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L’apéro entrepreneurs : la vente

Chaque mois, Dynamique Mag réunit trois entrepreneurs d’horizons différents autour d’un apéro pour débattre sur le thème du dossier du mois !

Avec :

  • Maxence Petit : Cofondateur de Sonalto, solution d’aides auditives prêtes à l’emploi
  • Sarah Allart : Cofondatrice de Tribway, réseau social de shopping collaboratif sur le net
  • Alma Guirao : Cofondatrice de Dessine moi un soulier, vente sur Internet de chaussures personnalisables

Privilégier le contact avec le client

Maxence Petit : Nous ne faisons pas de prospection par téléphone auprès des clients. Nous préférons rencontrer directement les prospects en nous rendant tout de suite chez eux. Nous disposons d’une force commerciale de 46 représentants qui entrent dans les pharmacies quotidiennement pour présenter et référencer notre offre.

Alma Guirao : De notre côté, nous essayons de matérialiser le service que nous proposons sur le net. Il fallait pousser le service plus loin en allant à la rencontre des clients. Nous avons donc lancé dans un premier temps des réunions « Tupperware » dans lesquelles nous faisions découvrir nos chaussures personnalisables. Aujourd’hui, nous ouvrons notre showroom une fois par semaine à nos futures clientes. Nous les accueillons avec du café ou du champagne pour qu’elles se sentent vraiment gâtées, qu’elles aient l’impression d’être une star ! Nous organisons également des soirées cocktails pour faire connaître des produits. Toutes ces initiatives contribuent à faciliter l’acte d’achat. Lorsque les clientes peuvent voir ainsi les produits, toucher les matières et dialoguer avec nous, le taux de transformation approche les 90 % ! Les clientes aiment voir le côté humain derrière l’ordinateur.

Sarah Allart : Nous aussi nous cherchons à créer un lien avec le public. Comme notre site est un réseau dans lequel votre tribu vous fait découvrir de nouveaux produits, nous organisons des soirées lors desquelles nous faisons découvrir des bars. Je pense que, pour tous les sites Internet, il est important de s’ancrer dans le réel.

Alma Guirao : Autre moyen de se rapprocher des clients et de les rassurer : la hotline. Nous avons sur notre site un numéro vert via lequel les futures clientes peuvent nous contacter à tout moment. Une grosse partie de notre clientèle a besoin d’être écoutée et accompagnée dans l’acte d’achat. Nous faisons parler la cliente pour la conseiller dans son achat. Nous devons même assez souvent faire office de psychologues pour nos clientes qui nous racontent tous leurs problèmes… ! Cette écoute est l’un des éléments clés qui permet à la future cliente de passer à l’acte d’achat.

Des techniques de vente infaillibles…

Sarah Allart : Au départ, cela a été difficile de vendre notre concept aux marques pour qu’elles acceptent de travailler avec nous, car nous n’avions pas de site ! Notre technique pour dépasser les freins des marques à nous faire confiance a été de créer une petite présentation bien faite, très pro, avec les logos des marques qui nous faisaient déjà confiance.

Maxence Petit : Pour doper les ventes dans nos points de distribution, nous mettons un point d’honneur à bien former les revendeurs, les pharmaciens. Cette formation est une composante essentielle de notre dynamique commerciale. Un revendeur qui maîtrise parfaitement la solution sera toujours beaucoup plus efficace. Nous offrons par ailleurs un appareil de démonstration à chacun de nos distributeurs pour leur donner la possibilité de faire essayer notre produit, en partant du principe que l’essayer c’est l’adopter !

Sarah Allart : Quand on a une startup, on est constamment en train de la vendre, même quand on en parle à ses amis. Or, ce n’est pas facile d’apprendre à raconter l’histoire de son entreprise… Au départ, je présentais Tribway en insistant sur les aspects techniques, les fonctionnalités, mais personne ne comprenait. J’ai appris à présenter le site en partant du problème qui nous a poussés à développer cette solution. L’important est aussi d’être empathique et de chercher à savoir en quoi son service peut intéresser la personne en face. Au départ, j’avais le même discours pour tout le monde. Maintenant j’essaie de le personnaliser en fonction de l’interlocuteur.

Booster l’acte d’achat

Maxence Petit : Nous proposons à nos prospects des incitations telles que l’offre de parrainage qui leur permet de gagner des piles s’ils achètent un deuxième appareil ou s’ils le recommandent efficacement à leurs proches.

Alma Guirao : Nous avons la chance d’avoir un beau produit qui parle de lui-même, il y a une séduction naturelle par le produit… Ce qui fonctionne très bien comme argument commercial chez nous, c’est le Made in France. Toutes nos chaussures sont fabriquées par des artisans français, ce qui représente un gage de qualité et d’image. Cet élément provoque tout de suite de l’intérêt pour le produit.

Sarah Allart : Sur notre site, nous nous appliquons à améliorer l’expérience shopping des utilisateurs. C’est un concept dont on parle beaucoup dans les boutiques physiques mais encore peu sur le net. Or, les gens n’ont pas envie de juste venir sur un site, de regarder et d’acheter. Nous essayons de faire en sorte que l’expérience shopping soit amusante et jamais monotone.

Déjouer les objections à l’achat

Maxence Petit :Lorsque des prospects semblent réticents ou perplexes quant à la qualité de notre solution, nous lui proposons de la lui faire essayer. Cet essai tue généralement tous les doutes ! Et si nous faisons face à un client mécontent, nous essayons systématiquement de trouver une solution, notre réputation étant notre principale richesse.

Sarah Allart : La plupart des marques sont très enthousiasmées par notre service, qui leur permet de mettre en valeur leurs produits de façon très qualitative. Mais lorsque ça n’est pas le cas, nous essayons de les rencontrer et de dialoguer avec elles pour comprendre leurs problématiques. Nous faisons en sorte de bien percevoir les nouvelles fonctionnalités qu’elles voudraient voir apparaître sur la plateforme. Nous menons une réflexion stratégique sur le développement du site directement auprès de nos clients partenaires.

Alma Guirao : La chaussure est un produit tellement désiré par nos clientes qu’il peut déchaîner les passions ! Il y a, par exemple, une cliente qui a déversé sur notre page Facebook sa colère d’avoir attendu sa paire une semaine de plus par rapport au délai annoncé. Dans des cas comme ça, je prends toujours le temps de répondre point par point aux accusations de la personne, de manière transparente.

Duo Dej : comment mieux vendre ça ?

Duo Dej s’est donné pour objectif de permettre aux gens de briser la monotonie de leurs déjeuners en solo… Cette jeune startup édite un site Internet de mise en relation de personnes pour qu’elles puissent déjeuner ensemble, échanger et créer de nouveaux liens.

La société s’adresse aux salariés qui en ont assez de manger seuls devant leur écran, aux VRP qui se retrouvent souvent bien seuls devant leur déjeuner, aux futures mamans, dont les copines travaillent aux heures de déjeuner… La planification d’un déjeuner se fait en quelques clics sur le site, en remplissant des critères de recherche : date du déjeuner souhaité, code postal du lieu, sexe et tranche d’âge de la personne avec qui l’on souhaite partager un repas. Une belle alternative aux sites de rencontres amoureuses… l

Développer la visibilité du site par le bouche-à-oreilles.

DuoDej est un concept qui permettra de découvrir de nouvelles personnes le temps d’un déjeuner, amical loin du concept de site de rencontres. Ce site n’a pas un pouvoir d’attraction SEO fort, et devra baser son développement sur les réseaux sociaux et le bouche-à-oreilles. Pour que le buzz prenne, il faut qu’un maximum de gens teste le concept. Il serait peut-être judicieux de mettre en stand-by le critère de « date » du déjeuner souhaité car cela peut limiter les possibilités de rencontres tant que le site n’a pas atteint de taille critique. Grâce à une augmentation des interactions entre membres, le concept prendra plus facilement.

Conseils de Sébastien de Chezelles, expert en référencement, fondateur de 1001Loisirs.com & Web Conseils

Repenser le positionnement du discours commercial. Le positionnement court à la catastrophe !

Demander à des personnes de s’avouer désespérées et de déjeuner avec d’autres qui le sont vraisemblablement aussi, c’est suicidaire. Cela revient à s’adresser à 1 % de la population ! Il faut viser plutôt les 99 % de personnes « normales », ce sera mieux ! Il serait bon de remplacer « Déjeuner à 2, c’est mieux » par « Déjeuner à deux, en mieux » : il ne faut pas confondre bénéfice et caractéristique. Sur la page d’accueil, insérez la liste des bénéfices sous forme de bullet points. Intégrez la possibilité de chercher une disponibilité sur une plage de dates. Ajoutez un champ « expériences vécues ». Intégrez également la possibilité de classer les critères de recherche par ordre de pertinence dans les résultats à afficher. Il faudrait qu’au terme de la recherche l’utilisateur puisse cliquer sur un bouton « envoyer les invitations » aux Duo Dejeurs sélectionnés. Enfin, je préconise de créer une charte du Duo Dejeur.

Conseils de Guillaume Bisotto, expert en strategies commerciales, Associés Be Your Sell Institute.

Ciblage géographique et témoignages d’habitués.

Duo Dej doit tirer profit des fonctionnalités de ciblage (« par ville », dans un rayon de plusieurs kilomètres) lors des publications sur leur page Facebook afin de recommander les meilleurs lieux pour un repas, des évènements spécifiques ou des conseils adaptés à l’actualité. Cette méthode permet de garantir une sensibilité systématique et un rythme de publication important sans toutefois cannibaliser la visibilité des différentes informations. Parallèlement, Duo Dej peut interviewer des habitués, photo à l’appui, leur demandant de raconter leurs meilleurs souvenirs : l’interview serait publiée sur le blog, puis relayée sur Facebook et Twitter via une citation de 100 caractères environ.

Conseils de Christophe Ramel, expert en community management, agence digitale acti, blogueur sur Kriisiis.fr

Faîtes de Duo Dej un « bon plan relationnel ».

Créez le reflexe malin en vous présentant comme un service d’utilité publique ! Écrit de cette manière, cela à l’air bien audacieux, et pourtant, en analysant Duo Dej, on se rend compte que le service est original, inattendu et basé sur la création de lien social. Les journalistes, seront curieux de se faire leur propre idée. Alors, invitez-les à vivre une expérience unique et à tester le service le temps d’un déjeuner. À la fin de cette initiation, nulle doute qu’ils valideront le fait que l’entreprise, est vecteur de lien ! à côté de cela, intéressez-vous aux évènements professionnels et grands publics, qui vous feront connaître. Pour ces occasions, envoyez des communiqués « bon plan » aux journalistes. La présentation de Duo Dej devra se composer d’éléments factuels. Au résultat, le journaliste devrait percevoir un intérêt pour Duo Dej.

Conseils de Cédric Phojo, expert en relations presse, fondateur de Eyes Wide Com

Modifier le logo pour qu’il colle mieux au concept du service.

L’identité visuelle de Duo Dej est un peu en contradiction avec le concept même de cette marque. Quand le cœur du sujet est la rencontre en duo, on attendrait du logo qu’il mette en scène deux personnes. L’actuel logo qui représente une fourchette et une assiette signifie davantage : manger seul et peu. L’illustration présente sur le site est par contre bien adaptée, très en phase avec l’esprit du produit. Il faudrait s’orienter vers la création d’un logo qui lui ressemble. Le site, qui est au centre de tout le concept de la société, met en arrière plan cette illustration : c’est dommage ! L’image devrait être au cœur du site. Le rose gagnerait à être remplacé par un orangé foncé, plus proche des codes culinaires que le rose, qui fait penser à un autre type de rencontres… 

Conseils de Laurent Vincenti, expert en design et marque, fondateur de Vincenti Design

Faites le buzz grâce au clean tag.

Le challenge pour Duo Dej est d’arriver à capter des personnes déjeunant seules pour les convaincre de rencontrer du monde. Compte tenu des moyens limités de la startup, ses fondateurs pourraient par exemple réaliser une campagne de street marketing en utilisant la technique du « clean tag ». Le clean tag consiste à appliquer un pochoir métallique sur la chaussée et à « taguer » en nettoyant au Karcher la chaussée non masquée. Il serait efficace d’inscrire un slogan du type : « Marre de déjeuner seul ? Testez duodej.fr ». Pendant une nuit, l’équipe vient taguer ainsi les trottoirs devant les lieux fréquentés par les personnes déjeunant seuls (sandwicheries, saladeries, fast-food,…). Pour maximiser l’impact, l’opération de communication peut également être animée et relayée sur les médias sociaux.

Conseils d’Alexandre Delivet, expert en communication pour les startups et directeur général de tripXp.com

Inspecteur du travail, un partenaire à ménager

Comment bien préparer une visite de l'inspecteur du travail ?

Dans le cadre des contrôles, l’inspecteur peut visiter l’entreprise à n’importe quelle heure, demander les documents que doit tenir l’employeur, interroger les salariés seul et effectuer des prélèvements ; tout cela même en l’absence de l’employeur.

Si un inspecteur du travail se présente, l’employeur peut l’accompagner ou le faire accompagner, il peut aussi se faire assister d’un avocat ou d’un conseil, l’inspecteur ne pouvant pas s’y opposer. Après le contrôle, l’inspecteur pourra choisir de prendre diverses mesures : conseil (oral ou écrit), lettre d’observation, mise en demeure ou enfin procès-verbal d’infraction.

Afin d’éviter au maximum d’en arriver à des extrémités difficilement maîtrisables, il est important que l’employeur prenne l’initiative de rencontrer l’inspecteur du travail dont il relève, hors de tout contexte de contrôle afin de créer une relation saine et constructive.

Lors de cette rencontre, l’employeur pourra communiquer à l’inspecteur divers éléments lui permettant d’avoir une vision claire de la structure sociale de l’entreprise, il pourra par ailleurs en profiter pour lui demander son sentiment sur diverses questions en suspens afin de montrer son intérêt et son respect pour les positions de l’inspection.

Article Par Antoine Grou, Avocat à la Cour

Ça déménage !

Farid Lahlou et ses associés ont réinventé le métier de déménageur. Démocratiser les prestations et dépoussiérer un service souvent peu transparent et contraignant : voilà l’objectif de Des bras en plus.

Vous avez sûrement déménagé au moins une fois dans votre vie… Vous avez donc dû vous apercevoir à quel point le parcours de la personne qui souhaite déménager est semé d’embûches ! Entre les prix exorbitants demandés par les déménageurs et les contraintes qu’ils vous imposent, on comprend pourquoi le déménagement se hisse en France à la 3e place du classement des situations les plus stressantes !

Un constat : l’intevnet pas pris en compte

C’est en observant ce constat que Farid Lahlou et son équipe, déjà dirigeants d’une entreprise classique de déménagement, ont entrepris de dépoussiérer un marché qui n’avait jamais évolué. « On n’aurait pu penser que l’arrivée d’Internet allait changer la donne dans le secteur du déménagement. Or, ce qu’on trouve sur le web aujourd’hui n’est qu’une simple reproduction de ce qu’on trouvait à l’époque dans les Pages Jaunes. » explique le fondateur. Pendant un an, les entrepreneurs étudient le marché. Ils apprennent que 20 % seulement des personnes qui déménagent ont fait appel à des professionnels de déménagement pour les aider.

Et les autres ? Ils se débrouillent « avec les moyens du bord », louent des camions à la journée, font en sorte de ne pas les rayer, essaient de ne pas trop se blesser. Les 20 % de chanceux sont-ils mieux lotis ? En un sens oui. Mais ils doivent en contrepartie payer un prix beaucoup plus élevé. Il faut ajouter à cela la peur, partagée par la plupart des gens, d’une fixation des prix « à la tête du client » par les déménageurs. Farid Lahlou et ses associés sortent donc le service Des bras en plus, première offre de déménagement low cost à la carte et sur Internet.

Une nouvelle solution pour le déménagement

La personne souhaitant déménager peut obtenir un devis en remplissant juste trois cases : date du déménagement, nombre de déménageurs souhaités et volume du camion. Une des innovations apportées par le service est de proposer au client un calendrier indiquant la gamme de prix selon les jours, comme chez Ryan Air.

Exit les soucis de transparence ! « Le service est à la carte, s’adaptant précisément aux besoins du client : juste un déménageur pour conduire le camion et porter les éléments très lourds ou une prestation complète de déménagement. » précise l’entrepreneur. Une vraie innovation dans un secteur où le client ne disposait jusque là pas d’une réelle souplesse de service de la part du prestataire. En passant par cette entreprise de déménagement « nouvelle génération », le client peut choisir à la carte le nombre de déménageurs qu’il souhaite faire venir, sur une journée complète ou seulement une demi-journée. Le tarif de la prestation s’adapte donc aux besoins, mais surtout au budget du client. Farid Lahlou entend bien faire de son entreprise le « Free » du déménagement pour faire baisser la facture du client. Une entreprise bonne pour le moral de nos porte-monnaies !

Les Sociétés de Financement de Procès (SFP)

Pourquoi est-il important de définir un processus commercial ?

Depuis quelques années, un nouveau mode de financement du contentieux a émergé en France. Zoom sur les sociétés de Financement de Procès (SFP).

Les Sociétés de Financement de Procès (SFP)

Des sociétés se sont spécialisées dans le financement de procès. Les Sociétés de Financement de Procès (SFP) proposent un mécanisme de financement du contentieux par un tiers qui prend à sa charge tous les frais engagés par le procès moyennant un pourcentage sur les dommages et intérêts gagnés à l’issu de celui-ci (entre 20 % et 50 % selon les cas).

Le contrat de financement de procès

Ce type de contrat se rapproche en ce sens du contrat d’assurance de protection juridique mais s’en détache toutefois dans la mesure où les compagnies d’assurance ne touchent rien sur le résultat du procès. Le contrat de financement de procès réside dans la décision du juge tandis qu’en matière d’assurance, il porte sur la survenance du litige.

La justice française a validé ce mécanisme pour la première fois par une décision de la cour d’appel de Versailles (1er juin 2006). Depuis, la licéité des SFP est admise en France et aucun obstacle juridique légitime ne semble s’y opposer valablement.

La vente : le premier métier de l’entrepreneur

L’entrepreneure au cœur de l’efficacité commerciale

Interview d’Evelyne Platnic-Cohen, fondatrice du centre d’entraînement à la vente Booster Academy et experte des techniques de vente.

La vente est une question qui pose souvent problème aux entrepreneurs. Pourquoi ?

Je crois qu’au départ un créateur d’entreprise ne prend pas conscience que son premier métier au quotidien sera celui de vendeur ! Lorsqu’on décide de devenir entrepreneur, on s’imagine avant tout à la liberté que cela va nous apporter. On pense que son métier de base ne changera pas vraiment. Certes, mais nous oublions qu’à côté de l’expertise métier, il faut passer beaucoup de temps à chercher des clients. En choisissant d’être entrepreneur, ce n’est pas vraiment son propre métier qu’on choisit de faire, mais plutôt celui du commercial.

Comment réagissent-ils alors ?

Certains décident de revenir à leur vie d’avant, en redevenant salarié. D’autres se disent qu’ils peuvent tout de même essayer de vendre mais risquent d’être rapidement désenchantés. Les plus avertis prennent conscience qu’ils doivent apprendre à vendre. En effet, il faut savoir que la vente est bien plus technique que nous l’imaginons. C’est comme jouer aux échecs sans en connaître les règles, vous ne pouvez pas faire semblant. Il en va de même pour la vente. En se disant qu’il suffit de bien parler pour bien vendre, on va droit dans le mur, sans s’en rendre compte. 

Il ne suffit donc pas de savoir bien parler pour vendre ?

Non, la vente est un processus très technique, et qui plus est contre-intuitif. C’est-à-dire que, si l’on demande à quelqu’un de décrire le processus de la vente, ce qui lui viendra naturellement sera très éloigné de la réalité. Savoir vendre n’est pas quelque chose de naturel, cela s’apprend. 

Comment apprendre à bien vendre alors ?

Déjà en lisant le numéro de Dynamique-Mag de ce mois-ci ! Les livres qui enseignent les techniques de vente peuvent bien aider également. Mais ce qui est le plus important, c’est de s’entraîner comme un sportif de haut niveau. Cela demande un vrai effort car il faut véritablement changer ses réactions naturelles face à la vente. Pour cela, les formations à la vente sont utiles, car elles permettent de répéter le geste et d’apprendre à adapter le discours à son offre.

Selon les rendez-vous, il faut adapter son discours, sa façon de parler ?

La vente repose sur trois points : le mental, le comportemental et la technique. Le mental c’est la motivation : est-ce que vous êtes prêt à y aller ? Avez-vous l’envie et la motivation de vendre ? La partie comportementale répond aux questions : qui suis-je ? Qui est devant moi ? Et comment je me synchronise à la personne devant moi ? Il faut adapter sa technique en fonction du type de personne que vous avez en face de vous, comme on règle le son d’une musique. Cela permet à votre interlocuteur de se sentir plus à l’aise car il se sentira en phase avec vous.

Comment dépasser la peur ou l’aversion de la prospection téléphonique ?

Le point le plus important avant de prendre le téléphone, c’est d’être persuadé que son offre rend service. Si vous en êtes convaincu, vous n’aurez plus peur de déranger. Vous saurez que vous êtes en train de rendre service à quelqu’un qui ne savait pas que vous existiez ! Ce travail sur le mental change tout.

Avez-vous un secret à nous dévoiler pour réussir à obtenir à coup sûr un rendez-vous une fois qu’on a le prospect au téléphone ?

La règle d’or c’est de se dire avant même de décrocher le téléphone : « Cette personne-là, je l’aurai, quoi qu’il se passe ! » Le rendez-vous, il faut le vouloir vraiment. J’ai toujours réussi à décrocher les rendez-vous lorsque j’étais dans cet état d’esprit. C’est un mix entre le mental, le comportemental et la technique. Le mental, c’est la motivation, la capacité à avoir envie d’y arriver. Tout le monde ne l’a pas. Le mental, c’est un moteur. Prenons un exemple, vous avez envie de courir. Et bien cela ne va pas se faire en un jour. Tout le monde est capable de courir mais peu font le marathon. Le mental, c’est la capacité à atteindre l’objectif qu’on s’est fixé. Le comportemental, c’est votre adaptabilité à l’autre, votre empathie. C’est tout ce qui va vous permettre de comprendre l’autre, le client, savoir quels sont les besoins du client ? Ses envies ? Là aussi cela s’apprend tout comme les techniques de ventes. Un vendeur qui a un bon mental, une vraie démarche comportementale mais qui ne maîtrise pas les techniques de ventes ne réussira pas ses ventes. Il y a un process, des étapes à respecter. On ne naît pas vendeur. On le devient. Il faut savoir bien utiliser ses techniques d’accroches, manier les silences et le rythme de la discussion.

Comment conclure le rendez-vous par une signature de contrat ?

La personne en face de soi doit être la seule chose qui nous intéresse : qui est-elle ? Qu’est-ce qu’elle veut ? Où en est-elle ?… À ce moment-là, on doit sentir que l’on n’existe plus que par rapport à elle. La capacité à lâcher-prise et à ne pas rester concentré sur son objectif à soi, mais plutôt sur celui de l’autre sera ce qui va faire la différence. Ensuite il est normal, et plutôt sain, d’avoir l’objectif de signer. Souvent lorsque je demande aux entrepreneurs à quoi sert le rendez-vous qu’ils ont décroché, 80 % d’entre eux me répondent que c’est pour présenter leur offre. Or, présenter son offre n’est pas un objectif en soi, c’est juste un moyen.

Comment trouver l’équilibre entre la présentation de son offre et l’écoute du prospect lors d’un rendez-vous ?

C’est simple : le bon équilibre c’est 95 % d’écoute et 5 % d’argumentation ! Dans une vente, le plus important ce n’est pas tellement ce que vous dites, mais plutôt ce que le prospect vous dit. En particulier dans la phase de découverte des besoins du client, il est nécessaire de laisser votre interlocuteur s’exprimer et de poser des questions courtes et ouvertes. Une astuce pour réapprendre à écouter : placardez partout sur votre bureau « le silence est d’or ». 

Une fois que le contrat est signé, comment fidéliser le client ?

Fidéliser, c’est une action qui se mérite ! Comme dans un couple, la relation a tendance à s’user avec le temps. Alors il faut innover, faire des surprises, offrir des cadeaux… Et il faut savoir le faire au bon moment. Personne ne devrait se contenter d’un client satisfait. Un client satisfait, c’est un client qui est presque mort. Il faut viser l’objectif de rendre ses clients hypersatisfaits, subjugués et étonnés. Ces clients-là seront les seuls à être fidèles au bout du compte.

Apport-cession de titres en sursis d’imposition : abus

Par deux avis, le comité de l’abus de droit fiscal a estimé que l’opération d’apport-cession de titres en sursis d’imposition était constitutive d’un abus de droit, à défaut de réinvestissement du produit de la cession des titres apportés dans des activités économiques. BO 13 L-2-12, instruction.

L’opération d’apport-cession de titres en sursis d’imposition

Le sursis d’imposition de la plus-value réalisée dans le cadre d’un apport de titres à une société soumise à l’IS conduit à traiter de plein droit l’opération d’apport comme une opération intercalaire. Le sursis ne donne donc lieu à aucune demande expresse et n’implique pas de déclarer la plus-value réalisée lors de I‘apport. II n’exonère toutefois pas définitivement la plus-value puisque, en cas de cession des titres reçus lors de l’apport, la plus ou moins-value est calculée sur la différence entre le prix de cession de ces titres et le prix d’acquisition des titres remis lors de l’apport (BO 5 C-1-01).

Le caractère automatique du sursis à imposition ne suffit pas à écarter l’abus de droit. En effet, la constitution ou non de l’abus de droit va dépendre de l’affectation du produit de la cession et la seule mise à disposition de liquidités est constitutive d’un abus de droit.

Ainsi, pour le comité, le placement en sursis d’imposition d’une plus-value réalisée par un contribuable lors de l’apport de titres à une société à l’IS qu’il contrôle, et qui a été suivi de leur cession par cette société, est constitutif d’un abus de droit si le montage a pour seule finalité de permettre au contribuable de disposer de liquidités tout en restant détenteur des titres de la société reçus en échange lors de l’apport. L’absence de taxation en cas d’apport de titres à une société soumise à l’IS serait justifiée par le fait que l’opération ne dégage pas de liquidités.

Un réinvestissement du prix de cession dans des activités économiques à hauteur d’un quantum de 39 % représente une part significative ; par contre un réinvestissement qui représente moins de 3 % du produit de la cession des titres apportés n’est pas suffisant pour écarter l’abus de droit.

Article par Jean-Luc Scemama, Expert-comptable associé d’Expertise & Conseil

90 % de leur CA perdus en 2 min !

Faisant face à des imprévus, Arthur Saint-Père et son associé Guillaume Heintz ont dû revoir de A à Z leur stratégie par deux fois. Un parcours sinueux qui se termine heureusement par un « happy end » !

Le problème

Les deux entrepreneurs décident en 2007 de monter VeoSearch, un moteur de recherche qui a pour particularité de reverser 50 % de ses bénéfices à des associations. Le concept du site convainc Google, Yahoo, Ask et Exalead de signer Les deux entrepreneurs décident en 2007 de monter VeoSearch, un moteur de recherche qui a pour particularité de reverser 50 % de ses bénéfices à des associations. Le concept du site convainc Google, Yahoo, Ask et Exalead de signer des contrats de partenariats technologiques avec les jeunes entrepreneurs.

Rapidement, le site atteint les 700 000 visiteurs uniques par mois, un chiffre qui présage une croissance sans accrocs. Mais c’était sans compter les imprévus qui peuvent apparaître sans effets d’annonce….

Du jour au lendemain, les deux entrepreneurs s’aperçoivent que leur site n’affiche plus les résultats issus de Google. En deux minutes, l’entreprise vient de perdre la source qui générait 90 % de leur chiffre d’affaires et dit adieu à tout espoir de croissance. Il faudra finalement un mois et demi à Arthur Saint-Père pour remonter la filière et comprendre que Google a juste décidé de mettre fin à son partenariat stratégique avec VeoSearch. La décision a été prise à la direction de Google aux états-Unis et est sans appel.

La solution

Arthur Saint-Père et son associé décident alors d’adopter un discours franc et réaliste avec leurs investisseurs auprès de qui ils viennent de lever 700 000 € : la solution qu’ils préconisent est la liquidation de la société et le remboursement au maximum des parts de leurs business angels. Ce discours convainc les investisseurs de ne pas liquider l’entreprise et de leur redonner des fonds pour démarrer un autre projet. Ils décident donc de créer le site média Durable.com.

On est alors en 2007, et le Grenelle de l’environnement pousse toutes les marques à communiquer sur les thèmes « verts ». Le site se développe donc bien jusqu’en 2010, période où le gouvernement décide finalement de mettre un coup d’arrêt au financement de la filière écologique. La crise s’installe et les marques ne veulent plus communiquer que sur les prix bas. Nouveau coup dur !

Heureusement, cette fois-ci, les deux entrepreneurs ont mieux anticipé l’évolution de leur activité. Depuis quelques mois déjà, ils ont démarré une activité de lead qui donnait de très bons résultats. Ce nouveau business s’impose naturellement comme la nouvelle activité principale des entrepreneurs. Ils créent Dolead, société spécialisée dans le lead sur Internet.

A Retenir

Pour éviter de vous retrouver dans la situation de ces deux entrepreneurs, faites attention à ne jamais « mettre tous vos œufs dans le même panier » : si un seul client ou partenaire génère plus de la moitié de votre résultat, vous êtes en danger potentiel. Anticipez sur les difficultés éventuelles de votre marché et n’ayez pas peur de basculer vers un autre type d’activité. En situation d’échec, ce qui vous permettra de vous redresser sera votre rapidité de prise de décision et votre agilité.

Article par Arthur Saint-Père et son associé Guillaume Heintz

Leurs secrets pour être créatifs

être créatifs

Comment faire jaillir sa créativité : les conseils des entrepreneurs…et des professionnels d’autres métiers et leurs secrets pour être créatifs

C’est sûr que, quand on voit un entrepreneur en train de négocier un contrat ou de s’affairer sur son logiciel de compta, on ne fait pas tout de suite le lien avec les grands artistes qui peuplent notre esprit ! Et pourtant, à bien le regarder, on se rend vite compte que la différence est plus ténue qu’elle n’y paraît. Esprit innovant, visionnaire, inspirateur… L’entrepreneur ne peut nier sa part artistique. Est-ce un hasard si l’on parle de « créateur » d’entreprise ou de mise en « œuvre » d’une stratégie ?

D’ailleurs, on découvre facilement que, sous ses airs de Rambo de la vente, l’entrepreneur est un vrai esthète : il faut le voir s’extasier devant la beauté d’un tableau Excel bien maîtrisé ou s’enivrant de la douce odeur de l’encre d’un contrat fraîchement signé. Et oui, l’entrepreneur est un artiste qui s’ignore et qui, pour développer toutes les potentialités de son entreprise, doit faire jaillir sa créativité latente et être créatifs à quand un musée des créations entrepreneuriales ?!

Le top 5 des attitudes prônées par les entrepreneurs pour être créatifs

1/ S’enfuir de l’entreprise !

C’est prouvé, être créatifs et avoir les bonnes idées ne viennent jamais quand on les attend, à savoir derrière son bureau ! Aérez-vous l’esprit, multipliez les découvertes, soyez curieux… La créativité et être créatifs, ça se provoque !

2/ Faire tomber ses barrières.

Bannissez-les : « ça a toujours été comme ça » et autres « ça ne peut pas être autrement » de votre tête. Remettez vos habitudes en question et amusez-vous à trouver de nouvelles utilisations à un produit ordinaire. Effets assurés !

3/ Regarder ce que font les autres !

Observer les autres entreprises, de votre secteur ou non, peut éveiller en vous de nouvelles idées, qui vous viendront par associations de concepts. Attention, on a dit créer, pas copier, d’accord ?

4/ Pratiquer le brainstorming pour être créatifs.

Technique reine dans les séances de créativité comme le brainstorming peut donner de très bons résultats. Mais n’oubliez pas : lors d’une séance de « remue-méninges », toutes les idées sont permises, surtout les plus farfelues !

5/ Oublier le jugement et la critique.

Que ce soit en séance de créativité ou dans votre vie quotidienne, pour laisser venir les bonnes idées, il faut les accueillir sans les ranger d’emblée dans les cases « bien » ou « pas bien ». Une mauvaise idée est parfois le premier pas vers l’idée du siècle !

Odile Escolier, peintre : « Se mettre dans un état de disponibilité intérieure »

« L’inspiration créatrice est un élan, c’est au peintre de lui laisser l’espace intérieur suffisant pour qu’elle puisse venir à lui. Pour faire jaillir sa créativité, l’essentiel est d’accueillir ce qui nous vient spontanément à l’esprit, de faire confiance et de ne rien forcer. Il suffit d’être dans un état de disponibilité intérieure. Cela nécessite de faire une place en soi par le repos du mental ce qui permet de se relier à son monde intérieur.

J’accède à cet état par un temps de silence, en me recueillant, ou en contemplant la nature. Les élans de créativité sont le résultat de toutes les émotions ou sensations engrangées dans la mémoire. On ouvre son esprit, sans vouloir tout contrôler, et faire place au « hasard ». Certaines toiles sont fluides et viennent facilement, comme un élan qui m’emporte. D’autres toiles sont plus laborieuses et demandent une attention plus soutenue, se façonnant au fur et à mesure. Dans ces moments là, une des clés pour continuer à créer est de rester dans le moment présent. »

Marc Georgeault, sculpteur : « S’inspirer de son quotidien »

« Pour être créatif, il faut avoir l’esprit ouvert. Contrairement à d’autres tâches, la création n’est pas possible tout le temps, quand on veut. Et en même temps, la créativité sollicite à chaque instant : l’artiste est constamment dans une recherche, le jour comme la nuit ! Dans ma recherche, je m’inspire de ce qui m’entoure, les détails du quotidien.

Autre élément : développer son esprit créatif, cela se travaille. C’est à la fois cette recherche que j’évoque, et la mise en pratique, en matière. Pour créer une belle œuvre, il faut beaucoup de travail ! On essaie, on échoue parfois dans la réalisation, on revient sur d’anciennes idées qu’on retravaille… Et puis je pense qu’on ne peut pas se forcer à se mettre en « mode création », il n’y a pas en nous un bouton on/off de la créativité ! La difficulté, c’est qu’il faut être disponible quand elle vient. Le créateur doit avoir la liberté de faire ce qu’il ressent au moment où il le ressent. »

Yasmine Simon, designer textile : « Toujours chercher et s’entraîner »

« Pour créer, la clé est de ne pas se reposer sur ses capacités. Cela demande de l’exigence envers soi-même pour aller chercher au fond de soi de nouveaux chemins. Tout le monde est créatif, mais, lorsqu’on décide d’en faire son métier, il faut aller plus loin, chercher la beauté, l’excellence. Comment faire apparaître la créativité ? Par l’action ! C’est en faisant, en essayant. Il faut beaucoup travailler, s’entraîner. La création c’est avant tout une dynamique.

C’est être constamment dans une recherche, se nourrir de tout, de la nature, d’une peinture ou même d’une parole. Il y a ensuite un travail de synthèse qui se fait naturellement à l’intérieur et que l’artiste matérialise à l’extérieur. Cet esprit de recherche fait partie du quotidien de l’artiste qui s’inspire de détails  comme la couleur du ciel ! Pas facile de réussir à garder cette pureté d’esprit lorsqu’on est pris dans les contingences du quotidien… Cela demande une grande disponibilité d’esprit. »

Salarié refusant leur transfert

Salarié

Les plus-values professionnelles réalisées à l’occasion de la transmission d’une branche complète d’activité peuvent être exonérées d’impôt sur le revenu ou d’impôt sur les sociétés en totalité ou pour partie (CGI art. 238 quindecies).

Cette exonération suppose que le transfert des éléments d’actif et de passif de la branche soit accompagné de celui du personnel affecté à l’activité apportée.

Le transfert des contrats de travail en cours assure, en principe, un tel transfert effectif du personnel (c. trav. L. 1224-1. art). Saisi pour avis, le Conseil d’état a jugé que, lorsque certains membres du personnel nécessaire à la poursuite de cette exploitation refusent d’être transférés, il convient d’apprécier, dans chaque cas, si ce refus est de nature à faire obstacle à ce que le transfert des éléments essentiels de cette activité puisse néanmoins être regardé comme complet. CE 13 juillet 2012, n° 358931

Article par Jean Luc Scemama, Expert-comptable associé d’Expertise & Conseil