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Faut-il être riche pour entreprendre ?

Faut-il être riche pour entreprendre ?

Si j’avais un capital, un héritage ou si je gagnais au loto…, je pourrais créer ma boite car j’ai un idée qui peut rapporter gros. Mais notre porteur de projet n’a pas un sou d’économie. Mais il est possible aujourd’hui pour celui qui suit les actualités entrepreneuriales de peut-être faire fortune. Depuis 2008, avec la création du statut d’autoentrepreneur, tout est possible !

Qui a dit que le fils ou la fille d’un ouvrier ne pouvait pas devenir entrepreneur ? Si les bourdieusiens parlent de reproduction sociale, certains dirigeants devenus célèbres sont issus d’un milieu diamétralement opposé à celui dans lequel ils vivent désormais. Partis sans un sou en poche, ces derniers ne doivent leur réussite qu’à leurs qualités, leur mérite personnel et leur opiniâtreté. Et si le prochain « self made man », c’était vous ?

Il est vrai que monter sa boîte n’est pas une mince affaire. Ce type d’investissement ne nécessite pas la plupart du temps de fonds faramineux comme on peut trop souvent le penser. Parmi les indispensables, retenez plutôt l’idée de savoir où l’on va et avec qui l’on y va. Que l’on soit issu d’une famille modeste et/ou d’un quartier difficile, l’entrepreneuriat n’est pas tant une question d’argent que de volonté et de persévérance. En témoignent les nombreux entrepreneurs, qui se sont lancés dans l’aventure entrepreneuriale les poches vides, comme Mohed Altrad, le Syrien autodidacte devenu milliardaire, qui, aujourd’hui, font partie des modèles à suivre.

Quartiers difficiles et milieux ruraux : authentique terreau entrepreneurial 

Si les banlieues constituent un véritable vivier de footballeurs professionnels français, elles ne sont pas pour autant ce qu’on pourrait appeler des « déserts entrepreneuriaux », bien au contraire. « Sans aucune démagogie, l’avenir de notre pays réside autant dans nos banlieues qu’à «Normale Sup’» chez des jeunes capables de faire évoluer notre modèle plutôt que ceux sélectionnés pour perpétuer un modèle qui ne cesse d’accumuler des échecs pour le plus grand nombre…

Ce sont eux qui créeront les entreprises de demain. Ils embaucheront ceux de la première chance », explique Pascal Picq dans son œuvre « Un paléoanthropologue dans l’entreprise ». Autrement dit, stop aux clichés ! Du côté des régions dites rurales, entreprendre ne demeure pas non plus à classer dans les insurmontables. Les entrepreneurs sont accueillis à bras ouverts par ces lieux car implanter une société demeure synonyme de création d’emplois. Les coûts tels que celui du loyer se révèlent d’ailleurs moins élevés que pour les grandes villes. Il faut avouer qu’une bonne connexion à internet suffit souvent aujourd’hui à lancer un business. En plus de profiter d’une qualité de vie optimale, loin de la pollution, des aides régionales sont également là pour vous aider dans votre activité. 

Entreprendre au chômage, c’est possible !

On n’y pense pas toujours mais le chômage peut constituer une opportunité pour ceux qui souhaitent créer leur entreprise. Sans activité, les chômeurs qui veulent entreprendre disposent de suffisamment de temps pour envisager pleinement leur projet et savoir si oui ou non leur business model tient la route. Dans le cas où ils décident, finalement, de fonder leur société, des aides sont prévues par l’État pour les aider dans cette tâche emplie d’embuches. Ces aides à la création d’entreprise se présentent sous trois formes : une aide financière et un accompagnement, une exonération de charges ou le maintien de certaines allocations. Et puis, après tout, pour retrouver un emploi, pourquoi ne pas se le créer en fondant sa propre entreprise ?

– Le premier type d’aide s’inscrit dans le cadre du dispositif NACRE (Nouvel Accompagnement à la Création ou la Reprise d’Entreprise)

Il vise à financer la constitution du capital de la société ainsi que les besoins de financement liés à son fonctionnement. Un accompagnement est également prévu qui peut se dérouler sur trois ans après le démarrage de l’activité.  Il est possible d’obtenir une aide financière (prêt à taux zéro et sans garantie). Elle doit obligatoirement être couplée à un prêt bancaire au moins du même montant. Le prêt NACRE à taux zéro est compris entre 1.000 € et 8.000 € sur 5 ans maximum. 

– Depuis le 1er janvier 2019, l’ACCRE s’appelle  l’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprises).  Le dispositif ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) permet de bénéficier d’une exonération temporaire de cotisations sociales sur 12 mois. Elle  ouvre droit à une aide financière la création ou reprise de l’entreprise (l’ARCE).

L’ACRE (aide aux créateurs et repreneurs d’entreprises)

Elle consiste en une exonération de cotisations sociales pendant un an, sous conditions, pour tous les créateurs et repreneurs d’entreprises.

L’exonération ?

L’exonération ne concerne pas toutes les cotisations et contribution sociales, elle s’applique sur :

  • les cotisations d’assurance maladie et maternité,
  • les cotisations d’assurance vieillesse,
  • les cotisations d’assurance invalidité et décès
  • et les cotisations relatives aux prestations sociales dues aux régimes auxquels ils sont nouvellement affiliés.

L’exonération de cotisations sociales dont bénéficie le créateur ou le repreneur d’entreprise avec l’ACRE est :

  • totale lorsque son revenu professionnel est inférieur à 75% du montant du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 30 393 euros au titre de l’année 2019 ;
  • dégressive lors son revenu professionnel se situe entre 75% et 100% du montant du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit entre 30 393 euros et 40 524 euros au titre de l’année 2019.

Le créateur ou repreneur d’entreprise ne peut pas bénéficier de l’exonération de cotisations sociales ACRE si son revenu professionnel est supérieur au montant du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 40 524 euros au titre de l’année 2019.

Les créateurs et repreneurs d’entreprise dont le revenu professionnel se situe entre 75% et 100% du montant du plafond annuel de la Sécurité sociale bénéficient d’une exonération dégressive de cotisations sociales grâce à l’ACRE.

L’exonération dégressive porte sur les cotisations sociales suivantes : l’assurance maladie, la maternité, la retraite de base, l’invalidité décès et les prestations familiales. Les autres cotisations et contributions sociales sont dues en totalité.

Le montant de l’exonération dégressive est obtenu grâce au calcul suivant : TC / (25% du PASS × (PASS-R))

  • TC est égal au montant total des cotisations d’assurance sociale visées par l’exonération ACRE. Elles sont dues pour un revenu égal à 75% du montant du plafond annuel de la Sécurité sociale ;
  • PASS est le montant du plafond annuel de la Sécurité sociale ;
  • R est le revenu professionnel du bénéficiaire de l’exonération.

La durée de l’exonération de cotisations sociales ACRE

L’exonération de cotisations sociales ACRE, qu’elle soit totale ou dégressive, s’applique pendant une durée de 12 mois.

Les micro-entrepreneurs peuvent toutefois bénéficier d’une prolongation des exonérations ACRE pendant 24 mois sous conditions.

– Certaines allocations peuvent se voir maintenues une fois l’entreprise établie. Selon le type d’aide, les chômeurs peuvent en effet continuer à percevoir des minima sociaux pendant des durées définies. En plus de bénéficier de l’ARE (Aide au retour à l’emploi), les chômeurs peuvent aussi profiter de 45 % des droits restants dus sous forme de capital lors de la création ou de la reprise d’une société. Pour les recevoir, ils devront alors signaler leur projet après de Pôle emploi.

À défaut d’être riche, faut-il être fou ?

Lorsqu’on souhaite entreprendre, la question à se poser n’est pas tant de savoir s’il faut être riche mais plutôt si l’on est assez fou pour oser se lancer. Créer son entreprise représente un véritable challenge. Au vu du nombre de contraintes que cela implique, être doté d’un petit degré de folie reste utile pour se jeter à l’eau.

Tout d’abord, il faut bien l’avouer, vos chances de réussite sont inférieures à celle de connaître un échec. Notez que bon nombre d’entrepreneurs à succès ont, dans un premier temps, échoué. Oubliez l’image du dirigeant qui se consacre au golf, vous n’aurez pas d’horaires fixes et pourrez, bien entendu, oublier les 35 heures… Se déconnecter, et ce, malgré la fatigue, demeure difficile pour un dirigeant. Celui-ci doit constamment montrer son investissement sans faille à ses salariés. Côté salaire, ne vous attendez pas à gagner des millions, du moins dès le début de votre activité. À titre d’exemple, Frédéric Mazzella, le mythique fondateur de BlaBlaCar, a reconnu avoir dû manger des pâtes pendant plusieurs années avant de faire partie des licornes françaises. Persévérance et remise en question se doivent d’être vos maîtres-mots.

Si ce petit tour d’horizon évoque certaines difficultés qui régissent la vie de nombre d’entrepreneurs, il est loin d’être exhaustif. Souvenez-vous, néanmoins, qu’entreprendre est, avant tout, le fruit d’une expérience unique avec la possibilité d’exercer un métier qui vous passionne. Demandez-vous pourquoi vous souhaitez vous lancer. Un indice, la réponse ne doit pas être d’ordre matériel… 

LumApps, une entreprise française à succès qui aimerait ouvrir les portes des grands groupes

Sébastien Ricard, cofondateur et CEO de LumApps vient de réaliser une levée de fonds de 70 millions de dollars dans le cadre d’une Série C menée par Goldman Sachs. Il revient pour nous sur son parcours, ses défis et ses ambitions.

Comment vous est venue l’idée de LumApps ?

En 2008, j’ai monté une société qui s’appelait GPartner (devenu Devoteam G Cloud, ndlr) avec G pour Google qui est devenu le plus grand acteur de l’intégration de solutions Google Cloud entreprises et que j’ai revendue en 2014. Dans ce monde-là, nous représentions les solutions SAAS (moteur de recherche, cartographie Google, …) et nous nous sommes aperçus qu’ils manquaient une solution simple pour la communication et la collaboration dans G suites. Nous avons donc créé LumApps pour compléter les applications professionnelles qui existaient jusque-là.

Est-ce que le concept était le même ?

On l’a fait pivoter puisqu’en 2013, l’entreprise a été créée à la base pour mettre en lumière des applications d’où le nom LumApps avec une petite référence à Lyon et les inventeurs du cinéma, les frères Lumières au siècle du même nom. Nous voulions à la base faire un logiciel qui améliorait la gestion documentaire. En début 2015, nous l’avons dirigé vers un portail de communication et de collaboration, un social intranet. Il ne faut pas hésiter en tant qu’entrepreneur à créer une première application et à la faire pivoter vers une application en fonction du marché.

C’est un rendez-vous avec deux clients qui m’en a donné envie notamment Véolia un groupe français de plus de 130 000 collaborateurs qui souhaitaient pour son Top 500 de direction avoir un espace de travail pour dialoguer entre eux. Nous avons créé cette workplace et cela a très bien marché donc ils ont voulu l’étendre à l’ensemble de leurs collaborateurs.

Combien êtes-vous d’associés et comment vous êtes-vous rencontrés ?

A la base nous étions 5 associés avec Lionel Grivel avec lequel j’ai monté toutes mes sociétés et avec qui nous sommes associés majoritaires. Après, d’autres associés comme Elie Méloi, le chef du produit, Olivier Chaneau, patron du marketing, Philippe Blesse, patron du commerce nous ont rejoints. Ils nous suivent depuis le début et nous accompagnent. Nous nous connaissons et travaillons ensemble depuis 20 ans avec Lionel et Olivier. J’ai rencontré Elie dans mes anciens mondes il y a 8 ans et Philippe travaillait chez Google, il y a une dizaine d’années.

Qu’est-ce que LumApps apporte de plus que ce qui existe déjà ?

Pour moi, LumApps invente un marché. Les employés travaillent de plus en plus différemment et le travail à distance est de plus en plus présent. Nous devons tous donner du sens au travail et des raisons d’être. Pour pouvoir communiquer et collaborer avec 10 000 personnes ce n’est pas si évident que cela. Qu’est-ce qu’il existe sur le marché ? Soit vous avez du mail, soit des espaces documentaires ou communautaires. Dans le grand public, vous avez WhatsApp et Instagram qui écrasent l’information au fur et à mesure qu’on la communique. Nous nous sommes demandé s’il était possible de conjuguer l’information froide (documentaire, intranet…) avec de l’information chaude donc communautaire, donc de réaliser un pont entre ces deux types d’information et c’est pour cela que nous appelons cela un social intranet. Ce concept n’existait pas et aujourd’hui nous proposons une information à 360°.

Quelles ont été les grandes étapes de l’entreprise ?

A partir de 2016 jusqu’en 2018, nous avons été focus sur les États-Unis et nous réalisons aujourd’hui plus de 70 % de notre chiffre d’affaires là-bas, ce qui reste rare pour un éditeur Français. Nous avons ouvert d’abord à San Francisco puis à NewYork … et nous sommes passés de 0 à 75 personnes sur place. En trois ans l’entreprise a doublé ses effectifs et son revenu là-bas. Mi-2017, nous avons ouvert notre capital à ID invest et fait une première levée de fonds de 8 millions d’euros puis en 2018 de 23 millions et pour finir en fin 2019 de 70 millions d’euros avec la dernière.

Les deux premières nous ont servi à financer le développement américain et cette troisième, qui représente une étape peu différente, sert à prendre le leadership mondial. En 2018, nous avons ouvert les bureaux de Tokyo qui ont mis un an à démarrer et nous avons gagné nos premiers dossiers avec Japan Air Lines par exemple.

Quels ont été vos facteurs clés de succès ?

Déjà le fait qu’il n’existait pas de solution sur le marché qui permette d’avoir une vision 360° et d’évoluer sans cesse dans l’innovation. Nous avons investi très fortement dans la plateforme LumApps avec plus d’une centaine de personnes sur la recherche et développement pour réaliser le fait que le bon document arrive à la bonne personne et que le bon document parvienne au bon moment. Nous avons investi énormément sur le machine learning.

Quelle a été la plus grande difficulté ?

Il y a eu beaucoup d’obstacles dont celui de comprendre les différentes cultures. Comment fonctionne un japonais, un anglais, un américain, etc. Cela est vrai autant au niveau des équipes que des clients. Par exemple, aux États-Unis tout est opportunité et le cerveau est orienté positivement et en Europe, on est plus cartésien et négatif donc on ne peut pas manager de la même manière. Aux États-Unis, vous serez plus sur un management par plaisir avec des challenges et des jeux. Pour comprendre cette réalité, cela a nécessité du temps. Si on prend juste les locaux, la culture de l’immobilier n’est pas la même ou même les horaires, si on commence tôt et bien on finit tôt.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?

La réussite de LumApps ! Ce qui me surprend le plus c’est que quand on considère que quelque chose est possible, cela devient possible. Je n’avais jamais construit une entreprise à taille mondiale depuis ma banlieue Lyonnaise. Et puis autre chose, cela paraissait impensable que nos ingénieurs français soient aussi bons que ceux de la Silicon Valley mais c’est une réalité et je la vis au quotidien. Cela m’étonne tous les jours de voir que nous sommes capables de créer un leader mondial depuis une banlieue d’une ville française. La grande différence entre cette société et mes quatre précédentes réside dans la dimension mondiale. J’avais des sociétés franco-françaises qui rayonnaient sur l’Europe alors que là, LumApps est présente à travers le monde. Fin d’année, nous serons 400 personnes.

Quel est votre grand défi ?

Prendre de la part de marché et doubler nos revenus et effectifs chaque année. Il s’agit également de continuer à innover pour mélanger des documents et du talent. Nous avons un défi technologique et un autre de taille où il va falloir recruter des talents. Je compte y parvenir grâce à nos convictions et nos valeurs qui sont : « une équipe et une même mission », autrement dit que nous sommes très forts ensemble mais moins individuellement, « soyons ambitieux et réalisons des choses incroyables », « fais ce que tu dis », « toujours resté en évolution ». Dans tous les processus, nous allons les répéter. Après je trouve que les difficultés se sont situées au début, moins maintenant.

Votre rôle a-t-il beaucoup évolué ?

Personnellement je me considère comme un chef de meute et celle-ci grandit. Mes missions sont plus sur la relation avec les investisseurs ou les partenaires stratégiques. Le but est de veiller aussi à ce que le comité exécutif exécute la stratégie. Je suis beaucoup moins sur le terrain qu’autrefois. L’essentiel reste de garder ses convictions et d’être accompagné par des partenaires qui comprennent bien la mission de l’entreprise.

Qu’est-ce qui vous motive à continuer ?

Qu’est-ce que je ferai après ? Cette question est difficile car le métier me passionne. Au départ, j’avais des motivations financières. Maintenant j’ai 49 ans et mon vrai moteur aujourd’hui c’est de partager des aventures humaines et des projets. J’espère le faire le plus longtemps possible donc que les jeunes générations acceptent de travailler avec moi. Il faut travailler à la fois à l’international, avec des religions différentes, avec la diversité des hommes et des femmes, c’est passionnant en fait ! Et tout cela depuis ma banlieue lyonnaise ! Je ne me vois pas m’arrêter ! Je vis un rêve éveillé.

Avez-vous un combat qui vous tient à cœur ?

En France, nous avons bien été aidés notamment par la BPI. C’est mon dada du moment car je trouve que ce qu’il manque c’est que nous ne nous serrons pas assez les coudes en France. Il faut que des start-ups comme la nôtre puisse accéder à des comptes du CAC40. Je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui les grands groupes ne nous ouvrent pas les portes, du moins pas assez. Même si nous sommes une boîte internationale, nous arrivons plus facilement à ouvrir les portes aux États-Unis qu’en France. J’ai envie de dire « recevez-nous car l’innovation française est de grande qualité. N’ayez pas peur d’innover avec vos compatriotes. Ouvrez-nous les portes s’il vous plaît ». Le pays le plus difficile à conquérir pour les start-ups, c’est notre pays la France.

3 Conseils de Sébastien Ricard

  1. Accepter de grandir : il faut vraiment l’accepter et aller dans des périmètres qu’on ne connaît pas.
  2. Un chef c’est fait pour cheffer : Ne pas avoir peur d’afficher ses convictions et de diriger.
  3. Croire en nos talents français : les entrepreneurs français doivent se serrer les coudes et croire qu’on peut faire rayonner la France à l’international.

J’ai envie de dire : « recevez-nous car l’innovation française est de grande qualité. N’ayez pas peur d’innover avec vos compatriotes. Ouvrez-nous les portes s’il vous plaît »

Mettre en place un réseau de franchisé

Franchise marketing system in the hands of a businessman on a blurred background.

Mettre en place un réseau de franchisé peut paraître simple quand on maîtrise le savoir-faire. En réalité, il se révèle être un processus relativement long à organiser. D’ailleurs, la plupart des entreprises mettent plusieurs mois voire une année entière avant qu’il ne soit opérationnel. Il reste souvent recommandé de se faire accompagner dans cette période car il est nécessaire de préparer de nombreux documents ainsi que la mise en place d’une structure.

Le plan de commercialisation comme base.

Pour commencer, vous devez vous fixer des objectifs de développement. Il s’agit de bien cerner votre stratégie d’implantation tant en terme financier que géographique. Vous devez savoir comment va se développer votre franchise et les secteurs que vous allez accorder à chaque franchise pour qu’elles puissent se développer et atteindre la rentabilité. Il ne faut ni faire une zone trop large ni trop petite. Il est opportun souvent de faire appel à des spécialistes de l’implantation immobilière. Une fois ce premier découpage réalisé, vous pouvez vous attarder sur le profil que vous souhaitez pour les franchisés.

Souhaitez-vous des investisseurs plutôt qui soient des financiers ou plutôt des opérationnels ? Le profil dépend du type de service que vous proposez. Plus le lien avec le client est important, plus vous devrez avoir tendance à recruter un profil d’opérationnel. Une fois la typologie définie, vous pouvez vous attaquer enfin à la stratégie de marketing et communication pour attirer ces profils vers votre enseigne.

Le recrutement tout un processus.

On peut croire que les profils viendront naturellement et que le recrutement d’un franchisé est simple. En fait, comme pour tout recrutement, le processus est complexe et il vous faudra bien appréhender celui-ci pour ne pas vous tromper. Comme pour un collaborateur, votre relation risque de durer quelques années et il vaut mieux éviter de vous planter sur le profil. Vous devrez entretenir de bonnes relations avec le franchisé et lui en contrepartie devra assurer une bonne gestion de son emplacement pour ne pas plomber vos chiffres.

La partie juridique

La partie juridique représente un travail considérable puisque vous êtes dans l’obligation de fournir des informations comme l’état du marché. Il faudra donc bien vérifier que le franchisé soit bien « éclairé » au moment de la signature du contrat. SI quelques éléments peuvent faire l’objet de négociation, vous devrez être ferme sur certaines clauses du contrat. N’hésitez pas à vous entourer d’un juriste si vous avez un doute. Rappelons que l’article L 330-3 du Code de Commerce, anciennement loi Doubin et son décret d’application du 4 avril 1991, impose au franchiseur de remettre un Document d’Information Pré-contractuel (DIP), 20 jours minimum avant la signature du contrat de franchise. Certaines informations doivent impérativement y figurer donc ne les négligez pas.

Le lancement de la franchise.

Une fois ces deux premières étapes bien élaborées, sachez que le démarrage est crucial dans une franchise. Déjà vous avez un devoir quasi légal de formation de vos franchisés et il vous faudra bien rôder le process de formation. L’une des obligations réside dans la transmission du savoir-faire donc autant « coucher » sur papier toute la formation que vous dispensez pour vous éviter toute contestation.

La mise en place

La mise en place entraine la réalisation de documents comme le fameux manuel opératoire de la franchise souvent appelé la bible. Si la formation en elle-même doit être bien renseignée avec ses différentes étapes, ce n’est pas le seul point que vous devez avoir figé en amont. Ainsi par exemple, il vous faudra réfléchir à l’organisation générale de votre franchise. Avez-vous prévu un animateur réseau ? Qui répond aux différentes questions du franchisé en cas de doute ? Comment contrôlez-vous la bonne exécution de votre savoir-faire ? Comment faites-vous pour partager l’expérience des franchisés et comment développez-vous les bonnes pratiques ? Il s’agit de balayer l’ensemble des éléments relatifs tant à la bonne exécution du savoir-faire actuel que futur.

Le manuel opératoire de la franchise.

Globalement, c’est un manuel assez simple qui présente votre entreprise et son organisation. Il commence par détailler votre concept ainsi que ses spécificités. Puis, il expose une analyse de votre marché et situe votre réseau au sein de ce marché. Il ressemble beaucoup sur cette partie à ce que serait un business plan mais à l’échelle de votre réseau et non simplement d’un positionnement produit. Il est nécessaire de montrer comment se positionne celui-ci sur votre marché par rapport à la concurrence. Contrairement à ce que ferait un business plan, il détaille en général tout ce qui a trait à la logistique notamment parce que l’approvisionnement est géré par la maison mère dans la plupart des cas.

Il détaille aussi tout ce qui est lié à la circulation de l’information au sein du réseau car la transmission de savoir-faire reste une question centrale pour toute franchise. Ensuite, il décrit en général les éléments liés à la création du point de vente, que l’on parle de détermination ou de recherche de celui-ci, en passant par le financement jusqu’à son ouverture et son inauguration. Enfin, ce document représente une « bible » et comporte de nombreux renseignements sur tout ce qui touche à la vente.

Il détaille en général toutes les techniques de vente, les bonnes pratiques, les produits et services que vous proposez à la clientèle et donne de bonnes pratiques concernant la gestion. Il indique les informations à transmettre ainsi que les formations qui seront dispensées tout en rappelant l’ensemble des obligations financières, un document donc très complet comme vous vous en doutez et qui prend généralement du temps à être mis en place.

N’oubliez pas l’identité visuelle.

La Franchise reste généralement reliée à une marque et qui dit marque dit généralement identité visuelle commune c’est-à-dire le logo mais également tout ce qui touche à la PLV ou encore au décor de votre magasin. Le franchiseur garde la maitrise de la communication pour toutes les enseignes et, si le franchisé peut communiquer sur sa zone de chalandise, il faut comprendre qu’il le fera avec les documents fournis par la maison mère notamment pour garder une unité de communication. Il est approprié souvent de spécifier à quoi ressemble vos produits / services, vos fournisseurs ainsi que tout ce qui rapporte à la présentation en magasin comme par exemple la présence de vitrine. Chaque détail doit être fixé précisément pour éviter tout questionnement et être le plus homogène possible.

Définir votre organisation

Cela peut paraître évident mais avant de vous lancer dans la franchise, une dernière étape reste à faire : celle de bien présenter vos objectifs en termes de développement. Il est indispensable de formaliser généralement ce que vous avez fait dans la première partie et notamment de rédiger un document qui résume ces objectifs, l’organisation ainsi que de mettre en place diverses procédures relatives à vos rapports avec les franchisés. Il s’agit notamment de bien stipuler ce qui se passe par exemple en cas de questionnement d’un franchisé ou encore de contrôler la bonne exécution de la prestation. Vous pouvez également penser à écrire tout ce qui impacte la circulation de l’information comme par exemple la création d’un intranet… A vous de jouer

Les secrets de Gaël Duval, Anthony Bourbon et Dorian Ciavarella 3 entrepreneurs à succès

Dynamique vous dévoile 3 secrets d’entrepreneurs à succès : Gaël Duval, président de JeChange, Anthony Bourbon, fondateur de Feed et Dorian Ciavarella Cofondateur de Hivency.

5 Clés de la réussite de Gaël Duval, président de JeChange

1 – Les collaborateurs.
C’est la première clé de la réussite. Cela passe par la sélection des talents et par nos valeurs afin de constituer un groupe solide. Il n’y a pas de réussite sans capacité à créer un collectif.

2 – L’ambition.
Nous avons une base line qui dit « work hard, play hard ». Elle correspond à notre envie de réaliser quelque chose qui soit plus grand que nous, qui soit capable de nous transcender. Il s’agit avant tout d’améliorer le quotidien des gens par la réduction des factures, mais son impact va bien au-delà des tâches quotidiennes puisque nous améliorons aussi le pouvoir d’achat des Français.

3 – L’échange.
Il est très important de favoriser l’humain et d’encourager l’échange entre les collaborateurs et l’entreprise. L’entrepreneuriat nécessite de toujours valoriser le dialogue et la transparence afin que les relations entre les équipes soient fluides. Il faut donc communiquer pour mieux se comprendre.

4 – Le vocabulaire.
Nous avons banni un certain nombre de mots dans l’entreprise comme l’expression « c’est compliqué ». Chez JeChange on considère que tout est possible et réalisable et l’on ne veut pas se freiner dans nos projets entrepreneuriaux. On veut être structuré dans une dimension qui soit basée sur notre capacité à innover et oser.

5 – L’exigence.
Nous faisons en sorte que nos projets répondent à des exigences et ce, à tous les niveaux : que l’on parle de relations clients, de recrutements, d’ambiance, de qualité de travail… Pour garantir le succès de l’entreprise, il faut faire preuve de rigueur pour faire encore mieux et aller encore plus loin. 

5 Clés de la réussite d’Anthony Bourbon, fondateur de Feed

1 – Croire en soi.


Il faut certes écouter ce que l’on vous suggère mais aussi croire en soi et en son projet. Il ne s’agit pas de rester « borné » mais avoir des convictions et maintenir une direction est absolument indispensable. Certes, il n’est pas question de se remettre en cause à chaque fois qu’une personne ne croit pas en vous ou en votre projet. Le chemin est parfois long et difficile mais la persévérance permet de parvenir à l’objectif que l’on s’est fixé.

2 – Travailler beaucoup.


L’une des clés de notre succès a été que nous avons travaillé énormément. Chaque année, nous avons fait le travail de trois ans, ce qui nous a permis de prendre nos concurrents de vitesse. Nous n’étions pas les seuls mais grâce à cette dynamique, nous avons avancé très rapidement.

3 – Bien s’entourer.


Il ne faut pas forcément chercher des personnes qui ont les meilleures compétences mais une équipe qui veut participer à une aventure, des intrapreneurs dans l’âme et qui ont envie de donner l’énergie qui permet au projet de décoller. Mais aussi des experts capables de mettre les mains dans le cambouis et qui adhèrent aux valeurs.

4 – Faire preuve de résilience.


Il ne faut pas lâcher et abandonner. Personne ne réussit facilement et ce qui fait la différence entre le succès et la réussite, c’est souvent le fait d’avoir su résister. Se créer une carapace émotionnelle pour éviter le burn-out, relativiser et savoir se mettre en retrait restent essentiels.

5 – Aimer l’échec.


Il s’agit d’être agile avant tout car vous allez faire des erreurs, vous allez apprendre et parfois faire bouger votre modèle rapidement. Toujours chercher l’amélioration, prendre les retours clients et ne pas se reposer sur ses lauriers, ma boussole. Pour découvrir ce qui marchera, il va falloir tester auprès de vos clients votre solution.

5 Clés de la réussite de Dorian Ciavarella, cofondateur de Hivency

Hivency est une plateforme marketing d’influence qui met en relation les marques et les influenceurs dans tous les pays sur tous les réseaux sociaux.

1 – L’humain.
La culture d’entreprise, les valeurs et les personnes que nous recrutons sont des éléments clés de la réussite. Il faut que tous nos collaborateurs aient la même façon de travailler et la même ambition. L’humain ne se copie pas, à l’inverse d’une stratégie.

2 – La diversité des profils.
La complémentarité des profils est par contre primordiale. Comme un puzzle, il faut que chacun s’imbrique dans la société, en fonction des compétences et des affinités avec les autres. Les différences sont une force, à partir du moment où elles forment un tout cohérent et complémentaire.

3 – La relation des associés.
De nombreuses start-ups explosent en cours de route car les fondateurs ne s’entendent plus, généralement à cause d’une mauvaise répartition des missions ou d’un désalignement des objectifs. L’association est comme un mariage, il faut être transparent et échanger en permanence, que ce soit sur les bonnes ou les mauvaises nouvelles.

4 – Stimuler.
Les objectifs évoluent en même temps que la croissance d’une start-up. Le fonctionnement diffère lorsqu’on est 2, 15 ou 70 et les missions des fondateurs, du management et de l’ensemble des collaborateurs sont amenées à évoluer. Il faut à la fois faire preuve de flexibilité et de pro-activité pour éviter de tomber dans la routine.

5 – L’entourage.

Il est fondamental que ce soit les collaborateurs qui donnent vie au projet et permettent sa pérennisation, des investisseurs qui vont accompagner la croissance ou la famille ou les amis qui vont soutenir les fondateurs dans les moments difficiles. 

Marketparts.com, une entreprise qui a décidé de ne pas faire comme les autres

Si l’ensemble du secteur fonctionne en BTOC, Christophe Riberolle a décidé de procéder différemment et de créer Marketparts.com, la 1ère place de marché B2B, dédiée aux fabricants et distributeurs de pièces détachées automobile. Après seulement un an, il vient de réaliser une levée de fonds de 3 M € pour accélérer son développement.

Une idée partie d’un constat simple

L’idée vient à l’entrepreneur après une expérience dans le développement international d’une start-up, Mister Auto, qui vend des pièces automobiles principalement en BTOC. L’entreprise est rachetée par PSA. Or, il se dit alors que peu de choses n’est fait dans le BTOB dans l’automotive. Il développe alors une plateforme avec quelques fonctionnalités qu’il met en ligne en mai 2018 quelques mois après les débuts afin de réaliser une « Proof of concept » (preuve du concept) dite POC. Il le fait en compagnie d’une centaine de distributeurs de pièces automobiles qui ont pour point commun de faire partie d’un groupement d’achat, Nexus Automotive. Le but ? Savoir s’il existe un business potentiel entre les distributeurs.

Une réflexion autour de la marketplace.

Il réfléchit alors et se dit que la particularité d’une marketplace demeure qu’elle doit être riche en offres et qu’il faut donc l’ouvrir à l’ensemble des distributeurs et pas seulement une centaine. Plusieurs particularités lui sautent aux yeux et l’absence de la possibilité de faire un Benchmark lui demandent d’observer les résultats du test sur un concept qui n’existe pas ailleurs. La première réside dans le fait que le panier moyen en BTOC de 80 € s’élève à 18 000 € sur la plateforme car lorsqu’un « distributeur n’a pas de disponibilités, ils n’hésitent pas à acheter en grande quantité ». La seconde est que les professionnels gèrent plusieurs dizaines de milliers de références.

Pour répondre à cette demande, il décide de faire en sorte que celui-ci puisse ajouter jusqu’à 2 000 références dans son panier en un clic. En conclusion, il choisit le business model d’un abonnement à 5 000 € par an sans coût supplémentaire afin que chacun puisse vendre et acheter librement. Pour faciliter l’achat du client, le système charge sa « liste de courses et le système va lui indiquer l’endroit de sa disponibilité et à quel prix ».

Des constats qui génèrent de nouvelles idées

Après quelques mois d’essais, il s’aperçoit qu’il doit mettre en place de nouvelles fonctionnalités et décide de monter la structure en juillet 2019. Dès septembre 2019, il finalise une première levée de fonds de 3 millions d’euros. Celle-ci a eu pour but de constituer une équipe d’une dizaine de personnes et d’accélérer le développement IT ainsi que de certaines fonctionnalités.

Dès janvier 2020, ils sortent une deuxième version afin de s’adresser plus largement à l’ensemble des personnes qui achètent, vendent et stockent des pièces automobiles. L’Outlet apparaît pour satisfaire ceux qui fabriquent les pièces afin qu’ils puissent déstocker en décidant la zone géographique concernée. Il sélectionne un modèle hybride d’abonnement et commission. Aujourd’hui la plateforme possède déjà plus de 200 abonnés dans le monde entier et a intégré déjà 2 millions d’offres sur celle-ci. D’ores et déjà traduites en sept langues pour en faciliter l’usage, le but reste de créer un club privé au niveau mondial ainsi que d’augmenter l’offre. L’entrepreneur reste conscient que l’écosystème devrait profondément muter avec des équipementiers anciens et nouveaux et espère devenir LE point de rendez-vous des distributeurs.

Palmarès 2020 de Great Place

Le palmarès 2020 de Great Place, paru le 5 avril dernier, au cœur de la  pandémie et du confinement, est en adéquation avec la volonté des dirigeants et des salariés de créer des entreprises où il fait bon vivre. Plus que jamais, les valeurs doivent être la préoccupation des dirigeants. Focus sur ces entreprises qui donnent de l’espoir.

 

Moins de 50 salariés

 

 

 

 

50 à 250 salariés

250 à 1 000 salariés

 

 

 

 

 

 

1 000 à 2 500 salariés

 

 

+ 2 500 salariés

Peut-on entreprendre avec un handicap ?

Peut-on entreprendre avec un handicap ?

Créer son entreprise est le rêve de nombreux handicapés. Ce rêve peut devenir réalité car il existe des aides pour mener à bien un projet. Les difficultés les handicapés ont l’habitude d’y être confrontées. Cela souvent pour certains depuis leur naissance et pour d’autres à la suite d’un accident de la vie. Ils sont donc les mieux dotés pour passer les obstacles. En effet, ils ont acquis la persévérance, une qualité essentielle pour créer une entreprise. On entend souvent parler de l’obligation, pour certaines entreprises, d’embaucher un certain nombre de personnes atteintes d’un handicap afin de favoriser leur insertion professionnelle. On parle rarement des handicapés qui souhaitent créer leur entreprise. Nombreux sont ceux à envisager l’entrepreneuriat. Reste à savoir dans quelle mesure cela est possible et s’il existe des aides spécifiques.

En France, une personne sur deux est, au cours de sa vie, confrontée à une situation de handicap, de manière ponctuelle ou définitive, d’après les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH). Pour favoriser l’insertion dans le monde professionnel, les entreprises de vingt salariés et plus ont l’obligation d’employer au moins 6 % de personnes atteintes d’un handicap. Mais qu’en est-il de celles qui décident de se mettre à leur compte en créant leur entreprise ?

« Entreprendre avec sa différence » : un défi insurmontable ?

80 % des handicaps seraient invisibles, selon les MDPH. Le fauteuil roulant, emblématique du handicap, ne concernerait que 2 % des situations et les déficiences sensorielles telles que la malvoyance ou la surdité, seulement 4 %. On enregistre 45 % de handicaps liés à des maladies invalidantes comme l’asthme, le diabète, les allergies, les cancers ou encore les troubles musculo-squelettiques. Enfin, 20 % concerneraient les troubles psychiques comme l’autisme ou la schizophrénie. Quoi qu’il en soit, on ne dénombre pas moins de 70 000 personnes atteintes d’un handicap qui ont fait le choix d’entreprendre en France.

Jérôme Adam, aveugle depuis l’âge de quinze ans, entrepreneur et auteur de l’œuvre « Entreprendre avec sa différence », rappelle : « Entreprendre c’est avant tout un état d’esprit […] tout le monde peut avoir un comportement d’entrepreneur. » Il aurait d’ailleurs, selon lui, écrit cet ouvrage afin d’« encourager toutes les personnes qui ont des difficultés, qui subissent des épreuves ou qui ont un handicap, sachant que le livre commence par l’idée que chacun de nous a son propre handicap ». Un beau message d’espoir adressé, en fin de compte, à l’ensemble des entrepreneurs.

L’Agefiph, au service des personnes handicapées

Instaurée par la loi du 10 juillet 1987, à l’initiative de l’obligation d’emploi de 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises privées de vingt salariés et plus, l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées) s’adresse notamment aux porteurs, handicapés, de projet de création ou de reprise d’entreprise, inscrites à Pôle emploi, sans activité professionnelle et non démissionnaire. 3 322 créations et reprises d’activité soutenues ont été enregistrées, contre 3 061 en 2013, selon le rapport d’activité de l’Agefiph de 2016. L’association permet de bénéficier d’un accompagnement en amont du projet et d’un suivi post-création. Il est possible de profiter de cette aide quelle que soit la forme juridique de la société (S.A.R.L., S.A.S.U., entreprise individuelle, micro-entreprise).

Pour soutenir les frais liés au démarrage de l’activité, on octroie une aide financière à hauteur de 5 000 euros mais n’est possible que lorsque l’apport personnel se révèle au moins égal à 1 500 euros. Cette dernière comprend alors « une participation à une formation en gestion dans la limite de 250 heures », « un accompagnement et une participation au suivi de l’entreprise pendant trois ans » ainsi qu’une « trousse de première assurance comprenant trois garanties (multirisque professionnelle, prévoyance et santé) ». Notez que, pour son obtention, cette aide se demande à la délégation régionale de l’Agefiph où l’entreprise implanterea sa future activité, avant l’inscription au Centre de Formalités des Entreprises (CFE).

Intégrer un réseau d’entrepreneurs grâce à  h’up entrepreneurs (anciennement l’UPTIH)

h’up entrepreneurs (anciennement UPTIH) se présente comme le premier et seul réseau d’entrepreneurs en situation de handicap en France. Née, en 2008, d’une rencontre entre Didier Roche, « serial entrepreneur » non-voyant, co-fondateur du groupe Ethik Investment et dirigeant des restaurants et spas « Dans le Noir ? », et Pauline Arnaud-Blanchard, à l’époque, étudiante en dernière année à l’ESSEC, l’association se base sur le constat suivant : en France, environ 70 000 personnes handicapées font le choix de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale mais aucune structure dédiée n’est là pour les aider, les représenter et les accompagner.

h’up entrepreneurs a donc pour principale mission de proposer à chaque entrepreneur handicapé un parcours d’accompagnement personnalisé, peu importe si ce dernier se trouve en période de création, de développement ou bien de pérennisation de son activité. À travers son action, l’association, qui endosse également la responsabilité de porte-parole, mène un combat de fond : lutter contre les préjugés d’incompatibilité entrepreneuriat / handicap. 

h’up entrepreneurs accompagne les entrepreneurs en situation de handicap avec une équipe de 180 professionnels bénévoles pour le succès de leur entreprise. De quoi donner un véritable coup de pouce aux personnes atteintes d’un handicap qui souhaitent entreprendre.

Se développer en franchise ! BAB : Cap sur une franchise où il fait bon vivre

Allegra Gohe, fondatrice de BAB, Bar à Beauté nous livre les secrets de sa réussite en Franchise. Un concept qui respecte la santé des clientes et des esthéticiennes par l’utilisation de produits naturels. Il tient aussi compte du temps précieux des clientes. Avec un chiffre d’affaires en constante augmentation, elle a pour rêve de s’implanter dans tout l’hexagone.

Comment est né votre concept et que faites-vous aujourd’hui ?

Le concept est le corollaire de plusieurs voyages aux États-Unis pendant lesquels j’ai découvert les kiosques implantés dans les centres commerciaux. C’était avant les années 2000 et j’ai été convaincue qu’il fallait absolument que l’on implante ce concept en France. Ensuite, je me suis installée en Normandie pour ouvrir un institut de beauté traditionnel. Il n’y avait aucun concept de kiosque à ce moment-là. Puis s il s’est implanté dans quelques centres commerciaux avec uniquement des prestations pour les ongles. Et là, j’ai été persuadée qu’il fallait que je me lance mais en y ajoutant les prestations phares des instituts de beauté c’est-à-dire à la fois les ongles, les extensions de cils et toutes les prestations pour le regard.

Les ongles n’étaient pas mon cœur de métier à la base et cette prestation me faisait peur car cette activité utilise des produits qui sont chimiques et l’exposition pour les esthéticiennes est très très forte. Ce n’est pas comme pour la cliente qui va recevoir les effluves des produits chimiques de façon bénigne (acétone ou autres produits nuisibles pour la santé) et donc je voulais réaliser le concept avec des produits qui soient « green ». Sauf que quand on parlait à l’époque de produits verts ou bio aux clientes, elles ne se sentaient pas concernées et il n’y avait quasiment pas de marques qui les avaient adoptés.

Comment se sont passés les débuts ?

Nous avons implanté le premier kiosque au Docks 76 à Rouen avec les prestations phares des instituts de beauté qui a rencontré un fort succès. A la suite de cela, un an jour pour jour, nous avons ouvert le deuxième kiosque puis le troisième et, à partir de là, nous avons été convaincus qu’il s’agissait d’un modèle que nous arrivions à suivre facilement et nous avons voulu l’implanter en système de franchise.

Nous avons été accompagnés par la société Progressium pour créer le modèle en Franchise. Et, en octobre 2018, la première a ouvert à Saint Pierre des Corps près de Tours. En parallèle, nous avons continué à développer nos succursales. Aujourd’hui nous possédons 9 succursales en nom propre et nous en sommes à la troisième franchise. Les franchisés qui sont déjà installés cherchent à devenir multi-franchises donc nous sommes en train de chercher d’autres emplacements et nous avons de nouvelles ouvertures qui sont prévues pour avril, mai et juin pour Nantes, Tours et Orléans.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer par la Franchise ?

Il s’agissait d’un modèle que j’arrivais à suivre et que je cernais bien. Je connais bien les esthéticiennes et le métier et j’avais envie de partager mon expérience et de développer le concept un petit peu partout car, ce qui est dommage, c’est que c’est un métier qui n’est pas très homogène et qui va un peu dans tous les sens. Donc je voulais avoir un concept clair et transparent afin que la cliente s’y retrouve et qu’elle ne soit pas déçue d’un kiosque à un autre. Il s’agissait de diffuser un ensemble de techniques mais avec en priorité l’hygiène et des produits sains car actuellement on retrouve tout et n’importe quoi.

Je voulais proposer une offre limpide, avec un protocole pour la cliente. Enfin, l’avantage du franchisé c’est que nous avons une personne qui gère sa société et qui est donc investi. Gérer trop de personnel devient rapidement difficile avec l’augmentation du nombre de points de vente. D’ailleurs la deuxième franchisée est une ancienne salariée.

Combien de temps cela vous a pris entre la volonté de créer le premier kiosque et l’idée ?

Je dirais un an pour être vraiment performante sur les protocoles mais également pour trouver les bons partenaires et les bons produits. J’avais vraiment une « idéologie » sur la qualité des produits. Aujourd’hui nous travaillons principalement avec des vernis à base de pommes de terre, manioc, blé et où il y a 97 % d’ingrédients naturels tout en gardant leur efficacité. Pour les trouver, le chemin a été ardu. A l’heure actuelle, il existe trop de produits chimiques sur le marché qui sont des perturbateurs endocriniens pour les femmes.

Et pour la franchise ?

C’est un peu pareil, cela nous a pris la même durée que pour rôder le concept donc un an avec l’aide de Progressium. Cette entreprise nous a beaucoup aidés par exemple à réaliser un manuel de savoir-faire car cette mise en place n’était pas notre métier ou encore la capacité à nous indiquer si le projet était viable ainsi que la rentabilité. Une autre difficulté était de trouver la bonne candidate qui comprenne bien le projet. Heureusement j’étais accompagnée. Il fallait aussi modéliser le concept et pouvoir adapter le kiosque sur-mesure à la galerie. J’ai dû prendre un architecte pour sa conception.

Quel type de franchisés vous recherchez ?

Nous ne recherchons pas des investisseurs. Nous cherchons des personnes qui veulent s’investir dans le kiosque et y travailler. Pas forcément des esthéticiennes mais nous avons besoin de personnes qui soient en contact avec la clientèle et qui sont sur place. Nous ne voulons pas d’une personne qui se contente de venir chercher la caisse une fois par mois. Nous souhaitons quelqu’un qui puisse suivre le protocole et avoir des connaissances dans l’esthétique même si ce n’est pas son métier pour comprendre les prestations que l’on propose aux clientes.

Comment cela se passe quand on devient franchisé ?

Vous avez trois semaines de formation qui se déroule au siège social de la société. Nous sommes également un établissement référencé DATADOCK et donc les Franchisés peuvent être pris en charge par leur OPCO. Pendant 3 semaines nous allons réaliser une formation où nous allons revoir toutes les prestations de la carte donc à la fois théoriques et pratiques sur des modèles. Ensuite arrive la mise en situation sur les kiosques pilotes comme si le franchisé se retrouvait sur son propre kiosque. Il y a 17 jours de formation théorique et pratique dont 5 jours où le franchisé se trouve sur un kiosque et où il effectue toutes les tâches de l’accueil à l’encaissement. Pour devenir franchisé BAB Bar à Beauté, il faut compter un investissement global de 90 K€ (hors droit au bail) dont 30 K€ d’apport personnel.

Est-ce que vous continuez les développements en propre ?

Notre objectif est désormais davantage de nous développer en franchise mais nous ne voulons pas perdre certains espaces en centres commerciaux donc si j’ai des emplacements qui s’avèrent intéressants pour notre entité, nous n’allons pas les laisser filer et donc créer des succursales. Notre objectif à terme est de mailler la France. Aujourd’hui, nous sommes vraiment sur le côté ouest de la France et notre volonté demeure de descendre beaucoup plus bas.

Quels ont été vos facteurs clés de succès ?

Le côté green a vraiment plu, c’est d’ailleurs ce que nous avons mis en avant. Le concept sans rendez-vous également, cela veut dire qu’il n’y a pas de contraintes pour la cliente. Si les esthéticiennes sont occupées, nous donnons à la cliente un bipper qui lui permet par exemple de continuer son shopping et de ne pas attendre. Enfin le côté Français car tous nos produits et tout ce qu’on utilise est Français. Être bien cadré sur les prestations, rechercher les innovations, l’hygiène participent à la réussite.

Que faites-vous au niveau de l’accompagnement ?

Nous répondons à toutes leurs questions. Nous avons mis en place une hotline s’il y a des questions par exemple sur le protocole ou sur une prestation en particulier. De plus, nous avons également une animatrice réseau qui se déplace sur les kiosques régulièrement. Tous les mois nous mettons en avant des promotions et donc nous leur envoyons des affiches et nous gérons la communication par exemple sur les réseaux sociaux comme Instagram et sur Facebook. Nous essayons aussi de mettre en place des inaugurations ou des évènements sur les kiosques de manière régulière. Le franchisé gère son équipe et son chiffre d’affaires.

Notre rôle est de le booster et de le motiver ainsi que de faire des réunions. Nous restons toujours en contact par le biais des emails, des sms… Aussi, nous réalisons des vidéos explicatives mais nous sommes à leur écoute. Nous les rencontrons souvent car nous sommes également une centrale d’achats. Ensemble nous sommes plus forts !

Quelles sont les conditions pour entrer chez vous en tant que franchisé ?

Nous sommes sur des contrats d’une durée de 5 ans. Le droit d’entrée, plus l’assistance initiale nous sommes à 12 000 euros. Avec la formation qui coûte 4 000 euros cela revient à 16 000 €. Au niveau de la redevance nous sommes à 5,5 % et à 1,5 % pour la communication. Pour l’implantation en kiosque notamment dans les centres commerciaux, la surface peut être de 12 à 24 m2. Il est aussi possible de s’implanter dans une cellule, dans une boutique de 15 à 40 m², mais toujours au sein des galeries ou des centres commerciaux. Les conditions également pour être franchisé chez BAB, sont que le candidat ait les mêmes valeurs que nous et s’investisse à fond dans le projet.

Quel va être le plus grand défi à venir ?

Aujourd’hui, nous souhaitons réaliser une application, qui au lieu de donner un bipper à la cliente pour savoir le temps d’attente estimé sur un kiosque BAB, qui lui évite des déplacements et d’attendre inutilement. Elle recevra directement l’information sur son application et pourra voir précisément combien de temps elle va attendre.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans la franchise ?

La rapidité car cela a été très vite un succès. Il a fallu trouver des candidats mais nous avons été bien été accompagnés par Progressium qui a répondu aux demandes de renseignements. Il a donc fallu se structurer rapidement. C’est la raison pour laquelle je me suis associée avec Johanna Fournier qui est la directrice administrative et Clément Coquais qui s’occupe de tout ce qui est installation et viabilité des kiosques.

Les franchisés sont-ils de vrais entrepreneurs ?

Les franchisés ont certes besoin d’accompagnement mais clairement oui, ce sont de vrais entrepreneurs. Ils peuvent nous faire des propositions sur des prestations ou des produits. Nous considérons nos échanges comme un lien qui nous permet d’avancer tous ensemble. Ce n’est pas juste un rapport d’argent car sinon nous créerions des succursales. Ils ont la possibilité de proposer des suggestions ou encore de nous transmettre des retours sur un produit afin que nous améliorions toujours davantage les prestations et d’être au plus près de ce que la cliente veut. Après ils peuvent organiser leurs propres communications même s’ils doivent respecter la typo et la charte graphique et nous les faire valider, réaliser des promotions spécifiques mais nous leur donnons un conseil notamment sur la viabilité afin qu’ils ne tombent pas dans une impasse.

Quelles sont les obligations des franchisés ?

Ils doivent nous transmettre tous les mois le chiffre d’affaires réalisé et nous donner leurs statistiques afin de pouvoir contrôler ce qui a été effectué et réalisé et de pouvoir les accompagner et les soutenir sur les ventes, sur le panier moyen, leur permettre d’évoluer. Aussi, ils doivent vraiment suivre le protocole BAB strictement. Nous ne souhaitons pas d’improvisation dans ce domaine et bien sûr ils doivent respecter les valeurs de l’enseigne.

Les franchisés ont certes besoin d’accompagnement mais clairement oui, ce sont de vrais entrepreneurs.

Great Place to Work : comprendre le palmarès 2020 et les chiffres clés

Aller au travail avec l’envie de s’impliquer parce que l’entreprise met tout en œuvre pour créer une entreprise où il fait bon vivre. Se sentir pris en considération, travailler dans une entreprise qui respecte son personnel et tient compte de l’environnement donnent les éléments clés de ce palmarès 2020.

La franchise en quelques chiffres clés

La franchise occupe dans l’Hexagone tient d’ailleurs la 3ème place avec 62 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés sur l’ensemble des enseignes. Les chiffres qui suivent sont significatifs de l’intérêt économique des franchises et permettent de réfléchir sur quels secteurs sont les plus porteurs.

LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS

1 – Top 5 des secteurs en nombre d’enseignes

  1. Équipement de la personne* avec 380 enseignes (+0,5 %)
  2. Restauration rapide avec 229 enseignes (+2,7 %)
  3. Services aux personnes* avec 220 enseignes (+1,4 %)
  4. Commerces divers* avec 210 enseignes (+7,7 %)
  5. Alimentaire* avec 201 enseignes (+2,6 %)

2 – Top 5 des secteurs en nombre de points de vente

  1. Alimentaire avec 15 488 points de vente (+3,6 %)
  2. Équipement de la personne avec 9 756 points de vente (+6 %)
  3. Services auto avec 9 110 points de vente (+6,2 %)
  4. Commerces divers avec 7 744 points de vente (+0,2 %)
  5. Coiffure & Esthétique avec 6 608 points de vente (+0,4 %)

3 – Top 5 des secteurs en chiffre d’affaires

  1. Alimentaire avec 24,06 milliards d’euros (+9,8 %)
  2. Équipement de la maison avec 7,87 milliards d’euros (+12,8 %)
  3. Restauration rapide avec 6,49 milliards d’euros (+20 %)
  4. Commerces divers avec 6,43 milliards d’euros (+4,4 %)
  5. Équipement de la personne avec 5,98 milliards d’euros (+11,4 %)

LES SECTEURS AFFICHANT UNE CROISSANCE À TOUS LES NIVEAUX

FRANCHISEURS ET FRANCHISÉS, ÉVOLUTION DEPUIS 1971

* Ces chiffres se rapportent au nombre de magasins ou de points de vente en franchise, et non au nombre réel de franchisés.
Source ACFCI – Service Commerce & Distribution, 1971. À partir de 2000, données FFF. À partir de 2007, données FFF et étude d’impact de la franchise Diagnostic & Systems.
Note En 2010, nous avons procédé à une mise à jour des données, avec intégration des données manquantes à compter de l’année 2007.

RÉPARTITION PAR SECTEURS DES RÉSEAUX DE FRANCHISE EN FRANCE EN 2019

* Ces chiffres se rapportent au nombre de magasins ou de points de vente en franchise, et non au nombre réél de franchisés.
Source FFF, données 2019 et étude d’impact de la franchise Diagnostic & Systems, 2020.