’eau et de vent. C’est un site opérationnel qui a produit ses premiers kilos d’hydrogène au 4ème semestre 2021.

Quels vont être les défis à venir ?

Les défis à venir vont être de dupliquer cela partout en mettant en exergue que l’hydrogène n’est pas une énergie de demain, c’est l’énergie d’aujourd’hui. Tout le monde dit que l’hydrogène vert n’est pas compétitif comparé à l’hydrogène gris, d’origine fossile, et nous nous démontrons qu’il l’est dès aujourd’hui. Notre enjeu, c’est un enjeu d’évangélisation autour de l’hydrogène vert renouvelable qui est aujourd’hui, à la pompe, en Vendée, moins cher qu’un plein de diesel. C’est moins cher pour la mobilité et c’est aussi compétitif pour l’industrie.

Je suppose que vous allez attaquer d’autres pays ?

Nous avons des projets en Finlande, en Suède, en Norvège, au Danemark, à Bénélux, aux Pays-Bas, également en Allemagne, Suisse, France, Italie, Espagne, Portugal…

Quelles ont été les plus grandes difficultés que vous avez rencontrées jusqu’à présent et comment les avez-vous surmontées ?

Nous avons rencontré des difficultés techniques puisqu’aujourd’hui nous produisons de l’hydrogène vert renouvelable et que nous sommes les premiers au monde à arriver à connecter un électrolyseur de taille industrielle à un parc éolien. Je ne parle pas d’un démonstrateur de RD. Nous nous sommes dotés de la dream team en termes d’ingénieurs qui ont réussi à surmonter tous ces problèmes technos, nous avons donc un savoir-faire, une propriété industrielle, une propriété intellectuelle qui est liée à la gestion de l’intermittence des énergies renouvelables.

Nous savons le réaliser à un prix très compétitif et nous avons su développer nos softwares et nos hardwares pour tout gérer et le faire de façon extrêmement efficace. En 2022, nous avons réédité l’expérience de la 1ère mondiale avec Sealhyfe, notre pilote de production d’hydrogène en mer. Personne n’avait jamais produit d’hydrogène en mer, dans les conditions difficiles de l’offshore, en autonomie… Et puis au début, il n’y avait pas de plan hydrogène, nous avons vraiment dû évangéliser les gens sur ce qu’était l’hydrogène. Maintenant, nous voyons que dans les sondages, un tiers des Français sait exactement ce que c’est que l’hydrogène. Mais à l’époque, ce n’était pas du tout le cas. Nous avons dû beaucoup expliquer le rôle et l’intérêt de l’hydrogène.

Vous allez avoir pas mal de nouvelles implantations ?

Aujourd’hui, nous avons des bureaux dans 11 pays d’Europe. Nous avons ouvert des filiales en Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas, en Suède, en Espagne et Royaume-Uni, et nous avons des bureaux en Belgique, Finlande, Norvège et au Portugal.

Le nombre de collaborateurs a dû rapidement croître. Vous êtes combien aujourd’hui ?
Nous étions 130 à mi-septembre et nous continuons de recruter. Nous avons doublé les effectifs tous les six mois au cours des 2 premières années donc effectivement, cela va vite ! Les partenariats que nous lions, comme celui signé avec l’investisseur japonais, Mistui, qui est le deuxième plus gros conglomérat qui est extrêmement bien cortiqué et gréé pour l’export, nous aide à nous développer et nous emmener un peu plus loin que l’Europe. Nous avons dès le début identifié ce challenge RH. Ce qu’il faut, c’est le savoir, et nous nous gréons et nous nous challengeons pour cet enjeu.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris depuis que vous avez entrepris ?

Ce qui m’a le plus surpris, c’est que nous n’avons pas tellement de problèmes de ressources. Il y a en Europe une très grande prépondérance des politiques gouvernementales qui ont une forte influence sur les orientations alors qu’aux US c’est un peu différent. C’est plutôt les entrepreneurs. Là où j’ai été agréablement surpris, c’est que nous sommes capables de faire des histoires californiennes en France.

Nous sommes capables de doubler les effectifs, de lever des fonds de façon extrêmement conséquente. Quand vous regardez les fonds que nous avons levés aussi bien les fonds d’amorçage à 8 millions d’euros que les dizaines de millions que nous avons levés l’année dernière, c’est vraiment des levées de fonds de type US. Nous sommes capables de faire cela en Europe. Les gens sont prêts, les gens en veulent. Et moi, quand j’étais tout jeune ingénieur, quand je suis sorti de l’école en 2006, tout le monde voulait aller chez Orange, EDF et Total. Aujourd’hui, tout le monde veut bosser en start-up donc c’est hyper chouette de ne pas avoir de problèmes de recrutement et d’avoir des gens qui se conscientisent et qui veulent autre chose.

Est-ce que cela est facile de construire votre dream-team ?

C’est un enjeu du quotidien que mon associée Nolwenn Belléguic, en charge des RH, a géré avec brio. Nous avons réussi les deux premières années à ne perdre personne. Nous avons gardé tout le monde alors que, comme pour toute création de société, il y a eu des hauts et des bas. Cela a l’air facile à dire quand on est en interview et a posteriori, mais cela exige beaucoup d’énergie, beaucoup de travail ici et il a fallu se retrousser les manches en permanence. Et maintenant que nous rayonnons, nous arrivons à attirer les talents. Désormais, il faut arriver à fidéliser puis à continuer à croître tout en gardant notre âme.

Un point particulier que vous souhaitez aborder ?

Si nous voulons remplacer le gaz et le pétrole, il va nous falloir beaucoup d’hydrogène et donc beaucoup d’électricité ! De notre côté, en nous appuyant sur notre portefeuille commercial, nous avons pour ambition de disposer de plus de 3 GW d’hydrogène vert et renouvelable à horizon 2030, rien qu’à terre. mais nous ambitionnons aussi d’installer 3 GW additionnels en mer d’ici 2030 – 2035. Pourquoi ? Parce que les éoliennes offshore sont 3 fois plus grandes qu’à terre et qu’il y a beaucoup plus de vent, donc elles produisent deux fois plus d’énergie. Vous avez un rapport six par rapport à une production à terre. En plus, transporter du gaz, c’est beaucoup plus facile que transporter de l’électricité, donc on peut aussi les installer plus loin des côtes, pour une meilleure acceptabilité. Enfin, l’hydrogène est aussi beaucoup plus facile à stocker que l’électricité.

Pour moi, si nous voulons que l’hydrogène soit rentable, il faut développer, comme l’Allemagne le fait, comme le Danemark le fait, comme les Pays-Bas le font, comme l’Écosse le fait également, la production d’hydrogène en mer. C’est vraiment le sujet que nous portons en France. C’est crucial pour nous d’avoir une trajectoire pour produire une très grande quantité d’hydrogène. L’hydrogène vert et renouvelable, c’est le nouveau carburant vert donc il faut le produire comme on le faisait avec l’ancien carburant sur des plateformes en mer. 

« Nous sommes capables de faire des histoires californiennes en France. Nous sommes capables de doubler les effectifs, de lever des fonds de façon extrêmement conséquente. »

3 Conseils de Matthieu Guesné

  • L’Énergie que vous mettez dans la bataille, c’est la clé.
  • Structurez votre société en pensant à demain.
  • Entourez-vous de talents. 

Business plan : Les erreurs financières à ne pas faire

Vous vous apprêtez à rédiger la fameuse partie financière du business plan. L’exercice est redouté par beaucoup d’entrepreneurs. Pourquoi ? Vous pouvez avoir peur de ne pas maîtriser la comptabilité ou les termes financiers, une maîtrise approximative d’Excel ou encore la crainte d’une maladresse avec les chiffres. Pourtant, les principales erreurs que l’on rencontre sont souvent des erreurs de bons sens.

Les erreurs de forme

La partie chiffrée du business plan est souvent compliquée à lire, tellement il y a de données qui interagissent les unes avec les autres. Il s’agit avant tout de faciliter le travail de lecture de votre modèle financier et de votre partie financière.

Ce n’est pas à votre interlocuteur de faire des efforts de compréhension. On rencontre souvent des fichiers Excel ou des tableaux incompréhensibles sur lesquels toute l’information est regroupée sur un seul onglet. Une règle de base est à respecter : il faut différents onglets pour chaque partie avec au minimum un onglet :

  • pour les hypothèses,
  • qui explique les principales formules,
  • pour le compte de résultat,
  • pour le bilan,
  • les besoins de financement.
  • pour les flux de trésorerie,
  •      

On distinguera par ailleurs deux types d’hypothèses :

  • Celles que l’entrepreneur rentre directement à la main. Il faut alors les mettre dans une certaine couleur et en italique pour bien les reconnaître.
  • Les hypothèses qui résultent d’un calcul automatique, qui doivent figurer dans une autre couleur éventuellement en gras. Elles ne sont pas contestables sauf si vous avez mal fait votre tableur.

Erreur numéro 2 : Les données et hypothèses qui tombent du ciel

Une autre erreur classique de forme consiste à oublier de justifier les hypothèses. En effet, le financeur sait que votre modèle financier est faux. Pourquoi ? Car personne ne peut prédire l’avenir !

Il souhaite surtout vérifier la cohérence de votre propos et de votre raisonnement ainsi que le professionnalisme de votre démarche (et que vous n’avez pas fait d’erreur dans vos calculs). Il cherche à se rassurer et la capacité à justifier les hypothèses sert cette mission.

Dès lors, le plus important n’est pas tant le résultat mais la justification des hypothèses. Vous devez donc, dans votre business plan et dans votre modèle, justifier chaque hypothèse rentrée à la main en indiquant pourquoi vous avez choisi tel chiffre, et quelles sont vos sources. Plus les sources sont fiables (données du terrain) plus votre information sera considérée comme solide.

Ainsi il est préférable de dire « Notre taux de conversion sera de 1.5% car nous avons actuellement un taux de 1% mais la fidélisation des clients nous permettra de d’augmenter de 50% » plutôt que « notre taux de conversion sera de 1.5% car c’est le taux de nos concurrents » (même si avoir cette donnée est déjà intéressant).

Bref, il faut retenir que ce qui compte le plus : justifier les hypothèses.

Ensuite, le débat se portera uniquement sur les hypothèses (« je vous trouve optimiste avec ce taux de conversion car dans nos précédents investissements nous avions plutôt un taux de … ») et non sur les résultats qui ne sont que la résultante des hypothèses.

Le travail consistera alors à établir des scénarios et voir ce qui se passe lorsque l’on fait varier les hypothèses.

Erreur classique : surestimer ses hypothèses

C’est le cas de… tout entrepreneur ! Il est très rare de sous-estimer son chiffre d’affaires et de surestimer ses coûts. Pourtant cette erreur entraîne deux désavantages :

  • vous allez sous-estimer votre levée de fonds. Or, si vous avez réussi à convaincre un financeur une première fois sur un business plan précis, il sera difficile de le convaincre une seconde fois si votre développement est plus lent que prévu !
  • si vous jugez mal vos besoins de financement en surestimant votre chiffre d’affaires et sous estimant vos coûts, vous pouvez mettre en péril votre projet. Mieux vaut être prudent, notamment sur le début de l’aventure et lever suffisamment que de devoir lever une seconde fois (ou alors il faut prévoir la seconde levée de fonds dès le début !)

Il reste plus facile de lever des fonds quand tout va bien et que votre projet est encore « sexy ». Un projet est moins « sexy » quand il a loupé ses objectifs. Cela ne signifie pas qu’il faille être pessimiste mais REALISTE.

Les erreurs classiques en matière d’optimisme

1/ Sous-estimer les effectifs nécessaires pour faire tourner votre entreprise. Au début, l’entrepreneur pense pouvoir tout faire tout seul. Mais il a tendance à extrapoler cet état de fait même lors du développement de l’entreprise. Une journée ne dure que 24h. Même en dormant peu, votre journée ne durera que 18h maximum ! Si au début vous vous occupez de tout, il faudra embaucher des personnes qui seront des centres de coûts nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise : comptabilité, secrétariat, logistique, service qualité… Ainsi, une personne créant un site de e- commerce pourra s’occuper de l’envoi des colis au début mais lorsque les ventes commenceront à croître, les retours clients feront leur apparition et il faudra une personne pour gérer ces retours mais aussi les envois pendant que vous vous occuperez du développement. Votre marge en sera affectée mais c’est pourtant nécessaire.

2/ Sous-estimer les investissements commerciaux et de communication : « Nous allons nous faire connaître par le bouche à oreille et Facebook ». Si cela a pu fonctionner pour certains, cela ne sera probablement pas votre cas. Pour générer du chiffre d’affaires, il faut investir. Il n’est pas crédible pour un investisseur de lire un business plan d’une entreprise générant du chiffre d’affaires dans les centaines de milliers d’euros sans investissement dans une équipe de commerciaux ou dans du marketing ciblé. Ou bien avec simplement juste un community manager ou un groupe Facebook aussi cool et buzzy soit le concept mis en avant.

3/ Sous-estimer l’ « effet temps ».

On appelle « effet temps », le fait que tout est plus dur au début ! Le taux de conversion sur un site est toujours plus bas par rapport à son potentiel le jour du lancement que 18 mois plus tard, même si l’on n’a rien changé. Pourquoi ? Car le simple fait d’avoir existé, d’avoir été vu et reconnu augmente la confiance de l’acheteur.

Un commercial est toujours moins efficace au début qu’un an plus tard. Il a pris suffisamment de « non » en rendez-vous pour se former et adapter son discours.  De même, le fait d’aller sur un salon est plus efficace un an après la création quand vous avez déjà fait 10 salons et que l’on vous reconnaît. Dès lors, l’effet temps doit se voir dans votre modèle financier. Soyez plus pessimiste au début et un peu plus optimiste avec le temps.

Il y a de nombreuses possibilités d’erreur dans un modèle financier. Il est impossible de tomber juste. Mais l’idée est d’être cohérent et de pouvoir se justifier pour être crédible.

Votre objectif est de bien prévoir vos besoins de financement.

Business Angel : qu’est-ce que c’est ?

L’entrepreneuriat est une expérience unique qui attire un grand nombre de personnes plus ou moins jeunes. Devenir son propre patron et être complètement indépendant en fait rêver plus d’un. Sentiment de satisfaction personnelle, de pouvoir de décision… Cela n’a pas de prix ! Cependant, il faut parfois se financer et faire appel à des Business Angels. 

Se financer

Attention, tout n’est pas rose dans l’entrepreneuriat… Et un des premiers problèmes qui se pose quand on souhaite se lancer dans cette expérience « folle », concerne le besoin de financement. Pour accomplir votre rêve, il est souvent nécessaire de trouver les fonds, ce que l’on peut faire de multiples manières. Dans tous les cas, vous devrez répondre à la question : « Comment vais-je pouvoir trouver des fonds nécessaires ? ». Si on pense à l’argent personnel, la love money, les concours, les subventions, les prêts d’honneur voire aux sociétés d’investissement qui doivent croire en votre projet et accepter de vous prêter des fonds. Rien n’est moins sûr… Il existe différentes solutions pour trouver des capitaux qui répondent à des besoins particuliers.

Avoir recours aux Business Angels

De nombreuses entreprises font appel à des Business Angels pour se lancer. Ces derniers sont généralement de réels passionnés par l’aventure entrepreneuriale ! Ils décident d’investir une partie de leur patrimoine dans une entreprise qu’ils jugent innovante et à bon potentiel de croissance. Ils apportent donc un soutien financier, mais cela ne s’arrête pas là. 

Certains ne souhaitent pas s’impliquer plus que cela et le font pour des objectifs de défiscalisation avec une chance de gains futurs mais un risque de tout perdre. D’autres mettent à disposition de l’entrepreneur leurs compétences, leurs expériences et leurs réseaux. Ils sont très impliqués dans le projet et consacrent une partie de leur temps pour le succès de l’entreprise.

La relation entre un porteur de projet et un Business Angel reste basée sur la transparence des intentions et la confiance : il s’agit d’un réel engagement à long terme, au minimum généralement de cinq ans. La réussite du projet est alors un réel objectif que l’entrepreneur et ses Business Angels ont en commun. 

Le choix du projet par les Business Angels

Vous devez sans doute vous demander : comment les Business Angels choisissent-ils leurs « poulains » ?

Ce qui compte le plus c’est le potentiel du projet et la personnalité de l’entrepreneur voire des entrepreneurs. Pour se faire financer, il n’est donc pas nécessaire d’avoir atteint un bon niveau de développement ou d’être très innovant d’un point de vue technologique généralement même si certains sont friands. 

Pour convaincre les Business Angels en 5 minutes, il s’agit donc d’avoir un business plan clair, facile à comprendre avec un langage simple. En somme, convainquez-les en allant à l’essentiel et en présentant les avantages de votre offre par rapport à la concurrence. Il vous faut être percutant et concis. Cela ne sert à rien d’avoir le meilleur projet si vous êtes incapable de vous faire comprendre.

Vous devez également avoir des atomes crochus avec eux car c’est sur vous qu’ils parient. On néglige souvent la présentation des porteurs de projets alors qu’il s’agit de l’essentiel. C’est sur votre capacité de résilience en cas de difficultés qu’ils parient ainsi que sur votre capacité à communiquer avec eux sur le temps. 

Associés pour le meilleur et … en évitant le pire

Quand on crée son entreprise, on peut décider de se lancer seul ou de s’associer avec une ou plusieurs personnes. Quelles que soient les raisons qui peuvent pousser des entrepreneurs à s’associer, ils ont un avantage de taille par rapport à ceux qui sont seuls : ensemble ils ressentent moins l’état de solitude propre au chef d’entreprise puisqu’ils peuvent partager les préoccupations qui les animent.

L’association est cependant un élément risqué car c’est une décision qui les engagera pour le meilleur mais aussi pour le pire. Une association qui se passe mal peut mettre un terme à l’aventure et engendre des séquelles importantes, tant sur un point financier que relationnel ou émotionnel. Bien heureusement ce n’est pas le cas de tous. Alors, si vous choisissez cette option, voici quelques conseils à suivre pour vous permettre d’obtenir le résultat mathématique suivant : 1+1=3

1/ Définissez ensemble votre vision commune

Si vous décidez de vous associer, c’est que vous partagez a minima une vision convergente de votre projet. Il faut se méfier de ce qui pourrait vous paraître évident car ce n’est pas parce que vous avez l’impression d’être sur la même longueur d’onde que c’est le cas. Au démarrage d’une association chacun a sa propre vision du projet, sa propre manière de l’appréhender, ses propres motivations. Il est donc primordial de connaître et de respecter la vision de chacun des associés et d’en dégager de manière cohésive une vision commune. C’est au prisme de cette vision commune que les décisions pourront être prises sans risquer de créer de tensions entre les associés. Certaines questions doivent être éludées comme le fait de vouloir revendre ou non la société à terme en cas d’acheteur potentiel ou les perspectives de développement de l’entreprise à long terme.

2/ Définissez vos valeurs communes dans ce projet

Commencez par établir la liste de vos valeurs individuelles. Partagez-les ensemble et respectez celles de vos associés.  Toutes celles qui auront été identifiées resteront importantes tout au long de votre association.

Choisissez ensuite les 5 valeurs communes parmi cette liste qui répondent à la vision que vous aurez définie en première étape. Bien sûr, certaines valeurs conviendront peut-être mieux à l’un qu’à l’autre, et la seule règle à respecter est que cette liste soit acceptable pour tous car aucune décision ne devra jamais enfreindre ces valeurs. Enfreindre les valeurs revient à ne plus être en accord avec soi-même ou avec ses associés.

3/ Fixez-vous des objectifs cohésifs et individuels

Se fixer des objectifs communs peut sembler évident lorsque l’on crée une entreprise à plusieurs. Pourtant, il est utile de s’interroger en amont sur certains points qui risqueraient de rejaillir et auxquels vous n’auriez pas porté d’intérêt au démarrage.

Quels objectifs visons-nous d’ici 5 ans ? Que cela implique- t-il comme objectifs d’ici 2 ans ? D’ici 1 an ? Et d’ici 6 mois ? Rappelez-vous qu’un objectif doit être SMART, c’est-à-dire répondre aux 5 critères suivants : Spécifique (Il doit être énoncé à la 1ère personne du singulier et du pluriel), Mesurable (Il doit être concret afin de pouvoir en mesurer l’avancée), Atteignable, Réaliste, Cadré dans le temps. Et il doit être formulé de manière positive.

Regardez la formulation de ces 2 objectifs et demandez-vous lequel est le plus stimulant :

1/ nous voulons développer notre activité dans le conseil aux entreprises

2/ nous voulons intervenir dans 5 TPE sur des missions de consultation auprès des dirigeants d’ici les 6 prochains mois.

Une fois l’objectif commun formalisé, fixez-vous des objectifs individuels.

Quel objectif ai-je envie d’atteindre personnellement ? Quelle compétence ai-je envie de muscler ou d’acquérir ? Sur quoi ai-je envie de me challenger ?

Ce travail va vous permettre de construire votre plan d’action pour atteindre vos objectifs communs et d’identifier qui veut faire quoi et comment au prisme de la vision de l’entreprise, des valeurs de l’équipe et des objectifs individuels de chacun.

4/ Communiquez intelligemment

Faites des points réguliers. L’objectif de ces points est de vous permettre de vous exprimer chacun à votre tour avec pour seule règle de ne pas porter de jugement sur ce que l’autre dit. Repérez les points sur lesquels vous êtes satisfait et ceux sur lesquels vous souhaitez ajuster. Fixez-vous de nouveaux sous-objectifs et révisez votre plan d’actions en conséquence.

N’hésitez pas à créer des rituels comme des réunions (que vous ne remettrez pas à la semaine suivante). Dans l’urgence, on a tendance à ne plus communiquer avec ses associés et à se contenter d’exécuter les tâches. Le temps de disponibilité, cela se crée.

5/ Entourez-vous bien

Tout d’abord, faites-vous conseiller par un avocat pour établir votre pacte d’actionnaires, qui à l’instar d’un contrat de mariage, vous permettra de vous projeter dans l’évolution de l’entreprise et d’anticiper les éventuels problèmes qui pourraient surgir sur un plan juridique et/ou fiscal. Ce contrat n’est pas obligatoire, mais il pourrait bien vous éviter des déconvenues avec parfois des conséquences radicales.

Ensuite, si vous sentez que les relations commencent à se dégrader et que vous ne parvenez pas à un consensus, faites-vous accompagner par une personne externe à votre association pour vous aider à prendre le recul nécessaire avant que la situation ne dégénère. Il existe pour cela des coachs spécialisés dans l’accompagnement de la cohésion et du développement entre associés.

Il est coutume de dire qu’il vaut mieux prévenir que guérir. C’est pour cela qu’il est recommandé là aussi de choisir son coach au moment où l’association se crée. Il vous permettra alors de transformer efficacement votre vision commune et vos motivations individuelles en actions réussies et pérennes et d’éviter ainsi les divergences qui pourraient rapidement apparaître.

Et vous pourrez ensuite faire appel à lui de manière ponctuelle afin qu’il vous accompagne au fil de votre développement.

Former ses commerciaux de A à Z : un investissement rentable !

Le nerf de la guerre pour une équipe commerciale, c’est de vendre. Mais vendre, cela s’apprend et n’est pas une faculté innée même si beaucoup pense que c’est le cas. Il peut être judicieux pour une entreprise d’opter pour la solution « formation » afin d’améliorer la performance commerciale de ses équipes. Il existe sur le marché de nombreuses formations, permettant en quelques semaines d’acquérir les compétences d’un ingénieur d’affaires lors de stages très intensifs. Pourquoi et comment former des commerciaux inexpérimentés ?

De nombreuses compétences à acquérir

On perçoit souvent le commercial comme quelqu’un qui aurait une faculté innée à vendre. Si vous pouvez être affable et plaire à beaucoup de personnes et savoir argumenter voire manipuler les mots, la vente n’est pas juste une question de blabla. Il existe des réflexes et des techniques de vente qui ne s’improvisent pas et sont basées en grande partie sur l’écoute. Il ne suffit pas de sortir un discours commercial pré-fait pour performer dans la vente et si vous avez des commerciaux, vous devez en prendre conscience. Certes la motivation à prendre son téléphone joue par exemple mais est loin d’être suffisante pour réussir. 

Il existe des techniques que l’on parle de prospection téléphonique, physique, par réseaux … qu’il faut connaître. Maitriser les étapes par exemple dans un rendez-vous est loin d’être un automatisme naturel. Il s’agit de véritables compétences à acquérir (qui ne sont pas que techniques), ne serait-ce que pour bien construire l’argumentaire de vente en fonction du besoin exprimé ou non par le client. Il faut arrêter de penser également qu’il suffit que l’entreprise ait le meilleur produit ou encore que le client ait un besoin immédiat pour que les commerciaux réussissent à réaliser des ventes sans effort. 

Des formations accélérées au besoin

Vous l’aurez compris : il s’agit souvent de les former vos commerciaux notamment pour qu’ils sachent répondre aux objections, analyser le besoin, créer du lien avec le client, entretenir leur fichier commercial, utiliser certains outils ou encore prendre conscience qu’ils doivent écouter le client. 

Certaines formations accélérées existent et permettent à vos commerciaux d’acquérir des soft skills nécessaires à la vente et à progresser de manière qualitative. Une fois formés par la structure, ils s’adapteront très facilement aux méthodes de vente de l’entreprise, sans être bridés par de mauvais reflexes d’expériences passées….

Le but si vous souhaitez former des commerciaux reste de transformer les « mauvais » et « moyens » en commerciaux STAR assoiffés d’indépendance et de commissions grâce à une parfaite maîtrise des techniques de ventes. 

Former c’est gagner de l’argent sur le temps

Etant donné que vous assurez surement le paiement d’un fixe ou que vous ne souhaitez pas cramer vos chances avec vos clients avec un vendeur incompétent, former vos salariés peut être vraiment utile. Cela représente, certes, un coût dans un premier temps mais un gain financier sur le temps : un commercial formé rapporte beaucoup plus et augmente considérablement son taux de transformation.

Aussi, il sera indiscutablement plus heureux dans l’entreprise. Il est naturel pour un commercial de se sentir mieux quand il vend plus par mécanique naturelle. Fidéliser de bons commerciaux au travers de formations n’est donc pas inutile. Rien ne sert également de cumuler les commerciaux qui n’arriveront pas à s’installer dans le temps car vous allez perdre du temps à recruter et à former sans arrêt vos nouvelles recrues qui n’auront que des performances limitées. Un commercial formé est souvent un commercial qui signe, alors pourquoi s’en priver ?

Pour conclure :

Considérons la force de vente comme un véritable cœur pour l’entreprise : un organe central qui nourrit l’entreprise à l’aide de ses artères « commerciales ». D’où l’intérêt de bien former et dynamiser l’équipe pour éviter l’infarctus !

Réseaux sociaux et réseaux physiques : deux approches complémentaires

Vous le savez, les réseaux sociaux représentent un outil précieux pour étendre sa visibilité et maintenir son cercle de relations, proche de soi. À une époque où le virtuel revêt une importance primordiale, concevoir une stratégie de réseautage sans disposer de compte Facebook ou LinkedIn paraît difficile. Un réseau physique reste, néanmoins, comme son nom le suggère, composé de personnes réelles. Reste à savoir comme faire interagir vos profils en ligne avec les réseaux physiques ? Les détails. 

La nécessité d’être présent sur les réseaux sociaux

En l’espace de quelques années, Facebook, Twitter, Snapchat, Instagram ou encore TikTok ont conquis notre espace personnel en s’immisçant jusque dans nos téléphones, au plus près de nous. Les profils sur les réseaux sociaux confèrent une visibilité très étendue à leurs détenteurs, qui se rendent publics aux yeux du monde entier et véhiculent une certaine image d’eux-mêmes. 

Il peut donc s’avérer utile, pour une entreprise ou à titre personnel, de disposer d’un compte sur ces médias et de le mettre à jour. Ces plateformes permettent de tenir toute une communauté informée de vos actualités en temps réel. Vous gagnez ainsi en visibilité mais également en popularité si vos contenus plaisent et interpellent. Dernier argument mais pas des moindres : il s’agit d’une ressource essentiellement gratuite ! Plusieurs fonctionnalités avancées se révèlent payantes mais il reste tout à fait possible de promouvoir sa société via des comptes créés gratuitement sur LinkedIn ou Twitter, par exemple. À titre d’illustration, la marque de jus de fruits Innocent a connu un succès retentissant grâce à l’entretien et à la mise à jour régulière de sa page Facebook. Les réseaux sociaux permettent ainsi d’étendre sa visibilité mais aussi d’entretenir ses relations avec le monde réel.

Se servir du virtuel pour entretenir son réseau physique

Les médias sociaux confèrent à leurs utilisateurs la possibilité de se décrire et de conquérir toujours plus de followers mais aussi d’entretenir virtuellement leurs relations avec eux. Facebook et Twitter disposent tous deux d’un système de messagerie instantanée, de même que Snapchat, qui en constitue un à lui tout seul. Les réseaux professionnels tels que LinkedIn présentent aussi ce système et se destinent aux personnes souhaitant parler business, alors sachez saisir cette opportunité ! 

Cette fonctionnalité permet de dialoguer en temps réel avec un membre de votre communauté et donc, a fortiori, d’entretenir votre réseau. De fait, les possibilités offertes sont multiples : vous pouvez partager des informations et lancer un débat ou une conversation, aborder directement des connaissances pour prendre des nouvelles ou même fixer un rendez-vous professionnel encore plus rapidement que par téléphone. Ne perdez pas de vue qu’un réseau reste, avant tout, composé de personnes réelles. Ces derniers constituent un véritable outil pour maintenir ces relations stables mais ne peuvent remplacer un contact physique avec ceux qui gravitent autour de votre société.

Utiliser les réseaux pour rencontrer d’autres professionnels

Utiliser les médias sociaux pour entretenir et agrandir son réseau, c’est bien. Le rencontrer en vrai, c’est toujours mieux ! Le virtuel peut vous aider à consolider votre cercle de relations, à le souder et à rencontrer ses membres mais ne peut en aucun cas se substituer à de bons vieux événements en présentiel. Facebook, par exemple, permet d’inviter plusieurs membres à participer à une sortie. Les personnes conviées peuvent même répondre si, oui ou non, elles comptent venir. 

Se servir de ces sites pour planifier une rencontre se révèle d’ailleurs bien plus simple que si vous utilisiez votre téléphone ou envoyiez des mails à tout le monde. Les membres gèrent, eux-mêmes, la demande et vous n’avez pas à les solliciter à maintes reprises pour savoir s’ils ont bien vu votre annonce.

Le réel pour influencer le virtuel

La relation réseau social en ligne/réseau physique fonctionne dans les deux sens ! Lorsque vous vous trouvez face à vos relations professionnelles, n’hésitez pas à leur parler de votre page LinkedIn, sur laquelle vous relayez toutes les actualités relatives à votre entreprise. Averti, votre interlocuteur pourra s’y rendre et, s’il est intéressé, relayer le lien vers votre site à ses propres connaissances. Vous gagnerez ainsi en visibilité et, avec internet, les choses peuvent aller très vite. Il s’agit d’un cercle vertueux susceptible de vous faire grandir d’un coup mais attention, toutefois, au bad buzz ! Si vous diffusez une mauvaise publicité ou une information inexacte, ceux qui la recevront auront une bien mauvaise image de vous.

Les réseaux de professionnels qui allient virtuel et réel

Certains clubs d’entrepreneurs, conscients de la complémentarité des aspects virtuel et réel, proposent un réseau de professionnels déjà construit et conçoivent des interfaces afin que les membres puissent dialoguer entre eux. Messagerie instantanée, organisation d’événements, ces structures allient web et rencontres physiques pour permettre aux entrepreneurs d’élargir et d’entretenir le réseau de ces deux façons, somme toute, indissociables.

La période d’essai, une protection pour l’employeur ?

Si l’on considère souvent la période d’essai comme une période de test pour le salarié, il s’agit surtout d’une période de protection pour l’employeur qui peut ainsi évaluer les capacités professionnelles de sa nouvelle recrue. Mais croire que lors d’une période d’essai on peut faire ce que l’on veut et remercier le salarié, selon sa convenance, n’est pas une vérité. Quelles sont les obligations à connaître ?

Qu’il s’agisse d’un CDD ou un CDI, l’employeur comme le salarié est protégé par ce qu’on appelle la période d’essai. Cependant, celle-ci n’est pas obligatoire et doit être prévue expressément dans le contrat de travail ou la lettre d’engagement, en mentionnant sa durée et les conditions de son éventuel renouvellement.

Quel est l’objectif de la période d’essai ?

Il s’agit de permettre à l’employeur de contrôler les compétences du salarié notamment au regard de son expérience et de sa mission. Globalement, elle représente une période de test pour le salarié mais a contrario le salarié pourra vérifier si le poste et l’entreprise correspondent bien à ses attentes. Jusqu’à la parution de l’article 2 de la Loi de modernisation du marché du travail parue au Journal officiel le 26 juin 2008, aucun délai de préavis n’était légalement exigé. Les tribunaux pouvaient simplement sanctionner au cas par cas les ruptures trop rapides. Depuis 2008, le Code du travail prévoit des délais. Toutefois, les deux parties peuvent toujours s’accorder sur une rupture immédiate.

Quelle durée pour les CDI ?

La durée maximale légale de la période d’essai initiale d’un CDI est fixée :
– à 2 mois pour les employés et ouvriers. Elle est renouvelable une fois (soit 4 mois maximum),
– à 3 mois pour les techniciens et agents de maitrise. Elle est renouvelable une fois (soit 6 mois maximum),
– à 4 mois pour les cadres. Elle est renouvelable une fois (soit 8 mois maximum),

Toutefois 3 conditions doivent être réunies :
• La possibilité de renouveler la période d’essai est prévue par accord de branche étendu,
• Elle doit être clairement indiquée dans le contrat de travail (ou la lettre d’engagement),
• Il doit y avoir un accord manifeste du salarié pour renouveler la période d’essai, durant la période d’essai initiale, par écrit ou par courriel.

Elle débute obligatoirement au commencement de l’exécution du contrat de travail. Il n’est pas possible de différer le début de la période d’essai.

Attention !

La possibilité de renouvellement de la période d’essai doit être prévue dans le contrat de travail ou la lettre d’engagement : l’employeur doit formuler une proposition écrite au salarié, qui doit l’accepter également par écrit.
Quand un salarié continue à travailler au-delà de la période d’essai sans avoir signé d’avenant au contrat, il est considéré comme embauché de façon définitive.

Quelle durée pour les CDD ?

Lors de la signature d’un contrat à durée déterminée, la période d’essai est plafonnée à un jour par semaine dans la limite de deux semaines maximum pour les CDD inférieurs à six mois, un mois pour les autres. La loi a fixé des durées maximales. Toutefois, les parties peuvent se mettre d’accord et fixer une durée plus courte.

Comment calculer la période d’essai ?

La période d’essai correspond à un temps de travail effectif. Il conviendra donc de décompter correctement sa durée en identifiant les dates exactes de début de fin de période, tout en incluant les évènements susceptibles d’impacter sa durée. En cas d’absence du salarié pour maladie, fermeture de l’entreprise, congé annuel, congé sans solde, congé enfant malade…, on peut prévoir une prolongation de l’essai correspondant au nombre de jours calendaires d’absence, dans la limite de l’essai restant à courir.
La période d’essai débute obligatoirement au commencement de l’exécution du contrats de travail. La fin de la période d’essai a lieu le dernier jour à minuit.

Quel est le délai de prévenance ?

Pendant toute la période d’essai, employeur comme salarié peuvent décider de rompre le contrat à tout moment, sans motif ni procédure. Quand la rupture est le fait du salarié, celui-ci doit respecter un délai de prévenance de 48 heures (ramené à 24 heures si son temps de présence est inférieur à huit jours).

Quand la rupture est à l’initiative de l’employeur, le salarié doit être prévenu dans un délai de préavis égal au moins à :

  • Inférieure à 8 jours : 24 heures
  • Entre 8 jours et 1 mois de présence : 48 heures
  • Entre 1 mois et 3 mois de présence : 2 semaines
  • Après 3 mois de présence : 1 mois.

Si le délai de prévenance n’a pas été respecté, la période d’essai, renouvellement inclus, ne peut pas pour autant être prolongée. En cas de non-respect du délai légal de prévenance, l’employeur doit verser une indemnité compensatrice au salarié, sauf s’il a commis une faute grave. Son montant est égal au montant des salaires et avantages que le salarié aurait perçus s’il avait travaillé jusqu’au terme du délai de prévenance dû (indemnité compensatrice de congés payés comprise).

La rupture de la période d’essai peut avoir lieu à tout moment, même si le salarié est absent, sauf si la cause de son absence est liée au travail (maladie professionnelle, accident du travail). Dans ce cas, l’employeur devra attendre son retour. L’employeur n’a pas besoin de motiver sa décision, et la procédure de rupture n’est soumise à aucun formalisme particulier. La lettre de rupture peut être envoyée en recommandé avec accusé de réception ou remise en main propre, avec date et signature de la main du salarié et de l’employeur.

Quelques cas particuliers 

La période d’essai d’une salariée enceinte ne peut être rompue du seul fait de son état de grossesse. L’employeur doit être en mesure de justifier que sa décision est due à d’autres motifs, liés au travail.

Dans le cas où un salarié a été victime d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail, l’employeur ne peut pas rompre la période d’essai.

Les motifs de la séparation sont étrangers au travail (intention de nuire pour des raisons personnelles, divergences syndicales, discrimination, etc.)

La décision n’est pas vraiment liée à la personne même du salarié, par exemple un motif économique.

Si l’employeur interrompt la période d’essai tout de suite après l’embauche, on jugera donc qu’il n’a pas pris le temps de vérifier les capacités professionnelles du salarié (Arrêt 22/11/95 de la Cour de Cassation). Il ne faut pas oublier que la période d’essai est destinée à évaluer les compétences professionnelles du salarié, toute rupture pour des raisons non liées à la personne même du salarié est considérée comme abusive par la justice (Arrêt du 20/11/2007 de la Cour de Cassation).