Accueil Blog Page 394

Des dirigeants qui se sentent utiles et heureux

Ce n’est pas parce que de nombreux dirigeants se sentent submergés par le travail avec un stress toujours intense qu’ils ne jugent pas celui-ci utile et qu’ils sont heureux dans leur aventure entrepreneuriale. Des mots emplis de sens comme stress, surcharge de travail, manque de trésorerie, difficulté à harmoniser vie privée et vie professionnelle mais aussi des mots rassurants sur l’espoir que portent les dirigeants d’entreprise se dégageaient du 5ème baromètre de la forme des dirigeants demandé par La Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et réalisé Opinion Way pour interroger 1.501 entrepreneurs par téléphone.

Stress, surcharge de travail et vie personnelle : le trio

Si les dirigeants se sentent en forme, le stress s’impose pour 70 % d’entre eux au quotidien et 6 % avouent qu’il fait partie de leur vie quotidienne de manière prégnante. Ils le lient à la surcharge de travail (57 %) mais aussi aux préoccupations constantes du manque de trésorerie (53 %) et enfin sur les incertitudes de leur activité (48 %).

Cette surcharge de travail multiplie les heures de travail et ils déclarent même travailler en moyenne 50 heures par semaine, voire 60 heures pour 21 % des interrogés. La conséquence évidente en est que la vie personnelle est fortement impactée et 39 % déclarent d’ailleurs ne pas parvenir à maintenir un équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Ce chiffre atteint des records (56 %) pour les professionnels de la santé.  Cette situation peut les conduire à s’isoler et donc à faire disparaître les liens sociaux indispensables à l’équilibre de la vie et donc avoir des conséquences délétères sur la vie personnelle.

Heureux et utiles

La création de leur entreprise a donné un sens à leur vie car 93 % des sondés se sentent utiles au quotidien depuis qu’ils se sont lancés dans l’aventure entrepreneuriale et 90 % déclarent être heureux dans leur vie et leur vision de l’avenir est plutôt optimiste. Toutefois, une incertitude sur l’avenir qui les conduit à être prudents sur les pronostics liés à l’avenir de leur entreprise (79 %) et sur les perspectives de leur situation professionnelle (79 %),

La santé mais des maux significatifs

8 dirigeants sur 10 déclarent être en bonne forme physique et 9 sur 10 en bonne santé mentale. Pourtant, ils avouent être sujets à des douleurs physiques. Ainsi, 87 % d’entre eux déclarent avoir été touchés par une douleur dans l’année. Le mal de dos est en tête des difficultés physiques ressenties (63 %) suivi des douleurs articulaires (53 %). Seulement 13 % ne ressentent aucune douleur. Ceci est dû à une alimentation et un sport pour maîtriser leur santé. La bonne hygiène de vie pour 85 % entre eux fait partie inhérente de leur mode de vie. Cependant, il faut noter que les dirigeants Franciliens considèrent avoir une moins bonne hygiène de vie (79 %).

La bonne hygiène de vie  est associée à une alimentation équilibrée et variée (84 %), et à la pratique d’activité physique (58 %) ou mentale (40 %).Méthode : étude réalisée par l’institut OpinionWay pour la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur auprès d’un échantillon de 1 501 dirigeants d’entreprises représentatif des entreprises françaises de moins de 50 salariés. L’échantillon a été interrogé par téléphone du 11 février au 20 mars 2019. La représentativité de l’échantillon est assurée par un redressement sur les critères de taille d’entreprise et de secteur d’activité, après stratification par région de résidence.

La réaction des entreprises face à l’inflation

L’inflation sera particulièrement rude cette année et devrait autant affecter la trésorerie des particuliers que celle des entreprises. Selon une étude SumUp, menée auprès de PME européennes du 2 au 9 Novembre 2022, au travers d’un questionnaire auto-administré en ligne sur 3488 personnes basées dans 5 pays (Royaume-Uni (890), France (730), Italie (1404), Allemagne (333) et Suisse (131), la trésorerie des PME françaises va être principalement impactée par la hausse des prix de l’énergie (37,7%) et des coûts d’approvisionnement (34,5%). Mais alors comment réagissent les entreprises ? 

Une baisse de leur chiffre d’affaires envisagée

Les PME ne sont pas très positives cette année. Il faut dire que lors de l’étude, 47,4% des PME françaises s’attendaient à une baisse de leur chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente sur la période des fêtes de fin d’année. En cause, une baisse des ventes pour 42,7% d’entre elles mais également de la fréquence d’achats (36,1%) et une tendance logique de la part des consommateurs à chercher des sources d’économies (12% des PME françaises soulignent l’impact des remises ou des offres spéciales). Si ces résultats sont à confirmer dans les prochains mois, le ressenti semble globalement davantage négatif au niveau européen où le Royaume-Uni (58,2%) et l’Allemagne (52,8%) prennent la tête des plus pessimistes. 

Des PME qui devraient majoritairement survivre

Heureusement, la plupart des PME n’envisagent pas de mettre la clé sous la porte même s’il faut notamment noter que 9,1% d’entre elles envisagent d’arrêter leur activité à cause de la crise. Soulignons que selon l’activité de l’entreprise, les conséquences peuvent être dramatiques. Globalement, il faut remarquer que cette situation provoque un stress puisque près de deux tiers déclarent ressentir davantage de stress qu’auparavant.  Cependant, la situation n’affecte pas toutes les activités de la même manière et des entreprises voient leur marge se réduire comme une peau de chagrin.

Prix et marges : les principales réponses.

Selon cette étude, 39% des PME françaises ont décidé tout simplement d’augmenter leurs prix alors que 32,3% vont réduire leurs marges pour absorber l’inflation. 29,9% comptent « travailler plus pour compenser ces pertes de revenus » ou encore travailler sur leurs coûts énergétiques pour 29,4%. Dans ce contexte d’incertitude économique, d’envolée des cours des matières premières, d’augmentation des prix de l’énergie et de ralentissement de la croissance, des ont donc décidé de répercuter ces augmentations alors que d’autres vont essayer d’en diminuer l’impact au travers de leur activité ou encore de leur gestion des coûts. A noter qu’elles n’envisagent pas en priorité une réduction de leur rémunération ou de leur masse salariale.

Les solutions face à la crise et l’inflation  

Pour 40% de PME touchées de plein fouet par l’inflation et la crise énergétique, la solution réside également dans les nouvelles technologies car elles les considèrent comme essentielles pour sortir de la crise. Le sentiment est le même en Italie avec 37,9% des répondants parmi les « technophiles ». Pourtant, seulement 5,5% souhaitent les mettre au cœur de leur stratégie d’ajustement. Ce n’est pas beaucoup mieux au niveau européen, puisque la réponse a été affirmative dans pour 7,9% des Suisses et 7,1% des Allemands. 

Une réponse insuffisante par les pouvoirs publics ?

De nombreuses entreprises ne comptent pas trop sur les mesures du gouvernement ou sont déçues par elles puisque 68% ont estimé que « le gouvernement ne prend pas de mesures concrètes et efficaces pour les aider à faire face à la situation économique actuelle ». Cette perception est encore plus délétère en Allemagne où 84% des répondants ont ce sentiment. Même si le gouvernement français n’a pas été inactif puisqu’il a récemment mis en place une enveloppe de près de 10 milliards d’euros sur la table pour « aider les entreprises à faire baisser leur facture moyenne d’électricité », l’absence de mesures européennes pour baisser les prix de l’énergie impacte fortement la trésorerie des entreprises. 

La surinformation, le mal du siècle

L’information que l’on prenait la peine d’aller chercher et dont l’investigation nous demandait du temps, se trouve à notre portée sans que nous ayons le moindre geste à faire. Elle nous vient par le biais de notre boite e-mails mais aussi parce que les actualités sont sur tous nos supports : ordinateur, tablette, mobile qui sont nos outils professionnels journaliers et nos compagnons de loisirs. Résultat, la surinformation est en train de devenir le mal du siècle. 

Une information devenue omniprésente

Il faut dire que l’information est devenue omniprésente que ce soit dans la vie professionnelle ou dans la vie personnelle. En réalité, elle a tissé sa toile d’araignée qui nous donne l’impression que perdre une information c’est manquer une opportunité. Quelle est cette réalité ? 

Ne pas rater l’information essentielle est devenue une obsession

Selon le rapport de la Direction générale du travail (DGT) et du Centre d’analyse stratégique (CAS) sur « l’impact des technologies de l’information et de la communication (TIC) sur les conditions de travail » les deux tiers des cadres déclarent souffrir de surinformation et vivre sans cesse dans l’urgence. En effet, Ils reçoivent aujourd’hui dix fois plus d’informations qu’ils n’en recevaient il y a dix ans et en produisent environ 10 % de plus chaque année. Surtout, les mauvais réflexes sont bien présents puisqu’ls consacrent plus de 30 % de leur temps de travail quotidien à cette activité, phénomène qui ne cesse de croître.

Mindjet, spécialiste mondial des solutions d’amélioration du travail collaboratif en entreprise, a publié une enquête sur la surcharge d’informations au travail qui révèle que : 

  • 22,3 % des sondés se disent capables de gérer le flux d’information malgré la quantité reçue,
  • 17,3 % se sentent incapables de tout gérer
  • environ 7 % avouent être submergés par le flux de données.

Dans la réalité constate surtout une perte de temps à consulter trop régulièrement les outils qui sont paramétrés pour attirer non seulement notre attention mais aussi pour la retenir. En fait, Ils nous font perdre un temps précieux sans que nous soyons capables de les maîtriser. Une vraie question se pose aujourd’hui : comment reprendre le contrôle de son temps sans pour autant manquer l’information essentielle ?

Connecté, pour ne pas perdre une miette de contrôle

Selon des chiffres de l’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE) en France, 65 % des entrepreneurs consultent leur boîte mails à mauvais escient. Être connecté en permanence fait partie intégrante de nouvelles habitudes qui ont pour objectif de tout contrôler et donc de rester connecté en permanence, et quel que soit l’endroit…et finissent par être des mangeurs d’énergie.

L’omniprésence des outils électroniques impose des temps de réponse toujours plus courts. Il s’est établi dans les entreprises une exigence qui enchaîne les uns aux autres. Selon Caroline Sauvajol-Rialland, deux comportements sont particulièrement nuisibles en la matière : 

  • Envoyer des e-mails dits « de visibilité » pour s’imposer comme l’interlocuteur incontournable pour tous.
  • Envoyer des e-mails dits « parapluie » qui, comme leur nom l’indique, servent à se protéger d’une éventuelle critique. Ils inondent les boîtes mail des responsables hiérarchiques et sont très chronophages pour ceux qui les lisent et y répondent.

Ces comportements préjudiciables au bon fonctionnement entrepreneurial conduisent aujourd’hui de plus en plus de sociétés à établir un « code de conduite » et à s’y tenir. Les nombreux abonnements aux newsletters, dont la vocation reste de donner des informations, les distraient de leurs tâches professionnelles.

Quelques bons exemples à suivre

PRICEMINISTER : Olivier Mathiot, P.-D.G. du site marchand PriceMinister, avait mis en place pour ses employés d’une demi-journée sans e-mails. Un vendredi matin par mois, les salariés de la plateforme de vente en ligne n’ont plus le droit de communiquer entre eux par courrier électronique. Cette décision vise à encourager les collaborateurs d’un même bureau à dialoguer entre eux. L’entreprise CANON s’est dotée d’une charte « Travailler mieux » pour lutter contre le stress au travail. Ce sont 19 engagements concrets et précis, parmi lesquels : « Organiser chaque trimestre une journée sans e-mails ». Enfin ATOS FRANCE pris comme objectif de supprimer les e-mails internes et s’y emploie depuis 2011.

Le principe de l’UI et UX design

Pour faire décoller son site internet, il est incontournable de prendre en compte l’expérience qu’à votre utilisateur sur votre site internet. Votre objectif est avant tout que les internautes gardent une image positive de votre site. Pour cela, celui-ci se doit d’être ergonomique et avoir été conçu pour vos internautes et non seulement pour vous. Voici le principe de l’UI et UX design.

Définition de l’ergonomie

L’ergonomie se situe dans un rapport entre l’être humain et la machine/logiciel mais aussi entre l’être humain et l’objet de façon plus générale. Elle consiste à rendre l’utilisation de la machine/logiciel/objet, la plus simple possible et la plus ergonomique. Nous retrouvons l’ergonomie dans tous les objets du quotidien. Par exemple, pour une voiture, elle sera conçue pour que le conducteur soit à l’aise/confortable/sécurisé. Pour le travail, les conditions de santé seront améliorées par des fauteuils et des chaises de bureaux adaptés. L’ergonomie est en réalité présente un peu partout et même dans nos objets du quotidien comme la brosse à dents. Dans le web, elle représente une démarche, une discipline qui recouvre toutes les possibilités/options d’interactions entre un être humain et une machine et les harmonisent. Les objectifs changent en fonction des domaines (voiture= sécurité, sites=efficacité).

Un site web ergonomique : utile et utilisable

Pour un site internet, on considère que l’ergonomie web consiste à le rendre utile et utilisable. On entend par utile, le fait que le site doit répondre à un besoin. Les internautes viennent pour une raison précise sur votre site internet que vous devez identifier (chercher une info, effectuer un achat, un téléchargement, etc…). Ensuite, celle-ci s’ingénie à le rendre utilisable, autrement dit, elle cherche à satisfaire ce besoin. Ces deux éléments demeurent fondamentaux. Ils feront que l’internaute sera satisfait et permettront de le fidéliser car il reviendra par la suite sur le site internet.

Les 3 composants de l’utilisabilité

On évoque dans ce cadre souvent la norme ISO 9241- « Un produit est dit utilisable lorsqu’il peut être utilisé avec efficacité, efficience et satisfaction par des utilisateurs donnés, cherchant à atteindre des objectifs donnés, dans un contexte d’utilisation donné. » Autrement dit, le produit utilisable doit être efficace, pour des utilisateurs bien déterminés/précis, avec des objectifs biens précis et dans un contexte qui l’est tout autant.
Le site sera utilisable et utile et adressé à des gens en attente d’objectifs bien précis.

  • L’efficacité est le critère principal des interfaces grand public, mais aussi des dispositifs visant à séduire les nouveaux utilisateurs : il ne doit pas se perdre dans sa recherche et naviguer facilement dans le site. Il doit comprendre sans difficulté comment celui-ci fonctionne.
  • L’efficience est un objectif pour les interfaces spécialisées ou pour les sites où l’on doit fidéliser les clients (Twitter, Facebook, etc…). L’utilisateur doit réussir rapidementt et le faire avec le moins d’erreurs et d’efforts possibles (l’utilisateur est pressé).
  • La satisfaction est un élément-clef. Il faut mettre son site web au service de l’utilisateur pour qu’il en soit satisfait et qu’il en retire du plaisir. Il est en effet un support multifonctions qui intègre de manière importante des composantes esthétiques, marketing et de plaisir. A contrario, certaines machines n’ont pas besoin d’être dans cette satisfaction. Par exemple pour un distributeur de billets, c’est un élément secondaire. Dans le cadre d’un site internet, la satisfaction se fera par la navigation, l’originalité de la visite et le choix des photos texte et les éléments du site.

Les bienfaits de l’ergonomie

Si l’ergonomie est si recherchée c’est pour de nombreuses raisons. Elle permet d’augmenter considérablement les taux de ventes ou de conversion. Elle améliore les actions de l’utilisateur en lui apportant un vrai service et contribue autant à amplifier le trafic en nombre qu’en qualité (visites plus longues et visites plus nombreuses des pages). Enfin, elle contribue à la performance utilisateur et lui permet d’aller plus loin dans la visite du site internet. Globalement, elle améliore considérablement la satisfaction client.

LA DIFFÉRENCE ENTRE UX DESIGN ET UI DESIGN

L’UX (User Experience) n’est pas l’UI (User Interface) mais l’UI est l’UX

Montrer son train de vie au bureau : une bonne idée ?

Une enquête réalisée par QAPA, la plateforme de recrutement par l’intérim, a mis en exergue certains résultats qui pourraient vous faire changer d’avis sur le fait de montrer ou nous votre train de vie. Réalisée auprès de plus de 4,5 millions de candidats, cette enquête montre que les Français en rajoutent un peu trop, aussi bien au travail que sur la toile. Des résultats qui pourraient vous faire changer d’avis sur le fait d’être trop ostentatoire en tant que chef d’entreprise.

Les habitudes des salariés

Ils sont aujourd’hui 38% des Français a avoué en rajouter un peu sur leur train de vie au travail (39% pour les femmes et 37% pour les hommes) contre 34% à être francs (35% et 32% respectivement) alors qu’ils sont 28% à déclarer se rabaisser pour ne pas susciter de jalousie (26% et 31%). Les comportements sont donc très différents d’une personne à une autre et il est difficile d’en dégager une norme si ce n’est qu’ils sont beaucoup plus à en faire plus que moins. S’ils montrent leur train de vie, ils demeurent relativement mystérieux sur leurs finances puisque 78% des femmes et 56% des hommes en parlent difficilement. Il faut dire que l’argent reste un sujet très délicat en France avec au global 67% des Français qui déclarent ne pas parler facilement à leurs collègues de leur situation financière. 

Les réseaux sociaux, miroirs aux alouettes ?

Si le débat existe depuis des années sur ceux qui semblent afficher une belle vie uniquement sur les réseaux sociaux, 40% des Français avouent qu’ils n’exposent que le meilleur de leur vie sur ceux-ci. Ils sont 27% à y mettre tout ce qui se passe et 19% à éviter et à ne mettre que le strict minimum. Enfin un petit nombre 14% n’affiche rien du tout de leur vie. A noter que les pourcentages sont relativement équilibrés entre les hommes et les femmes même si les femmes ont tendance à plus exposer la totalité. Les réseaux sociaux restent donc un endroit où il fait bon de montrer les choses qui mettent en valeur et les collaborateurs sont loin de tout partager. 

L’attitude du chef en cause. 

Le train de vie du patron doit s’exposer avec modestie puisque 43% des Français trouvent que leur dirigeant en rajoute trop sur leur train de vie alors que 42% estiment qu’ils sont francs. Seulement 15% estiment à l’inverse qu’ils se rabaissent pour ne pas susciter la jalousie.  Dans tous les cas, l’attitude est agaçante pour 61% des Français qui se jugent contre 26% qui estiment le comportement neutre. 13% y éprouvent de la sympathie ce qui démontre par rapport aux chiffres précédents que montrer ce que son train de vie agace et suscite sûrement de la jalousie (ou tout simplement l’attitude). 

Si certains chefs d’entreprise en rajoutent surement également pour rassurer leur collaborateur, asseoir leur pouvoir et être des symboles de réussite ou encore le font pour montrer au client une certaine forme de réussite, reste que cette attitude semble être considérée comme orgueilleuse et donc mal venue pour les collaborateurs. Les pourcentages qui montrent de la sympathie restent inférieurs même dans le cas où ils estiment que le chef d’entreprise se rabaisse.  L’argent demeure un sujet tabou et montrer ce que vous possédez ostensiblement (notamment si vous touchez beaucoup plus que vos salariés) peut nuire à votre image de dirigeant d’entreprise. Il s’agit donc d’une attitude qui serait à revoir, si on considère le taux d’agacement. 

Une redistribution à faire ?

A l’aube de ses résultats, on peut se demander si la question n’est pas davantage sur la répartition des gains de l’entreprise. L’intéressement aux résultats pourrait donc se révéler une bonne méthode pour réduire le sentiment de jalousie qui serait inhérent au fait de gagner plus d’argent que ses collaborateurs. Certains chefs d’entreprise n’hésitent également pas à rendre leurs salariés actionnaires, ce qui permet de manière indirecte de les inciter à s’impliquer davantage. 

La jeunesse et le feu sacré de la création d’entreprise

Sur le chemin de leurs aînés qui ont à peine 10 ans de plus et qui ont déchiffré le terrain avec leurs start-up success stories, les 18-30 ans ont développé le feu sacré d’entreprendre. Les jeunes, contrairement aux jugements sévères à leur égard, s’avèrent à la fois audacieux, réalistes et porteurs de convictions fortes en matière de création d’entreprise.

Oui, la donne a changé…

42,5% des jeunes des 18-30 ans ont envie d’entreprendre. Ils ont désormais peur de se retrouver prisonniers de l’ennui au travail 43%, alors l’envie de créer leur propre entreprise leur ouvre une opportunité attractive. Plus d’un jeune sur 2 trouve qu’il est plus motivant d’être entrepreneur que d’être salarié. Conscients des réalités financières, la jeunesse a les pieds sur terre et désire se lancer dans l’aventure entrepreneuriale même si 55% craignent la multiplication des difficultés à cause de la complexité des démarches. Cessons ainsi de penser que la jeunesse a peur du travail puisque seulement 20% d’entre eux redoutent une trop importante charge de travail, bien loin de l’image répandue d’une jeunesse pessimiste.

… mais les jeunes sont lucides

Pour 78% des jeunes, ils souhaiteraient bénéficier « d’un coup de pouce ». Que cela soit le financement de leur projet (31%), l’appui d’un réseau professionnel (21%), se faire guider par un coach (20%), ou obtenir une caution bancaire (6%). L’accompagnement leur paraît comme une condition sine qua none à leur réussite. Pourtant, il manque d’information : 70% des 18-30 ans déclarent ne pas connaître les dispositifs d’aide à la création d’entreprise qui existent aujourd’hui. Le chiffre monte même à 76% chez les 25-30 ans. Il est donc évident que la diffusion de l’information doit faire partie des priorités et que l’on doit développer leur esprit de recherche.

Grande diversité dans leurs aspirations

Pour 60 % des jeunes, il s’agit avant tout d’un moyen de faire bouger le monde. Ils sont 30% à envisager un modèle où tous les salariés seraient décisionnaires (type SCOP), 25% à privilégier un projet lié au développement durable ou à l’environnement. Plus de 20% seraient prêts à se lancer dans une entreprise capable de créer du lien social et de contribuer au développement de leur territoire, et près de 20% dans un projet social qui lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

Pour réaliser ce rêve, la réalité les conduit à dépasser leurs limites : 59 % considèrent qu’il s’agit de la solution pour ne pas subir le chômage (36%) et la perspective de gagner de l’argent (36 %) est au cœur de leurs préoccupations. Mais ils ont aussi le rêve d’acquérir la liberté (51%). S’ils souhaitent, à la fois, changer le monde et se réaliser avec un attrait particulier pour un projet social et solidaire, ils cherchent à réaliser des profits ! 

Loin de se limiter à un secteur tendance, ils sélectionnent : le secteur des loisirs, du sport et de la culture se classe à la première place (16%), l’informatique (10%), l’artisanat (7%) et l’environnement (6ème position).

Un exemple pour soutenir les projets de jeunes créateurs

Sociale par nature, l’intervention de France Active a été renforcée sur les publics ayant le plus de difficultés à obtenir des financements. Les jeunes sont au cœur de cette priorité, plus particulièrement ceux qui développent leur projet dans les territoires les plus fragiles. Elle a ainsi accéléré son soutien, en particulier auprès des jeunes, sur deux phases clés : l’émergence avec le lancement de « la Place de l’émergence », un nouveau programme qui permet à de jeunes créateurs d’étudier la faisabilité de leur projet, regroupant des partenaires financeurs.).

Comme le confirmait autrefois Pierre-René Lamas de France Active « Très peu de structures interviennent durant les phases d’émergence et d’amorçage, il s’agit d’une force originale de France Active explique. C’est d’autant plus vrai pour les entreprises de l’Economie sociale et solidaire dont l’ambition s’articule entre utilité sociale et performance économique. Notre accompagnement leur donne les moyens de répondre à des besoins non couverts et d’apporter des solutions concrètes aux grands défis sociétaux que nous avons à relever collectivement. »

L’impact de la mobilité professionnelle sur les femmes et les hommes ?

Selon l’étude du ministère du Travail, la mobilité professionnelle ne joue pas en faveur des femmes. Lorsqu’une femme et un homme change de région de résidence l’accès à l’emploi est davantage fréquent pour les hommes que pour les femmes au chômage. Ainsi, la mobilité professionnelle reste plus favorable aux hommes. Qu’en est-il dans ce monde où la parité devrait s’imposer ?

Les femmes démissionnent davantage pour suivre leur conjoint

Le déménagement conduit plus souvent à une démission pour les femmes en couple que pour les hommes. Ces derniers sont davantage concernés par une mutation, qui s’accompagne d’une amélioration de leur situation professionnelle dans six cas sur dix. Leurs motivations au déménagement sont aussi différentes : les femmes mettent en avant davantage un souhait ou une obligation et moins la perspective d’un emploi plus intéressant ce qui démontre que pour les femmes la finalité n’est pas la même. Après un déménagement, les femmes connaissent moins fréquemment que les hommes une promotion, une amélioration de leurs conditions de travail, une hausse de leurs revenus ou de leur temps de travail ce qui nous renvoie au fait que la parité n’est pas encore là.

Un statut moins élevé que les hommes après un déménagement

L’évolution de leur position professionnelle à la suite d’un déménagement est aussi moins favorable, notamment si elles vivent en couple : moins de deux femmes en couple sur cinq accèdent à un statut plus élevé, contre près d’un homme sur deux.

Dans les couples biactifs – où les deux personnes sont en emploi –, la mobilité résidentielle peut se révéler dommageable pour la situation professionnelle d’un des conjoints. Si environ 7 % des personnes changent de région de résidence, les disparités en termes de mobilité selon l’âge, l’ancienneté sur le marché du travail, le diplôme, la nationalité et les situations professionnelles et familiales sont significatives. L’accès à un emploi est également plus fréquent pour les hommes au chômage ayant déménagé (65 % contre 44 % des sédentaires), mais cela ne semble pas être le cas pour les femmes : qu’elles soient mobiles ou sédentaires, environ 47 % des femmes au chômage en 2010 occupent un emploi en 2015.

Des mutations pour les hommes et démissions pour les femmes

Juste après un déménagement, la situation par rapport à l’emploi se révèle moins favorable. Plus fréquemment que les hommes, les femmes en poste juste avant un déménagement connaissent, après, une période de non-emploi (35 % contre 21 %). Les durées des périodes de non-emploi des hommes et des femmes sont toutefois proches en moyenne (13 mois pour les femmes contre 10 mois pour les hommes). En revanche, les femmes qui étaient au chômage le restent généralement 6 mois de plus que leurs homologues masculins (28 mois contre 22). Près de sept fois sur dix, la mobilité résidentielle s’accompagne de la fin d’un épisode d’emploi qui prend la forme soit d’une fin de contrat de travail, soit d’un changement important de l’environnement professionnel. Les fins d’épisode d’emploi résultent d’une démission dans près d’un tiers des cas (34 % pour les femmes, 28 % pour les hommes) .

La démission constitue la circonstance de fin d’épisode d’emploi la plus fréquente des femmes en couple qui déménagent et en concerne 36 %. Près d’une femme en couple sur deux quitte ainsi son emploi dans le cadre d’une démission ou d’une rupture conventionnelle, alors que ce n’est le cas que d’une femme seule sur trois.

Qu’ils soient seuls ou en couple, les hommes, nettement plus souvent que les femmes, justifient leur mobilité par le souhait d’un emploi plus intéressant. Cela suggère un déséquilibre du poids des situations professionnelles respectives des conjoints dans les décisions de mobilité, déséquilibre qui pourrait se justifier par des revenus ou des perspectives professionnelles différentes.

Êtes-vous aligné professionnellement ?

On parle aujourd’hui de démission silencieuse, de grande démission, de bore-out ou de burn-out. Ce n’est pas étonnant quand on sait que 89% des salariés s’ennuient au travail selon un sondage d’OpinionWay. Si ses thématiques sont souvent abordées quant à l’identification des symptômes précurseurs, l’origine de ces maux réside souvent dans l’alignement entre les attentes du salarié ou du dirigeant et la réalité. Bien entendu, ce n’est pas la seule cause mais il peut se révéler intéressant de s’y pencher.

Un alignement professionnel nécessaire

Un salarié passe 50% de son temps éveillé en entreprise. Si certains distinguent très fortement leur travail de leur bonheur, force est de constater qu’il représente dans l’immense majorité des cas, une bonne part de leur emploi du temps. Une partie des français tentent de faire une distinction entre leur bonheur et leur travail mais on peut se demander si on peut être vraiment heureux quand ses aspirations et attentes personnelles à ce niveau ne correspondent pas du tout à la réalité.

Être heureux au travail commence par bien se connaître et être conscient des moteurs qui vous animent : êtes-vous friand d’autonomie ? De sécurité ? De reconnaissance ? D’une soif d’apprendre ? De salaire ? De liberté ? A chacun ses moteurs qui le poussent à vouloir s’investir dans son travail et qui lui sont propres. Il est regrettable de subir son travail et d’y aller à reculons alors que vous pouvez a minima, les prendre en compte pour qu’ils soient présents dans votre travail. 

Une vérification à faire pour les RH

Que l’on parle de RH ou plus globalement de management, l’alignement est à prendre en compte que ce soit pour l’évolution ou la motivation de vos collaborateurs. Vous devez cerner absolument les sources de motivation de vos salariés afin d’avoir un management humain et bienveillant. D’ailleurs rien ne sert de tenter d’impliquer un salarié si vous n’êtes pas capable de savoir ce qui l’anime. Vérifier l’alignement représente donc une bonne pratique si vous souhaitez renforcer l’engagement de vos salariés. 

Autre conséquence, celle de votre capacité à garder vos collaborateurs et à préserver leur santé. Selon Apicil, la question de la santé au travail « représente 62 milliards d’euros et le coût du désengagement des salariés, lui aussi toujours plus élevé : plus de 14 000 euros par an et par salarié » quand on compte les arrêts maladie, l’absentéisme ou la procrastination. Au-delà, ce désengagement entraîne une véritable souffrance au travail, un stress et un sentiment de pression qui peuvent conduire au bore et burn-out.

Faire le test : le Baromètre d’Alignement Professionnel

Si vous ne savez pas comment faire pour vérifier votre alignement professionnel ou celui d’un de vos salariés, il existe des tests dont celui, réalisé par Nicolas Lepercq, Docteur en Management à l’Université PSL-Dauphine et Responsable R&D d’Ignition Program, avec un résultat quasi immédiat et que vous pouvez réaliser en une quinzaine de minutes via ce lien.  

Inspiré du modèle de Schwartz et du questionnaire de valeurs proposé par Rokeach, il vous permet de vérifier si vous êtes aligné ou en décalage avec métier. Pour cela, des questions vous seront posées sur 9 grandes thématiques avec une analyse de 36 facteurs de motivation. Vous pourrez ainsi découvrir vos leviers intrinsèques qui font que vous vous sentez bien au travail ou votre collaborateur le cas échéant.

Pour Nicolas Lepercq, Responsable R&D Docteur en Management chez Ignition Program : « Chez Ignition Program, nous sommes convaincus que chaque salarié est en mesure de piloter sa vie professionnelle en s’assurant qu’il est aligné et en mesure d’enclencher des actions pour être plus heureux.

Il manquait cependant un outil gratuit et accessible qui permette de mesurer son taux de satisfaction professionnelle à un moment T, comme une photographie, et d’identifier les axes importants à modifier pour que le job soit plus épanouissant, ou à prendre en compte pour que le prochain le devienne. Notre volonté est d’offrir des pistes de réflexion claires, mettre des mots sur des ressentis avec, à l’appui, des données détaillées et chiffrées. » « Chaque personne a son ou ses drivers propres, des besoins primaires et viscéraux, toujours très personnels. Et quels qu’ils soient, il n’y a aucun jugement. Le tout, c’est de les connaître et de les accepter afin de leur donner toute la place qui leur convient dans son (prochain ?) job.” ajoute Nicolas Lepercq.
 

L’analyse des résultats

Si vous souhaitez analyser vos résultats, sachez : 

  • qu’un résultat supérieur à 86% indique que vous êtes bien dans votre travail et aligné.
  • qu’entre 75% et 86%, indique que vous avez des doutes et que peut-être vous devez modifier certains aspects, que des choses doivent changer.
  • qu’entre 50% et 75%, c’est la zone rouge et que vous devez très certainement modifier des choses en urgence ou discuter avec votre salarié afin d’éviter un bore-out, burn-out ou une dépression.

qu’en dessous de 50%, il existe un risque pour votre santé mentale et qu’il faut s’intéresser à un départ ou trouver un moyen de transformer le travail. A défaut, vous devez rapidement trouver des alternatives qui vous permettent de vous réaliser en dehors de votre métier.

L’identité visuelle, le casse-tête de la création d’entreprise

L’identité visuelle apparaît évidente quand on regarde celle des entreprises qui ont pignon sur rue et que l’on reconnaît d’un seul coup d’œil dans toutes leurs déclinaisons. En arrière-plan c’est dans les premiers pas de la création d’entreprise que se trouve l’explication et qu’on réalise que pour l’obtenir, un travail de fond a dû être effectué. Comment réaliser une identité visuelle performante et pérenne ?

Les trois objectifs majeurs 

Trois objectifs doivent être présents au moment de la mise en place : capter l’attention de clients potentiels, se démarquer de la concurrence, assurer sa crédibilité et sa notoriété. Une identité visuelle est constituée d’un tout indissociable : les éléments graphiques clés de l’entreprise tels que son logo, ses couleurs, sa police d’écriture, ses typographies, ses icônes :  pictogrammes, emblème, mascotte…. Et la liste est loin d’être exhaustive !

Tous ces éléments donnent une cohérence d’ensemble et aucun détail ne doit vous échapper car sur la scène de l’identité visuelle, ils sont déjà nombreux à avoir pris place et imposer leur choix. Il va donc vous falloir analyser avec rigueur votre positionnement.

Décliner les principaux supports : la difficulté première

L’identité visuelle doit être pensée en amont sur tous les supports de communication car certains formats peuvent ne pas s’adapter à une identité visuelle. On pensera notamment :  :

  • Aux supports traditionnels (papier à lettre, enveloppes, cartes de visite …)
  • Aux supports de présentation à la presse, aux clients aux collaborateurs (communiqué de presse, dossier de presse, power point, intranet…)
  • Aux supports internet (site web, réseaux sociaux, visuels, bannière web
  • Aux salons (stand, kakemonos…)
  • Aux articles publicitaires (flyers, dépliants, plaquettes commerciales, brochures).
  • Aux cadeaux publicitaires …

Quels sont les points à respecter ?

Certains points sont évidemment à contrôler si vous ne souhaitez pas aller dans le mur : 

  • Le logo, symbole de la marque, appelé nom de famille de l’entreprise – élément graphique essentiel et incontournable ! Il se doit être il est original, unique, capable de dépasser les modes et tendances et déclinable en monochrome.
  • Les couleurs doivent respecter ou tenir compte des codes couleurs du secteur d’activité (comme le bleu pour le froid).
  • Les qui doivent respecter ou tenir compte des codes typographiques du secteur d’activité et de la capacité de lecture de son public. Chaque secteur possède des codes spécifiques qui sont identifiables d’un seul coup d’œil et des différents supports.
  • Les formes et les signes donnent une cohérence graphique à l’ensemble de supports.
  • La possibilité de mettre en page sur le web comme sur les supports de communication traditionnels.

Cerner votre public et imposer vos valeurs

Avant de créer votre identité vous devez avoir cerné votre cible, votre secteur, votre marché et votre environnement. Vos valeurs doivent sous-tendre votre identité visuelle et donc sur votre marché et dans votre secteur d’activité se reconnaître instantanément pour vous démarquer de la concurrence et vous permettre de vous placer dans tous les palmarès et vous conduire à devenir une référence. Il ne suffit donc pas de connaître les dernières tendances mais de savoir s’imprégner des enjeux et de la stratégie de votre marque.

Satelia, la plateforme de télésuivi médical du futur

Interview de Dr Nicolas Pages, qui vient de lever 10 millions d’euros auprès d’IMPACT Partners, afin de développer son entreprise qui assure la prise en charge en télésuivi, télésoins, éducation thérapeutique et coordination des soins des patients atteints de maladies chroniques pour le compte d’établissement ou de professionnel de soins.

Comment vous est venue l’idée de Satelia ?

J’ai cocréé en 2017. J’étais, à l’époque, étudiant en tant que jeune médecin anesthésiste-réanimateur. J’étais entre la neuvième et la dixième année d’université de médecine. Ce qui m’a inspiré pour réaliser ce projet, c’est le fait que le suivi des patients une fois sortis de l’hôpital était vraiment médiocre. On était excellent à l’intérieur de l’hôpital, mais quand les patients sortaient, il n’y avait plus de suivi, en dehors du fait qu’ils puissent revenir en consultation à l’hôpital. Or, certains patients peuvent avoir des complications après leur sortie et ont besoin de suivi. Cela peut arriver après une opération, une chimiothérapie, ou encore après n’importe quelle prise en charge de l’hôpital. Nous n’étions au courant que trop tardivement à chaque fois. C’était un peu frustrant d’essayer de pratiquer une médecine très qualitative à l’hôpital pour constater que tout s’effondrait, si j’ose dire, quand le patient était à domicile. C’est de là qu’est venue l’idée d’un premier suivi et m’a amené à cette réflexion : « si on demandait au patient comment il allait régulièrement ? ». Je me disais : « Est-ce qu’on ne l’appellerait pas ? » parce qu’il n’est pas question de les faire venir tous les jours ou toutes les semaines en consultation mais d’appeler des gens. Et là, plein de problématiques ont émergé : « Quel est le coût ? Comment faire ? Est-ce qu’on ne leur demanderait pas de répondre via leurs outils numériques ? Et que fait-on des personnes qui ne sont pas numériques ?… ».

Qu’est-ce que Satelia aujourd’hui ?

Satelia est une plateforme de télésurveillance médicale pour les maladies chroniques. Notre mission est d’améliorer la qualité de vie des patients atteints de maladies chroniques, comme l’insuffisance cardiaque ou les cancers. Préserver la qualité de vie de ces patients est un enjeu médical et éthique. L’entreprise est bâtie sur trois piliers. Un premier qui est un pilier de développement logiciel pour les applications, pour les médecins et pour les patients. Les médecins ont des dashboards et voient tout ce qui se passe à l’extérieur de l’hôpital en termes de santé des patients avec des patients qui répondent. Le deuxième pilier, c’est la science. Ce sont des algorithmes d’analyse et de prédiction aux risques. Le troisième, ce sont les retombées des publications scientifiques dans des revues, qui concernent l’humain.

Vos salariés sont-ils principalement des ingénieurs ?

Sur les 85 personnes salariées de Satelia, nous avons 45 personnes qui se chargent de rappeler des gens qui sont dans une situation d’illectronisme, c’est-à-dire dans une incapacité d’utiliser des outils digitaux. A 85 ans, dans leur maison ou en Ehpad, certaines personnes n’utiliseront jamais un iPad. C’est important parce qu’en fait, quand on parle de santé, et plus particulièrement de E-santé, on entend beaucoup d’ineptie avec « Oui, on va mettre des paniers d’objets connectés chez les gens ! » qui sont des patients relativement âgés ou qui ne maîtrisent pas le digital. Or, c’est donc en grande partie inefficace.

Quelles ont été les grandes étapes depuis la création ?

Nous avons mis un an à mettre en place le remboursement de l’assurance maladie, ce qui est relativement court dans ce milieu. Nous avons démarré fin mai 2017 et fin 2018, nous avons eu le premier remboursement. Nous avons fait une première levée de fonds en 2019 de 300 000 € et nous nous sommes développés très rapidement puisque nous avons à peu près doublé chaque année la taille de l’équipe, le nombre de patients suivis donc le chiffre d’affaires, puisque nous sommes payés au forfait par patient suivi par la Sécurité sociale. Nous sommes remboursés par la Sécurité et nous sommes prescrits par les médecins. Satelia, c’est une application sur prescription médicale. C’est innovant et il n’y en a pas beaucoup en France. Nous faisons partie des pionniers.

Quelles ont été les étapes suivantes ?

L’étape suivante a été la création de la plateforme infirmière, officiellement en 2020. Nous nous sommes rendu compte que nous avions besoin de plus en plus d’humains pour gérer les patients qui n’étaient pas digitaux. C’est un axe stratégique pour nous puisqu’il est plus compliqué de proposer une solution qui s’adapte à tous, plutôt que des tablettes ou smartphones connectés ou encore de s’intégrer sur les smartphones des patients. Nous avons donc créé une unité d’infirmières. Nous avons commencé à embaucher massivement parce que nous nous sommes aperçus que nous souhaitions également continuer à suivre ces patients qui n’étaient pas digitaux. Aujourd’hui, 40 % des patients que nous suivons, le sont par téléphone. Il faut comprendre que ces patients, il leur est impossible d’utiliser un smartphone ou une tablette et qu’ils sont en conséquence exclus des systèmes de télésurveillance médicale classique. Avec la levée de fonds, nous avons pu créer une unité de 45 infirmières avec une structure juridique dédiée. Nous avons en quelque sorte créé une filiale.
Ensuite, la dernière étape, c’est en 2022 où nous avons réalisé une levée de fonds pour continuer à nous adresser au marché français en cardiologie et inclure d’autres pathologies en France.

Quel est votre pourcentage clients connectés/non connectés ?

Nous avons 40 % de patients qui sont en situation d’illectronisme, donc qui nécessitent un suivi par téléphone. Le reste est suivi via leur smartphone ou le smartphone de leurs aidants. Cela nous permet d’être une solution inclusive qui n’exclut personne. Nous sommes la seule entreprise en France à le faire alors que les autres, pour des raisons de rentabilité principalement, ne se consacrent qu’aux objets connectés et aux patients digitaux.

C’est quelque chose que vous aviez anticipé depuis le début ?

Oui, nous l’avions anticipé, mais nous n’avions pas vu qu’il y aurait autant de patients non connectés. Nous sommes à peu près quatre compétiteurs en télésurveillance sur le marché français pour le suivi d’insuffisance cardiaque ou d’autres pathologies. Naturellement, les praticiens ont eu tendance à préférer Satelia principalement pour des patients qui sont non connectés parce que nous sommes la seule solution qui peut les accueillir. Nous avons eu en quelque sorte le transfert de tous ces patients sur notre solution que nous avons intégré sans problème.

Pourquoi avez-vous levé 10 millions aujourd’hui et dans quel but ?

Nous avons fait cette levée de fonds afin d’accélérer la croissance commerciale, continuer à nous développer dans d’autres centres en France et inclure de nouvelles pathologies. Nous avons un modèle qui est hautement duplicable pour d’autres pathologies chroniques. Nous voulons suivre plusieurs pathologies car il est plus simple pour les hôpitaux de s’équiper d’une solution pour plusieurs pathologies que de devoir s’équiper d’un matériel pour chacune d’entre elles. Autrement dit, il s’agit de pouvoir traiter l’insuffisance cardiaque, le suivi des cancers, l’insuffisance rénale…

Quelle a été la principale difficulté que vous avez rencontrée et comment l’avez-vous surmontée ?

Cela va vous surprendre mais nous n’avons jamais rencontré de difficulté particulière. Nous avons toujours surfé au sommet de la vague sans trop de soucis. Je pense que nous avons pris un axe stratégique qui, pour l’instant, s’est avéré bon et qui consistait à ne pas utiliser d’objets connectés. En général, dans l’autre cas, nous nous appuyons sur les objets du patient même si nous leur en envoyons un au besoin. Dans ce cas, cela coûte en conséquence beaucoup moins cher. Ce qui est drôle c’est de voir que tout le monde pensait qu’il fallait plein d’objets connectés pour avoir plus de suivis et plus de qualité de vie chez les patients. Or, nous avons montré qu’en mettant un peu moins de technologie et en saupoudrant avec davantage d’humains, nous avons une pénétration du marché et une satisfaction des patients qui est bien plus élevée.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris depuis que vous vous êtes lancé ?

Je dirais l’obstination d’un certain nombre d’acteurs non médicaux à proposer des moyens tout technologiques, alors que nous savons qu’aujourd’hui que 67 % des patients de plus de 65 ans sont en situation d’illectronisme. Les deux tiers des patients sont dans l’incapacité d’utiliser des outils digitaux. Cette obstination m’a surpris de voir des gens qui voulaient absolument marketer ou pitcher : « Télésurveillance donc tu dois mettre des appareils connectés à domicile. ». Aujourd’hui, le problème du système de santé, c’est que les patients sont en train de se rendre aux urgences parce qu’il n’y a pas assez de soignants. Penser qu’on va résoudre ce type d’actions avec des mallettes d’objets connectés à domicile, c’est un très mauvais calcul alors qu’en mettant un peu d’humain, cela permet de décharger les hôpitaux d’un certain nombre de tâches et de garder un contact avec les gens. Ce qui me surprend, c’est que peu de personnes le comprennent.
Certains compétiteurs, à force de nous voir gagner des marchés, se mettent aussi à proposer des soignants internes dans leurs équipes à embaucher. C’est une très bonne chose car cela montre que nous avons une capacité d’influence. Comme nous sommes leaders sur notre secteur, cette capacité d’influencer les autres qui se mettent à nous copier pour « gagner » des parts de marché, me procure une certaine satisfaction.

Y a-t-il des contraintes spécifiques ?

Nous devons organiser des séances de coaching pour les patients, une tous les deux mois. Autrement dit, il y a une séance, que nous appelons « accompagnement thérapeutique », qui consiste à faire en sorte que le patient ait une meilleure connaissance de sa maladie. En fait, nous le formons aux signaux d’alerte, aux traitements, aux symptômes, à la difficulté physique et à l’alimentation. Ce coaching est réalisé par des infirmières spécialisées avec un diplôme spécialisé de l’éducation thérapeutique.
Une autre contrainte réside dans le fait qu’il faut être marqué « CE ». Tous nos logiciels sont des dispositifs médicaux donc du logiciel premium. Cela demande des données supplémentaires, une qualité supplémentaire pour éviter d’avoir des bugs qui peuvent conduire, par exemple, à de mauvaises analyses de risque.
Ensuite, il faut être agréé par la Sécu et cela passe principalement par des publications scientifiques qui prouvent une efficacité médico-économique et en termes de diminution de mortalité ou d’hospitalisation. Ce n’est pas tant des réglementations ou des contraintes pour moi, étant moi-même issu du médical, car je trouve assez naturel de prouver que ce que nous faisons est cohérent et efficace. J’aime bien me dire « Je sauve des patients avec une étude scientifique qui démontre que ce que nous faisons est bien ». Le marketing, c’est bien, mais pas sans preuves dans le médical.

Le conseil :
Il y a un seul conseil qu’on m’a donné et qui a été, je pense, décisif. Quand j’ai débuté en entrepreneuriat, on m’a dit : « Tu verras, cela va être dur, mais même dans les moments très durs, n’arrête jamais, continue ! ». Et cela s’est probablement avéré être le meilleur des conseils d’entrepreneurs qu’on m’ait donné. Parce que quand c’est dur, on s’en souvient et on passe des étapes. A chaque fois qu’une étape est dépassée, on se dit :  « heureusement, j’aurais pu arrêter ». 

« Nous avons toujours surfé au sommet de la vague sans trop de soucis. Je pense que nous avons pris un axe stratégique qui, pour l’instant, s’est avéré bon et qui consistait à ne pas utiliser d’objets connectés. »

Dr Nicolas Pages

Conseil du Dr Nicolas Pages

  • Tu verras, cela va être dur, mais même dans les moments très durs, n’arrête jamais, continue !