BusinessDéveloppement personnelLes qualités de l'entrepreneurSe former / Se faire accompagner

Pourquoi l’anticipation et l’adaptation sont nécessaires ?

Si on pense parfois que l’anticipation et l’adaptation sont des notions contraires, ce n’est en réalité pas forcément le cas. L’épisode actuelle du coronavirus ne fait que nous le prouver et montre bien la difficulté pour les dirigeants d’arbitrer entre ces deux notions. Zoom sur les implications des deux attitudes et pourquoi les deux peuvent être utiles et devront faire appel à vos retours du terrain et votre intuition.

L’exemple clé : les masques

Actuellement, une vive polémique se crée autour de la disponibilité des masques lors de cette période crise sanitaire. Ceci est d’autant plus vrai que des réserves stratégiques semblaient avoir été constituées quelques années plus tôt et qu’elles ont fondu comme neige. Si au final, des décisions ont été prises il y a des années entraînant, petit à petit la disparition des stocks, les Français se demandent aujourd’hui pourquoi ils ont disparu et pourquoi ils n’ont pas été renouvelés. La raison semble pourtant très simple, le renouvellement coûte de l’argent à l’Etat et celui-ci n’avait pas anticipé l’arrivée d’un coronavirus (alors que nous avions déjà vécu des épidémies tel que le Sida qui auraient pu les interpeller) comme un risque nécessitant d’avoir à disposition des centaines de millions voire des milliards de masques en stock. Ceux-ci auraient d’ailleurs pu être périmés avant l’arrivée d’une épidémie telle qu’actuelle mais bon ils auraient dû être systématiquement remplacés. Le but reste ici de comprendre qu’un manque d’anticipation peut rapidement avoir des conséquences surtout quand la capacité d’adaptation n’est pas au rendez-vous. En l’occurrence, il s’agit donc d’une anticipation ratée où l’ensemble des masques ont été vendus suivi en pensant que le virus était en Chine et donc dans un pays lointain et cette attitude a eu pour conséquence une impossibilité à se fournir ou réagir assez vite pour combler leur absence au moment où nous en avons eu besoin. 

L’anticipation en contradiction avec l’adaptation ?

L’anticipation peut tout d’abord apparaître comme antinomique avec la notion d’adaptation puisqu’elle entraîne des conséquences sur l’immobilisation de ressources. La plupart du temps l’anticipation génère des coûts qui peuvent être humains, matériels, en stockage ou plus globalement en immobilisation de ressources du moins de manière de temporaire. On s’imagine bien qu’anticiper, par exemple la pandémie, aurait engendré des coûts pour acheter des masques qui ne soient pas périmés et qui soient stockés. En ce sens, elle contredit le principe d’adaptation (qui se veut souvent considérer comme la possibilité de réagir le plus vite possible à une situation quand elle arrive et à mettre en conformité avec les attentes). 

D’ailleurs la plupart des nouveaux business model sont davantage basés sur la capacité à s’adapter très rapidement à de nouvelles pratiques ou attentes qu’à anticiper les futurs changements du marché. En termes de business on pourrait ainsi opposer la manière d’agir, celle de Steve Jobs qui a anticipé l’évolution vers le tactile de nos téléphones avec la plupart des sites internet aujourd’hui leader qui s’adaptent aux retours clients. L’anticipation et l’adaptation peuvent donc apparaître en contradiction dans un premier temps car ce sont deux phénomènes inverses. 

Des notions complémentaires

En réalité, les deux notions ne s’opposent pas tant que cela. Si vous pouvez adapter votre produit ou service aux retours clients, rien ne vous empêche de faire des hypothèses sur des évolutions. Il s’agit d’ailleurs de l’une des difficultés majeures pour les dirigeants qui doivent souvent à la fois prendre des décisions pour protéger l’avenir tout en assurant une réactivité maximale en cas d’évolution des désidératas des consommateurs ou encore des évolutions technologiques. 

L’anticipation demeure souvent complémentaire à une capacité d’adaptation qui fera évoluer le produit au gré des retours, des ventes, du succès ou non de ce qui a été anticipé. Ainsi, si vous lancez un produit ou service, vous pouvez avoir la certitude qu’il va marcher sans savoir pourtant les détails que vous devrez adapter pour satisfaire le client. A noter que certains investissements ne serviront à rien et seront perdus alors que d’autres porteront leurs fruits. C’est le jeu de l’anticipation. La Silicon Valley n’y échappe pas et de nombreuses start-ups françaises prônent le droit à l’échec car il faut bien prendre des risques pour pouvoir réaliser des choses. 

En l’occurrence, le non-renouvellement des masques pour faire des économies semble avoir été un risque définitivement mal évalué et donc une mauvaise anticipation. Finalement, il s’agit au fond de faire une anticipation sur la réalisation d’un risque, la réalisabilité d’un produit/service ou encore à la réaction du marché face à la sortie d’un nouveau produit ou service. Le fameux « fail hard » de Facebook rappelle donc que l’anticipation reste essentielle. 

En quoi finalement elle s’oppose

C’est en réalité finalement assez simple et peut se résumer de la manière suivante : plus la capacité d’une entreprise à s’adapter et réagir rapidement est forte et proche de l’immédiateté, plus l’anticipation devient inutile et source de coûts non désirables. Dans le cas de la crise sanitaire, si la capacité à se fournir des masques avait été immédiate, rien ne justifierait d’avoir des masques en stock (si ce n’est peut être pour des raisons de coûts d’achats groupés et de diminution de prix) plutôt que de les produire/ commander en temps réel. 

Entre anticipation et adaptation, il existe donc à la fois un lien d’opposition mais également qui les relie. L’une et l’autre sont souvent considérées ensemble afin de savoir s’il vaut mieux anticiper ou pouvoir s’adapter. Un arbitrage souvent difficile que vous pourriez rencontrer avec votre entreprise dans de nombreux domaines telles que la trésorerie et son immobilisation. 

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page