Les entrepreneurs acquièrent une visibilité en ligne de différentes façons. Le SEO (Search Engine Optimization) et le SMO (Social Media Optimization) sont les moyens les plus utilisés. Les entreprises disposant d’un budget assez conséquent peuvent également recourir aux Ads (publicités). Mais il y a un levier de trafic bien trop souvent sous-exploité et qui demeure toute aussi efficace : l’e-mailing.
Quels sont les enjeux de l’e-mailing ?
En prospectant vos futures clients grâce à ce moyen de communication, votre démarche ne sera pas perçue comme intrusive (contrairement aux bannières et autres Ads présentent sur le net). Le tout est de savoir présenter un e-mailing dynamique, attractif, et engageant pour votre cible. Pour un e-mailing marketing efficace, voici les 5 règles d’or à respecter :
1. Etre bien identifiable. De nombreux emails sont jeter à la corbeille car les destinataires ne comprennent pas d’où ils proviennent.
2. Adaptez votre e-mailing au mobile. Vos prospects consultent leurs e-mails sur différents supports (ordinateurs, tablettes, Smartphones). Votre e-mail doit donc être « Responsive ».
3. Soyez clair dans votre démarche. Pensez à fournir toutes les informations utiles.
4. Présentez votre email marketing de façon claire et agréable à lire pour le prospect. Pensez à aérer votre contenu, et intégrer des boutons CTA aux endroits stratégiques.
5. Soigner l’objet de votre e-mail, c’est la première chose que votre prospect va voir. C’est dans cet élément que vous devrez intégrer vos mots clés et expressions incitant à l’action.
Cette phase d’acquisition est certainement la plus difficile à mettre en place, mais pas la plus stratégique. Vient ensuite la seconde phase : la fidélisation. Suite à vos premières campagnes, il vous sera impératif d’analyser vos résultats. Vous pourrez ainsi en tirer des conclusions vous permettant d’adapter votre e-mailing pour le rendre plus efficace.
Comment mettre en place des campagnes d’e-mailings ?
Il existe de nombreux outils permettant la gestion de campagnes e-mailing. Le plus populaire reste Mailchimp. Cette solution SaaS vous permet de créer des newsletters complètes et personnalisables, et de les envoyer à vos contacts. La fonction la plus appréciée de cet outil est la segmentation dans l’envoi des emails. Ses nombreuses options font de Mailchimp le logiciel d’emailing le plus utilisé. Mais attention cette solution est en anglais.
Pour une alternative en français, il existe la solution : Mailkitchen. Cet outil gratuit et très intuitif propose des fonctionnalités utiles comme la liaison à votre compte Google Analytics, vous permettant ainsi de disposer de statistiques plus poussées pour vos campagnes. Vous pourrez aisément analyser vos données et savoir quelle stratégie mettre en place pour augmenter le taux d’ouverture de vos campagnes.
Le choix de votre solution e-mailing est primordial, car il déterminera la stratégie future de votre acquisition et de votre fidélisation clients. Pensez également à choisir un outil qui vous permettra d’envoyer newsletters mais aussi des mails automatiques.
Plus qu’un levier de trafic, l’e-mailing a des fonctions axées relationnel client et viennent compléter les fonctions de vos logiciels de CRM. L’e-mailing est un véritable atout à intégrer dans sa stratégie entrepreneuriale.
Les enthousiastes du ballon attendent cet événement depuis 4 ans (et oui, c’est long !). La coupe du monde de football ne vous intéresse pas plus que cela. Cette année, vous avez la chance (ou pas) d’avoir un de vos salariés plutôt sportif. Vous vous demandez s’il n’est pas devenu un peu accro au football ?
Il portera le même maillot pendant près d’un mois
Il faut avouer que garder le même maillot pendant aussi longtemps peut lasser, mais cela restera une faute de goût tant que votre salarié en possède plusieurs dans sa garde-robe. En revanche, s’il ne possède qu’un maillot aux couleurs du drapeau, cela risque de ne pas sentir très bon au bout d’un certain temps. Mais qu’importe ! Quand on est un vrai supporter, on peut tout supporter, même le pire ! Espérons qu’il ne fasse pas trop chaud au bureau, sinon ceux qui travaillent à côté de lui vont mouiller le maillot…
Il va rapidement être en surpoids
Rappelons que le régime nutritionnel du supporter est particulier. Pour éviter toute confusion avec la pelouse, il évite tout ce qui est vert. Pour être certain de ne pas être anémié, il privilégie les aliments riches en « acides gras saturés ». Il va parfois jusqu’à demander des burgers sans salade et des milkshakes avec un supplément de chantilly et Nutella. Il pratique le « couding » tous les soirs avec sa bière fétiche. Mais il risque de le regretter au milieu de l’été, lorsqu’il ressemblera davantage au bonhomme Michelin avec ses bourrelets et ses kilos en trop qu’à un athlète.
Il tente de se débarrasser des images en double
Vous vous souvenez avec un soupçon de nostalgie de vos récréations enfantines lorsqu’avec vos camarades d’école vous échangiez vos images de séries, de personnages de BD, de voitures, etc. pour les coller et remplir votre album. Aujourd’hui, vous avez 20 ans de plus alors quand un de vos salariés fanfaronne à côté de la machine à café en se vantant de posséder l’autocollant de Blaise Matuidi. S’il est là, ce n’est pas pour parler du travail mais tout simplement pour échanger les autocollants Panini obtenus en double au moment de leur achat chez le marchand de journaux avant la pause déjeuner !
Il a posé ses congés jusqu’au 14 juillet
Malin, notre supporter à toute épreuve ! Il s’est montré calculateur à fond les ballons ! La durée légale des congés payés est de 25 jours en France et il suffit de poser 21 jours consécutifs pour profiter pleinement de la compétition de la coupe du monde de football. Sans doute ce salarié plein de bonnes intentions prétendra vouloir partir de mi-juin à mi-juillet en raison des coûts moins élevés des billets d’avion ou arranger ses collègues qui ont une famille. Le pire, c’est qu’il ose dire qu’il regardera les matchs de la coupe du monde de chez lui, assis devant la télévision, pop-corn à droite et bière à gauche !
Il a modifié son mobilier et ses accessoires de bureau
Mettre un fond d’écran aux couleurs du Brésil et une plante qui siffle les hymnes nationaux des participants dès qu’une personne passe devant, c’est devenu une tendance à la mode. Ce salarié n’a pas oublié de changer sa tasse, illustrée par l’équipe de France. Il a même accroché des banderoles de tous les pays sur les quatre murs de son bureau. Il a également cloué un tableau des matchs et des scores au mur pour que chacun puisse en profiter.
Il suit tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux
Ça tweet, ça tweet ! Les alertes ne cessent de sonner toutes les 2 ou 3 minutes. Et chaque fois, votre salarié fait des bonds de 15 mères en hurlant à qui veut l’entendre les dernières nouvelles footballistiques. « Hey, les joueurs viennent de descendre du bus ! ou « ohlala, tous les joueurs se trouvent dans les vestiaires » ou encore « attention, le match commence dans 2 minutes », etc. Sur son mobile, il a activé toutes les alertes en rapport avec la Coupe du Monde. Heureusement, la sonnerie sélectionnée est agréable…
Cette start-up propose une nouvelle plateforme d’art mettant en relation professionnels et amateurs. Le but est de promouvoir l’art contemporain tout en donnant une meilleure visibilité égalitaire aux artistes. Mais MyArtMakers est aussi la 1ère solution numérique redonnant ses lettres de noblesse à la commande !
Adrien et l’art contemporain
Adrien Saix est ingénieur généraliste de formation. En complément, il décide d’effectuer une année à HEC Paris, en suivant un master de gestion de projet qui lui enseigne les bases de la stratégie, de la communication et du marketing. A ses côtés, nous avons Yohan Doaré et Bertrand Debrie, deux étudiants de l’Institut Internet et Multimédia de Paris. Sensibilisés par le marché de l’art (la mère de l’un est tisserande d’art, une des toutes dernières pratiquantes en France), les deux compères avaient déjà travaillé ensemble sur un site internet d’art.
L’idée de MyArtMakers vient d’Adrien. « Je ne m’étais jamais intéressé à l’art » avoue-t-il, « alors que des amis achetaient régulièrement des œuvres dans les galeries ou sur internet ». Le jeune homme se pose alors une question simple : pourquoi lui, ne s’est-il pas tourné, à un moment donné, vers l’art ? Adrien réalise que l’art contemporain reste assez élitiste, peut être même snob en apparence, en tout cas encore peu accessible. L’entrepreneur, humant quelques possibilités, réalise une étude de marché longue de 6 mois sur le marché de l’art contemporain, afin de comprendre son identité et ses ressorts.
Créer un vecteur de création
Il finit par imaginer une solution qui mettrait en contact « professionnels de l’art », et amateurs ou collectionneurs. Sauf que des galeries en ligne, Adrien le sait, il en existe déjà plusieurs. En plus que de proposer aux artistes de partager leurs œuvres à vendre, le créateur choisit de ressusciter le principe de la commande. « Avec le système de la commande, par rapport à un achat d’œuvre classique, on inverse la logique d’acquisition de l’œuvre » soutient-t-il, « c’est le client qui vient vers le créateur ».
Adrien, pour monter le projet, fait appel à Yohan et Bertrand : « lorsque j’ai eu cette idée, il me fallait un développeur et un créatif pour l’environnement visuel de la marque ». Les trois jeunes hommes avaient déjà collaboré sur un projet à HEC. La complémentarité de l’équipe est donc parfaite, et Adrien confirme : « J’avais confiance en leurs compétences, et on avait la même philosophie sur le long terme ».
Le concept et ses enjeux
Le concept de la solution est limpide : le client vient avec une envie et/ou une idée en tête, l’exprime grâce à un formulaire très étudié lui permettant de définir au mieux ce qui l’attend et lance un appel d’offres à toute la communauté d’artistes du site. En faisant l’essai, on peut donc s’attendre à une commande d’une sculpture abstraite, représentant tel thème ; ou une commande plus « pratique », par exemple une huile sur toile de 21x46cm avec une dominante de tons chauds. A partir de là, les artistes sont prévenus et libre de répondre à l’annonce. L’autre type de commande, la « commande coup de cœur », permet de passer directement une commande à un artiste particulier. Dans les deux cas, le client a la possibilité de suivre la confection de l’œuvre, en communiquant via messages et photos avec l’artiste.
Pour Adrien, réinstaurer la commande (comme elle était utilisée pendant la Renaissance Italienne) invite à une personnalisation de l’art : « Des artistes qui vous ressemblent » ou « Envie d’une œuvre aussi unique que vous ? » clament les slogans de MyArtMakers. L’appel d’offre, gratuit et sans engagement, permet à l’amateur de confronter différentes approches d’artistes à son idée originelle, et donc à le sensibiliser à l’art. Le fer de lance, derrière tout cela, est bien sûr une démocratisation de l’art contemporain. Qui est permise par une meilleure visibilité.
Business model
En plus que de permettre le premier pas dans l’art contemporain, la solution est pensée pour les artistes. MyArtMakers offre une certaine visibilité à toute sa communauté de créateurs, qui sont posés sur un pied d’égalité contrairement aux aléas inégalitaires du marché « physique » de l’art. Ces derniers peuvent grâce au site se forger une communauté d’amateurs, de collectionneurs, avec le système de « likes », de partage et de suivi qui est mis en place.
Pour Adrien Saix, le business model de la société repose sur cette dualité. L’artiste fait son profit, le service est gratuit pour le client, et la commission prise par le site l’est sur les gains de l’artiste. La commission est de 15%, ce qui rend la solution très abordable face à ses concurrents : 20-30% pour les autres sites (« les galeries du web sont très nombreuses, même Amazon se met à la vente d’art » affirme Adrien »), et 50% pour les galeristes physiques.
Quel avenir ?
La société, fondée en février 2014, s’est lancé grâce aux fonds initiaux des cofondateurs. Mais l’équipe prospecte déjà pour réussir de futures levées de fonds. Plusieurs stades de développement sont gravés dans le marbre : passer à l’international pour élargir et diversifier la communauté d’artistes ; développer la fonctionnalité du site de manière à présenter les actualités des créateurs, afin de les rapprocher de leur communauté (la technique d’Adrien : « On prend du facebook, du twitter, du linkedin, et on l’applique au marché de l’art ») ; et la publication prochaine d’un webzine d’art, qui mettra en valeur les artistes du site.
La société n’a que 4 petits mois et déjà 15 commandes ont été passées, recevant à chaque fois entre 5 et 20 réponses d’artistes. De bon augure pour la nouvelle famille de Médicis du web.
Questions choisies :
Et quelle va être la première difficulté ?
Bien communiquer pour faire connaître notre service. Notre approche est très innovante, et il faut faire comprendre aux gens que ça n’engage à rien de venir passer une commande pour appréhender le point de vue des artistes. L’art est universel, destiné à chacun de nous, pas réservé à une élite comme beaucoup le croient encore.
Grâce à internet, le fonctionnement du marché de l’art est en train d’évoluer ?
Tout à fait. Le marché de l’art sur internet a commencé à prendre son envol vers 2010. Depuis, il connait un taux de croissance à deux chiffres sur les ventes en ligne. Il y a une vraie démocratisation de l’art. Les artistes prennent de plus en plus conscience de l’intérêt d’Internet et des technologies 2.0. Avant, il y avait les galeries commerciales et les artistes subventionnés. Les artistes qui n’avaient pas de réseau, même avec un immense talent, avaient du mal à réussir. Avec internet, on peut aujourd’hui abattre toutes ces barrières.
Votre artiste favori, qui vous inspire ?
Sur la plateforme, l’artiste Neela, à qui j’ai commandé « Architecture Urbaine » pour faire un cadeau unique à mon père, que j’ai adoré. Et chez les peintres classiques, j’aime beaucoup Claude Monet.
Après une riche carrière dans le conseil marketing, Françoise Govare fonde Renaissance Factory, un « agitateur » et « accélérateur» qui se lance pour mission de rebooster les start-up.
Une marketing woman
A la sortie de l’ESCP dans les années 1980, Françoise Govare passe une première partie de sa vie professionnelle (à peu près douze ans) au service du marketing de Jacques Vabre, Danone ou encore L’Oréal. Elle se dirige ensuite dans l’univers de la distribution, attirée par la problématique du client et sa fidélisation. Son poste chez Prisunic -qui deviendra plus tard Monoprix- la fait s’atteler au concept « comment redéployer la consommation dans les centre-ville ? ». Françoise s’oriente vers la cosmétique, et rentre chez LVMH puis Sephora, et participe à son rapide et heureux développement international (Europe et Japon notamment) La relation client et le CRM sont au centre des débats.
« Toutes ces expériences ont été bien utiles ont forgé mes connaissances et ma passion du retail et des marques» affirme la marketing woman, qui a fait un passage de quelques années en Suisse dans l’univers Richemont ( Baume et Mercier) Puis Françoise G., peut être essoufflée par l’international, décide enfin de rentrer en France pour accompagner opérationnellement les marques et enseignes de distribution. Elle aide les groupes de mode et cosmétique à initier le virage du e-commerce dans les années 2005, un nouveau canal de distribution déjà essentiel. « J’ai exercé un métier qui s’est perpétuellement renouvelé et qui a toujours été au cœur de la stratégie d’entreprise » s’enthousiasme-t-elle.
Développer les nouvelles start-ups
Après un passage de 2 ans à Casablanca en 2010 /2011 pour ouvrir le plus grand mall commercial et luxe d’Afrique (Le Morocco Mall avec l’arrivée d’un grand nombre de marques à forte notoriété internationale et notamment des Galeries Lafayette et Fnac en franchise), Françoise Govare a une « intuition de carrière » : lors d’une discussion avec un ami nait l’idée d’une structure de conseil et d’accompagnement venant en aide aux start up en difficulté. Elle se fera alors entourer de 3 « digital natives » et encourager par un serial entrepreneur et président d’un fond d’amorçage, lui aussi sensibilisé au taux d’échec de start-ups aux idées innovantes, qui n’arrivent pas à passer le cap de la 2nde année. C’est sur ce socle qu’elle fonde Renaissance Factory avec le soutien financier de fonds d’investissement.
Quel est précisément le concept ? « Nous ne sommes pas un fonds d’investissement et pas vraiment un accélérateur. Nous ne sommes pas uniquement une plateforme de mise en relation et de coaching » indique le site web de la société. Renaissance Factory se présente plutôt comme un agitateur stratégique, qui ne cherche pas à déstabiliser la start-up, mais à la rebooster et l’accompagner sur toute sa chaîne de valeur. « On part du principe que la clé de la réussite, c’est une bonne stratégie et une excellente exécution. On aide à appliquer de nouvelles stratégies avec les équipes adéquates. Nous sommes très pragmatiques » complète Françoise Govare.
Un changement de modèle
Le premier modèle de la société était assez différent. Au démarrage les cofondateurs s’étaient mis d’accord pour racheter directement les sites marchands grâce a des levées de fonds, se fixant sur 2 à 4 rachats par an. Il y eut un unique rachat au cours des 8 premiers mois, insuffisant pour poursuivre sur cette voie. Renaissance Factory, devant les difficultés de cette solution (trop complexe, risqué et chronophage) a revu sa copie et pivoté vers un nouveau modèle.
Renaissance Factory n’intervient pas en « early stage » et oriente ses actions vers les start-ups qui ont une preuve de concept et un historique d’au moins 12 à 24 mois. Elle ne se limite pas au numérique, et accompagne également des PME dont les leviers de croissance sont liés à une véritable stratégie digitale et les aide à implémenter ce basculement et à renforcer l’équipe. Francoise et Aurélia Denoual (cofondatrice de RF, spécialisée dans le marketing d’acquisition et la stratégie digitale,) sont très à l’écoute de ces jeunes start-up en difficulté. Elles profitent déjà d’un bouche à oreille positif qui leur a amené de nouveaux clients.
Questions choisies :
Comment voyez-vous le développement de Renaissance Factory ? Dans 5 ans, on aimerait travailler pour des entreprises qui nous fassent confiance sur toute la chaîne de valeur du repositionnement jusqu’à la constitution de l’équipe de fondateurs. On souhaite s’inscrire dans la durée, pour les aider à croitre. Aujourd’hui, les start-ups se font aider de différentes façons : pour faire des levées de fonds, pour développer leur stratégie, pour faire de la RH ou se faire coacher en tant que dirigeant, etc. Mais à chaque fois, c’est isolé. Nous cherchons à constituer un réseau d’experts idépendants et un écosystéme suffisamment riche pour aider de façon fluide les start-ups sur tous ces domaines et leur permettre de se développer harmonieusement. Et bien sur nous pouvons lur proposer des associés ou des bras droits en phase avec leurs besoins réels. Adieu la solitde du créateur !
Quel est votre conseil envers une start-up en amorçage ? -Que les fondateurs gardent leur « drive »et leurs ambitions même s’ils doivent changer de cap, tout en ayant l’humilité de se remettre en question et de se faire aider dans les domaines qu’il ne maîtrise pas. Etre lucide si les résultats ne viennent pas et réfléchir au pivot avant qu’il ne soit trop tard -Apprendre à ne pas travailler seul. Imaginer tout de suite de s’associer avec un talent complémentaire ou à un mariage avec une autre start-up. Beaucoup de retours d’investisseurs nous expriment leur sentiment de gâchis devant toutes ces jeunes pousses prometteuses qui, à défaut de s’associer, foncent droit dans le mur…
Le logiciel pensé et créé par Arnaud Knobloch et Martin Delemotte en 2010, apporte une aide aux dirigeants qui souhaitent recruter des salariés en adéquation avec leur culture d’entreprise. La société lance à présent ses services en Allemagne et en Angleterre.
Avant le mois de septembre 2010, date à laquelle ils mettent sur pied Vadequa (fr.vadequa.com), les deux associés n’ont pas idée de ce que sera leur entreprise. Ce qu’ils savent en revanche, c’est qu’ils veulent créer, peu importe le secteur. Ils sont passionnés par l’entrepreneuriat. « Nous avons constaté que le marché des ressources humaines est un marché porteur. Nous nous sommes lancés sans rien y connaître » explique Arnaud Knobloch, le CEO de Vadequa et l’un des fondateurs avec son associé Martin Delemotte.
Les deux amis finissent leurs études en informatique. Au bout d’un an, ils choisissent de se retrouver à Montpellier pour créer leur entreprise. Leur projet est incubé au Languedoc-Roussillon Incubation et, reçoit en décembre 2010, l’agrément BIC de Montpellier. Vadequa est lauréat de concours comme « Talents de la création d’entreprise » du réseau BGE et reçoit le Prix Oseo de la création d’entreprise innovante en 2012. Concours et aides de la région leur permettent un support financier, important pour le développement de leur logiciel.
Mutation et maturation du projet
Au départ, l’idée des deux associés se base sur leur expérience personnelle. A la fin de leurs études, ils ont la chance de se voir proposer des postes dans différentes entreprises. Laquelle choisir ? « Nous n’avions aucun moyen de savoir si la société nous correspondait » explique Arnaud Knobloch. « Nous avons donc eu l’idée de mettre au point un logiciel à destination des jeunes diplômés pour calculer leur adéquation à la culture d’entreprise« . Le site fonctionne bien, puisque 15 000 personnes s’y inscrivent. Toutefois, les deux associés se confrontent très vite au problème de monétisation.
Après réflexion, ils décident de donner une rotation à leur projet et de créer un logiciel, non plus à destination des étudiants mais à destination des chefs d’entreprise. En collaboration avec le laboratoire Epsylon de l’Université Montpellier 1 et 3 et l’Ecole des Mines d’Alès, ils travaillent à mettre au point des outils de gestion des ressources humaines d’une société autour du thème de la culture d’entreprise.
Vadequa propose deux produits. L’un est un système pour déterminer les valeurs en lien avec la culture de l’entreprise. L’enquête est menée auprès des collaborateurs de la société via un questionnaire en ligne. Le second produit est un outil de gestion qui intègre ces données dans le module de recrutement et permet la présélection de candidats dont l’adéquation avec les valeurs et la culture d’entreprise est la plus forte.
Lancement sur le marché européen
Pour communiquer sur leurs logiciels RH, l’équipe de Vadequa, composée actuellement de 5 personnes, a, pendant un temps, mentionné seulement le bonheur des salariés dans l’entreprise. Conscient que cela n’est pas l’unique enjeu pour un chef d’entreprise, leur discours intègre à présent les données financières. « Des études ont montré qu’un salarié heureux au travail est plus motivé dans ses missions, plus efficace et moins absent. Le retour sur investissement existe donc bel et bien » . Les tarifs pour utiliser le logiciel sont variables et débutent à 2000 € par an.
La société compte aujourd’hui une soixantaine de clients convaincus que l’adéquation aux valeurs de l’entreprise est une notion importante à prendre en compte pour un recrutement. « On se bat pour évangéliser » note toutefois Arnaud Knobloch. « Les entreprises nous disent le plus souvent que notre projet est génial mais dans la réalité, ils ne veulent pas le mettre en place et préfèrent recruter à la manière « old school » suivant les diplômes et l’école dont sont issus les candidats à l’embauche ». Car si le modèle de recrutement évolue, le savoir-être et l’adéquation aux valeurs de l’entreprise sont des notions encore très anglo-saxonnes.
Grâce à un client suisse qui a besoin d’utiliser le logiciel en anglais puis en allemand, Vadequa intègre deux nouvelles langues. Une traduction qui a pris du temps. Loin de se cantonner à la littéralité, les questionnaires intègrent les spécificités de chaque marché pour répondre au mieux aux attentes des sociétés clientes. Présent dans 6 pays européens avec le lancement le mois dernier du logiciel en Allemagne et en Angleterre, « Vadequa est le seul logiciel sur la culture d’entreprise en Europe » atteste Arnaud Knobloch. « Les autres concurrents sont Américains. Nous avons souhaité nous développer avant qu’ils n’arrivent sur le marché européen ».
3 questions à Arnaud Knobloch, CEO de Vadequa
D’où vous vient l’envie d’entreprendre ?
C’est marrant parce que je ne sais pas vraiment. Dans ma famille et dans celle de mon associé, aucun de nos proches n’est entrepreneur. Mais le fait qu’ils soient travailleurs indépendants et non salariés a certainement aidé. Lors de mes études, je me suis énormément nourri de lectures à propos de la Silicon Valley et des start-ups.
Vous tenez un blog sur l’entrepreneuriat, les start-ups et les tendances techs. (blog.arnaudknobloch.com) Qu’est-ce qui vous motive à le faire ?
J’aime partager mon expérience. Dès que je le peux et qu’on m’en donne l’opportunité, j’interviens dans les écoles auprès d’étudiants. Lors de mes études, j’ai eu un professeur de création d’entreprise qui donnait des cours très peu théoriques. J’adorais ! Je me suis alors dit que si je créais mon entreprise, je ferais de même.
Quels conseils donnez-vous aux plus jeunes qui veulent se lancer ?
Je leur dis la vérité. Je pense qu’ils ne sont pas assez habitués à l’entendre. En cours, on ne leur parle jamais de ces tabous de l’entrepreneuriat : qu’ils ne se verseront pas de salaire avant deux ans, qu’ils continueront à vivre comme un étudiant, les tensions avec leur petite amie… Parfois ça leur fait peur. Mais c’est nécessaire.
Officiellement, le 31 mars dernier, ClubDojo voit le jour avec pour co-fondatrice et dirigeante, Isabelle Sthémer. Ce club créé pour des entrepreneurs instaure un climat de confiance au sein duquel ceux-ci peuvent développer leur business en réseau.
Du point de vue du concept …
ClubDojo, c’est un club d’affaires qui réunit une communauté d’entrepreneurs – essentiellement des entrepreneurs de petite taille, des TPE, des start-ups, des professions indépendantes voire des commerçants – autour de la notion de partage de réseaux et d’expertises.
L’objectif : accompagner cette démarche de partage en proposant du networking, des formations et de nombreux services, ce qui favorise l’éclosion de conseils et de recommandations croisées pertinentes.
L’offre s’articule autour de deux évènements de networking par mois, les DojoNights qui ont lieu les 1er et 3ème lundis du mois, d’une master class le 4ème samedi du mois, et d’un catalogue de services négociés avec des partenaires, valorisés par un système de crédits à dépenser dans l’année.
Elle a pour but d’aider les entrepreneurs à trouver des réponses aux nombreuses questions qu’ils se posent au quotidien, et ce, sans trop avoir à chercher. « C’est ça l’esprit d’un club », affirme Isabelle Sthémer.
Un développement spécifique
ClubDojo se développe à la fois aux plans quantitatif et qualitatif.
Quantitatif, pour que le club devienne numériquement de plus en plus important. « Je me rapproche de réseaux d’entrepreneurs existants, pour leur expliquer ce qu’apporte le ClubDojo, quelle est sa différence, sa valeur ajoutée, par rapport à d’autres clubs, et pour nouer des partenariats avec eux », confie la présidente.
Pour ce qui est des concours de création d’entreprise, le principe est identique. « Les candidats sont accompagnés le temps du concours, mais dès lors que le concours est terminé, il n’y a plus d’accompagnement, du moins pour les candidats qui n’ont pas reçu de prix. Donc en fait, la question qui se pose est de savoir : comment vont-ils faire croître leur entreprise, comment vont-ils pouvoir la développer ? » explique Isabelle Sthémer. ClubDojo se positionnera alors comme structure d’accueil et de développement de leur entreprise. C’est aussi du développement quantitatif.
Concernant le développement qualitatif, ClubDojo va essayer de rendre son offre aussi attractive et diversifiée que possible de telle sorte que les membres puissent y trouver la réponse à toutes leurs questions, quelles qu’elles soient.
De manière plus concrète, ClubDojo fait partie intégrante de l’écosystème DojoCrea, créé sur des fonds privés. Pour l’instant, réseau d’espaces de coworking parisien assorti d’un programme d’accélération de startups, il est à terme destiné à se transporter dans d’autres régions de France ainsi qu’à l’international, sous forme de franchises ou de licences d’expoitation : des négociations sont d’ailleurs actuellement en cours à Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg, Coulommiers mais aussi à Lisbonne, Bruxelles, Genève, New-York ou Shanghaï. ClubDojo s’appuie sur cette structure existante qu’est DojoCrea. C’est en quelque sorte une « business unit » (partie de l’organisation qui fonctionne comme une fonction distincte, indépendante, département, division ou entreprise autonome) de DojoCrea. Mais partout où DojoCrea s’installera, se développera un ClubDojo local.
3 questions à Isabelle Sthémer, présidente de ClubDojo
Avez-vous engagé une levée de fonds ?
« Pour l’instant pas, ce n’est pas à l’ordre du jour puisqu’on va générer des recettes pour le groupe DojoCrea qui vont servir à faire fonctionner le club. Le reste des recettes va aussi nourrir l’écosystème DojoCrea donc ce n’est pas ClubDojo qui va lever des fonds mais qui va développer des mises en relations et des partenariats permettant à Dojocrea de se doter de nouveaux moyens. Nous en tant que business unit, on n’a pas à lever des fonds, on a juste à développer notre univers. Cette offre que nous proposons a une valeur. C’est un peu le modèle d’une association, avec un investissement qui est minime au départ. Il est question de mettre en place une offre qui va servir à générer des cotisations qui vont à leur tout servir à faire fonctionner le club mais qui pourront aussi être réinvesties dans le groupe DojoCrea ».
Quel conseil donneriez-vous à de jeunes ou futurs entrepreneurs ?
« Mon conseil est très orienté compte tenu de l’activité que j’exerce au sein du ClubDojo. C’est évidemment de rejoindre ClubDojo, pour actualiser ses connaissances tout au long des diverses étapes de la vie de son entreprise, pour pouvoir bénéficier d’un maximum de services, mais aussi et surtout pour avoir la possibilité de développer son business grâce au réseau. D’une façon générale, tout entrepreneur qui débute doit faire du réseau. Pour cela, ClubDojo est le dispositif idéal ! «
Auriez-vous une anecdote ou un regret au cours au cours de votre parcours de dirigeante ?
« Je ne suis pas nouvelle dans l’entrepreneuriat puisque j’en ai eu moi-même une première expérience entre 1993 et 2000, dans laquelle je me suis lancée seule. A l’époque, des dispositifs comme ClubDojo n’existaient pas. Si j’avais pu en bénéficier, j’aurais su prévenir les difficultés que j’ai eues à gérer et qui m’ont conduite à liquider ma société. Je pense notamment à une salariée qui, parce que le contrat de travail que je lui avais fait n’était pas bien ficelé, a subtilisé 40% de mon chiffre d’affaires. Si j’avais fait appel à un juriste à ce moment-là, si j’avais eu accès à ce juriste facilement, comme vont pouvoir le faire les membres du ClubDojo, j’aurais pu éviter cela, j’aurais pu continuer. Je regrette, 20 ans après, de ne pas avoir pu bénéficier d’un tel dispositif ».
La confidentialité des comptes Facebook existe si les comptes sont bien paramétrés. Si tous les critères de confidentialité ne sont pas respectés, les propos que tient un salarié peuvent se retourner contre lui et peuvent lui être reprochés.
La question du droit à la liberté d’expression sur les réseaux sociaux est à nouveau à l’ordre du jour. Depuis le 24 mars dernier, un salarié qui n’a pas activé tous ses critères de confidentialité de son compte Facebook s’expose au fait que tous ses propos soient vus par d’autres salariés, ce qui pourrait aboutir à un licenciement.
La cour d’appel de Lyon n’a cependant pas suivi le conseil du prud’homme qui avait validé un licenciement pour faute grave. Cette décision reprenait différents arguments avancés par l’entreprise, notamment des propos échangés entre la personne incriminée et sa famille, qui étaient jugés diffamatoires autant pour les salariés que pour les dirigeants de l’entreprise.
Or, selon la cour d’Appel de Lyon, l’employeur n’était pas en mesure de prouver que le public pouvait lire ces propos. En effet, pour avoir la possibilité de lire la malheureuse conversation, il fallait renseigner le nom et le prénom du salarié, afin d’accéder à son mur. Seuls les collègues de l’intéressé pouvaient donc avoir accès à ses propos. Et si les propos qui lui sont reprochés attestent plus d’un malaise que d’une réelle envie de porter atteinte à l’entreprise, les juges considèrent qu’ils dénigrent l’entreprise. La cour d’Appel de Lyon admet donc la cause réelle et sérieuse du licenciement.
Cette décision reprend la distinction effectuée en matière de réseaux sociaux. Nous avons d’un coté l’espace dit privé du salarié, et de l’autre l’espace public, là où l’utilisateur doit faire attention à ce qu’il publie sous peine d’être sanctionné, et ce depuis le 15 novembre 2011 : un arrêt prononcé par la cour d’Appel de Besançon a reconnu que des propos publics pouvaient justifier un licenciement. A l’inverse, un autre arrêt de la Cour de cassation considère que des propos tenus sur le « mur » du profil des salariés n’est pas une injure publique.
« Offshore 5 millions » est un petit jeu de société qui vous permet de planquer votre fortune sur un compte offshore. Cyril de Breville, son créateur, se révèle tout aussi original et audacieux…
Trader puis mannequin
Cyril de Breville est une personnalité qui maîtrise ses sujets et est passionné par eux, certes, mais tout à fait incernable. Est-il animé d’une soif de curiosité, de création ou de challenge ? Dur à dire, toujours est-il que son parcours est des plus éclectiques. Ce qu’il voulait faire plus petit en témoigne : pompier, pâtissier « de luxe », et puis surtout pilote de chasse (métier pour lequel il a passé les tests). Mais Cyril opte finalement pour un bac scientifique et des études de commerces en intégrant l’European Business School.
Une spécialisation dans la finance le pousse à devenir trader pour une grande banque. Le futur père d’Offshore aime bien manier les chiffres, mais ne fait que manipuler… Lui qui rêve de créer. Cyril change alors radicalement de cap, et se relance dans la photo qu’il avait commencé à l’école. En parallèle, il s’inscrit au cours Florent pour devenir acteur. Tout cela ne semble pas suffire au jeune homme, qui démarre une licence de psychologie. « C’est une forme de science que je trouve assez liée à la création… Cela m’intéressait beaucoup » précise t’il.
En tant que mannequin, Cyril de Breville défile et pose pour quelques grandes marques, tandis qu’il cumule quelques petits rôles comme acteur. On le voit notamment jouer le rôle du garde du corps de Sarkozy dans le film La Conquête ! Ces expériences lui permettent d’être à l’aise avec lui-même et son image, lui font gagner une certaine aisance. Quand on le questionne sur parcours aussi chargé que dispersif, il répond : « Découvrir c’est comme l’entrepreneuriat. C’est une nature d’être, on l’est ou on ne l’est pas. C’est une manière de pensée, une prédisposition ».
Un Monopoly politiquement incorrect
Eté 2002, Cyril vient de finir le cours Florent et sa licence, et se retrouve désœuvré. Que faire ? Il imagine un personnage millionnaire qui se heurterait au système fiscal français… puis décide d’en faire un jeu de société, pour faire rêver les gens. Le concept est simple : le gagnant est celui qui dépose en premier 5 millions d’euros sur un compte offshore. Le jeu, évidemment inspiré de la fiscalité bleu-blanc-rouge, offre nombre de possibilités. Le joueur attaque ses adversaires en leur mettant des impositions, se sauve grâce aux cartes « Paradis fiscal » ou « Résident suisse », ruine son voisin avec la « Banqueroute », etc. Il crée Offshore 5 millions en un mois, dessine les cartes et s’adresse à un graphiste pour la numérisation. « Il y a beaucoup de travail entre l’idée rigolote et la réalisation.
Aussi, il faut prévoir tous les mécanismes, toutes les situations de jeu. C’est comme créer un algorithme » assure le créateur. Le plus dur est à venir : commercialiser le jeu. Le créateur a beaucoup de mal à convaincre les éditeurs, qui trouvent le concept légèrement trop « politiquement incorrect ». Dix ans après sa création, Cyril de B. sort finalement son jeu, qui est publié exactement 4 jours avant l’affaire Cahuzac ! « C’était son heure… » commente t’il, « il y a 10 ans, l’exil fiscal était déjà d’actualité mais beaucoup moins médiatique. C’est peut être pour cela que je n’ai pas trouvé preneur ».
L’auto-financement et l’auto-édition
Face à la frilosité des grandes maisons du jouet, l’auto-édition s’impose pour l’entrepreneur. En effet, mis à part la filiale française du géant Ravensburger qui est intéressé ( l’accord coule finalement au niveau du siège allemand), personne n’ose parier sur le jeu. Il part en fonds propres en investissant un peu moins de 20 000€, et commande 3000 exemplaires d’Offshore 5 millions, ce qui représentait déjà une prise de risque. « Mais je croyais en mon jeu, donc ce n’était pas un problème » affirme t’il. Seul problème : il ne reste plus assez de liquidités pour assurer la publicité du produit. Pour vendre le 1er produit des « Editions de Breville », Cyril doit donc continuer à tout faire seul -et compter sur le buzz.
Il va démarcher les clients lui-même, et convaincre un par un les différents points de vente pour vendre son jeu. Afin de communiquer sur le produit, la même technique est adoptée : le créateur frappe à toutes les portes, passe par Le Point, Le Nouvel Observateur, jusqu’à être invité dans l’émission Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard en septembre 2013 ! Aujourd’hui, plus de 1000 exemplaires sont vendus et « Offshore 5 millions » est présent dans 25 points de vente différents.
Une stratégie ficelée sur le (très) long terme
Pour Cyril de Breville, « Offshore 5 millions » est un jeu qui peut très bien fonctionner à l’international, notamment avec l’austérité en Europe, et le franc-parler sur l’argent dans les pays anglophones. Actuellement, le jeu est aussi vendu au Luxembourg, est en cours de traduction en anglais, et devrais débarquer rapidement chez nos voisins transalpins. Le but pour l’auto-éditeur est de dénicher un distributeur, afin d’accomplir un but à peine caché : connaître le même succès international que le Monopoly. « Il a été créé dans les années 30 par un chômeur qui s’est débrouillé de ses propres moyens. C’est un jeu qui a un peu les mêmes axes qu’Offshore: il joue avec le système capitaliste et n’est pas forcément très correct, le but étant de s’enrichir en ruinant son adversaire ! »
Pour toucher le marché américain, Cyril pense à « stariser » son jeu en faisant appel à un acteur hollywoodien pour la publicité ; et au réseau de la jet-set sur la côte ouest pour créer un lancement spécial de soirée. « Il faut une communication qui soit aussi originale que le jeu » s’explique t’il. L’entrepreneur ne se fixe aucune limite, et a même un projet de jeu télévisé sur le même concept. Cerise sur le plateau, un contact en Chine et en Russie étudie le terrain pour une éventuelle diffusion encore plus exotique. Nul doute que la récente affaire Depardieu puisse simplifier sa tâche. « Je peux faire rire Poutine » conclue Cyril…
Questions choisies :
Comment a t’on l’idée de créer un jeu de société ?
Encore une fois, c’est comme l’entrepreneuriat, c’est une question d’état d’esprit, d’initiative. Mais Offshore est très étudié. Pour moi, il y a un côté « mise en scène » et représentation du réel nécessaire que j’ai saisi grâce à mon expérience de comédien. Et puis, bien sûr, il faut avoir la fibre créatrice –créer un jeu revient à monter sa boîte à plus petite échelle : on a juste d’autres enjeux et d’autres calculs à prendre en compte.
Comment le confectionner ?
C’est vrai qu’il n’y a pas d’école. Pour la confection, c’est ma licence de psycho’ qui m’a, je pense, beaucoup aidé. Un bon jeu de société est bien pensé psychologiquement, et fait activer des mécanismes psychologiques positifs. Il faut déjà trouver une thématique qui ne soit pas négative dans le psychisme des gens. Le côté « offshore », un petit peu « anti-système » correspond à un fantasme assez français. Ensuite, il y a le côté « voyeur » où l’on peut voir le compte en banque de l’adversaire ; et le côté « je suis l’état », étant donné que l’on distribue des impôts au joueur adverse.
De quoi vous êtes-vous inspiré ?
Du Monopoly et du Mille-bornes. Comme le mien, ce sont des jeux qui peuvent s’inscrire sur le long terme, étant donné que ce sont des thématiques qui reviennent. L’off-shore n’est pas nouveau : il est né avec les Grecs qui voulaient éviter les taxes portuaires et ont créé des zones libres de taxes…
Selon le baromètre Deloitte-Nomination, publié jeudi 12 juin, un cadre sur 5 (environ 22%) a changé de poste en 2013 (que ce soit en interne ou en externe). La construction de la carrière professionnelle s’est inscrite dans une stratégie personnelle, et dépasse le contexte économique et social du moment. Quels sont aujourd’hui les cadres qui changent d’entreprise pour s’accomplir ?
Les jeunes au même rang que les seniors
Les jeunes sont les plus disposés à bouger. En effet, les moins de 35 ans sont 31% à bouger. Mais ils sont rattrapés par les seniors, qui bougent encore plus : 52% des 45-50 ans ont une grande mobilité externe, ainsi que pour les plus de 55 ans. Cette mobilité des seniors peut s’expliquer par une raison toute simple, liée à la démographie. Même si les chiffres du chômage ne le reflètent pas, il existe des secteurs en France qui ont besoin de ressources, secteur qui ont besoin d’une certaine expertise dans leur domaine. Les seniors sont donc appelés, car ils possèdent une grande expérience.
Les hommes et les femmes au même niveau également
Le taux de mobilité internet et celui de mobilité externe sont égaux, avec une forte progression du taux de mobilité interne en 2009. Ce phénomène se justifie par la crise et ses retombées sur les entreprises : il y eut un gel des recrutements externe. Les entreprises se sont rabattues sur le recrutement interne, car cela représentait de nombreux avantages : temps de formation moins long, temps d’intégration moins long également car le salarié connaît déjà l’entreprise.
Néanmoins il existe des disparités suivant la taille de l’entreprise : la mobilité externe est moindre chez les entreprises de 50 à 200 salariés (- 7 points depuis 2012), mais elle explose chez les entreprises de plus de 2 000 salariés. Enfin, les hommes et les femmes sont à égalité dans la mobilité, à la seule différence que les femmes changent plus facilement d’entreprise que les hommes.
Un but à atteindre pour les cadres : faire parti de la Direction Générale
Le taux de mobilité interprofessionnelle (changer de secteur d’activité) chez les cadres est d’environ 35%. Une des fonctions qui font rêver est celle de la Direction Générale. 20% des cadres veulent être nominé à ce poste. Le fait que beaucoup de fonctions dans l’entreprise se financiarisent, la direction financière et juridique n’est plus le cœur des cadres maîtrisant cette compétence. Une grande diversité de profil a maintenant accès à cette fonction. De plus, maintenant, on peut affirmer que mobilité et croissance vont ensemble. Les cadres qui sont en écoute du marché (près de 80%) et ceux qui recherchent activement (80% des cadres en poste) veulent dans un premier temps évoluer dans leur carrière et dans leurs responsabilités. Le témoin de la réussite professionnelle d’un cadre est non pas la rémunération, mais le niveau de responsabilité. Une étude appuie cette affirmation : pour 9 cadres sur 10, la rémunération est motivante MAIS pour seulement la moitié d’entre eux, une meilleure rémunération entraînerait une meilleure motivation.
Mutum se veut le 1er site de prêt entre particuliers, fonctionnant grâce à une monnaie virtuelle : les mutums, et à un ingénieux principe de réciprocité.
Des archétypes de chefs d’entreprises, il y en a beaucoup. Parmi eux, le cliché du jeune homme diablement dynamique, récemment sorti d’une école de commerce, voulant monter un projet innovant. Frédéric Griffaton, cofondateur de Mutum, en fait partie. Mais avec quelque chose en plus.
Le roi du lycée
Le jeune dirigeant a en effet un parcours très commercial, en étant notamment sorti de l’Ecole supérieure de vente de la chambre de commerce. Il s’y est aguerri de secteurs assez généraux comme le droit, le marketing et la gestion financière. Plus personnellement, Frédéric Griffaton est un homme d’action, aux qualités organisationnelles. Dès le lycée, il construit un festival pluri-culturel, fait « par les étudiants, pour les étudiants ». Une bonne expérience, qui a rassemblé près de 1500 personnes, et s’est retrouvée lucrative de surcroit. Il a ensuite enchainé l’organisation d’évènements jusqu’à ses 22 ans, en montant plusieurs projets de solidarité international et mouvements de jeunesse. « J’ai la fibre entrepreneuriale, certes, mais surtout des convictions » corrige Frédéric, qui est passé par de nombreuses TPE pour y appréhender la réalité du monde du travail et le sens de l’effort. Il travaille actuellement en tant que commercial chez Booster Academy. Un poste qu’il ne compte pas lâcher de sitôt malgré ses projets, à l’inverse peut être d’un archétype cité plus haut. A 25 ans, Frédéric est lucide : le salariat est précieux, lui permettant de monter en compétences, construire un réseau et de s’assurer.
Une nouvelle tendance
Auprès de Mathieu Jeanne-Beylot (de 2 ans son cadet), avec qui il travaille depuis 1 an et demi dans une association, le futur entrepreneur ressent une bonne entente professionnelle et l’envie de monter un projet. L’idée de base des 2 associés est de faire échanger des robes de soirées… Puis, après une longue étude de marchée, ils arrivent sur un benchmarking de sociétés comme Zilok (site de location entre particulier et professionnel), OuiCar (site de location de voitures entre particuliers) ou ILokYou (site de location, vente et service entre particuliers). Ce travail leur fait visualiser un énorme marché en pleine croissance et une des nouvelles tendances du web : simplifier et humaniser les rapports et échanges entre internautes.
« Plus tu partages, plus tu possèdes »
Les deux jeunes hommes créent dès lors Mutum, qui se définit comme le 1er site de prêt et d’emprunt d’objets, valorisé par une monnaie virtuelle. La solution se distingue d’une simple plateforme de prêt, et se rapproche du troc grâce aux mutums, qui représentent les crédits. Seulement les particuliers restent propriétaires. Le concept est audacieux : plus l’internaute référence d’objets à prêter sur le site, plus il amasse de crédits, et plus il augmente son pouvoir d’achat d’emprunt. L’invention d’une monnaie virtuelle avec les mutums a plusieurs utilités pour Frédéric. C’est d’abord la base du concept car elle enclenche le principe de réciprocité entre utilisateurs, ce qui les pousse à « jouer le jeu », et donc à améliorer le référencement. Le slogan de la marque l’explique bien : « Plus tu partages, plus tu possèdes ». C’est ensuite un moyen de rémunération : le business model, qui consiste en une commission, repose entièrement dessus. Enfin, la monnaie virtuelle représente un bel outil marketing, qui permet d’exposer le projet. Mais Mutum a d’autres caractéristiques ! Dotée d’un système de géolocalisation et d’une garantie bancaire sur les objets de plus de 20€, la solution écarte la « peur du virtuelle », et humanise et sécurise les échanges. Les utilisateurs vont ainsi se rencontrer physiquement, ce qu’on retrouve peu sur Ebay ou Leboncoin.
« Moutoum » est à suivre
Encore en phase d’amorçage, la stratégie de financement est bien orchestrée. Frédéric et Mathieu ont démarré en fonds propres, et lancent une opération de love money. Ils organiseront pour le tout début de l’été une campagne de crowdfunding (ils demandent 10 000€ sur le site KissKissBankBank). Le but est de décupler leur capital pour aller chercher -grâce aux 1ers travaux et 1ers résultats- des subventions. Encore une fois lucides et prévoyants, les cofondateurs ont une politique de sous-traitance sur « tous ce qu’ils ne maîtrisent pas », pour ne prendre aucun risque avec Mutum. A prononcer « moutoum », précise Frédéric, le nom venant du latin, et faisant référence au premier contrat en tant que mutuelle de l’antiquité romaine…
Questions choisies :
Qu’est ce qui va être le plus dur pour votre démarrage ?
Arriver à une masse critique suffisante pour démarrer. La difficulté sur ce genre de solution est d’atteindre les 20, 30 000 utilisateurs. Mais nous sommes optimistes : la plateforme n’est pas encore lancée, et nous avons déjà bon nombre de pré-inscrits alors que nous n’avons pas encore communiqué ! Il y a aussi des pièges à éviter. Il nous faut faire attention à la stratégie de communication, ne pas aller « à tout va » mais être qualitatif. Cela ne sert à rien de compter 10 000 inscrits la 1ère année. Il nous faut des personnes qui utilisent bien la solution, pour montrer que ça fonctionne.
Quelle est votre différence sur le marché ?
Là où tous nos concurrents sont à 5 ou 10 000 utilisateurs après deux ans d’activité, la différence est qu’ils ont assez peu d’objets référencés. Car ils n’ont pas ce principe de « donnant-donnant » qui pousse les gens à proposer plus d’objets. Notre idée est, avec seulement 2000 utilisateurs, d’avoir autant d’objets référencés que nos concurrents. De plus, la personne est remboursée si sont objet est cassé ou autre. Plus rien ne l’empêche de référencer son appareil de cuisine particulier, son nettoyeur haute-pression, etc…
Un entrepreneur qui t’inspire ?
Jeff Bezos. Super intelligent, super pragmatique, et doté d’une impressionnante vision à long terme. Ce serait beau d’avoir le même profil « futuriste » que lui !