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Interview de Mathilde Thomas, Fondatrice et gérante de l’entreprise de cosmétique Caudalie

Comment est née Caudalie ?

Je me trouvais avec celui qui allait devenir mon mari dans la propriété de famille, sur les vignes du château Smith-Haut-Lafitte, en 1993 lors de la période des vendanges. Nous y avons fait la connaissance du professeur Vercauteren, directeur du laboratoire de chimie des substances naturelles à l’université pharmaceutique de Bordeaux. Il nous a raconté ses découvertes concernant les vertus anti-oxydantes et anti-âges des polyphénols contenus dans les pépins de raisin. Et, cela a été le déclic. Nous avons tout de suite senti qu’il y avait une véritable opportunité dans ces pépins magiques !

Avez-vous toujours eu envie de créer votre entreprise ?

Mon mari voulait créer une entreprise. Pour ma part, je rêvais d’une carrière dans la cosmétique, les parfums, les huiles essentielles et les plantes. Le projet de l’entreprise Caudalie rejoignait nos deux ambitions.

A ce moment-là, nous étions encore tous deux étudiants en école de commerce, lui à l’ESSEC et moi à Sup de Co Nice. Nous avons passé notre dernière année d’étude à réfléchir chacun de notre côté au projet et nous avons profité des cours pour réaliser une étude de marché exhaustive et interroger des chefs d’entreprise. Nous cherchions à savoir s’il était possible de faire exister une marque de cosmétiques à base de pépins de raisin en France. Le résultat de cette étude de marché a été clair : il y avait une place pour l’innovation en matière de produits de soins cosmétiques. Les femmes étaient prêtes à essayer une marque qu’elles ne connaissaient pas si elle apportait une réelle innovation et une grande efficacité. Tout juste diplômés, nous avons décidé de nous lancer.

Comment avez-vous financé le démarrage de l’entreprise ?

Nous avons mis 50 000 francs pour créer la SARL puis avons fait le tour des banques du quartier mais aucune d’entre elles ne voulait les prendre. Aujourd’hui, pas un jour ne se passe sans qu’un banquier ne sollicite notre directeur administratif et financier ! Finalement, une petite banque a accepté de nous faire confiance. Malgré tout, personne ne voulait nous prêter de l’argent. Alors, nous sommes allés frapper à la porte familiale et nous avons emprunté l’équivalent de 150 000 euros.

Nous avons commencé tout petits, sans se payer pendant 2 ans, sans salariés et en ne fabriquant que très peu de produits. Nous faisions absolument tout, réinvestissant le peu que nous gagnions dans l’entreprise. Au final Caudalie n’a jamais été endettée. Nous avons réalisé nos avancées tranquillement, les unes après les autres, et grâce à cela, aujourd’hui, Caudalie c’est du solide !

Pensiez-vous créer une entreprise de cette envergure ?

Lorsqu’on dépose les statuts, on ne peut pas imaginer l’avenir qui nous attend. à ce stade, on est bien souvent apeuré par le risque que l’on prend en créant sa propre entreprise. Je me souviens qu’à cette époque je pensais souvent : « je ne suis raisonnable d’investir de l’argent dans un domaine si saturé de produits qu’est la cosmétique ». Tout le monde me disait : « avec tes diplômes, tu ferais mieux d’aller travailler dans un grand groupe ». En dépit de cela, nous avons quand même décidé de nous lancer. Avec mon mari nous nous disions : « si jamais un jour nous atteignons un million de chiffre d’affaires, ça sera magnifique » ! Aujourd’hui, avec ses 450 salariés, Caudalie a dépassé toutes nos espérances.

Comment avez-vous fait connaitre vos produits ?

Je suis allée à la rencontre des journalistes du domaine de la beauté afin de pouvoir développer la médiatisation de nos produits et avoir ainsi de la publicité gratuite. Je leur ai tout simplement parlé de mon histoire, de l’efficacité de mes produits, du naturel des compositions et de l’aspect glamour des textures. Ils ont été séduits, c’est de cette façon que la marque Caudalie a commencé à se faire connaître parmi les femmes.

Ensuite nous avons énormément investi en échantillonnage de nos produits car nous savions que notre formule donnait des résultats visibles. Nous avons fait le tour des pharmacies afin de développer la distribution. Nous en profitions pour former les pharmaciens aux vertus des produits Caudalie pour qu’ils relaient le message auprès de leurs clientes.

A quel moment le grand démarrage de l’entreprise s’est produit ?

Les premiers produits ont été mis en vente mi-1995, mais il a fallu attendre l’année 2000 pour que les ventes de produits explosent, à la suite de l’ouverture du spa utilisant les techniques de soin de la «Vinothérapie®», créée par Caudalie. Ce spa a permis une exposition médiatique de grande ampleur de l’entreprise au niveau international.

Continuez- vous la recherche et développement ?

La recherche et développement a depuis toujours été au cœur de la progression de notre entreprise. Nous investissons d’ailleurs 10 % de notre C.A dans la R&D. Nous travaillons depuis les débuts avec le professeur Vercauteren, qui a déposé de nombreux brevets pour Caudalie.

Comment vous partagez-vous les tâches avec votre mari ?

L’organisation est simple et efficace. Lui s’occupe de commercialiser les produits. Je les crée avec le professeur et les équipes pharmaceutiques. Ce duo fonctionne toujours aussi bien depuis plus de 13 ans maintenant.

Quelles sont les perspectives de développement de Caudalie ? 

Nous venons tout juste d’ouvrir un nouveau spa dans un lieu mythique et magnifique : le Plazza de New York. Notre challenge est de faire vivre et fonctionner cet espace de détente et de soins. Nous concentrons également nos efforts sur le spa des étangs de Corot récemment ouvert à 15 min de Paris. Nous continuons également de développer sans cesse de nouveaux produits tels que le « Sérum Pulpe Vitaminée » destiné aux trentenaires.

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