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Avoir recours à un intermédiaire en immobilier pour chercher ses locaux

Avoir recours à un intermédiaire en immobilier pour chercher ses locaux

La recherche de locaux pour y implanter ses bureaux, boutiques, points de vente est une étape obligée pour toute société en création ou en expansion. Très souvent, l’implantation dans des locaux est le résultat d’une cession de fonds de commerce ou d’une cession de droit au bail. Le recours à un agent immobilier est alors souvent envisagé. 

Leurs interventions sont principalement régies par la loi dite « Hoguet » (loi modifiée n°70-9 du 2 janvier 1970 et son décret d’application modifié n°72-678 du 20 juillet 1972). Elle précise notamment les conditions de validité des mandats qui peuvent être consentis tout en réglementant la notion d’honoraires, bien que par principe ces derniers soient libres. Le point, texte de loi à l’appui. 

Les conditions de validité du mandat

Cadre légal – Outre les règles spécifiques évoquées ci-dessus, le contrat de mandat doit obéir aux règles du droit commun résultant des articles 1984 à 2010 du Code civil, ainsi qu’aux quatre conditions essentielles de validité de tout contrat (article 1108 du Code civil : consentement et capacité des parties, objet, cause licite). La loi Hoguet (article 1er de la loi) réglemente quant à elle l’activité des agents qui :
« se livrent ou prêtent leur concours, même à titre accessoire, aux opérations portant sur les biens d’autrui et relatives à :
1° L’achat, la vente, l’échange, la location ou sous-location, saisonnière ou non, en nu ou en meublé d’immeubles bâtis ou non bâtis ;
2° L’achat, la vente ou la location-gérance de fonds de commerce ;
3° La cession d’un cheptel mort ou vif ;
4° La souscription, l’achat, la vente d’actions ou de parts de sociétés immobilières donnant vocation à une attribution de locaux en jouissance ou en propriété ;
5° L’achat, la vente de parts sociales non négociables lorsque l’actif social comprend un immeuble ou un fonds de commerce ;
6° La gestion immobilière.
7° A l’exclusion des publications par voie de presse, la vente de listes ou de fichiers relatifs à l’achat, la vente, la location ou sous-location en nu ou en meublé d’immeubles bâtis ou non bâtis.
8° La conclusion de tout contrat de jouissance d’immeuble à temps partagé régi par les articles L. 121-60 et suivants du code de la consommation
».

Un contrat écrit – Le mandat doit être écrit et prévoir la rémunération de l’intermédiaire, les tribunaux décident que « l’agent immobilier ne peut réclamer une commission ou rémunération à l’occasion d’une opération visée à l’article 1er de la loi que si, préalablement à toute négociation ou engagement, il détient un mandat écrit, délivré à cet effet par l’une des parties et précisant la condition de détermination de la rémunération ou commission ainsi que la partie qui en aura la charge ».
En conséquence, le mandat d’entremise immobilière doit obligatoirement être écrit, signé et préalable à toute intervention du mandataire. À défaut, l’agent ne pourra prétendre à aucune rémunération.
Il devra également indiquer la mention du numéro d’inscription au registre des mandats au risque d’encourir la même peine : l’absence de toute rémunération.

Limité dans sa durée – Le mandat doit impérativement être conclu pour une durée déterminée :
« sont nulles les promesses et les conventions de toute nature relatives aux opérations visées à l’article 1er qui ne comportent pas une limitation de leurs effets dans le temps ». Le mandat peut prévoir qu’il sera reconduit tacitement à son terme, à condition que la reconduction elle-même soit limitée dans le temps.

Détention d’une carte professionnelle – Pour exercer l’activité d’intermédiaire, l’agent immobilier doit détenir une carte professionnelle mentionnant cette activité. Il ne faut pas hésiter à vérifier que tel est bien le cas. La personne qui se livrerait à des activités d’intermédiaire sans y être autorisée s’exposerait à diverses sanctions dont la première est la nullité du mandat et, par là, le défaut de droit à une quelconque rémunération.

La liberté dans la fixation des honoraires

Depuis l’abrogation de l’arrêté du 6 février 1974, les honoraires des intermédiaires immobiliers sont librement fixés par les parties.
Ceci étant, la rémunération de l’agent doit impérativement figurer au mandat dans son montant et sa répartition.
La seule indication selon laquelle les commissions perçues seraient fixées sur la base des tarifs appliqués par l’agence n’est pas suffisante.
Le contrôle des honoraires en cas de modification du prix de vente. 

La loi prévoit qu’en cas de modification du prix de cession par rapport à ce qui était prévu par le mandat, la rémunération de l’agent, lorsqu’elle a été convenue forfaitairement, peut être revue à la baisse. Il s’agit d’une faculté offerte aux parties, mais qui en pratique fait l’objet d’une véritable application par les tribunaux. Ainsi, les juges n’hésitent pas à diminuer les commissions des agents, lorsque le prix de cession est inférieur au prix prévu dans le mandat.

Vous avez tout intérêt à vous faire assister d’un professionnel de l’immobilier dans la recherche de vos locaux, que vous projetiez de conclure un bail commercial ou bien d’acheter les murs abritant votre entreprise. Vous ne devez pas hésiter, à cette occasion, à vérifier la régularité des pratiques des intermédiaires dans un domaine très marqué par les usages, qui ne sont pas toujours conformes aux dispositions légales. La négociation reste, à tout moment, le mot d’ordre dans ce domaine.

Et si vous aussi, vous tentiez le crowdfunding ?

Et si vous aussi

Au départ, c’était surtout pour la musique, avec MyMajorCompany. Puis le cinéma (touscoprod.com) et les œuvres sociales (octopousse.com) ont trouvé preneur. Le crowdfunding, ce système de financement participatif importé des USA, est en passe de devenir une technique d’investissement de choix pour les entrepreneurs. Que peut-on y gagner ? Y a-t-il des risques ? Les explications sur cette source d’argent qui n’est pas qu’un effet de mode. 

Le principe est simple : vous avez besoin d’argent. Au lieu de demander une grosse somme à un seul investisseur, une seule institution ou une seule banque… Vous demanderez, en un seul clic, une petite somme à des milliers de personnes. Tout le monde y gagne : vous, vous avez votre capital de départ. Et vos financeurs récupéreront plus tard leur mise avec avantages.

Le plus souvent, le canal de mise en relation est internet, via des plateformes d’échange. Ce système de financement est arrivé en France avec MyMajorCompany. Il suffisait d’écouter les démos d’artistes inconnus. On aime ? Il suffit d’ « offrir » la somme de son choix pour financer son premier album. Depuis, le principe s’est exporté dans le domaine de l’entrepreneuriat. Vous êtes porteur de projet et avez LA bonne idée ? Présentez-la. Demandez la somme nécessaire, expliquez ce que vous ferez de cet argent, et ce que vous offrirez en échanges aux investisseurs. Cela peut être votre produit en avant-première, une participation à l’entreprise… 

Client/investisseur/publicité, tout-en-un !

Le crownfunding possède  de nombreux avantages. Le premier est de tester l’intérêt de son produit auprès du public , tester  si le projet tient la route. En effet, vous interagirez avec de potentiels investisseurs qui vous diront ce qu’ils en pensent, positivement ou négativement. De plus, se financer sans payer de prêts ou sans faire intervenir d’actionnaire » séduit toujours les jeunes entrepreneurs.

Sans compter l’effet « pub » que cela représente : le banquier, le communicant et le client en un seul coup ! Quand quelqu’un met de l’argent sur votre idée, c’est qu’il y adhère. Il va devenir acteur  du développement du projet, et communiquera dessus.  Il va créer  une communauté d’ambassadeurs autour de la boite, avant même qu’elle ne soit ouverte . Il arrive même régulièrement que les startups récoltent le double de la somme demandée au départ. 
Le crowdfunding agit comme un « effet de levier » sur l’investissement. Quand un projet rapporte rapidement des sommes conséquentes,  cela attire la curiosité et l’intérêt d’investisseurs professionnels.

Un risque quasi inexistant, car partagé

Les risques sont très limités. Déjà, les investisseurs sont plafonnés dans les sommes investies. Le principe, c’est de partager le risque : on préfère 1000 personnes à 1000 euros qu’une seule couvrant l’investissement complet. Le créateur d’entreprise se sent ainsi économiquement responsable vis-à-vis de ses financeurs. De plus, les différents sites offrent de plus en plus de garanties et de protection, voir même la récupération de la mise de départ en cas d’échec du projet.

Puis il ne faut pas sous-estimer l’aspect « identitaire ». En ces périodes de relance économique, nombreux sont les gens qui veulent aider leur ville, leur région, soutenir l’économie locale  et privilégieront les PME locales qui tentent de maintenir un produit qui s’oublie. Le « made in France » est passé par là…

Une alternative en ces temps de crises

En ces temps de crises, les banques sont parfois difficiles à convaincre. Les business angels ou les institutions également… Le crowdfunding est l’alternative. Et la France fait office de pionner dans la matière. De toute l’Europe elle est celle qui s’est le plus lancée dans l’aventure.  En 2016, 234M

Zoom sur quelques données importante de l’étude :

  • Une augmentation de 44% des fonds collectés, passant de 234M€ en 2016 à 336M€ en 2017

Attention ! Ce que cachent vos commissions de mouvements

Attention ! Ce que cachent vos commissions de mouvements

Généralement indiqué entre 0.025% et 0.20% des mouvements débiteurs, les commissions bancaires de mouvement représentent les frais les plus importants facturés par les banques aux entreprises. Les montants peuvent atteindre quelques milliers d’euros par an si vous ne faites pas attention à ces frais facturés trimestriellement.

Pour ceux qui n’ont aucune idée des chiffres, sachez qu’à partir de 1.000.000€ de mouvement, vous devriez vous rapprochez du plus bas taux de commission généralement pratiqué soit 0,05%, « voir plus si affinité avec le banquier ». Un exemple tout simple : pour 1.000.000€ de mouvement, la différence entre 0,025% et 0,20% est de 1750€ annuel.

Avoir deux banques est un gros avantage : vous pouvez « jouer » avec chaqu’une d’elle en choisissant le flux que vous souhaitez apporter de l’un et l’autre côté. Les offres sur le marché bancaire sont toutefois diverses et variées. Même si les meilleures peuvent se négocier autour de 0.05% à la BNP, elles peuvent vite atteindre 0.11% Chez HSBC ou 0.20% à la Bred.

Aussi, il est possible de négocier ce taux d’une autre façon lorsque l’on a de la trésorerie : « La rémunération de compte courant créditeur » permet de diminuer ce taux sans que votre banquier n’ait besoin de faire trop de « sacrifice ». Effectivement, tout est dit: en étant créditeur, la banque est gagnante et est donc plus ouverte à une double négociation pour réduire notre fameuse commission de mouvement.

Pour conclure: gardons tout de même en mémoire que ces commissions sont vitales pour les banques et que la négociation doit se faire avec un certain équilibre : le banquier doit rester un allié…

Une idée cadeau qui a du chien !

Une idée cadeau qui a du chien ! Interview de Pierre-Henri Coustenoble et Antoine Chabass

Interview de Pierre-Henri Coustenoble et Antoine Chabassol qui n’avaient pas encore validé leur dernière année d’étude à l’ESSEC que l’envie d’entreprendre se faisait sentir. Avec une idée lumineuse : une box cadeau mensuelle pour chiens et chats de compagnie. 

On dit souvent que la création d’une société passe d’abord par « la » bonne idée. Ce qui est sûr, c’est que Pierre-Henri Coustenoble et Antoine Chabassol, les créateurs de la Woufbox, ont eu du flair ! Ils avaient l’envie, et cherchaient l’idée. « On trouvait très sympa de recevoir un cadeau chaque mois avec le système des box. Et comme on a chacun un chien et un chat… » nous explique Pierre-Henri Coustenoble. En creusant, ils découvrent que le marché des box cadeaux pour animaux est courant aux États-Unis, mais complètement inexploité en France. Étonnant quand on sait que plus de deux foyers sur trois possèdent un animal de compagnie !

L’appartement comme base logistique

En juillet 2012, les deux amis de 24 ans se lancent dans l’aventure. La plus grosse difficulté pour les deux étudiants est qu’ils ne connaissent rien à l’e-commerce. Ils démarrent « juste avec les moyens du bord » : l’appartement comme base logistique, un site internet minimaliste, et une très petite somme de départ. C’est ainsi que les premières boîtes pour chiens sont confectionnées « maison » et vendues, avec comme seule publicité les réseaux sociaux. Ils lancent dans la foulée la Miaoubox, une box pour chat au packaging différent.

Un développement rapide, mais pas toujours facile

En septembre 2012, les associés postulent à l’Accelerateur, l’incubateur de Michel de Guilhermier, et sont sélectionnés parmi plus de 200 candidats. C’est là que la start-up « a été mise sur les rails pour devenir une vraie boite ». Canal plus, France 2, TF1…
La presse s’intéresse au phénomène, et Noël tombe à pic. Dès janvier 2013, les entrepreneurs se rendent à l’évidence : ils ont besoin d’investisseurs pour se développer encore plus rapidement. C’est chose faite avec une levée de fonds de 300 000 € en mai 2013. Que faire avec cet argent ? Acquérir de nouveaux clients, en renforçant leurs investissements marketing. Mais également développer de nouvelles fonctionnalités pour leurs sites internet. Avec plusieurs milliers d’abonnés aujourd’hui, Pierre-Henri Coustenoble et Antoine Chabassol n’ont pas d’autres chats et chiens à fouetter que de rendre heureux nos animaux de compagnie !

Quand les startups ouvrent leurs portes, profitez-en !

Quand les startups ouvrent leurs portes

Le dynamique écosystème français des startups dévoile régulièrement ses coulisses et promeut l’esprit d’entreprendre. Que vous souhaitiez vous lancer dans l’entrepreneuriat que vous soyez professionnel ou à la recherche d’un emploi, saisissez l’opportunité d’échanger directement avec des créateurs d’entreprise.

Un écosystème dynamique aux nombreux rendez-vous d’échange

Malgré les lourdeurs administratives (bien connues) et les freins d’une réglementation encore instable, l’écosystème français des startups est particulièrement dynamique. Sa réputation à l’international n’est plus à faire tant pour la richesse des innovations technologiques ou de services, qu’en ce qui concerne la qualité de ses acteurs.
Au niveau mondial, Paris arrive à la 11ème place, derrière Chicago et devant Sydney, selon l’index des écosystèmes (Startup Ecosystem Report 2012) du Startup Genome. Celui-ci classe les 20 premiers écosystèmes mondiaux de start-ups, avec comme trio de tête la Silicon Valley, Tel-Aviv et Los Angeles.

En France, outre Paris-Île-de-France, l’implication de nombreux acteurs locaux a permis la structuration de pôles attractifs et innovants dans de grandes métropoles comme Lille, Nantes, Toulouse ou Lyon, et de développer des initiatives porteuses à Bordeaux, Montpellier, Grenoble, Rennes, Strasbourg, Nice ou Marseille avec notamment la Belle de Mai. Pour ne citer qu’elles.
Que vous soyez en dernière année d’études ou professionnel, et que vous souhaitiez vous lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat, vous avez de nombreuses possibilités tout au long de l’année d’échanger directement avec les fondateurs de startups : conférences, réunions d’affaires, soirée networking Dynamique Magazine, Journées du Patrimoine des Startups (JPDS), etc.

Comment se passe la soirée porte ouverte d’une start-up?

Du jeudi 12 au samedi 14 septembre, plus de 250 jeunes pousses ont accueilli le grand public dans 17 villes de France dans le cadre de la seconde édition des Journées du patrimoine des startups (JPDS), en marge des Journées européennes du patrimoine.
À chaque start-up sa formule de réception des visiteurs. La plupart ont organisé des présentations formelles de leur activité ou des ateliers thématiques. D’autres ont préféré ouvrir leurs bureaux et offrir un échange direct avec l’équipe au complet.

À Paris, nombreuses ont été celles qui ont participé à l’événement, comme BlaBlaCar, My Little Paris, Leetchi, MaMajorCompany ou Ulule, une plate-forme internet de Crowdfunding qui permet de financer des projets créatifs, innovants ou solidaires.
Prenons Ulule par exemple. Pour la seconde année consécutive, la société a accueilli dans ses locaux plus de 70 visiteurs, dans un univers décoiffant équipé d’un trampoline avec vue sur le roof-top, le temps d’une soirée.

Lors de la première édition, la boîte montante avait attiré plutôt des curieux s’étant déplacés pour voir ce qu’est une startup, et ne connaissant pas forcément la société. Cette année, le profil de ses visiteurs a été particulièrement ciblé. Âgés de 25 à 40 ans, avec une prépondérance des 25-35 ans, ils étaient essentiellement des porteurs de projets entrepreneuriaux connaissant déjà la plate-forme de financement participatif. Ces porteurs de projets de création d’entreprises ont pu découvrir le fonctionnement d’une startup, partager leurs propres problématiques et échanger avec l’ensemble de l’équipe.

Si les retombées en terme d’affaires de ces journées portes ouvertes sont difficiles à analyser, aux dires des participants il en ressort déjà un bénéfice immédiat : un libre questionnement qui leur a permis de nourrir leur réflexion, et des c.v. qui ont pu être envoyés. La transparence, la démystification de l’entrepreneuriat ou l’échange humain ont été certainement l’élément le plus apprécié.

Tenez-vous au courant des initiatives locales

Le nombre d’initiatives ne se compte plus. À titre d’exemple, les journées portes ouvertes des startups innovantes parisiennes organisées du 10 au 12 octobre par Paris Région Lab et la Ville de Paris. Il vous sera notamment possible d’échanger avec les fondateurs de plates-formes de crowdfunding Arizuka, Mailforgood, Microdon, ou Reservoir Fund, ainsi qu’avec Kitchen Trotter, Wayz-Up, Madmagz, etc.

Informez-vous des sessions de formation offertes par les start-ups

Les occasions de rencontrer les fondateurs de startups ne manquent donc pas. Certaines d’entre-elles organisent régulièrement des formations d’initiation à leurs outils, dans leurs locaux, gratuites et sous forme de petit déjeuner. Restez en alerte de ces opportunités de rencontre et d’échange.

Recherchez les journées emploi des start-ups

Si ce qui vous attire est de trouver un emploi au sein d’une startup, de vivre l’aventure de travailler dans une jeune pousse (aux moyens peut-être plus limités ou avec un avenir du moins incertain) pouvant connaître une forte croissance et un gigantesque champ des possibles, je vous inviterais à participer aux salons de l’entrepreneuriat et aux journées de l’emploi dédiées aux startups. Vous pourrez mesurer si cet univers vous correspond.

Par exemple, se tenait le 14 septembre dernier le Paris Startup Job Fair qui réunissait une cinquantaine de start-ups parisiennes innovantes et des centaines de personnes à la recherche d’un emploi.

Des échanges gagnants-gagnants 

De ces journées portes ouvertes promouvant l’esprit d’entreprendre et le partage, et des ateliers de formation ou d’emploi, naîtront peut-être de nouvelles vocations. L’utilisation grandissante des nouveaux outils proposés s’en trouvera également favorisée.
N’hésitez pas. Il est à mon avis important de mettre en perspective la disponibilité des fondateurs de start-ups et donner cours à une confrontation d’idées, d’intérêts. Que vous soyez entrepreneur, en poste ou étudiants en fin de cycle, il résultera de ces échanges un bénéfice gagnant.

Votre projet de business en mobilité, iOS ou Android ?

Votre projet de business en mobilité

Vous avez l’intention de développer une application pour les terminaux mobiles. La question se pose: la faire tourner sous Android ? Sous iOS Apple ? Voire les deux ? Si votre application est destinée à être vendue, et que vous en espérez un revenu, alors les quelques lignes qui suivent  sont pour vous !

La sécurité des applications

Tout d’abord, deux statistiques intéressantes : en 2009, environ 9% des iphones en france étaient jailbreakés. En 2013, on est tombé à 5%. Même en Chine la proportion est passée de plus d’un iPhone jailbreaké sur 3 en 2009 à 1 sur 5, 3 ans plus tard. Pour rappel, le jailbreak consiste à supprimer les protections d’Apple, et permet, entre autre, de télécharger des copies illégales d’applications (et de bases de données!).

En d’autre terme, chez Apple, 5% des terminaux sont susceptibles de récupérer des applications piratées, et cela diminue : le marché iOS est donc de mieux en mieux sécurisé pour les éditeurs de logiciel comme vous, et vous avez donc plus de possibilité pour y récupérer votre mise.

Coté Android, on en est toujours au même point : 100% des terminaux Android, sans action particulière, peuvent télécharger des applications payantes piratées sur certains portails. Une petite recherche sur le net suffit pour cela, pas besoin d’être un geek pour récupérer les applications les plus intéressantes. Ceci étant dit, si votre application ou votre projet dépend d’un contenu spécifique et centralisé sur un serveur, quelques mesures techniques de sécurité permettent de très largement limiter le piratage, voire de le faire disparaitre.

Le coût de développement de l’application

Un autre aspect à prendre en compte pour les développement sur Android, plus important à mon sens, est  qu’il y est  couteux de développer une application un tant soit peu innovante qui fonctionne bien. Non pas parce que Android serait moins performants que iOS, non, mais en raison de l’extrême diversité de l’écosystème des terminaux Android : il est extrêmement difficile de garantir que l’application que vous avez développée, testée et validée sur un terminal fonctionnera de manière satisfaisante sur un autre. Et vous avez d’autant plus de chance de vous recevoir des commentaires négatifs sur le Play Store de la part des utilisateurs, qui diminueront vos ventes futures.

Pourquoi ? Il y a tout simplement une diversité délirante des terminaux. Les processeurs vont de l’hyper-lent à l’ultra-véloce, la résolution des écran varie d’un facteur 27 (sans prendre en compte les tablettes et phablettes), leur variation de taille n’est pas mal non plus, avec une surface en cm2 variant d’un facteur de 1 à 4, les processeurs graphiques vont de l’absence totale à des systèmes permettant du montage vidéo correct. On peut avoir un écran tactile ou un clavier physique, un nombre de boutons physiques différents; sans compter que non seulement les capteurs tels que gyroscopes, boussoles, accéléromètres, thermomètres peuvent être présent ou non, mais en plus leur sensibilité et leur réactivité varient énormément d’un terminal à un autre. A cela s’ajoute la volonté des fabricants de se distinguer en proposant des fonctions spécifiques, un mode de fonctionnement de leur « stores » toujours différent, et, ne les oublions pas, l’existence de surcouches logicielles de présentation, toutes plus attirantes les unes que les autres, et qui modifient le comportement du terminal de manière plus ou moins importante.  Cerise sur le gâteau, on a actuellement 7 versions majeures d’Android en production !

En d’autre terme, sur Android, en tant qu’éditeur de logiciel, vous gagnez moins que sur Apple, mais vous devez investir plus pour ne pas décevoir vos clients. A méditer.

Plus de vente sur iOS que sur Android

Cette comparaison entre Android et iOS est à rapprocher du fait que l’essentiel du C.A. des ventes d’éditeurs d’applications en mobilité se font toujours sur l’Appstore. En 2011, 85% des ventes étaient réalisées par les applications iOS, 15% par Android. 2 ans plus tard, alors que les terminaux Android sont devenus largement majoritaires, on a encore 2,3 fois plus de vente sur iOS que que Android. 

Cette idée se trouve renforcée par le fait que ces statistiques de ventes intègrent les revenus de la publicité, et donc ceux des applications gratuites…

Un cours gratuit en ligne sur l’entrepreunariat, ça vous tente ?

Un cours gratuit en ligne sur l’entrepreunariat

Avec l’annonce de France Universite Numerique, la plateforme étatique de MOOC (cours gratuit en ligne à grande échelle), la France découvre (enfin) ces nouveaux supports pédagogiques. Voici un top 5 des meilleures ressources pour les entrepreneurs.

Steve Blank – How to Build a Startup

Pape américain de l’entrepreneuriat, Steve Blank propose durant 7 semaines de vous accompagner très concrètement dans la création de votre société. Le cours propose une introduction au développement commercial ainsi qu’au Business Model Canvas d’Alexander Oserwalder. Pour les projets plus matures, ce cours peut vous permettre de remettre en question un certain nombre de pratiques, pour mieux cibler de nouveaux projets de développement.

Mathieu Nebra – Html5 / CSS3

Récemment renommé Openclassrooms, le Site du Zéro propose un cours d’introduction aux technologies web qui vous permettra en tant que patron de PME de mieux appréhender les sujets techniques avec vos développeurs ou vos prestataires.

Rémi Bachelet – ABC de la Gestion de Projet 

Professeur de gestion à Centrale Lille et pionnier des ressources éducatives libres depuis plusieurs années, Rémi Bachelet couvre sur 5 semaines les différents enjeux de la gestion de projet. À l’issue de ce cours, vous saurez gérer des réunions, négocier des objectifs, formaliser un cahier des charges, évaluer financièrement un projet.

Bruno Dondero – Le droit des entreprises

En tant que chef d’entreprise, si le droit n’est pas votre passion première, votre connaissance du contexte juridique français sera grandement accrue par l’étude de ce MOOC. Le cours abordera des thèmes pertinents en phase de création (forme juridique, statuts), de croissance (quels types de financements sont à la disposition des entreprises) et de revente (comment céder des actions).

Duolingo

Vous rêvez de conquérir le monde avec votre entreprise, mais passer un coup de fil aux États-Unis vous refroidit? Ce site est fait pour vous. La startup californienne s’est donnée comme double objectif d’enseigner toutes les langues du monde gratuitement… et de traduire le web. Duolingo n’est pas à proprement parler une plateforme de MOOC, mais reste un outil gratuit et performant à l’interface utilisateur incroyablement soignée.

Vaincre le syndrome de la page blanche

Vaincre le syndrome de la page blanche

Écrire est un plaisir… En tout cas, il devrait l’être. Devant le nombre d’articles à rédiger pour vos blogs, vos sites, vos communiqués de presse, vous vous trouvez souvent victime du syndrome de la page blanche. Rassurez-vous ! Cela arrive à tout le monde. Revenons sur quelques habitudes qui permettent de débloquer l’écriture.

En premier lieu, trouvez un sujet : ayez toujours sur vous un crayon et un carnet pour noter vos idées (vous pouvez aussi vous envoyer des SMS…) L’inspiration peut venir n’importe quand, n’importe où, et vous ne devez surtout pas la laisser passer.
Une fois le sujet trouvé, contrôlez son intérêt : il ne doit pas avoir été récemment traité par vous ou par quelqu’un d’autre là où vous souhaitez le publier. Vous êtes à peu près certain de ne rien inventer, mais l’angle, les solutions, le ton du sujet peuvent varier…

Vous êtes prêt ? C’est parti !

Tout d’abord, choisissez le moment de la journée où vous êtes le plus créatif (personnellement, c’est le matin). Puis, isolez-vous ! Éteignez votre portable, supprimez le bruit de l’arrivée des messages sur votre ordinateur et fermez votre porte (si c’est possible). Enfin, concentrez-vous pour un remue-méninges efficace.
Écrivez le sujet en haut de la feuille et défoulez-vous : écrivez tout ce qui vous passe par la tête en rapport avec le sujet, évidemment ! Ni analyse, ni réflexion, ni jugement, laissez votre main écrire. Vous allez être surpris par la qualité de votre analyse et la diversité de vos idées. Ne posez aucune barrière à votre esprit. Si vous êtes vraiment coincé sur un sujet, consultez un dictionnaire analogique : il vous donnera tous les champs du possible autour d’un mot et relancera votre réflexion. Au bout d’une trentaine de minutes, vous devriez avoir fait le tour du sujet.

Phase deux : l’épuration

Prenez un stylo d’une couleur différente, et entourez les mots importants, les expressions qui vous semblent intéressantes. Hiérarchisez et classez vos idées en partant des plus importantes avec des numéros, des flèches. Prenez une feuille vierge (papier ou informatique) et commencez à rédiger vos titres de paragraphe (ou chapôs) avec une idée, développez ensuite votre idée dans le paragraphe. N’hésitez pas à donner des exemples, à illustrer vos propos de photos ou de graphiques.

Laissez reposer quelques heures (voire une journée) et reprenez votre feuille : relisez, corrigez, épurez. Rédigez votre introduction (elle présente l’objet de votre article et l’importance du sujet) et votre conclusion (elle ouvre sur d’autres sujets). Trouvez le titre de votre article. Un titre accrocheur est en grande partie ce qui attirera le lecteur vers votre écrit. Publiez… Et le tour est joué !

Florence Durif

Le combat du versioning : quand les logiciels béta se font publique

Le combat du versioning : quand les logiciels béta se font publique

Vous connaissez probablement les logiciels suivis de leurs versions V 1.0, V 1.1, V 1.2… Ou alors ceux V1, V2, V3. Car oui, deux nomenclatures s’affrontent afin de pousser l’amélioration d’un logiciel vers la perfection. La simple analyse du schéma du développement d’un logiciel avant sa mise sur le marché peut en dire long sur l’état d’esprit entrepreneuriat de la société éditrice. Décryptage.

Le « versioning » est un étalon de mesure indiscutable dans le milieu du logiciel permettant à l’utilisateur de savoir l’état d’avancement de l’outil informatique qu’il utilise. Pour rappel la version 0 correspond à une version alpha, la version 1 pour Beta, la version 2 pour la version Release Candidate (première version « stable ») et enfin la version 3 qui est la version finale (mise à la disposition du public).

Cette démarche « normée » n’est cependant pas forcement appliqué par tous les éditeurs de solution informatique. Les anglophones ont une tendance à mettre tout de suite à disposition une version bêta en cour de développement auprès des futurs acheteurs, au contraire des Français qui préfère dévoiler un produit stable et éprouvé en interne.

Le rapport à l’échec du développeur et la manière dont il est perçu par l’utilisateur final a une influence indéniable sur le choix de proposer en premier une version Beta contre une version débuggée et stable.
Ce raccourci peut paraitre présomptueux et réducteur, néanmoins il n’est pas totalement dépourvu de sens au vu des réactions que l’on peut observer à l’accueil réservé au moment de la sortie d’un nouveau produit.

Quel est l’impact d’une telle décision en termes de business, d’organisation en interne, les pour, les contres ?

Lancement d’un logiciel en mode beta.

La Beta version est une version qui offre le cœur du produit et ces principales spécificités d’utilisation qui pour certaines peuvent être encore en cours de développement au moment de la présentation au public. Cette démarche s’accompagnait bien souvent d’un prix d’appel engendrant un début de notoriété tout en apportant un chiffre d’affaires.

La deuxième finalité, qui n’est pas des moindres, est de s’assurer d’un retour direct et franc des utilisateurs sur l’ergonomie, le côté ludique et les retours négatifs indispensables à l’adaptation rapide d’un produit sur son marché.

Cette méthode pourrait s’apparenter à l’adage « Action – Réaction » qui demande, selon la taille de l’entreprise, des ressources d’informaticiens polyvalents pour être à la fois en amont sur la R&D et sur le support. Ici, le support à une importance capitale puisse qu’il est le garant de l’image réactive que vont pouvoir observer les utilisateurs de cette version Beta.

Cette méthode a l’avantage de faire un partage des coûts entre ceux liés à la R&D et ceux liés au support. Il est important de souligné que cette formule est très certainement la formule gagnante, si, et seulement si, le produit ne possède que peu de bugs, et que les équipes techniques ont une bonne répartition des charges entre le correctif et le développement. Car dans le cas contraire, cette proposition de valeur peut devenir un gouffre financier avec un réel impact négatif sur le moral des équipes techniques… Sans parler de l’image ternie que pourrait subir la société. Aujourd’hui, dans notre société « zapping », les utilisateurs sont de moins en moins patients. Même pour les plus conciliants

Lancement d’un logiciel en mode Release Candidate, dite Stable

La version Release Candidate, dite stable est, pour sa part, l’aboutissement d’une solution complète et finale. L’utilisateur n’aura pas à attendre les caractéristiques promises sur le papier, et surtout ne devrait pas tomber (sauf cas très rare) sur un bug lui bloquant l’utilisation du produit. Cette version est bien souvent développée en 2 temps : une R&D intense, suivie rapidement de la recherche de défaut à corriger avant la mise en vente. Ici, la méthode pourrait s’allier avec la devise « Perfection sinon rien !», qui axe principalement ses atouts sur un produit fini et achevé sans aucune mauvaise surprise du côté du client final.

Dans ce contexte, l’éditeur du produit doit avoir les ressources financières nécessaires pour maintenir une équipe de développeurs sans rentrée d’argent provenant de la vente du produit. Bien souvent, les start-ups ont une activité de conseil ou de régie. Cela maintient la trésorerie à flot, avec pour effet, une répartition aléatoire du temps des informaticiens sur la R&D du logiciel.

L’inconvénient de cette méthode est de sortir des produits un peu plus tard que les concurrents, qui se lanceraient avec une version Beta tout en entrainant un risque de ne pas satisfaire à 100% le besoin réel identifié au préalable. Le « Plus » indéniable de cette méthode est une minimisation du taux de clients insatisfaits générant ainsi une réduction, des coûts liés au support une fois l’offre officiellement sorti.

Comment choisir ?

La version Beta est parfaite pour une jeune équipe qui se dirige sur des produits grands publics évoluant très vite due aux nouvelles technologies de développement ou tout simplement aux changements des usages. Twitter est l’exemple même d’une solution qui à l’origine n’était pas destiné à faire du micromessage et qui a changé de cap pour devenir ce qu’il est aujourd’hui.

La version Release Candidate est plus adaptée pour des solutions destinées aux entreprises qui investissent généralement pour 3 ans en privilégiant des produits opérationnels et stables. Et minimiser ainsi le risque de discontinuité de leur business.

La mise en place d’une stratégie d’écoconception

La mise en place d’une stratégie d’écoconception

Comme nous l’avons vu dans la partie 1 de cet article, il ne faut surtout pas tomber dans le dogmatisme de l’éco-innovation à tout prix. Chaque démarche est propre à l’entreprise, en fonction de son contexte, de ses moyens et de son marché : comme le précise très bien Samuel Mayer, « une entreprise dotée de peu de moyens, sans attentes clients, dans un secteur peu concurrentiel et peu réglementé, n’aura peut-être pas intérêt à prendre un risque business en éco-innovant par une démarche globale et stratégique de développement produit, elle pourra dans un premier temps verdir un peu plus son produit en se contentant d’une démarche plus classique d’analyse des impacts de son produit sur l’environnement».

C’est pourquoi, Samuel Mayer préconise du cas par cas, et des pré-diagnostics d’analyse marketing et stratégique pour voir quel est l’objectif de l’entreprise, sa stratégie par rapport à l’environnement, et les outils et méthodes les plus adaptés à son cas. Si l’entreprise veut plus aller vers de l’écodesign, ou de l’écomarketing, les fonctions de l’entreprise qui sont touchées ne sont pas les mêmes, et les outils diffèrent.

Après un premier article consacré à l’explication de la notion d’écoconception, parlons désormais d’outils et de méthodes.

Une méthode globale et complexe aux multiples visages et aux nombreux outils

La méthode est globale, complexe et normée et se caractérise par deux approches, une approche multicritères puisqu’elle mesure tous les impacts environnementaux dans les différents domaines, eau, air, déchets, consommation de ressources, bruit, etc. et multiétapes puisqu’elle s’intéresse à toutes les étapes du cycle de vie du produit : fabrication, transport, consommation.

La méthode la plus précise aujourd’hui pour faire cette analyse globale est l’ACV (Analyse du Cycle de Vie) : cette méthode recense les flux entrants et sortants et les impacts environnementaux générés par ces flux (augmentation de l’effet de serre, pollution de l’air, pollution de l’eau et eutrophisation, épuisement des ressources naturelles, diminution de la biodiversité, production de déchets.) Il s’agit donc d’un inventaire poussé qui mesure quantitativement les impacts environnementaux sur tout le cycle de vie, ce qui suppose de travailler avec tous les acteurs de la chaîne ! 

La série des normes ISO 14040 décrit la méthodologie et la déontologie que doivent suivre ces études ACV. De nombreux logiciels d’ACV existent mais ils sont encore très coûteux : une analyse de cycle de vie globale pouvant se monter facilement dans les 50 000 euros, pour une petite PME, cela représente de sacrés frais à engager…L’ACV est une démarche complexe, il est donc conseillé de faire appel à des spécialistes.

Mais attention, il n’est pas forcément nécessaire de tout quantifier parfaitement avec une ACV, lourde, complexe et onéreuse, surtout pour les PME, pour se prévaloir de l’engagement dans une démarche d’écoconception. Les principaux impacts peuvent tout à fait se mesurer par d’autres méthodes plus simplifiées. « il existe en effet une multitude de méthodes pour s’engager dans une démarche d’écoconception »comme le rappelle très bien Philippe Schiesser. « L’important c’est bien de faire une analyse holistique sur l’ensemble du cycle de vie, l’ACV est certes l’outil le plus précis et le plus sensible car il travaille sur tous les flux qu’il traduit en impacts mais il y en a plein d’autres, les outils d’analyse environnementale publics dont le bilan Produit de l’ADEME, les outils privés, sectoriels, il existe même un outil d’analyse pour les designers », renchérit Samuel Mayer.

N’utilisez donc pas l’argument de la complexité pour ne rien faire, une démarche d’écoconception peut-être progressive en travaillant sur les étapes pertinentes et les enjeux environnementaux importants : faire une analyse de cycle de vie simplifiée (ESQCV) en réduisant l’étude à une étape du cycle de vie, ou encore à un domaine environnemental en faisant une ACV monocritère, par exemple, sur la quantité de CO2 émis ou sur la quantité de déchets…Gare ceci dit dans les évaluations simplifiées aux transferts de pollution sur une autre étape en diminuant l’impact environnemental d’une autre étape du cycle de vie. 

Encore une fois, l’important est d’utiliser les bons outils en fonction des objectifs et des fonctions concernées dans l’entreprise.

Philippe Schiesser est de toute façon catégorique, l’ACV n’est pas le seul moteur des démarches d’écoconception, « Des choix technologiques peuvent tout à fait être à l’origine de démarches d’écoconception comme en témoigne la mise sur le marché des technologies LED à moindre impact environnemental ». Des ruptures technologiques pilotent le changement de la conception qui se tourne intuitivement vers des choix plus respectueux de l’environnement.

De plus rajoute Philippe Schiesser, « l’ACV n’est pas forcément pertinente dans les premières étapes de la conception et du développement produit,  pauvre en données quantitatives sur les poids et les matières notamment ».

Il précise néanmoins que« l’ACV reste intéressante pour des entreprises très motivées, poussées par une demande client particulière et surtout dotées des capacités d’ingénierie nécessaires », autant dire que ce n’est pas le lot de beaucoup de petites PME ! Travailler sur l’efficacité des processus et des procédés demande des bases de données poussées et un système de qualité très structuré pour suivre les indicateurs de performance environnementaux, ce qui n’est pas la panacée des petites entreprises. De plus, Il s’agit d’une démarche de fond qui associe R&D, innovation et impacte fortement les métiers de la conception, parfois réticents à de telles démarches complexes, lourdes, nécessitant des logiciels coûteux, des bases de données interfacées et dont en plus ils ne sont pas certains des résultats qu’ils recherchent, « l’amélioration fonctionnelle du produit ».

Néanmoins, le futur va dans ce sens puisque les nouveaux logiciels de conception des produits intègrent de plus en plus des modules d’ACV permettant un accès plus facile aux informations environnementales. Néanmoins, soyons réalistes, comme le dit Philippe, « le critère environnemental n’est qu’un critère supplémentaire, à la recherche d’une technologie et d’une performance équivalente du produit, il n’est pas sûr qu’il l’emporte ». Enfin, cette démarche permet quand même d’inciter les concepteurs à mettre du « green » et des prescriptions environnementales dans leurs cahiers des charges ! Tout ceci servant évidemment l’entreprise dans sa démarche responsable et dans son reporting RSE aux prises avec les attentes de plus en plus poussées de ses parties prenantes. Et comme le dit encore une fois très bien Philippe, « l’ACV est le juge de paix pour mesurer les impacts des produits et communiquer de façon la plus transparente qui soit sur les indicateurs de performance ».

Et les coûts ?

Comme le précise bien Samuel Mayer, « il y a un surcoût au départ notamment au niveau de la montée en compétences nécessaires et des investissements outils mais plus les projets se développent, plus les coûts diminuent ». Quand l’innovation repose avant tout sur les sous-traitants, le retour sur investissement peut déjà se faire sentir plus facilement. Quoique, ce n’est pas si simple, alors ne faisons pas de généralités.
Ce qui est sûr c’est que d’après une étude ADEME, une grande majorité de entreprises qui ont entamé une démarche d’écoconception ont continué par la suite : pas de « one shot » donc dans ces démarches. C’est encourageant !

Quant à l’étude qu’a menée le Pôle Ecoconception de la CCI de Saint-Etienne en 2008 sur les coûts, elle est très éclairante sur deux points, 1/3 des entreprises qui ont éco-conçu leur produit ont augmenté leur vente et leur marge brute. Et surtout, ce sont celles qui ont travaillé sur la phase d’utilisation du produit et non sur les matières premières entrantes ou la fin de vie du produit qui ont eu de tels résultats.

En parlant de résultats, si justement nous allions voir quelques exemples concrets ?

Des exemples parlants

L’entreprise Optilia, bureau d’études spécialisé dans l’agencement de locaux, a notamment éco-conçu une chambre d’hôtel 3 étoiles en travaillant sur l’écoconception et l’ecodesign. Elle utilise des matériaux respectueux de l’environnement choisis en fonction de leurs critères d’usages et des bénéfices d’usages. La chambre est créée à partir de matériaux nécessitant moins d’eau et de produits chimiques, les produits sont composés à 100 % de ressources naturelles et les résultats sont plus que prometteurs : cette chambre concurrence d’ailleurs toutes les chambres d’hôtels traditionnelles ! Au passage, l’éco conception n’est donc pas réservée aux produits, elle peut tout autant concerner les services.

Quant à CVP packaging, qui fabrique des emballages de beauté cosmétique, de l’alimentaire et de la chimie, ils ont développé une marque So green qui permet de repérer les emballages issus de la nature ou valorisés. Michel Lehembre, PDG, précise bien d’ailleurs « Tous nos emballages flacons et pots sont fabriqués en PEHD 100 % végétal et notre entreprise s’inscrit bien dans une démarche craddle to craddle, qui garantit qu’un produit doit pouvoir, une fois recyclé, être réutilisé ou valorisé dans un autre domaine d’application, assurant ainsi zéro pollution et 100 % de recyclage » et Jean-Michel ajoute, « cette démarche permet à l’entreprise de se différencier et de répondre à une réelle attente clients ».

Enfin comment ne pas parler de l’exemple de Pocheco, une entreprise du Nord Pas de Calais spécialiste de l’enveloppe de mise sous pli automatique, qui a développé l’enveloppe Oxymore, une enveloppe écoconçue, qui bénéficie d’ailleurs du label NF environnement : « Notre enveloppe est à la fois meilleure pour l’environnement et moins chère pour le client, autant dire que c’est bénéfique pour tous » précise Medhi Dutheil, responsable de la relation avec les grands groupes. Malgré que le marché du papier de l’enveloppe soit d’ailleurs sinistré, Pocheco arrive à tirer son épingle du jeu en tant qu’indépendant spécialiste du marché de l’enveloppe de gestion et peut porter à son actif de gros clients comme SFR et le Crédit Agricole. Et Medhi Dutheilde rajoute « que leur capacité à innover sans cesse pour apporter toujours plus de valeur ajoutée pour le client leur permet de mieux concevoir l’enveloppe en travaillant sur la composition et l’utilisation de l’enveloppe, avec trois axes clefs dans leur démarche, la baisse des impacts sur l’environnement, la diminution de la pénibilité des postes de travail et les gains de productivité ». « Certes l’investissement de départ a été important mais le retour sur investissement est rapide et nous démontrons aujourd’hui qu’il est moins coûteux de produire en respectant l’environnement » conclue Medhi Dutheil.

Ces trois PME ont d’ailleurs reçu un prix de la part d’Alliance, une association du Nord-Pas-De-Calais qui accompagne les entreprises dans leur démarche de RSE, lors du concours sur l’Ecoconception qu’elle a organisé en 2012.

Et comment le promouvoir auprès des PME ?

Enfin, il ne faut pas se leurrer, toutes les entreprises ne sont pas aussi en avance et pour aider les PME toujours plus démunies que les grands groupes pour engager de telles démarches, il faut trouver la motivation qui fait le lien avec le business : et pour aller dans ce sens et inciter les entreprises à s’engager, les CCI ont leurs rôles à jouer : en tant que relai incontournable d’appui au développement économique des PME, elles montent des opérations collectives pour accompagner les PME dans ces démarches, appuyées de surcroit par des consultants experts. Philippe Schiesser est l’expert retenu pour l’opération collective « Eco-concept » pilotée par la CCI de Paris Seine-Saint-Denis qui accompagne 24 PME dans des démarches d’écoconception. Et il ressort très bien d’après Philippe que « promouvoir et vendre cette démarche auprès des PME en tant que méthode d’efficacité des procédés et processus est insuffisant, les entreprises ont besoin de créer de la valeur en collaboration avec leurs parties prenantes pour toucher leur marché ». L’écodesign a en ce sens de belles heures devant lui qui l’attendent. Travailler main dans la main avec des clients et fournisseurs stratégiques permet par exemple de développer des filières innovantes, notamment sur les déchets en développant par exemple le surcyclage qui permet de conserver la matière pour en faire un produit source de plus grande valeur, typiquement, des bâches de camion transformées en sacs à main de luxe !

Un futur encourageant source de nouveaux business model

En tout cas ce qui est sûr, c’est que l’écoconception amène au développement de nouveaux business model innovants : l’écodesign est déjà bien partie, l’innovation avec les usagers va quant à elle très certainement aussi se développer dans les années à venir, pour répondre au besoin de plus en plus impérieux des clients de simplification et de facilitation d’utilisation des produits, tel est le futur, comme le prédit bien dans son livre Thierry Kazazian, « l’âge des choses légères ».

Et l’avenir dans l’éco-socio-conception ?

Les grands groupes ont quant à eux désormais intégré que la RSE pouvait être réellement stratégique et créer de nouveaux avantages concurrentiels : en quête de nouveau moyens de se différencier et poussés par un contexte réglementaire et sociétal de plus en plus exigeant, ils ne tarderont pas à intégrer les « aspects sociaux » dans le cahier des charges du développement des produits : la manière de fabriquer son produit a de beaux jours devant elle…

Alors à vos cerveaux, les ingénieurs, les designers, les marketeurs… soyez créatifs, il y a de quoi faire !