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Interview de Mickaël Cabrol, Fondateur de Easyrecrue

Après un parcours traditionnel en école de commerce, Mickaël Cabrol entre à Lyon en école de commerce et se lance dans la création d’entreprise dès son parcours étudiant, d’abord avec Geolid puis, plus récemment, Easyrecrue. Entretien. 

Comment êtes-vous arrivé à l’entrepreneuriat ?

J’ai un parcours plutôt traditionnel. Après deux ans passés en classe préparatoire économique effectuée à Toulouse juste après le Baccalauréat, en 2004, j’ai intégré l’école de commerce de Lyon (EM Lyon). Pendant mes études là-bas, je suis devenu président d’une association qui éditait Le Petit Paumé un guide local décrivant les meilleurs restaurants de la région. Pendant cette période, j’ai travaillé avec Gautier et Guillaume, qui sont devenus plus tard mes associés chez Geolid. Concrètement, notre activité consistait à démarcher commercialement les restaurants, bars et boîtes de nuits de la région pour leur vendre des encarts publicitaires dans notre guide. En démarchant ces commerçants, nous nous sommes aperçus que ces enseignes ne possédaient pas forcément de présence sur internet.

Est-ce partant de ce constat qu’a débuté l’aventure Geolid, en 2007 ?

Tout à fait. Les restaurants et bars nous ont d’abord exprimé leur besoin de visibilité sur internet et en creusant un peu le sujet, nous avons rapidement vu qu’il y avait des tas d’entreprises qui n’avaient pas accès aux technologies, qu’il s’agisse d’un simple site-vitrine ou d’une stratégie en matière de référencement. Comme nous étions déjà sensibilisés au marché de la publicité locale avec l’édition de notre guide, nous avons décidé d’étendre notre modèle au web. Avec mes deux associés, j’ai donc fondé cette société, spécialisée dans la publicité locale sur Internet. L’idée générale consistait à proposer à ces enseignes de leur assurer une présence et une visibilité sur le web.

Comment a évolué l’aventure dans le temps ?

Au démarrage de l’aventure, j’ai mis en place les premières ventes afin d’analyser comment réagissent les prospects. J’ai fait cela pendant un an avant que nous n’intégrions des commerciaux. La mayonnaise a pris assez vite en réalité. Nous devions signer entre 10 et 20 nouveaux clients par mois. Côté financement, nous avons réalisé un premier tour de table de 250 000 euros en 2008. Puis nous avons rapidement grossi et la seconde levée de fonds de 2 millions d’euros est intervenue en 2010. à l’époque, nous étions déjà une petite quinzaine de collaborateurs. Puis l’entreprise a véritablement décollé et nous avons embauché plus de monde. Aujourd’hui, Geolid compte plus de 3 000 clients dans le monde.

Mais vous ne faites plus partie de la structure…

Non, j’ai quitté l’aventure en juillet 2012, au moment où nous amorcions un troisième tour de table. J’étais un peu fatigué de ce secteur et notre relation en tant qu’associés avait un peu vécu. Nous n’étions plus en phase sur de nombreux sujets relatifs à la stratégie de développement ainsi qu’à la répartition des tâches entre nous. Cela nuisait un peu à l’ambiance au sein de l’entreprise, il nous a paru logique de nous séparer. Avec le nouveau tour de table en cours, j’ai eu l’opportunité de sortir dans de bonnes conditions financières. Cela m’a d’ailleurs permis de réinvestir dans ma nouvelle boîte de manière plus sereine.

Qu’avez-vous fait après Geolid ?

Je suis parti aux états-Unis en août 2012 pendant quelques mois afin de faire un break et d’observer le marché dans le but de trouver de nouvelles idées à lancer. J’ai fait le tour des incubateurs, fonds d’investissement et entrepreneurs. J’en ai profité pour rencontrer du monde afin d’analyser les concepts qui fonctionnaient bien là-bas. Je me suis intéressé à deux sujets en particulier : l’éducation en ligne – un domaine qui cartonne depuis, avec l’explosion des MOOCs notamment ! – et les solutions d’entretiens vidéo, pratique innovante en matière de recrutement. J’ai vraiment été séduit par cette technologie. En tant que recruteur chez Geolid, si j’avais eu accès à cette solution logicielle, cela m’aurait vraiment rendu service. En rentrant en France, j’ai hésité entre les deux secteurs et en étudiant rapidement le marché de l’entretien vidéo, je me suis aperçu qu’il n’existait pas de concurrents dans ce domaine ! J’avais identifié plusieurs acteurs aux états-Unis, dont le plus important, HireVue. En Europe, il existait quelques sociétés dans chaque pays, mais aucun leader. Je me suis donc lancé dans ce domaine, avec pour ambition de devenir la référence au niveau européen !

Cette nouvelle aventure s’appelle donc Easyrecrue…

Parfaitement. J’ai créé l’entreprise, en août 2013, après avoir travaillé sur le projet et testé le produit auprès des premiers clients pendant 6 mois auparavant. Rapidement, j’ai vu que le concept plaisait. Il s’agit simplement de faciliter le recrutement digital aux RH avec la vidéo. Concrètement, nous commercialisons une solution logicielle en mode SAAS à destination des professionnels du recrutement. Nous avons levé 500 000 euros en février 2014, puis nous avons réalisé un second tour de table en mars 2015, un an après. En 2015, notre start-up affichait une croissance du chiffre d’affaires de 300 % ! Nous comptons aujourd’hui plus de 250 clients en Europe tels que Manpower, Accor Hotels ou Louis Vuitton. Au total, près de 1 700 utilisateurs RH ont fait appel à Easyrecrue pour rencontrer plus de 40 000 candidats en vidéo. En 2016, le développement de l’entreprise se fait à une allure toute aussi vive, puisque nous avons racheté notre concurrent Visio4People en mars et nous voulons doubler nos effectifs d’ici la fin de l’année pour passer de 40 à 80 collaborateurs. Nous avons d’ailleurs mis en place une logique dans laquelle tous les collaborateurs de l’entreprise peuvent s’associer et participer au capital.

Pourquoi cette stratégie ?

Cela me paraît logique, dans une boîte en croissance comme la nôtre, de proposer aux collaborateurs une récompense vis-à-vis de leur investissement. Ils se donnent du mal pour que l’entreprise fonctionne, la masse de travail est importante, il faut être assez ambitieux… On demande à tout le monde de sortir de sa zone de confort, donc il demeure normal qu’en échange, tout le monde puisse récupérer les fruits de la croissance d’Easyrecrue.

Quels sont les pays dans lesquels vous êtes présents aujourd’hui ?

Nous commercialisons notre produit en France bien sûr, dans des villes comme Paris, Lille et Lyon. Nous sommes également présents à Bruxelles, Londres, Madrid et Milan. Nous avons fait un essai d’implantation en Allemagne mais nous n’y retournerons pas tout de suite car nous avons eu le sentiment que les allemands nous prenaient de haut et qu’il était difficilement concevable pour eux de travailler pour une entreprise française.

On sent que vous pouvez entreprendre dans de nombreux secteurs. Pourquoi cette envie de se mettre à son compte ?

J’ai toujours voulu monter ma boîte, je crois que je suis entrepreneur dans l’âme. à la fin de mon parcours à l’EM Lyon, j’ai signé un contrat en alternance chez Accenture, dans le conseil. Je n’ai pas trop accroché au côté « grande entreprise », les tâches ne m’intéressaient pas plus que ça… J’avais envie de développer un projet qui me soit propre, quitte à ne pas gagner beaucoup d’argent. J’y suis resté un an avant de me lancer dans Geolid. J’ai préféré au confort des grands groupes l’indépendance de l’entrepreneuriat. J’aime la liberté que procure ce statut. Cela étant dit, je n’irais pas vendre des boulons ou des plaques d’égout car ces domaines m’intéressent moins. Mais globalement, j’aime l’idée que peu importe le secteur dans lequel vous entreprenez, c’est la manière d’exécuter, l’envie et l’application que l’on met dans son travail qui peuvent constituer une bonne partie du succès d’une boîte !

D’où vous vient cette fibre entrepreneuriale ?

Je n’en ai aucune idée ! Aucun membre de ma famille n’est entrepreneur et l’école de commerce nous sensibilise assez peu au sujet, ou en tous cas uniquement d’un point de vue très « marketing », au travers de grands discours. Quand j’ai obtenu mon diplôme en 2008, nous étions 3 sur 300 à monter une boite, dont 2 faisaient partie de Geolid ! Vous imaginez que l’entrepreneuriat ne constituait pas un sujet aussi puissant qu’à l’heure actuelle. Aujourd’hui, les mentalités ont évolué sur le sujet. Mais globalement, les jeunes diplômés se projettent plutôt dans des grands groupes, car ils y voient la sécurité de l’emploi.

A l’époque où vous vous êtes lancé, vous aviez 23 ans. La jeunesse d’un entrepreneur est-elle un atout ou un inconvénient ?

Sans doute un peu des deux. Bien évidemment, il reste plus compliqué de rassurer les investisseurs quand vous êtes jeune. Pour lever les 250 000 euros du démarrage, nous avons dû convaincre vraiment beaucoup de monde. Contrairement à ma nouvelle aventure entrepreneuriale, où les tours de table se font plus rapidement, nous avons dû faire des efforts pour convaincre que le projet Geolid était bon !

Il existe un « Mickaël Cabrol » que l’on connaît moins : celui qui investit dans le football…

Oui, depuis quelques années, avec trois amis, j’investis dans le club de Boulogne-Billancourt, en région parisienne. Je m’implique dans la partie commerciale et sur l’aspect communication. S’occuper d’un petit club et le faire monter progressivement dans les différentes divisions nous paraissait un challenge intéressant. Quand nous avons approché le club, il jouait en division d’honneur. Depuis, nous avons connu deux montées successives ! Ce qui m’intéresse, au-delà du football, c’est vraiment le challenge : partir de rien et gravir un à un les échelons.

Gérer un club de football, est-ce similaire à la gestion d’une entreprise ? Qu’est-ce que l’un apporte à l’autre dans votre quotidien ?

Les deux univers sont très complémentaires. J’ai essayé de tirer le meilleur des deux mondes. Dans le football, j’apporte au club une méthodologie sur le plan de la prospection commerciale, du marketing et de la communication. Ils n’avaient pas du tout pris en compte cet aspect. Au sein de l’entreprise, je joue sur l’émulation collective et la motivation des équipes de ventes, notamment. J’attache de l’importance à montrer aux collaborateurs que nous sommes une équipe soudée avec un objectif commun. Je montre que nous devons nous dépasser, travailler en synergie… et faire la fête quand nous enregistrons de bons résultats !

En substance, est-ce aussi un moyen de faire la promotion d’Easyrecrue ?

Franchement, ce n’est pas le but premier, mais cela ne fait pas de mal à l’entreprise de se voir associée à un club de football. L’entreprise est partenaire, notre logo est affiché sur le site du club, mais nous n’avons pas de visibilité particulière sur les maillots. Il n’y a aucun échange d’argent entre l’entreprise et le club, même si j’ai investi à titre personnel dans les deux structures.

Comment parvenez-vous à concilier vie professionnelle et vie personnelle ?

Je n’ai pas vraiment de soucis de ce côté-là. Tout est une question d’organisation. Je commence à travailler très tôt le matin pour réussir à faire tout ce que j’ai à faire et je rentre chez moi vers 20h. Cela marche plutôt bien et je concilie parfaitement la vie de famille et la vie d’entrepreneur : je me suis marié en septembre et j’attends un heureux événement… !

3 Conseils de Mickaël Cabrol

  • Persévérer. Quand vous débutez une aventure entrepreneuriale, sachez qu’il ne faut jamais baisser les bras ! Vous devez faire preuve de courage pour aller au bout de l’histoire !
  • Se placer en position d’apprenant. Ne soyez pas satisfait de ce que vous avez, essayez de toujours vouloir être meilleur. Cherchez à apprendre, à vous améliorer !
  • EXECUTION FIRST.  L’idée ne fait pas grand-chose, mais l’exécution compte pour beaucoup ! Tout se joue dans les détails, des plaquettes commerciales au tableau de bord financier.

« J’ai préféré au confort des grands groupes l’indépendance de l’entrepreneuriat. J’aime la liberté que procure ce statut. »

Une entrepreneure spécialiste de l’insertion professionnelle

Après dix années à travailler dans la réinsertion socio-professionnelle, Karine Cochard intègre le groupe Samsic emploi, l’un des leaders de l’intérim en France. Sa mission ? A l’instar d’un entrepreneur indépendant, créer et développer des agences de A à Z. Portrait.

A 47 printemps, Karine Cochard, est-ce qu’on pourrait appeler « une entrepreneuse passionnée de l’insertion professionnelle ». Après l’obtention d’un master AES option sciences de l’éducation à l’université de Rennes 2, elle devient en 1993 formatrice pour les personnes en reconversion. « Ce premier poste a été décisif dans la suite de ma carrière. Il m’a permis de saisir ma vocation : côtoyer tous les jours des gens et leur permettre de trouver du travail dans des entreprises », confie-t-elle. Pendant dix ans, elle acquiert une solide expérience en la matière, travaillant dans un Cap Emploi, en RH dans une société de prestation de services, dans l’intérim d’insertion.

Premier pas dans le monde de l’intérim

En février 2007, après avoir travaillé plusieurs années dans la région Alsace, elle aspire à revenir en Bretagne, sa région natale. Grâce à son réseau d’anciens camarades de fac, elle trouve un poste de responsable d’agence d’intérim chez Samsic emploi dans la ville de Saint-Brieuc. Elle commente à ce propos : « Dans ce type de structure, le rythme est différent et l’aspect économique est plus présent que dans des structures d’insertion. Là où je gérais un planning de 30 personnes avant, à c’était 150 et 180 à Samsic. Un challenge plus entrepreneurial s’offrait à moi. »

Jusqu’en septembre 2012, elle met les bouchées doubles pour développer le chiffre d’affaires de l’agence, jusqu’à en ouvrir une autre dans le même secteur géographique. Envie d’évoluer, envie d’autres challenges, Karine demande à sa direction un poste répondant à ses attentes et sur une grande ville de préférence. Une nouvelle mission lui est confiée en septembre 2012 : remettre à flot économiquement trois agences parisiennes et en développer 20 dans cette région à l’horizon 2018. « J’ai dit banco et suis partie sur Paris pour relever ce défi. Aujourd’hui, nous avons ouvert 11 agences sur l’IDF, 4 agences en province », ajoute-t-elle.

A la question de savoir si ce qu’elle fait ressemble à de l’entrepreneuriat, elle répond : « Oui, c’est exactement la même démarche sauf que je n’ai pas la pression du banquier si on peut dire. Ma fonction ressemble à celle d’une « patronne » : la stratégie commerciale, le commerce Terrain, l’accompagnement des équipes, le management, la gestion des centres de profits, toutes ces tâches sont celles d’un entrepreneur. »

« Management participatif »

Satisfaite par ces journées « où aucune journée ne se ressemble », Karine Cochard trouve dans ce poste une certaine adrénaline, une autonomie, un contact direct avec ses collaborateurs et des circuits de décision très rapides. Elle insiste : « A Samsic, les collaborateurs, peu importe leur niveau hiérarchique, travaillent en synergie. Le management y est très participatif. Nous sommes exigeants en termes de résultats, mais ce, dans un contexte convivial. Cela fait partie des valeurs du groupe en fait. D’ailleurs, celles-ci s’avèrent utiles lorsque nous rencontrons des difficultés. Les collaborateurs savent que le N+1 est accessible ; L’accompagnement opérationnel permet de connaître les collaborateurs et anticiper certaines situations.

Chez SAMSIC emploi, nous fêtons les réussites, nous partageons les joies et les peines.

La « passion du métier »

D’un point de vue plus personnel, Karine Cochard explique que sa clef pour relever les défis au quotidien est « la passion du métier. » Elle ajoute que dans celui-ci, il faut savoir être polyvalent, bien connaître ce qu’on vend et se remettre en cause régulièrement. « Ce n’est parce qu’on est N+1 qu’on a la science infuse ! s’exclame-t-elle. Je n’hésite pas à dialoguer avec mes équipes pour trouver des solutions. C’est aussi une manière d’instaurer de la confiance entre nous. »

Rester concentrée

Aujourd’hui, la quinzaine d’agences qu’elle a sous sa direction ont des chiffres d’affaires en croissance. Si Karine Cochard atteste ces bons résultats, elle n’a pas pour habitude de se reposer sur ses lauriers : « Tant que l’objectif 2018 n’est pas atteint, je reste concentrée à 200%. »

Et de conclure en exprimant sa reconnaissance envers ses paires : « Quand je regarde en arrière, je réalise que j’ai eu la chance de rencontrer des dirigeants qui m’ont fait confiance et qui, surtout, ont pris le temps de me former. Je leur en suis très reconnaissante. »

Interview de Dominique Brogi, Présidente de Meetphone

Rencontre avec la dynamique Dominique Brogi, dirigeante au parcours atypique. Originaire de Madagascar, elle a vécu de voyages et d’entrepreneuriat, avant de prendre la présidence de la société technologique Meetphone en 2012.

Racontez-nous votre parcours personnel avant votre entrée dans le monde professionnel.

J’ai entamé une formation en BTS « commerce international » en 1983, que j’ai abandonné en cours de deuxième année parce qu’une entreprise en Angleterre m’a fait une proposition d’embauche. C’est ainsi que j’ai commencé à travailler dans le secteur de l’impression d’emballages. Pour faire plaisir à ma mère, je suis revenue passer mon BTS en candidate libre l’année suivante. Un an plus tard, j’ai atterri au Canada car une société m’avait repérée en raison de ma très bonne pratique de la langue anglaise et de mon esprit curieux et passionné pour le monde des affaires. Ce dirigeant y a vu des atouts fondamentaux pour son entreprise. J’ai traversé l’Atlantique à 21 ans avec une petite cantine, mes assiettes, mes couverts, mon jeu de draps, un oreiller… Et j’ai commencé mon parcours sur ce nouveau continent !

C’est ce challenge de l’inconnu qui a fait de vous une dirigeante énergique aujourd’hui ?

Je viens d’une famille de français d’Outre-Mer, arrivés en France lorsque Madagascar a commencé à marcher vers l’indépendance. J’avais 3 mois et j’ai grandi dans une famille déracinée. Il m’a fallu trouver ma voie, faire mon chemin seule. Je dois ma force de caractère à cet environnement, combiné à l’héritage du tempérament de mes parents entre une mère débordante d’énergie positive et un père travailleur forcené.

Depuis toute jeune, l’attrait de l’inconnu a été un moteur puissant dans mes choix de carrière et de vie, de même que la détermination à faire face aux épreuves ! Pensez qu’à l’époque, il n’y avait pas du tout les mêmes facilités d’interaction et de communication : pas d’e-mail, pas de portable, encore moins de réseaux sociaux. Se délocaliser, s’immerger dans l’inconnu ne pouvait se faire sans un caractère téméraire et une énergie inépuisable. Ajoutez à cela ma passion de l’entreprise et mon intérêt pour les relations publiques et vous obtenez un parcours très riche qui a fait de moi une dirigeante énergique.

D’où vous vient cette passion de l’entreprise justement ?

Depuis toute jeune, j’ouvre grands mes yeux, mes oreilles, je suis très attentive à tout ce qui se passe autour de moi et je mène une réflexion permanente sur la façon d’apporter des solutions pragmatiques aux problèmes que je rencontre. Je suis entrepreneure dans l’âme. L’entrepreneuriat, c’est quelque chose qui s’est naturellement imposé à moi, d’où ma conviction que l’on ne devient pas entrepreneur, on naît entrepreneur ! J

Je dois tenir cela de mes parents : mon père, commerçant, était un travailleur acharné qui ne comptait pas ses heures. Il avait une journée « off » par semaine et il considérait cela comme ses vacances ! Ajoutez à cela l’énergie de ma mère et cela donne un mélange explosif ! Je suis convaincue qu’il existe deux formes d’entrepreneurs : ceux qui, en sortant de grandes écoles, prennent des postes à responsabilités au sein d’entreprises et évoluent dans des chemins de carrières où ils deviennent dirigeants, et ceux qui, comme moi, portés par ce moteur fait de curiosité, de compétences, de courage face aux challenges et d’un tempérament de leader savent saisir les opportunités pour développer et renforcer une culture entrepreneuriale.

Quel a été votre parcours à partir de 1987 ?

J’ai immigré à Montréal pour travailler dans le domaine de l’impression d’emballages, pour le compte d’une entreprise qui s’appelait Mécanabec. Ayant rempli leur carnet de commandes, cette société m’a transféré chez un de leurs confrères, Rotoflex, qui m’a successivement délocalisée à Toronto, puis en Allemagne pour l’ouverture de leur siège européen, puis sur Paris pour créer leur bureau en charge des marchés français, italiens espagnols et portugais. Détachée d’une société étrangère, j’ai créé ce bureau dans un statut d’agent isolé.

Concrètement, cela signifie que j’étais impliquée dans chaque étape de la vie d’une entreprise : déclarations URSSAF, volets juridiques, comptables, commerciaux, etc. Cela m’a forcément mis le pied à l’étrier de l’entrepreneuriat ! En octobre 1989, j’ai créé ma première entreprise, intitulée Meghan Systems, à la demande de mes clients qui ne voulaient pas s’embarrasser des formalités d’importation de produits et de recherches de fournisseurs étrangers. Je l’ai gardée 5 ans, avant de reprendre un poste de Vice-Présidente chargée des ventes internationales chez Arpeco, à Toronto.

Un poste que vous avez quitté fin 1997. Pourquoi ?

J’avais 32 ans et l’avion était littéralement devenu ma maison ! Même si ma vie professionnelle restait très riche, ma vie personnelle passait au second plan. Lorsque j’ai exprimé mon souhait de changement, j’ai été approchée par plusieurs cabinets de recrutements nord-américains mais leurs offres signifiaient la même vie de voyages permanents à l’international, ce que je ne voulais absolument pas. Je me suis interdit toute continuation dans ce secteur pratiqué pendant 13 ans. Puis, j’ai fait mes premiers pas dans le monde des nouvelles technologies. J’ai rejoint la société LMSoft à Montréal, qui avait sorti un produit multimédia concurrent direct à PowerPoint ! Autant vous dire que mon rôle a été de démontrer au board d’actionnaires la non viabilité de l’entreprise et je suis rentrée à Paris fin 1998.

Et vous y avez trouvé un emploi ?

Pas du tout, au contraire ! Personne n’a voulu de moi malgré mes 13 ans d’expérience professionnelle… Je suis revenue en France avec des preuves concrètes de succès, des croissances à deux chiffres sans les sacro-saints diplômes de grandes écoles nécessaires pour être considérée. Je n’ai été reçue par aucun chasseur de têtes. Il s’agit d’un syndrome français… Aux états-Unis si vous ne bougez pas au-delà de 2 ans dans un poste, on vous pousse vers la sortie car vous démontrez un manque d’intérêt ! La France a trop longtemps fonctionné sur des principes qui ont fermé les portes à des tas de talents. Néanmoins, aujourd’hui, les choses changent. L’auto-entrepreneuriat est de mieux en mieux valorisé, de plus en plus de gens se lancent sans études, quitte à se former à côté pour comprendre la comptabilité et la gestion.

Comment avez-vous rebondi ?

J’ai retrouvé un emploi en intérim grâce à ma maîtrise de l’anglais. Une société m’a fait passer un examen de trader. J’ai détesté ce poste, que j’ai occupé pendant une petite année, mais cela m’a permis de lever un capital pour redevenir mon propre patron, loin de la France. Initialement, j’ai voulu reprendre une entreprise au Québec mais les affaires en vente demandaient des capitaux bien supérieurs à mes moyens ! En revanche, j’ai commencé à regarder des offres de rachat sur les Dom-Tom, Nouméa et Tahiti. Avec deux associés, nous avons décidé de racheter une distillerie artisanale à Tahiti et je me suis à nouveau exilée en mars 2000.

Racontez-nous cette nouvelle aventure.

Avec le recul, je pense qu’il s’agit de ma plus riche aventure entrepreneuriale. Là-bas, tout est un challenge. Si vous avez besoin de cartons pour emballer vos produits, il faut les acheter en palettes en provenance des îles Fidji… Mais sur le plan humain, vous n’imaginez pas la richesse que cela vous apporte d’être celui qui fait vivre des familles polynésiennes, allant jusqu’à s’en occuper dans leur quotidien. J’ai développé cette entreprise, qui s’appelait Ava Tea Distillation, pendant 5 ans. Nous sommes montés à 10 collaborateurs.

J’ai revendu cette distillerie à l’entreprise Brapac, société de négoce très implantée sur le territoire, en octobre 2005. Je ne partageais pas vraiment leur vision, plus mercantile que la mienne, donc je ne suis pas restée dans l’aventure. Ils ont acheté la majorité des actions ainsi que la valeur de mon pacte d’actionnaire. Après cette expérience, je suis devenue consultante au service d’entreprises polynésiennes sur des sujets phares : cosmétologie, tourisme et perle. J’ai participé au développement économique de la Polynésie en Amérique du Nord, en me partageant entre Los Angeles et Tahiti. Et tout s’est arrêté fin 2010, avec ma décision de rentrer en France.

Comment a débuté l’aventure Meetphone ?

Courant 2012, l’un des actionnaires m’a demandé de procéder à un audit de cette société créée 2 ans plus tôt. Cet audit a révélé de graves failles de gestion et de conduite de projet. J’en ai pris la présidence en août 2012 dans le but de faire rebondir une entreprise en difficultés ! Je vous assure que c’est bien plus compliqué que de donner naissance à son idée d’entreprise. Il m’a fallu entrer de plein fouet dans ce monde survolté du numérique et des technologies mobiles, ce qui n’avait rien de simple non plus.

Le premier défi a été de créer en octobre 2013 un réseau social d’entraide et de proximité sur application mobile : FabTown. L’idée était bonne mais nous n’avons pas trouvé le modèle économique associé. à partir de là, j’ai eu l’idée de construire des solutions professionnelles de communication B to B to C sur applications mobiles, qui permettent à l’émetteur d’amener à son public des réponses immédiates et pragmatiques à des besoins identifiés dans son domaine d’activité. In fine, c’est aussi un outil puissant pour renforcer du lien de proximité. Nous avons ainsi sorti fin 2014 la « fabFamily », qui comporte les solutions FabGroup pour les associations, Fabcare spécialement dédié aux associations de patients, FabCorp pour les entreprises et FabVille une application citoyenne pour les collectivités territoriales. En septembre dernier, nous avons levé 2 millions d’euros auprès d’investisseurs privés.

Votre parcours professionnel aurait-il été différent si vous aviez eu des enfants ?

Sans aucun doute. Suite à une opération ratée, j’ai appris à 26 ans que je ne pourrai jamais être maman. Cet événement a clairement changé mon parcours. De femme mariée qui se voyait dans une vie plus traditionnelle où je voulais planter des racines et construire une famille,  j’ai reporté mon énergie sur la création et la reprise d’entreprises. Si j’avais eu des enfants, j’aurai certes continué d’être une chef d’entreprise car on ne change pas un tempérament, mais je n’aurai jamais opté pour une carrière internationale faite de délocalisations permanentes.

Comment vous voyez-vous dans 10 ans ?

à titre professionnel, j’espère que je serai arrivée à faire de Meetphone une entreprise solide, génératrice d’emplois et de forte rentabilité, en la positionnant comme un acteur incontournable dès qu’il s’agit de communication, d’applications mobiles et d’objets connectés. L’innovation et le changement d’usage prennent du temps, la technologie est fortement consommatrice de trésorerie, l’univers du numérique est impitoyable en terme de concurrence… C’est donc un vrai challenge ! à titre personnel, j’aimerais avoir toujours la même créativité et rester à l’écoute de mon environnement. Et dès à présent, je vais me forcer à prendre plus de temps pour moi, car la vie file à une vitesse incroyable et être entrepreneur, c’est vivre et dormir avec son ordinateur. à un moment, il faut savoir profiter et personne d’autre que vous-même n’a la capacité d’orchestrer cela !

3 Conseils de Dominique Brogi

  • Faire preuve d’écoute et d’humilité, en fonction de l’âge que vous avez et de l’expérience dont vous disposez.
  • Savoir s’entourer. Avoir autour de vous des collaborateurs qui vous font confiance est une merveilleuse récompense.
  • Soyez énergique, ne comptez pas vos heures, foncez dans votre projet ! Il faut avoir de la pugnacité et le courage de ses opinions !

« Etre entrepreneur, c’est vivre et dormir avec son ordinateur. à un moment, il faut savoir profiter et personne d’autre que vous-même n’a la capacité d’orchestrer cela ! »

Etre présent sur Internet, est-ce obligatoire ?

72% des entreprises interrogées déclarent que le succès de leur entreprise est lié à la maîtrise de leur présence en ligne. Devenu incontournable, il ne semble presque plus nécessaire de démontrer la puissance du phénomène Internet. Pourtant seulement la moitié des entreprises sont dotées d’un site web.

Que ce soit dans le but de se faire connaître, d’obtenir de nouveaux prospects ou encore de trouver un nouveau canal de vente, créer sa présence en ligne peut s’avérer un moyen efficace. Au-delà des simples sites vitrines, De nombreux outils existent pour affirmer sa présence en ligne, notamment les réseaux sociaux, les blogs ou encore les forums.

Se distinguer des autres sites internet n’est pas chose facile surtout quand on veut être présent dans les premières pages des moteurs de recherche.

Une solution alternative…

Internet est rentré aujourd’hui dans le quotidien de nombreux français. Selon l’Observatoire du numérique, plus de 70 % des Français utilisent Internet pour rechercher des biens et des services. La création de blogs peut
être rapidement envisagée pour pallier l’absence d’un site internet, et ce, sans vous demander de débourser le moindre euro. Le rythme des parutions peut varier et vous pouvez adapter votre temps passé à vos disponibilités.

Une bonne visibilité sur les réseaux sociaux

Plus de 86 % des français sont présents sur Facebook et Twitter. Afin d’être visible sur la toile, une solution classique et peu chronophage (au début) reste de créer une page dédiée à l’entreprise sur les réseaux sociaux.
Les plus fréquentés demeurent Facebook et Twitter, qui se réclament de plus d’un milliard d’utilisateurs dans le monde. Il reste très facile d’y créer une page en quelques minutes. Autres avantages : aucun investissement financier n’est nécessaire et vous pouvez rediriger vos fans vers votre site internet à l’aide de lien dans vos publications.

Mais avoir une page n’implique pas que vous serez forcément visible. Faut-il encore que les personnes décident de « liker » votre page et d’en devenir ainsi fan. Pour affirmer votre présence en ligne, il est souvent recommandé d’établir une stratégie et d’y développer un contenu de qualité. Autre nécessité : réagir face aux avis, aux commentaires et aux critiques des internautes.

Avoir un site web

Pour se faire connaître et augmenter votre visibilité en ligne, un site internet s’avère avantageux, notamment en termes de contrôle et de flexibilité.
Vous pouvez d’abord créer un site vitrine à l’aide de solutions peu coûteuse proposer par Amen ou 1&1 ou encore gratuite comme WordPress. La limite du site vitrine réside dans le fait qu’il reste souvent difficile de remonter dans les moteurs de recherche si votre site reste statique.

Afin que votre lancement en ligne devienne une réussite, il vous faudra garantir une mise à jour de vos contenus sur votre site web et que des liens extérieurs de site reconnus pointent vers votre site.

Ne négligez pas votre nom de domaine ! Il constitue à la fois votre adresse virtuelle et votre identité sur la toile. Il doit en général correspondre au nom de votre société ou de votre produit phare afin que les internautes désirant vous trouver puissent effectivement le faire en tapant vos mots clés dans les moteurs de recherche. Le nom de domaine s’avère également capital si vous souhaitez propulser votre entreprise à l’échelle internationale. Les domaines en .com ou .net sont recommandés pour gagner en fiabilité et en crédibilité dans ce cas.

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Après l’obtention d’un BTS commerce international en 1999, elle décide de partir s’installer à Dubaï. Pendant dix ans, elle acquiert une solide expérience dans l’univers de la logistique export. Al Ghandi building materials, Alstom, Canon, Dubai aluminium, de grandes firmes dans lesquelles elle accède à des postes à responsabilités. Elle confie à ce sujet : « Je suis très reconnaissante d’avoir vécu cette expérience professionnelle à l’étranger. Avec un simple BTS en poche, ces différentes sociétés auraient pu ne pas me faire confiance. Mais elles m’ont jugée sur le terrain. C’est peut-être la grande différence avec la France d’ailleurs. »

Un retour en France pas si simple

Début 2009, elle décide de rentrer en France pour se rapprocher de sa famille. Mais trouver un nouveau poste à responsabilités dans son secteur n’est pas si simple. « Malheureusement, ici les diplômes priment encore beaucoup. Mais je ne suis pas découragée et j’ai trouvé du travail ! », déclare l’entrepreneure.

D’octobre 2009 à décembre 2015, elle approfondit son expertise dans la logistique import/export chez Colgate Palmolive, Hutchinson, LVMH et GEFCO. Entre-temps, elle obtient un master 2 en supply chain management à la KEDGE Business School. C’est à ce moment-là que l’appel de l’entrepreneuriat s’est fait sentir. Elle détaille : « Après quinze ans de logistique au service des grands comptes, je me suis dit qu’il était temps de mettre mes compétences au service des petites entreprises. Ce choix correspondait à ma personnalité. J’ai toujours aimé le contact humain direct et j’avais envie d’aider. »

Du consulting au service des petites structures

En combinant ses fonds propres, un prêt d’honneur et un prêt bancaire, elle lance officiellement le cabinet Eclera consulting en février 2016. « Eclera » est un acronyme signifiant « L’excellence de la chaîne logistique équivaut à la résilience et à l’agilité ». Le but est d’accompagner très concrètement les TPE/PME, collectivités locales et associations humanitaires dans leur excellence opérationnelle. Pour cela, le cabinet propose une analyse qualitative et quantitative des flux logistiques, financiers et d’informations de chaque structure. « Au bout du diagnostic et du plan de progrès, nos clients vont pouvoir réduire leurs coûts, leurs délais, augmenter leur chiffre d’affaires, obtenir une meilleure satisfaction client et une meilleure cohésion des équipes », complète-t-elle.
Elle propose également aux créateurs d’entreprise/start up/ porteurs de projets des ateliers collectifs ou individuels pour les aider à organiser leur chaîne logistique globale (stocks, transport, achats, prévisions de vente, commerce international, service clients…) et démarrer leur activité de façon optimale.

Un bon début et des challenges encore à relever

Avec six clients à son actif actuellement, Maud Herbreteau estime que sa société a fait un bon démarrage depuis son lancement il y a quatre mois. « Mais le challenge continue, confie la consultante. Vous savez, il est difficile de trouver de nouveaux clients, car le conseil est assez mal vu chez les TPE/PME aujourd’hui. Elles ont été déçues par des grands cabinets qui, bien souvent, ont fait des audits trop abstraits, ne leur permettant pas de résoudre des problématiques concrètes. Des cabinets comme le mien sont un peu des pionniers en fait. On défriche et c’est par conséquent plus difficile de convaincre les prospects ».

Persévérance et passion

Mais Maud Herbreteau n’est pas du genre à se débiner. Elle persévère et ne compte pas ses heures pour développer son activité, car elle aime ce qu’elle fait. Pour rien au monde, elle n’abandonnerait l’entrepreneuriat qui représente « la liberté, le partage, l’épanouissement, la créativité et le dynamisme ».

Pour le futur, elle espère constituer une petite équipe de consultants en charge des clients français, tout en développant son business dans les pays du Golfe, l’Afrique du Nord et de l’Ouest.

Et l’entrepreneure de conclure avec une pointe d’émotion : « J’ai rencontré beaucoup de gens qui souffraient dans leurs postes de salariés et qui, aujourd’hui, sont heureux dans l’entrepreneuriat. C’est un merveilleux médicament pour s’épanouir professionnellement, mais aussi humainement. »

Jean-Charles Naouri conduit la révolution verte du groupe Casino

Les sacs plastiques à usage unique distribués dans les grandes et moyennes surfaces sont officiellement interdits en France depuis le 1er juillet 2016. Comme vous l’avez peut-être remarqué, ces fameux sacs étaient déjà absents des magasins Franprix depuis la date symbolique du 30 novembre, premier jour de la COP 21, et des Monoprix depuis le mois de février. Un choix volontariste, qui illustre bien la stratégie RSE très engagée du Groupe Casino (propriétaire de Monoprix) et de son PDG, Jean-Charles Naouri. 

Le sac plastique : chronique d’une mort annoncée

5 milliards de sac plastique à usage unique inondent chaque année la France, alors que leur usage réel moyen ne dépasse pas 20 minutes. Difficile à supporter, surtout lorsque l’on compare ces quelques minutes d’utilité aux 400 ans nécessaires pour qu’un sac plastique se désagrège ! Chaque heure, ce sont 14 400 sacs qui s’échouent sur les plages françaises, ce qui contribue à la mort de 100 000 mammifères marins chaque année.

Face à ce constat, et à une époque où le grand public est plus que jamais sensible aux conséquences du changement climatique, le statu quo n’était plus envisageable.

Engagé dans une démarche RSE depuis plusieurs années, le groupe Casino a donc pris les devants et décidé d’agir concrètement sans attendre un changement de législation. On reconnaît bien dans ce choix l’influence de Jean-Charles Naouri, qui célèbre cette année ses 10 ans à la tête de Casino. Connu pour tout sauf son immobilisme, cedirigeant discret mais déterminé a mené plusieurs révolutions au sein du Groupe.

Pour Jean-Charles Naouri, La RSE passe d’abord par l’action

Si Jean-Charles Naouri est un habitué des opérations audacieuses (rachat de 50% de Monoprix auprès des Galeries Lafayette, acquisition du leader brésilien de la grande distribution, cession réussie de plusieurs actifs en Asie…), il sait aussi déployer au sein de son Groupe une stratégie de développement durable et responsable particulièrement efficace.

En matière de business comme de RSE : Jean-Charles Naouri préfère obtenir les résultats aux longs discours. Alors que Casino est engagé à de très nombreux niveaux, il a fixé un objectif précis : réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre à du Groupe et de l’ensemble des filiales d’ici 2020.

On le voit donc, les préoccupations climatiques deviennent incontournables pour les dirigeants aujourd’hui et particulièrement dans le secteur de la grande distribution. Jean-Charles Naouri a pris le virage tôt, et devrait inspirer d’autres chefs d’entreprise.

3 pays où l’entrepreneur bénéficie le plus d’avantages fiscaux

Avec l’essor de l’économie mondialisée, le constat est flagrant : tous les pays sont entrés dans une guerre acharnée, pour tenter d’attirer les plus grandes entreprises sur leur sol. C’est aujourd’hui à celui qui présentera les meilleurs avantages fiscaux, les meilleures aides, les meilleurs cadeaux financiers aux sociétés venant de tous les pays du monde. La question se pose alors de savoir quels sont les pays les plus avantageux fiscalement pour une entreprise ?

L’Irlande : un véritable eldorado pour les entreprises du monde entier

Avant n’importe quel autre pays, l’Irlande incarne une véritable terre d’accueil pour toutes les entreprises mondiales. Les avantages fiscaux ne se comptent même plus, tant le pays a axé sa politique sur une volonté d’accueillir les entreprises du monde entier. Un simple chiffre vous permet d’évaluer la situation : là où la France impose un taux de 30 % environ sur le bénéfice d’exploitation, l’Irlande est à 12 % ! Rien d’étonnant alors, à se dire que des entreprises comme Facebook, Starbucks ou encore Google ont élu domicile dans le pays de la Guinness ! Autres avantages majeurs qu’il semble important de citer ici : l’Irlande bénéficie d’ un système de crédit d’impôt qui témoigne d’une rare souplesse, une facilité de création d’entreprise peu commune, une main d’œuvre pas si onéreuse par rapport aux autres pays et c’est le seul pays anglophone de la zone euro

Il paraît facile de s’apercevoir que l’Irlande s’impose comme LE pays où il fait bon d’installer son entreprise. Un pays qui a à cœur, d’aider et d’accompagner les entreprises provenant des quatre coins du globe.

Le Luxembourg : discret mais intéressant

La politique fiscale menée par le Luxembourg ressemble beaucoup à celle pratiquée en Irlande. Malgré des scandales retentissants, le Luxembourg reste une terre d’accueil pour les entreprises du monde entier, où les avantages fiscaux abondent. De plus, la proximité avec des pays comme l’Allemagne et la France et un ancrage géographique au cœur de la zone euro, sont autant de facteurs qui font du Luxembourg un pays vers lequel bon nombre d’entrepreneurs s’installent pour créer leur société. Seul bémol : la main-d’œuvre qui reste très onéreuse au Luxembourg.

Le Delaware : un paradis fiscal au cœur des Etats-Unis

L’état du Delaware tient sa particularité, outre sa situation de paradis fiscal, de son positionnement géographique : un état au cœur des Etats-Unis. Le Delaware pratique donc une politique fiscale bien plus souple que dans le reste du pays, ce qui permet d’attirer près de 40 % des entreprises américaines cotées en bourse. Ce chiffre témoigne aisément de la situation dans ce pays. De plus, le positionnement géographique symbolise un réel avantage en termes de logistique et de possibilités d’échanges avec les autres états du pays.

Un entrepreneur au service du bien-être des employés

Après plus de vingt ans passés dans l’évènementiel, Olivier Neveu saute le pas de la reconversion professionnel dans le massage shiatsu. Portrait d’un entrepreneur qui a redonné du sens à sa vie professionnelle.

A 59 printemps, Olivier Neveu, entrepreneur dans le secteur du bien-être, sait de quoi il parle lorsqu’on évoque le sujet du « stress professionnel ». Après avoir débuté une carrière de photojournaliste à la fin des années 70, il intègre une agence évènementielle dans laquelle il restera huit ans. Fort d’une expertise solide en la matière, il devient directeur de production freelance et travaille jusqu’en 2010 à l’organisation de conventions d’entreprises, de lancements de produits, d’assemblées générales et d’animations grands publics.

Prise de conscience

Jusqu’au jour où lui vient cette prise de conscience : « J’étais satisfait et ça marchait bien. Mais je sentais confusément un désir de changement. Dans l’évènementiel, nous travaillions de plus en plus dans l’urgence. Mes équipes étaient souvent fatiguées, stressées et certains souffraient physiquement. Cela m’ennuyait beaucoup et c’est ce qui m’a poussé à m’intéresser aux différentes techniques de massage. »

Du stress de l’évènementiel aux vertus du bien-être

En 2007, en parallèle de son travail, il se lance dans une formation de praticien « shiatsu ». (shi signifiant doigts et atsu pression en japonais) Originaire du japon, cette technique de massage consiste à appliquer des pressions digitales sur certains points du corps, le long des méridiens (canaux d’énergie traversant le corps), lesquels sont reliés à nos organes et nos viscères. Le but est de favoriser la relaxation et le bien-être général de la personne en répartissant les énergies du corps. « Le shiatsu m’a plu et m’est apparu comme pertinent, car c’est une discipline qui associe le corps et l’esprit dans le but de détendre l’organisme dans sa globalité », détaille l’entrepreneur.

La difficulté de convaincre les prospects

En 2009, il commence à pratiquer son nouveau métier avec le statut d’auto-entrepreneur. S’il dispense des massages aux particuliers (10 personnes actuellement), les prospects qu’il démarche sont en priorité les employés des grandes entreprises. Et ce n’est pas si simple comme il le confie : « Convaincre les entreprises du bienfait de mon activité pour leurs salariés est un vrai challenge. Bien souvent, les réponses qu’on m’envoie sont les suivantes : “Nous n’avons pas de budget et ce n’est pas indispensable en ce moment / On verra plus tard / Nous proposons d’autres activités aux salariés“ »

« Redonner du sens à ma vie professionnelle »

Pour Olivier Neveu, une grosse partie de son travail consiste donc à expliquer à ces sociétés qu’un employé plus épanoui sera « plus heureux dans son travail ».

Un argument entendu par son premier client-entreprise où 30 de ses salariés sur 80 sont désormais assidus aux séances de shiatsu. « Quand je vois des salariés ressortir détendus et souriant de nos massages, je suis comblé. Cette reconversion valait vraiment le coup, car elle a redonné du sens à ma vie professionnelle », partage-t-il, le regard pétillant.

Il poursuit en donnant son point de vue sur sa manière de vivre l’entrepreneuriat au quotidien : « Être son propre patron, savoir se remettre en question, constater que face aux problèmes, on trouve toujours des solutions en développant sa créativité, tout cela contribue à me faire aimer le statut d’entrepreneur. »

Si Olivier Neveu aspire actuellement à développer sa clientèle, il envisage également d’ouvrir un cabinet réunissant plusieurs thérapeutes. Ses clefs pour y arriver : « S’accrocher, persévérer, croire en mon projet, être curieux, bien s’entourer, suivre les conseils de ceux qui réussissent. » Excellente conclusion d’un homme qui incarne véritablement son métier.

Les astuces pour faire des économies sur son imprimante/copieur et photocopieur

Chaque année, les entreprises dépensent un montant compris entre 1 et 3 % de leur chiffre d’affaires uniquement dans les frais d’impression. Il s’agit d’une dépense non-négligeable, pour laquelle des économies importantes peuvent être réalisées en suivant les bonnes pratiques, tant pour ses achats que dans son fonctionnement interne. Quelles sont les recommandations à observer afin de réaliser des économies avec ses imprimantes et consommables ?

Analyser ses besoins réels

Un inventaire des imprimantes présentes dans la société pourra être fait, à mettre en parallèle avec le nombre moyen de pages imprimées chaque mois et le coût des consommables utilisés (cartouches d’encre, toners d’impression). On estimera ensuite les besoins réels en impression pour chaque poste, en déterminant quels processus peuvent être numérisés. On pourra mettre au jour certains problèmes logistiques, notamment concernant le choix du matériel. En moyenne, les PME peuvent réaliser jusqu’à 30 % d’économie en rationalisant leurs impressions.

Se tourner vers du matériel moins onéreux

Pour diminuer ses frais, le plus simple est de réduire le nombre d’imprimantes. Cependant, la recherche de l’économie ne doit pas nuire au bon fonctionnement de l’entreprise. Une solution pertinente consiste à modifier son parc d’impression, pour passer d’imprimantes individuelles coûteuses à des imprimantes multifonctions. Cela représente un vrai changement dans les habitudes de travail, mais des économies seront réalisées en optant pour des imprimantes laser plutôt qu’à jet d’encre, avec des réservoirs séparés et une grande capacité d’impression.

Faire évoluer les pratiques

Pour autant, les économies ne peuvent pas se limiter au choix du matériel. Les pratiques des salariés sont en effet une des causes majeures de surcoût dans l’utilisation des imprimantes. On pourra employer moins de papier en systématisant l’impression recto verso et en privilégiant l’impression multiple, qui permet de faire apparaître quatre pages réduites sur une seule feuille. On évitera aussi les impressions inutiles d’images en couleurs. Une création plus courante de fichiers PDF transmis par e-mail peut enfin réduire les frais d’impression dans l’entreprise.

Favoriser les économies d’impression

Le gaspillage en matière d’impression est trop souvent monnaie courante dans les sociétés. Quelques moyens simples permettent cependant d’y remédier. On peut installer sur chaque poste un logiciel de gestion d’impression comme Print Saver Eco, qui supprime les pages inutiles et combine plusieurs pages par feuille automatiquement. Certaines polices de caractères nécessitent également moins d’encres : une police utilisée par défaut par Windows comme Arial consomme ainsi 30 % d’encre supplémentaire par rapport à la police Century Gothic !

Connaître les sites proposant les meilleurs prix

Avec un coût pouvant aller jusqu’à 2 500 euros le litre, l’encre d’imprimante est l’un des liquides les plus chers au monde. L’approvisionnement en consommable constitue donc un poste de dépense important qu’il soit possible de mieux maîtriser. Il existe plusieurs sites Internet compétitifs permettant de réaliser des économies. Des cartouches recyclées, compatibles pour tous les modèles, peuvent être trouvées à bas comme sur le site TonerPartenaire. N’oubliez pas aussi de comparer les tarifs de cartouches des marques des imprimantes ainsi que leur capacité d’impression.

Un entrepreneur qui coordonne la construction d’immeubles avec brio

Laurent Moretti, 38 ans, vient de loin. Après un parcours estudiantin fastidieux, il travaille durant huit ans dans un grand groupe d’équipements industriels. Jusqu’au jour où il lance sa propre société d’ingénierie, Artensi. Portrait d’un entrepreneur de talent qui a fait de ses péripéties, une force.

Du courage, il en fallu à Laurent Moretti, fondateur d’Artensi pour en arriver jusque-là. « Comme quoi, on peut s’en sortir lorsqu’on vient d’un quartier difficile. Il faut faire mentir les statistiques ! (rires) », relativise-t-il avec humour.

Un parcours estudiantin nommé « persévérance »

Né dans une cité HLM de Fontenay-sous-bois (94), son parcours estudiantin est celui de « la persévérance » comme il aime à dire. Après sa 4ème et sa 3ème, l’encadrement scolaire juge qu’il n’est pas fait pour la filière générale. Intéressé par l’électrotechnique, il passe successivement un BEP, un CAP puis un BAC Pro dans le domaine entre 1991 et 1995. « Cela a été très formateur. Ces filières sont très professionnalisantes. Et puis, au bout du compte, cela m’a donné goût aux études que j’ai poursuivies », confie Laurent. Peu après, il se lancera donc dans un BTS électrotechnique puis intégrera l’école d’ingénieurs de Cachan, en filière génie électrique et informatique industrielle.

Du salariat dans un grand groupe à l’entrepreneuriat

SPIE, l’entreprise dans laquelle il travaille en alternance lui propose un poste au sortir de son école en janvier 2001. « Une merveilleuse opportunité pour me perfectionner dans la réalisation, l’assistance, l’exploitation et la maintenance d’équipements industriels », ajoute-t-il. Il y travaille en tant que responsable des études jusque en 2007. Un an auparavant, l’idée de l’entrepreneuriat a déjà commencé à germer dans sa tête. Il explique : « A SPIE, je travaillais avec de nombreux prestataires extérieurs pour réaliser les projets demandés. J’ai réalisé que je m’étais constitué un réseau important et me suis dit que je pouvais l’exploiter. L’idée de mon entreprise était née. »

Offrir un service sur-mesure

Financé grâce des fonds personnels, des prêts bancaires et l’aide de la Banque publique d’investissement (Bpifrance), Artensi voit le jour en 2006. Concrètement, la société coordonne de A à Z la construction d’immeubles de travail ou leur transformation. Le but selon le dirigeant est « de créer des locaux sur mesure pour que les gens travaillent dans les meilleures conditions ». Artensi entend se différencier en fournissant aux bailleurs des prestataires performants et un suivi de qualité en amont et en aval des projets réalisés. « En somme, dès que les clients m’appellent pour un problème, je mets un point d’orgue à leur trouver une solution dans les plus brefs délais. Proposer un service de qualité et efficace constitue l’ADN d’Artensi », précise Laurent Moretti.

Après dix ans d’existence, Artensi est en pleine croissance. 2015 a enregistré un chiffre d’affaires de 675 000 euros et le fondateur vise 850 000 euros en 2016. Ses principaux clients sont des hôteliers, des constructeurs d’hôpitaux, des promoteurs et des gestionnaires immobiliers. Enfin, l’équipe est composée de 9 collaborateurs aujourd’hui, la plupart étant des ingénieurs.

Trouver les collaborateurs partageant le même état d’esprit

D’ailleurs, Laurent ne cache pas la difficulté qu’il a eue pour recruter les profils adéquats : « Il n’a pas été simple de trouver des personnes qui possèdent la compétence mais aussi partagent l’état d’esprit de l’entreprise. Notamment le fait que nous travaillons de manière très collaborative. Pas tout le monde n’est apte à cela. »

Et d’ajouter que la vie d’entrepreneur, c’est aussi avoir le nez dans d’autres choses que son cœur de métier, comme par exemple, la comptabilité, l’administratif que l’on ne maîtrise pas d’emblée et qui prennent beaucoup de temps. Pour l’entrepreneur, savoir gérer le timing est primordial pour concilier sa vie professionnelle avec celle de sa famille. « Je communique beaucoup avec la mienne. Cela lui permet de mieux comprendre mon travail au quotidien et d’être plus tolérante lorsque je suis très pris », partage-t-il.

L’entrepreneuriat comme liberté

Mais le fondateur d’Artensi adore son métier. « Avoir la liberté de prendre des décisions, de tester des choses, relever des défis au quotidien, pour moi, c’est la liberté qu’offre l’entrepreneuriat », s’enthousiasme le jeune homme qui est aussi un passionné de sport automobile et de golf, deux disciplines « où il faut aussi se challenger ». En parlant de « challenges », à l’horizon 2017, Laurent souhaite développer sa clientèle dans le sud de la France et créer des pôles spécialisés au sein de sa société.

Il esquisse un silence et reprend avec une pointe d’émotion : « Quand je regarde en arrière, je me dis qu’un sacré chemin a été parcouru… Je me dis que le meilleur conseil à donner aux futurs entrepreneurs est de savoir prendre des risques et de croire en son projet. Sinon personne ne le fera à sa place. » Ce sera sa conclusion.