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FBI ou CIA ?

Mettre un point d'honneur à la personnalisation client

« Il vendrait une brosse à cheveux à un chauve ! » Erreur grossière, et image désuète d’un bien piètre vendeur. Cette caricature de vente forcée ou inadéquate génère bien plus de pertes que de gains : gestion des retours, mécontentement, compensations, bouche à oreille négatif…

Comment vraiment négocier et argumenter, alors ? 

Il est d’usage de conseiller d’écouter un client potentiel : il parait qu’il dit tout. Oui, bien sûr, encore faut-il savoir ce qu’on est censé entendre, et lui poser pour cela les bonnes questions. Alors que veut-il ? Savoir comment nous pouvons améliorer son quotidien. C’est ainsi que vous parviendrez à l’accrocher réellement, en le mettant au centre de votre propos (au lieu de lui infliger votre magnifique catalogue ou votre superbe brochure !)
Cela semble simpliste, mais combien de produits ou services sont vendus avec une liste de fonctionnalités, souvent incompréhensibles, alors que les besoins des utilisateurs seraient bien plus simples à recenser.

La solution : rendre compréhensible les avantages clients

Convertir une fonctionnalité en solution est de la responsabilité du « proposeur », bien plus qu’à la charge de l’utilisateur non initié !
Donc au lieu d’asséner à un directeur Marketing, comme je l’ai entendu « ce hub 12 ports plug and play pluggé sur votre réseau IP et permettra une auto connexion de tous les utilisateurs au périphérique d’impression », dîtes par exemple : « vous allez diminuer les pertes de temps, et gagner en réactivité et efficacité, car tous les utilisateurs de votre service pourront imprimer sans effectuer de manipulation, tout cela grâce à ce boîtier hub… ».

Le principe efficace du FBI ou CIA

C’est ce que certains appellent « FBI » en anglais, ou « Features, Benefits and Incentives », ou en Français : « CIA » « Caractéristiques, Intérêts, Avantages». L’important dans une négociation commerciale étant de mettre d’abord en avant un ou plusieurs avantages (gain d’efficacité et de temps), basés sur un réel intérêt client (tous connectés ensemble, facilement), qui s’explique et se démontre par une série de caractéristiques (un boîtier hub)

Un principe trop souvent oublié

Beaucoup trop de commerciaux se concentrent sur leurs caractéristiques produits, se cachant derrière leurs connaissances techniques supposées pour abreuver leur client de jargon spécialisé, dont celui ci se sent totalement déconnecté (ou pire, s’il est vraiment technicien, dont il se rend compte de l’inanité !).

Une caractéristique technique ne fait pas vendre, elle apporte la preuve qu’un avantage supposé est bien réel. Donc au lieu de sortir une fiche technique en début d’entretien (même si elle est très belle), ne la présentons qu’après avoir validé l’intérêt et la sensibilité du client, comme une preuve. Imaginez un médecin nous assénant le « Vidal », et nous proposant de faire notre choix dans les différents produits, tout en insistant sur la promo en page 42 ?

Des besoins exprimés différemment selon l’interlocuteur

N’oublions pas non plus que les besoins s’expriment différemment selon les fonctions : pour un même équipement en imprimante, le directeur marketing sera sensible à la réactivité et aux formats, le Directeur Général à la rentabilité, les Ressources Humaines argumenteront sur les bonnes conditions de travail lors de leurs recrutements, quant au DSI, ce qui compte c’est la compatibilité avec le système installé. A nous de choisir dans notre catalogue les réponses aux besoins exprimés ou supposés.

En conclusion

L’approche CIA, ou plus justement AIC, nous permet de commencer par notre client, donc de capter son attention, pour terminer par notre solution et prendre la bonne commande.

Encore faut-il la chance d’avoir réussi à « le faire parler » ! Mais comme la chance ne doit rien au hasard..

Le capital-risque : l’arme anti-crise !

Interview de Gilles Babinet, serial entrepreneur et ex-président du Conseil National du Numérique, nommé « Digital champion » en juin 2012 par la ministre Fleur Pellerin auprès de Nelly Kroes, la commissaire européenne chargée du Numérique.

En tant que serial entrepreneur, quelle a été votre expérience du financement ?

J’ai vécu deux types de financement extrêmement opposés. Mes deux premières entreprises ont grandi avec de l’autofinancement uniquement. Ensuite, j’ai pu financer le développement de mes entreprises suivantes avec du capital-risque et avec Oséo. Par expérience, je pense qu’il est difficile de connaître un fort développement avec l’autofinancement. Ce n’est pas une stratégie viable si l’on souhaite avoir une croissance forte. Avec l’autofinancement, le développement prend des années, et le dirigeant passe son temps à gérer des problèmes de manque de cash dans les caisses. Même avec une entreprise ayant un cash-flow positif, la croissance rapide est impossible. 

Quelle est la situation du capital-risque en France aujourd’hui ?

Le capital-risque évolue beaucoup depuis le début de la crise fin 2007 / début 2008 et le durcissement de l’accès aux crédits bancaires pour les entreprises. Il y a un vrai changement de paysage parmi les acteurs du financement. Par exemple, le capital amorçage (seed) se faisait auparavant sur des sommes comprises entre 1 et 5 millions d’euros. Aujourd’hui, une jeune entreprise lèvera plutôt des sommes de l’ordre de 100 à 500 000 euros, sur cette même phase de l’amorçage. Pour le financement du démarrage de leur projet, les entreprises s’adressent en général à des pôles de business angels. Les fonds de venture capital sont traditionnellement positionnés sur des levées de sommes plus importantes, dépassant le million d’euros, et interviennent lorsque l’entreprise a déjà fait ses preuves. A contrario, on assiste depuis peu à l’émergence de fonds d’investissement spécialisés dans le capital d’amorçage. Ces acteurs du micro-capital-risque ont une action qui tend à se rapprocher de celle des business angels. 

Comment pensez-vous que le capital-risque va encore évoluer désormais ?

Il faut savoir que la crise du financement est mondiale. Même l’Amérique, connue pour l’efficacité de ses sociétés de capital-risque, connaît un ralentissement à ce niveau. Le financement tend à se déplacer de plus en plus vers les pays émergents. Dès cette année, le deuxième pays de venture capital sera certainement la Chine ! D’ailleurs, l’horizon prévisible est que la Chine devienne le premier pays au monde en termes de capital-risque.

Beaucoup d’entrepreneurs se tournent vers les fonds américains lorsqu’ils souhaitent lever des sommes importantes. Pourquoi ?

Le capital développement n’a jamais réussi à bien fonctionner en France. En conséquence de cela, il y a dans notre pays une vraie déficience d’acteurs pour les levées de montants supérieurs à 10/12 millions d’euros.

Une entreprise française peut-elle acquérir la taille d’un acteur international sans passer par les fonds américains ?

Je pense que c’est quasi impossible. Ce n’est d’ailleurs plus arrivé depuis une bonne trentaine d’années… Dans les technologies, il faut avoir une très forte capacité à mobiliser des capitaux, ce qui n’est plus le cas en France. à l’époque, des leaders industriels comme Alcatel avaient pu émerger en France et se faire une place au niveau mondial. Mais aujourd’hui, il est rare que des entreprises françaises arrivent à mobiliser les capitaux nécessaires à un déploiement mondial. Il y a peut-être récemment les exemples de Criteo ou Deezer qui contredisent cela, mais ces cas sont très rares. 

Selon vous, les pme manquent chroniquement de fonds propres. à votre avis, pourquoi ?

Quand on compare les PME françaises aux entreprises européennes, on remarque une légère déficience de fonds propres. Cela est dû au fait que la culture du capital-risque est encore très peu répandue chez nous. En Angleterre, on compte pas moins de 50 000 business angels, quand en France on en dénombre dix fois moins ! Par ailleurs, il faut savoir qu’en Allemagne ce sont les ETI qui financent les fonds propres des petites entreprises. Le capital-risque allemand est très industriel. Or, nous avons en France 5 500 ETI, alors qu’en Allemagne elles sont 13 000. Le nombre d’ETI est à peu près comparable en Angleterre. Mais on en revient au même problème : ce qui fait la différence entre une PME et une ETI, ce n’est autre que l’accès aux fonds propres.

Il faudrait donc davantage soutenir le capital-risque en France ?

Oui, c’est ce que je pense. Et je le dis alors même que je suis totalement indépendant de cette industrie ! Je n’ai aucune part dans une société de capital-risque ! Les capitaux-risqueurs ont leurs qualités et leurs défauts, mais ils représentent la seule façon de développer l’innovation et de créer du dynamisme économique en France. Je pense que le développement du financement de l’innovation représente une des solutions réalistes et efficaces pour freiner la crise en France. 

Quelles sont vos idées pour améliorer le capital-risque en France ?

Je prône quelques actions telle que la modification au niveau européen de Solvency II et Bâle III qui empêchent littéralement les banques d’investir dans les PME. Je souhaiterais également que se développe en France le corporate venture. 230 milliards d’euros dorment dans les caisses du CAC 40. Il faudrait mettre en place des primes de fiscalité pour les entreprises du CAC 40 qui investissent dans le capital-risque. Je propose aussi que 1 % de la collecte de l’assurance vie aille vers l’innovation. Enfin, je pense qu’il serait pertinent de remonter l’ISF PME à 80 %. Rien qu’avec ces mesures, on pourrait mobiliser chaque année 6 milliards de plus dans le financement de l’innovation, c’est considérable !

C’est aussi l’objectif de la nouvelle Banque publique d’investissement. Quelle est votre sentiment sur cette action du gouvernement ?

Je suis assez dubitatif sur l’efficacité de ce genre de mécanismes qui sont par essence assez bureaucratiques. J’ai peur surtout que cela introduise de la distorsion dans la loi du marché. Dans le cycle économique, il y a malheureusement des entreprises qui sont vouées à disparaître. La pire des choses est de soutenir ces entreprises.

3 conseils pour réussir à lever des fonds d’amorçage

1. Se rendre dans toutes les conférences sur les startups et essayer de comprendre comment fonctionne cet univers. En faisant cela, vous finirez rapidement par rencontrer des fonds d’amorçage.

2. Taper sur Internet « fonds d’amorçage » ou « seed » et voir ce qui remonte. Il faut ensuite essayer de rencontrer ces fonds pour leur présenter votre projet.

3. Faire des partenariats avec des sociétés capables de vous aider, de vous tirer vers le haut. Il faut viser des entreprises qui peuvent vous soutenir d’un point de vue technologique ou au niveau de la distribution.

Les cache-oreilles : Le retour d’un grand classique !!

Les cache-oreilles : Le retour d’un grand classique !!

Les idées de création d’entreprise sont partout et parfois même dans le passé. En témoigne le grand retour des cache-oreille.

Alors que le moment des savoureux repas, des coupes de champagne et des sapins bien décorés arrive à sa fin, une seule chose persiste, s’invite parmi nous et nous rappelle que nous sommes en hivers, le froid !

Pour lutter contre cet ennemi, chacun s’offre le choix des armes ! Doudounes, écharpes en laine, bonnets et gants en polaire. Tout est utile pour s’équiper contre le froid. Dans cette vague d’accessoires passepartout et parfois très originaux, nous assistons à un grand retour des cache-oreilles ! Et oui, la mode est un éternel recommencement. Les enseignes comme C&A, H&M ou Zara surf sur la vague du cache-oreilles et proposent des modèles bandeaux pour les hommes et des modèles classiques et fashion pour ces dames !

Sur ce marché quelque peu atypique, de nouvelles marques apparaissent, capitalisant sur un concept ou un état d’esprit. UNITED LINKLESS www.unitedlinkless.fr fait partie de l’une d’entre elles, dont la mascotte est un ours polaire. La marque propose un concept intéressant, les linkless. Peu connu en France les linkless ne possèdent aucun lien reliant cache-oreille gauche et droit. De forme ovale, ces derniers se clipsent d’un simple geste et couvrent les oreilles sans gêne !

Cet exemple montre bien qu’il est possible de réinventer des concepts classiques pour créer son entreprise… Les idées de business demeurent partout.

Les cache-oreilles, un classique qui se réinvente et une idée de cadeau intéressante en ce début d’année !

Les règles Twitter pour les entreprises néophytes

Les Règles Twitter pour les entreprises néophytes

Cela fait 6 ans déjà que l’oiseau Twitter a pris son envol avec un principe simple, celui de partager des informations. Il est devenu le deuxième réseau social le plus influent. Ce qui le différencie des autres réseaux sociaux c’est que vous développez votre réseau par centres d’intérêt.

Twitter en quelques Chiffres :

  • 500 millions : c’est le nombre de comptes à ce jour
  • 750 tweets par seconde sont envoyés dans le monde
  • Celui que vous devez retenir : actuellement, plus de 50 % des internautes actifs sur Twitter suivent des marques ou des entreprises avec leurs comptes.

Faites donc de Twitter votre complice.

Twitter mode d’emploi : 

1) S’inscrire et établir son pseudonyme

2) Remplir les informations à votre propos : ne pas hésiter de remplir le block Biographie dans la partie profil dans le module de paramétrage. Vous pourrez à l’aide # vous faire référencer dans les sujets qui vous touchent le plus et être sélectionné par des « Twittos » pour faire partie de groupes spécialisés. »

3) Personnaliser la page de votre compte. Exemple : https://twitter.com/tailorcorner, https://twitter.com/Dynamiquemag

Une fois que vous aurez procédé à ces étapes, il faudra apprendre utiliser les arobases et les hashtags et d’autres codes tels que le RT.

  • Les @ s’utilise pour mentionner quelqu’un
  • Les # pour donner son avis sur un sujet qui vous intéresse. Exemple : #Florange pour intervenir sur l’actualité de l’industrie Arcelor Mittal à Florange.
  • Les RT pour reprendre une information en changeant la forme du message. Enfin, sur Twitter, la courtoisie est de mise. Il est recommandé, de ne pas oublier de remercier vos nouveaux « Followers », ceux qui vous ont mentionné.

Comment Optimiser l’utilisation de Twitter ?

Il s’agit dans un premier temps de fonder une structure solide : – Se constituer un nombre de « Followers » important- repérer vos «Followers » les plus influents- devenir un « Twittos » influent- être sollicité par de nombreuses mentions

Afin que votre communication soit la plus percutante possible vous pourrez développer un réseau ciblé composé de « leaders d’opinion », de clients potentiels et de journalistes spécialisés.

Grâce à Twitter, vous pourrez être informé rapidement sur les sujets qui vous concernent et partager vos informations à d’autres qui seront intéressés.

Communiquer sur Twitter :

Il a été conçu dans ce sens : établir des relations cohérentes et plus profondes avec les clients pour des prestations futures. Une fois les bases de votre communauté fondées vous pourrez communiquer et mettre en avant votre société, vos produits ou votre marque vers des clients. La maîtrise de Twitter vous permettra de cibler vos messages pour optimiser l’impact de votre communication. L’objectif est d’obtenir la participation de vos « followers ».

Vous pouvez communiquer sur vos événements en indiquant où il aura lieu avec un hastag bien choisi, vous pourrez également publier des photos, des vidéos ou des liens vers votre site officiel, votre chaine YouTube ou votre page Facebook. En partageant vos idées de manière très efficace avec des liens pertinents et des titres accrocheurs ils pourront générer du trafic vers votre site.

Partagez quelque chose de spéciale:

En partageant des informations de qualité et utiles, vous construirez ainsi une forte notoriété sur la Toile. Sur Twitter vous n’aurez que 140 caractères pour y arriver. C’est tout l’art du micro-blogging

Nous conseillons donc pour les entreprises voulant se lancer sur Twitter de préparer un retro-planning avant afin d’organiser la publication des informations.

Tout comme un bon Théorème de mathématique, utiliser Twitter nécessite une gestion quotidienne et rigoureuse pour:

  1. Développer sa communauté
  2. Répondre aux mentions
  3. Participer aux Salons #
  4. Profiter d’un événement pour créer un salon # et être mentionné en @votrepseudonyme
  5. Profiter des tendances quotidiennes Twitter qui font des millions de vus
  6. Profiter de twitter pour développer votre communauté vers d’autres réseaux sociaux, YouTube, Facebook etc.

Communiquer sur Twitter c’est aussi accepter :

  • les critiques et les plaintes des clients : En acceptant les plaintes des clients sur votre réseau, les autres consommateurs verront que vous avez une éthique et ce que représente votre entreprise réellement. Twitter vous permet de réagir quasiment instantanément pour stopper la propagation des plaintes sur tout le réseau. Communiquez efficacement avec chacun de vos clients et demandez-leur d’être honnête sur leurs opinions.

Conseil : Il faudra donc répondre de manière réfléchi…

  • D’interagir avec vos concurrents :
  • Vous pouvez consulter les tweets de vos concurrents régulièrement et rester en contact avec eux. Bien que cela arrive rarement dans le “monde réel”, Twitter a eu ce pouvoir énorme de changer les mentalités et notre façon de voir la concurrence. Cette plate-forme libre vous permet de suivre les entreprises, les experts, les responsables et les concurrents de votre secteur

Conclusion : Pour communiquer sur Twitter il faut être rapide et avoir un esprit de synthèse prononcé car les phrases partagées sur Twitter ne pas les 140 caractères.

L’entrepreneur qui parle cash !

Interview de Roger Beille, Cofondateur de Cash express

Vous avez un parcours assez atypique pour un entrepreneur. Racontez-nous comment vous êtes arrivé à l’entrepreneuriat.

Je suis un vrai autodidacte. J’ai démarré ma vie professionnelle à 14 ans en me spécialisant dans le dépannage de télé-radio. à 18 ans je suis entré en tant que plus jeune cheminot de France à la SNCF. Ensuite, j’ai fait mes premiers pas dans le monde du commerce en devenant chef de rayon chez Metro. J’ai gravi les échelons dans la grande distribution jusqu’au jour où, un peu avant mes 40 ans, j’ai souhaité avoir un peu plus de liberté dans ma vie professionnelle. Alors j’ai trouvé un grand supermarché au bord du dépôt de bilan et qui avait des dettes colossales, et l’ai racheté pour 1 franc symbolique.

N’était-ce pas un peu risqué de reprendre une entreprise en difficultés alors même que c’était votre première expérience entrepreneuriale ?

Oui, tout à fait ! Mais je pense que pour entreprendre, il faut de toute façon être un peu téméraire, et même limite inconséquent ! Mais je n’avais aucun capital et c’était la seule solution qui s’offrait à moi pour entreprendre. Je me suis dit qu’après tout je n’avais rien, alors je ne risquais rien… Sauf qu’en rachetant l’entreprise, je faisais aussi l’acquisition du passif, donc des dettes. Heureusement, en 4 ans nous avons triplé le chiffre d’affaires du supermarché, juste en appliquant correctement les règles de base du commerce.

Puis vous avez cédé ce supermarché qui était devenu très rentable. Pourquoi ?

Tenir un supermarché demande un investissement humain énorme. Au bout de 4 ans, je me suis posé et j’en suis arrivé à la conclusion que mon objectif n’était pas d’être le plus riche du cimetière ! Alors j’ai cédé à un prix très intéressant le supermarché au groupe Carrefour dont j’étais franchisé. Ma première décision a été de prendre trois ans de vacances ! Pendant ces années sabbatiques, je n’ai rien fait d’extraordinaire. J’ai juste fait toutes ces petites choses simples que je n’avais plus eu le temps de faire, j’ai pris le temps de vivre. Puis, au bout de trois ans, j’ai repris la vie active.

Pourquoi ? était-ce une nécessité financière ?

Non, en fait j’avais suffisamment d’argent pour vivre de façon confortable, sans non plus être riche, jusqu’à la fin de ma vie. Mais j’ai été un peu poussé par ma famille. Alors j’ai créé un pressing Clean Discount en tant que pur investisseur, sans m’en occuper. Parallèlement, je suis devenu franchisé de l’enseigne Cash Converters.

L’enseigne Cash Converters n’a pas tardé à connaître alors des difficultés ?

Oui, je suis arrivé en 1998 et, dès 1999, nous avons commencé à sentir les premières secousses. En 2000, la master franchise française de l’enseigne est partie en liquidation judiciaire. Ses difficultés étaient dues au fait qu’il n’y avait pas assez de soutien de la part du franchiseur pour qui nos franchises ne représentaient qu’un bon moyen de ramasser des royalties. Ce qui a provoqué la déconfiture complète est une opération boursière qui a été mal gérée, puis la parution d’un article dans Les echos dénonçant les dérives du système Cash Converters.

Comment avez-vous réagi à cette liquidation de votre franchiseur ?

Il a fallu rebondir… Cela n’a pas été facile, car avec les autres franchisés nous nous sentions comme orphelins. Alors j’ai réuni une quinzaine d’autres franchisés et je leur ai tout simplement proposé de créer une nouvelle enseigne, Cash Express. Je pensais sincèrement qu’il valait mieux que nous nous regroupions afin d’être plus forts tous ensemble, plutôt que de nous lamenter chacun de notre côté. Nous avons donc créé une SAS à 15 associés et j’en suis devenu le président. Pendant trois ans nous avons professionnalisé notre métier, apporté des outils beaucoup plus performants, revu notre politique commerciale, mis en place une nouvelle communication… Et quand nous avons estimé que le concept était finalisé, nous avons décidé de le dupliquer.

En 2005, nous avons lancé la franchise. Aujourd’hui, nous avons plus de 100 magasins.

Pourquoi avoir choisi de ne pas laisser tomber un concept qui venait pourtant de connaître une liquidation judiciaire ?

Parce que nous avions quand même les magasins physiques, il y avait le savoir-faire, notre clientèle, les fonds de commerce ; ça représentait une certaine valeur. Et puis changer de métier ce n’est pas facile. Nous pensions malgré tout que le business model était bon et que le concept avait un fort potentiel de développement. Nous n’avions pas tort… Si, à l’époque, les gens avaient encore quelques réticences à acheter des produits d’occasion, avec l’arrivée de la crise, les modes de consommation ont été bousculés. Les gens ont remis en question leur façon même de consommer. La crise a basculé les projecteurs sur nous.

Avant d’être franchiseur vous avez été vous-même un franchisé. Que vous a apporté cette expérience ?

L’avantage quand on a été franchisé et qu’on devient franchiseur est qu’on sait exactement ce qu’il ne faut pas faire en tant que franchiseur ! On a pu ressentir soi-même l’attente qu’ont les franchisés vis-à-vis de leur franchiseur. On ne sait pas vraiment quoi faire, mais on sait quoi ne pas faire !

Que retenez-vous aujourd’hui de vos débuts dans le monde ouvrier ?

Le monde ouvrier est un milieu simple, où il n’y a pas beaucoup d’égoïsme et où l’on trouve beaucoup de solidarité. Je me suis imprégné de cet état d’esprit que j’essaie d’impulser dans le réseau. C’est un vrai défi car, dans une entreprise, il est question d’argent, et l’argent a plutôt tendance à séparer les hommes qu’à les réunir… Mais j’essaie de concrétiser cet esprit de solidarité en prenant par exemple toutes les grandes décisions avec des représentants des magasins, pour ne pas prendre d’options qui pourraient nuire d’une façon ou d’une autre aux franchisés. La clé de notre succès est peut-être que nous privilégions avant tout la rentabilité de nos franchisés.

BAZARCHIC… ET CROISSANCE CHOC !

Interview de Liberty Verny

Bazarchic n’est pas votre premier succès entrepreneurial. Pourquoi avoir cédé votre première entreprise ?

Très jeune j’ai monté Victoria, une SSII que j’ai développée jusqu’à ce qu’elle embauche plus de 1 300 personnes. Je l’ai finalement cédée en 2006 à deux entreprises cotées. Ce choix était motivé par le fait que j’avais le sentiment qu’il était temps d’intégrer nos métiers dans des ensembles plus importants. Et puis le projet de Bazarchic était en train de germer… J’ai monté cette seconde entreprise avec mon associée Nathalie Gillier qui avait déjà depuis 15 ans une entreprise spécialisée dans la vente évènementielle en offline.

Cela n’a pas été trop difficile de passer du monde de l’informatique à celui de la mode ?

Je pense que le chef d’entreprise est par définition quelqu’un qui peut épouser tout type de projet, tout type de métier. Et il ne faut pas oublier que, derrière l’aspect « mode » de notre concept, il y a toute une dimension informatique.

D’après votre expérience, trouvez-vous qu’il soit plus facile de monter une entreprise sur le web ?

Oui et non. Sur le papier, il est plus facile de monter un site web qu’un autre type d’entreprise. Cela demande moins de capitaux. Mais dans les faits, les choses ne se passent pas exactement comme cela. Dès lors que vous avez de grandes ambitions, le jeton d’entrée est très élevé. Si vous voulez être un site marchand reconnu, il faut bien communiquer. Il y a des investissements cruciaux à réaliser, qui sont déterminants pour le développement de la société.

Quelles sont selon vous les bases pour créer un site e-commerce à succès ?

Déjà il faut mettre en place un solide applicatif informatique, aussi bien pour le consommateur que pour l’utilisation en interne. Puis ce n’est pas tout d’avoir un bon outil, il faut aussi générer du trafic. J’aime faire le parallèle entre les boutiques physiques et les sites d’e-commerce. Pour qu’une boutique fonctionne, il faut choisir une rue passante, se placer sur le côté ensoleillé de la rue, préférer le tronçon de la rue le plus animé… tous ces critères se retrouvent en quelque sorte pour les sites e-commerce : le secret, c’est là aussi de miser sur votre visibilité, en mettant l’accent sur un marketing puissant qui va générer du trafic. Enfin, il ne faut pas oublier qu’un site n’est rien sans de bons produits qui répondent aux attentes des clients, d’où l’importance de soigner son sourcing.

Vous avez opté pour un positionnement très précis dans votre secteur de la vente privée. Ce positionnement ne limite-t-il pas votre développement ?

C’est sûr que le choix d’un segment de marché nous limite car cela nous empêche d’accéder au mass market* où nous pourrions avoir des gisements de clients beaucoup plus importants. Mais le fait d’avoir fait ce choix représente aujourd’hui notre richesse et notre signe distinctif. Leader sur notre marché, nous ne serions qu’un site parmi tant d’autres si nous visions une cible moins segmentée « haut de gamme ». C’est un choix que nous avons fait et que nous ne regrettons pas, même si nous savons que nous ferions certainement bien plus de chiffres d’affaires en étant positionné sur le marché de masse.

Sur le marché de la vente privée sur le net, il règne une concurrence assez agressive entre les différents acteurs. Qu’en pensez-vous ?

Nous étions très nombreux sur le marché il y a 4/5 ans, et nous le sommes beaucoup moins aujourd’hui. La concurrence est devenue plus faciale, plus intense. Nous avons la chance d’avoir un positionnement différenciant qui nous épargne un peu de cette concurrence féroce. Mais cela n’empêche que, dès que nous sortons un nouveau concept, dès le lendemain, il est déjà en train d’être travaillé par les concurrents. Je pense que, tant qu’un tel niveau de concurrence sera là, notre marché sera dangereux, difficile à maîtriser.

Vous avez récemment ouvert une première boutique physique. Pensez-vous que l’avenir des purs players va se jouer dans le monde physique ?

Aujourd’hui, il paraît évident à tout acteur présent uniquement sur le marché physique de porter son enseigne sur le net. Il est donc tout à fait normal que les acteurs du net s’interrogent sur l’opportunité d’avoir des passerelles sur le offline. Dans notre cas, la première boutique test de Bazarchic a été un beau succès que nous essayons de dupliquer.

Comment faites-vous pour vous ressourcer, recharger vos batteries ?

Je pense que le propre de l’entrepreneur est que son bien-être est intimement lié à son entreprise, à sa performance. Quand mon chiffre d’affaires est excellent, je suis parfaitement ressourcé ! Quand il est en baisse, je m’interroge sur ce qui ne va pas. C’est sûr que ce n’est pas évident pour un entrepreneur de se ressourcer… Je ne vais pas jouer au football le weekend par exemple ! Dès que j’ai du temps libre, j’en profite pour m’informer, m’instruire, rencontrer, échanger, voyager… pour intégrer tout ce qui pourrait constituer les nouvelles composantes de mes activités. Dans nos métiers du web, il faut rester très connecté à son sujet, tout le temps. Les Google ou Amazon ne s’arrêtent jamais. Ils ne vont pas vous attendre pour trouver sans cesse de nouveaux gisements de création de valeur. Se ressourcer pour moi c’est rester au centre de la réflexion. On ne peut pas se permettre de se couper, même un peu, de cet immense puits d’énergie et d’effervescence. Se dire « ça y est, j’y suis » lorsqu’on est un entrepreneur du web représente la faute capitale !

Les 5 conseils

  1. Ne pas sous-estimer le rôle que doit jouer l’applicatif informatique pour les business du web. Pour un site e-commerce, l’informatique reste la base de la réussite du projet.
  2. Faire preuve de ténacité. Vous avez un projet ? Alors il faut aller au bout ! Par contre, avant de se lancer, il faut bien mesurer tous les aspects nécessaires pour que le projet se concrétise. On ne peut pas appréhender un marché en ayant fait l’impasse de la réalisation d’un solide business plan.
  3. Ne pas sous-estimer vos besoins en fonds propres avant de vous lancer, au risque sinon de ne pas pouvoir aller au bout de votre projet.
  4. Ne pas vous disperser. Restez focalisé sur le cœur de votre projet, sans cela vous perdez en efficacité.
  5. Ne pas lésiner sur la formation professionnelle de vos collaborateurs. Cela leur permet de rester toujours au fait de leur domaine.

Interview de Kevin et Julia Hartz, Cofondateurs d’Eventbrite

En plus d’être un des entrepreneurs phares de la Silicon Valley, Kevin Hartz est aussi un des investisseurs de PayPal, Yammer, Pinterest ou Airbnb. Interview de Kevin et Julia Hartz, Cofondateurs d’Eventbrite

Comment vous êtes-vous lancé dans l’entrepreneuriat ?

Kevin : J’ai monté ma première entreprise quand j’étais à l’université. C’était un annuaire des étudiants, un réseau social un peu du même type que Facebook. Mais à l’époque, il n’y avait pas encore Internet et mon idée était arrivée un peu trop en avance. Dommage ! Plus tard, j’ai créé Connect Group, un fournisseur d’Internet haut débit pour les hôtels. J’ai revendu très rapidement cette entreprise. L’argent gagné grâce à la vente de Connect Group m’a permis d’investir dans d’autres entreprises, comme PayPal, qui n’était alors qu’une startup.

Mais vous n’avez pas pour autant abandonné votre passion pour l’entrepreneuriat ?

Kevin : Non, bien sûr. Lorsque je travaillais dans des sociétés de capital-risque, j’ai été fasciné de voir que, malgré l’éclatement de la bulle Internet, PayPal continuait à grandir très vite. Je me suis donc intéressé au business du paiement en ligne et j’ai quitté l’agence de capital-risque pour monter Xoom, une plateforme d’échange d’argent au niveau international. Puis j’ai rencontré Julia qui travaillait alors dans la production télévisuelle à Hollywood. Elle m’a rejoint en Californie et nous avons créé ensemble Eventbrite avec Renaud Visage, un entrepreneur français.

N’est-ce pas difficile de monter une entreprise en couple ?

Julia : Au tout début du projet, Michael Birch, le fondateur de Bebo, qui était l’un de nos mentors, nous a donné le conseil de « diviser et conquérir » pour que cette création à deux fonctionne bien. Nous avons divisé le travail de manière à ce que nos tâches ne se superposent pas. Cela nous a permis d’avancer plus vite et d’éviter des situations délicates, génératrices de conflits.

La société a été placée dans le top 5 des PME où il fait bon de travailler dans la Silicon Valley. Comment avez-vous réussi cela ?

Julia : L’entreprise s’est développée très rapidement. Je me suis rendu compte que je devais ne plus regarder les collaborateurs comme des salariés, mais comme des êtres humains afin de créer une entreprise durable. Je ne leur ai pas imposé une culture d’entreprise, mais je leur ai laissé l’espace et l’autonomie nécessaires pour qu’ils la créent d’eux-mêmes. Nous avons, par exemple, commencé à organiser des cours donnés par les salariés pour leurs collègues. Dans la même logique qu’Eventbrite permet aux gens d’échanger, nous encourageons les salariés à partager leurs passions.

Comment expliquez-vous vos nombreux succès entrepreneuriaux ?

Kevin : Je suis curieux, j’aime apprendre des autres et partager des connaissances. C’est cet état d’esprit que l’on retrouve dans la Silicon Valley et qui explique le succès des entreprises qui s’y développent.

Le secret pour bâtir une Silicon Valley en France serait donc de promouvoir l’échange entre entrepreneurs ?

Kevin : Oui, et avec les professionnels d’autres secteurs également. Mais il y a une certaine ironie sur ce point, car l’esprit d’échange et de partage des idées, c’est une chose que l’Amérique a appris de la France ! Regardez les époques les plus créatives dans l’Histoire française : ce sont toutes des périodes où il y avait une vraie émulation des idées dans une dynamique de partage. Toute la Révolution française par exemple s’est préparée dans les salons où les intellectuels venaient échanger avec des artistes, des scientifiques… Il y avait une vraie réflexion sur le futur, comment le préparer, comment s’y adapter. Cette atmosphère de partage a donné naissance à de grandes innovations, comme dans l’art par exemple avec la naissance du mouvement impressionniste. C’est vraiment la même dynamique que dans ces salons que l’on retrouve partout dans la Silicon Valley.

C’est toujours cette volonté de partage qui vous a inspiré la création de Youniversity Ventures ?

Kevin : Tout à fait. Avec les cofondateurs de Youtube et de PayPal, nous avons créé Youniversity Ventures pour aller au contact des jeunes, dans les universités, où beaucoup de projets bouillonnent, pour les conseiller sur leurs idées. Nous sommes convaincus que l’innovation sort de la jeunesse ! Et ce qui n’était au début qu’une démarche de mentors s’est petit à petit traduit en investissements. Ce contact avec les jeunes est devenu une grande source d’inspiration pour moi. Les étudiants sont ce qu’on appelle les « early adopters », les premiers à adopter les technologies innovantes. Rester en contact avec eux permet de mieux identifier les tendances sociétales naissantes, les nouveaux usages qui vont se développer.

Comment avez-vous su repérer des startups à succès comme Pinterest ou Airbnb pour investir dedans ?

Kevin : Pour choisir mes investissements, je me concentre surtout sur l’équipe fondatrice. Je recherche des personnes intelligentes et qui ont une bonne éthique de travail. J’analyse ensuite leur parcours familial et ce qui les motive. Est-ce que ce sont des personnes qui veulent gagner à tout prix ? Ont-ils eu des parcours difficiles, comme les enfants d’immigrés par exemple, et qui ont la rage de réussir ? Je cherche également des personnes ayant une vraie expertise. Lorsqu’il y a plusieurs associés, je regarde chaque personne, mais aussi comment chacun travaille avec ses coéquipiers.

Les 5 conseils

  1. Ayez plusieurs options. Comme on ne peut pas prédire le futur, il ne faut pas que le développement de son entreprise dépende du capital-risque. Il faut être prêt à monter sa boîte en travaillant comme salarié le jour et en avançant sur son projet la nuit.
  2. Ayez au moins un cofondateur. Entreprendre à deux, c’est bien, mais quand il y a d’autres associés, c’est mieux. Il faut choisir des associés qui sachent vous complimenter dans ce que vous faites de bien et qui puissent vous soutenir. La création d’entreprise est une aventure qu’il est très difficile de traverser tout seul. En tant qu’investisseur, je ne choisis que des projets où il y a au moins deux fondateurs.
  3. Trouvez des mentors qui pourront vous conseiller et vous aider à avancer. Soyez bien à l’écoute de leurs conseils.
  4. Pensez grand. C’est aussi difficile de construire une entreprise sur un petit marché que sur un grand. Puisque le challenge est le même, autant penser dans une perspective globale.
  5. Trouvez les bons employés et investissez sur eux car ce sont les salariés qui font tout le succès d’une entreprise.

Regard sur la Franchise

Regard sur la Franchise

Ce mois-ci, je vous propose de découvrir le regard que portent sur la franchise trois jeunes philosophes et étudiantes de la formation Ethires (formation professionnelle en éthique appliquée de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Camille, Chloé et Stéphanie.

Dans le cadre de leur master, les élèves d’Ethires réalisent des missions visant à analyser des problématiques concrètes et contemporaines sous un angle éthique. Dans un premier temps, je leur ai donc décrit le monde de la franchise tel que je le percevais afin de leur permettre de se faire une première idée du secteur et d’identifier plusieurs problématiques. Puis, dans un second temps, pour choisir l’une de ces problématiques, l’étudier et y répondre, elles ont interviewé différents acteurs de la franchise (pro-franchiseurs et pro-franchisés). Elles nous livrent dans l’article ci-dessous le fruit de leurs réflexions.

Du droit d’entrée de la franchise

Les droits d’entrée sont-ils la seule chose à payer pour se lancer en franchise ? Qu’en est-il des coups collatéraux ? N’y a-t-il pas un impensé dans un système qui se veut une collaboration entre deux entrepreneurs indépendants mais qui, dans les faits, s’assimile plus à un rapport de force entre une tête de réseau toute puissante et des franchisés la plupart du temps nouveaux-venus dans le monde de l’entreprenariat ? C’est avec ces questions en tête que nous nous sommes lancées dans le monde disparate de la franchise.

Un œil neuf pour juger des discours totalement différents

En tant que philosophes et chercheuses en éthique appliquée, c’est d’un œil neuf que nous avons scruté les bas-fonds de cet univers : nous sommes allées à la rencontre d’acteurs sur le terrain, franchisés et franchiseurs, salon de la franchise, représentants de la Fédération Française de la Franchise et avocats spécialisés. Nous avons tout d’abord été frappées par les clivages qui fracturent ce monde : selon que l’on se situe du côté pro franchisé ou pro-franchiseur, le discours change radicalement. D’univers impitoyable, la franchise se transforme en monde merveilleux où les rapports s’harmoniseraient d’eux-mêmes grâce à des intérêts communs. Pourtant, au cours de nos entretiens et recherches, nous avons pu remarquer, notamment en étudiant la jurisprudence, un nombre conséquent de conflits témoignant une divergence notoire d’intérêts : la main d’Adam Smith semble bien invisible en franchise !

Les outils juridiques pour gérer le rapport de force ?

Pour rééquilibrer ces relations dissonantes, une solution semblait s’imposer à nous : passer par un renforcement législatif . Cependant, aussi divergentes que furent les réponses des différents acteurs lors de nos entretiens, une voix commune a émergé : ce n’est pas au niveau de l’encadrement juridico-législatif qu’il faut agir. Les outils juridiques sont suffisants pour baliser le chemin tout en conservant une souplesse nécessaire : comment alors gérer le rapport de force ?

Relations entre franchise et confiance

La clef de l’impensé en franchise nous est apparue dans l’ambivalence même du terme : la franchise renvoie également à la vertu morale de transparence, ainsi qu’à la confiance. Elle est une forme d’association entre indépendants : apprendre à gérer l’humain semble bien plus essentiel qu’apprendre à gérer le droit. Or confiance n’est pas crédulité, elle suppose la mobilisation d’une aptitude à raisonner et à évaluer le degré de transparence des informations reçues.

Cependant, nous avons découvert qu’il existait un véritable profil de franchisé : souvent il s’agit d’anciens cadres licenciés désireux de retrouver leur niveau de vie. Les franchisés semblent alors être victimes de ce que le sociologue Christian Salmon appelle le storytelling : au lieu d’entrer dans le contrat de franchise en mobilisant leur raison, ils y entrent en mobilisant leurs émotions, persuadés qu’ils vont s’insérer dans un scénario de succès, car la franchise est avant tout un système de séduction. « Dès que l’on croit aux dieux, ils apparaissent » disait Alain…

Des franchisés qui doivent s’unir

C’est pourquoi il nous semble nécessaire que les franchisés prennent conscience, qu’unis, ils ont un pouvoir de négociation bien plus important que lorsqu’ils s’isolent et qu’ils sont donc à même de nouer une relation équilibrée avec leur franchiseur. La franchise gagnerait à se penser comme une coopération où plusieurs personnes bâtissent concrètement une œuvre commune ensemble, plutôt que comme une collaboration, dont les intérêts des différents acteurs ne convergent d’ailleurs peut-être pas de façon si évidente.

C’est un des paradoxes de ce monde d’être un système basé sur l’indépendance, mais innervé de part en part par la nécessité morale du lien de confiance. Une simple mathématique de la confiance montre que celle-ci, loin d’être une preuve de vulnérabilité, est un facteur de rentabilité qui accélère le développement. Ce n’est pas seulement la franchise qui est en jeu dans la réflexion sur l’essence morale des relations, mais les nouvelles formes d’organisation du travail vers lesquelles notre société s’engage progressivement.

Des risques non pris en compte pour le franchisé

Subsiste tout de même une interrogation : si le droit du travail accorde une protection au salarié, allant jusqu’à le protéger dans les cas où il s’est lui-même mis en difficulté, pourquoi le code de commerce ne prend-il pas en considération les dangers existants en franchise, y compris les risques que prennent eux-mêmes des franchisés peu conscients des réalités ? Pourquoi considère-t-on le franchisé d’emblée comme un professionnel, alors qu’il s’agit majoritairement de personnes en pleine reconversion, souvent novices dans le monde du commerce ?

Un système de contrôle basé sur des évaluations plutôt que des sanctions, tels que l’on peut en trouver dans certains services publics (comme l’éducation nationale) limiterait pourtant la prolifération de franchises défectueuses ou abusives. La création d’un espace fédérant franchisés et franchiseurs, qui serait un véritable pôle de discussion, de partage, de co-réflexion entre franchises de toutes spécialités rééquilibrerait également un monde où la voix dominante reste indéniablement celle du franchiseur. Enfin, un code de déontologie co-écrit par franchiseurs et franchisés, et étendu gratuitement et obligatoirement au monde entier de la franchise nous a semblé être, mieux encore qu’une priorité, une exigence.

Dirigeant, le ratio fondamental MS/VA

Dirigeant

Les effets de la crise (baisse du PIB et du commerce extérieur, augmentation des déficits publics et de la dette) provoquent pour les entreprises une contraction de leur chiffre d’affaires, la hausse du coût des achats et en conséquence une chute de la production et de l’investissement. A terme, cette situation conduit inévitablement à une augmentation de la défaillance des entreprises.

Une maitrise nécessaire du quotidien

Piloter une entreprise en période de crise c’est maîtriser la pression au quotidien en exerçant une vigilance accrue et également prendre du recul en attendant des jours meilleurs.

Gérer et maîtriser le quotidien en période de crise est fondamental du fait de l’accélération généralisée de tous les processus qui contraignent la chef d’entreprise à être très réactif. 

Plus que jamais, le chef d’entreprise doit avoir les bons outils pour piloter. Au quotidien, le tableau de bord est l’accessoire incontournable, surtout en période de crise.Malheureusement il est trop souvent absent, inopérant ou mal utilisé.

L’utilité du tableau de bord

Le tableau de bord permet de suivre, grâce à des indicateurs pertinents, la bonne marche de l’entreprise. Aux indicateurs spécifiques du métier de l’entreprise, il convient de suivre évidemment l’évolution du chiffre d’affaires, de la marge et surtout les encours clients et la trésorerie.
Prendre du recul c’est surveiller un ratio fondamental qui est le ratio MS/VA.

Il s’agit de comparer la masse salariale (MS = salaires + cotisations sociales) à la valeur ajoutée (VA = production – consommation intermédiaire).

La valeur ajoutée constitue la richesse créée par l’entreprise qui va, notamment, lui permettre de financer sa masse salariale.
Tout chef d’entreprise devrait connaître ce ratio et son évolution depuis les cinq dernières années. Malheureusement nombreux sont ceux qui l’ignorent.

La masse salariale et son ratio

La masse salariale, en France, représente 67% de la valeur ajoutée des sociétés non financières. Suivant les secteurs, son niveau varie entre 65 % et 87 % (Ex : environ 66% dans le commerce de détail & 84% dans le service aux entreprises).

Un ratio supérieur à 100 indique que l’entreprise est en déficit. Elle doit donc veiller à ce qu’il reste inférieur à 100. Pour y parvenir, elle peut réorienter sa stratégie de développement afin d’augmenter la valeur ajoutée mais elle peut également flexibiliser sa masse salariale.

La flexibilisation de la masse salariale

Flexibiliser la masse salariale contrairement à ce que certains pensent, c’est pouvoir donner plus en périodes fastes et moins en périodes difficiles et ainsi sauvegarder l’emploi. 

Pour flexibiliser la masse salariale l’entreprise doit intégrer dans sa politique de rémunération des dispositifs qui rémunèrent l’amélioration de la performance individuelle et/ou collective.

Ces dispositifs existent généralement pour les populations commerciales, moins pour les autres. L’accord d’intéressement est typiquement le mécanisme collectif qui permet de mettre en adéquation rémunération et performance.

Pour un impact significatif, la rémunération variable doit représenter entre 10 & 20% de la masse salariale brute (MSB). Ce pourcentage est fonction, bien évidemment, de l’activité de l’entreprise et surtout de sa culture. A noter que la législation autorise la mise en place d’un accord d’intéressement pouvant représenter jusqu’à 20% de la masse salariale brute.

Les accords de maintien de l’emploi

Les futurs accords de maintien dans l’emploi (nouvelle dénomination des accords compétitivité-emploi), s’ils voient le jour, sont l’illustration de l’introduction de la notion de la flexibilité. 

Ces accords devraient permettre, entre autre, de moduler salaire et/ou temps de travail, à un moment donné, pour faire face à une conjoncture particulièrement délicate, tout en maintenant l’emploi.

Afin de recueillir l’accord des partenaires sociaux, ces accords devront impérativement comporter d’authentiques clauses de retour à meilleures fortunes en cas d’amélioration de l’activité de l’entreprise. 

Les rares accords déjà signés dans ce cadre prévoient de maintenir les effectifs en échange soit d’un gel des salaires sur une période donnée, soit de la baisse,voire de la suppression des primes ou encore en demandant aux salariés de renoncer à certains jours de congés ou de RTT.

Sauvons le monde, entrons dans le numérique !

Conseils aux entreprises pour réussir la transition numérique

Et si les Mayas avaient vu juste ?! Cette fin d’année est l’occasion de constater à quel point l’économie numérique impose un monde nouveau, profondément bouleversé par les technologies de l’information, la mobilité, l’hyper-connectivité, la connaissance de données à grande échelle.

On n’est qu’au début de la transformation de la société par internet.

Mettre le digital au cœur de tout projet, pour créer de nouveaux avantages

Une étude Cap Gemini/ MIT portant sur 400 entreprises mondiales démontre que les entreprises qui ont su trouver de nouveaux espaces d’affaires grâce à leur transformation digitale surperforment leurs concurrents : +26% de profit, +9% de revenus per capita, +12% de valorisation boursière.

La transformation digitale des affaires n’est pas optionnelle, c’est une condition de survie !

Et elle touchera tous les secteurs. Musique, tourisme, High tech, ont été les premiers révolutionnés. Banque, Assurance ou Commerce emboîtent le pas. Des pans entiers sont encore à transformer, comme la grande consommation, la santé ou les labos pharmaceutiques.

Deux chemins existent pour mener à bien la transformation digitale. Investir dans les technologies afin de modifier l’offre, et/ou transformer le management.

La transformation digitale selon Nike

L’exemple de Nike est intéressant, qui a dès 2000 investi massivement sur les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, avec trois priorités. 1) Des innovations-produits comme Nike+ pour les coureurs : une puce placée dans une chaussure permettant de stocker données et performances, de les partager, ou encore de recevoir un conseil personnalisé. Bilan, 5 millions d’adeptes, un nouveau marché créé de toutes pièces ! 2) Une customisation des nouveaux produits, permettant aux clients de choisir leur propre design, de proposer de nouvelles idées, et toujours, de partager sur les réseaux. 3) Une chaîne de production totalement modernisée, innervée par un design conquérant, et ouverte sur l’extérieur.

Ces innovations tous azimuts initiées en silos, ont ensuite été encapsulées dans un projet d’entreprise. En 2010 était créée une nouvelle division, Nike Digital Sport, chargée de rassembler toute l’expertise acquise dans ces nouvelles formes de relations avec les clients, et de gérer les données et les communautés ainsi créées. Un nouveau business model était né.

Une belle leçon de leadership, impulser une énergie, bouger les lignes, et mettre au jour des opportunités gigantesques dans la modernisation des organisations et l’efficacité des collaborateurs. Bilan, des revenus doublés en dix ans (21 M$ en 2011)

Contribution d’internet à l’économie : positivons !

Pour donner à l’économie numérique Française la place qu’elle mérite, pas une minute à perdre sur le folklore Maya !

Le nouvel Economiste du 13 décembre rappelle notre vingtième place selon une étude du BCG sur le poids d’internet dans l’économie. Et l’OCDE nous situe à la 24e place sur 27 pour l’utilisation du numérique à l’école .

Allez, positivons et passons à l’action !

Tout d’abord, dans l’état de crise permanente qui nous englue, le BCG prévoit que l’économie de l’internet devrait être en croissance de 10% dans l’ensemble du G20.
+10% pendant les cinq prochaines années !

Considérons notre retard comme un formidable potentiel de croissance. Et faisons mentir les prévisions de croissance largement insuffisantes. 3% du PIB Français attribué à internet en 2010 contre 4,1% pour la moyenne du G20, et plus de 8% pour le Royaume Uni. Le Royaume Uni sacré en 2012 leader mondial des usages sur mobile , détrônant le Japon avec une consommation de données en augmentation de 60% sur l’an dernier (424 Mb/mois/mobile).

Poussons chaque business plan vers la transformation digitale : comment produire autrement grâce aux IT ? quelle place faire aux réseaux sociaux ? comment valoriser les données collectées ?
Poussons aussi chaque administration vers la modernisation numérique. Regardons l’état Italien qui crée des bureaux du fisc sur YouTube. Regardons la Finlande, patrie de Linus Torvalds, où inscriptions scolaires, rdv chez le médecin ou encore conseils municipaux se font sans papier.

Vigueur de l’esprit d’entreprise

Je veux retenir au bilan de cette fin d’année, l’esprit d’entreprise vigoureux qui s’est imposé en France. Les atermoiements de la loi de finance 2013 auront eu le mérite de mobiliser. La voix de nombreux entrepreneurs s’est imposée, qui ont leur place dans la vision sociétale.

Si les constructions politiques de l’ancien monde se fissurent, voyons qu’une place se fait au grand jour pour qui veut participer et entreprendre. Comme le printemps arabe, le mouvement étudiant au Québec, la rentrée des entrepreneurs en France donne un signal fort. L’énergie d’un monde nouveau qui s’installe.

Concluons avec Francis Pisani, interprète du monde connecté : « La technologie ne nous garantit pas le paradis. Mais le simple fait qu’il y ait rupture crée des espaces dans lesquels nous pouvons agir pour engager des changements sociaux qui nous apparaissent positifs. »

Textes utiles

  1. The Digital Advantage : How Digital Leaders Outperform their Peers in Every Industry. CapGemini/MIT 2012.
  2. Fortune
  3. Internet contribution to G20 economies. Boston Consulting Group. 2012.
  4. Rapport PISA, OCDE 2012
  5. OFCOM International communication market report 2012. Décembre 2012.