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Show business ! Interview de Christian Kamayou

C’est au cours d’une émission de télé que Christian Kamayou, issu de l’ incubateur d’ HEC, a présenté son projet aux business angels.

Pas facile d’être détendu lorsque vient le moment de présenter un projet à des business angels. Surtout quand ceux-ci s’appellent Jacques-Antoine Granjon, Xavier Niel ou Marc Simoncini… et que les caméras de l’émission Capital sur M6 sont braquées sur vous ! C’est pourtant le défi qu’a relevé Christian Kamayou avec l’un d’entre eux pour exposer son projet et lever les fonds nécessaires pour développer son site de courtage en prêts étudiants. Banquier, spécialiste de stratégie tarifaire et veille concurrentielle, il finit par opérer un premier virage professionnel important. Il se retrouve à conseiller des institutions de microcrédit dans des pays en développement. C’est cette dernière expérience au contact de micro-entrepreneurs qui lui inspire son désir d’entreprendre.

Un concept qui semble promis à un bel avenir

Car le service Financetesetudes.com répond à un vrai besoin qui n’avait jusque-là pas encore été exploité. Il permet aux étudiants d’accéder aux meilleures offres de prêts bancaires destinés à payer leurs études. Une place restait à prendre sur le marché.

L’entrepreneur s’est donc attelé à la création de partenariats avec les banques. Une étape stratégique pour ce marché actif de la conquête des clients, où les jeunes sont une cible très convoitée par les banques. Une situation qui a permis à l’entrepreneur de créer un modèle économique gratuit pour les utilisateurs étudiants et payant pour les banques.

Des business angels attentifs à l’utilité du service

C’est pour leurs expériences du business internet que l’entrepreneur s’est adressé aux fondateurs de Vente Privée, Free et Meetic pour lever des fonds. Ayant créé l’an dernier la première école des métiers du web, ces trois entrepreneurs étaient également à même de bien cerner l’enjeu que représente le financement des études pour les générations futures.

Plan de financement à 3 ans

Le plan de financement à 3 ans est un tableau qui synthétise d’une part l’ensemble des ressources financières et d’autre part, l’ensemble des besoins prévus.

Ce tableau intéresse tout particulièrement le banquier car il permet de définir avec précision le montant des ressources nécessaires à l’entreprise pour se financer.

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Le contrat pro, pour une embauche à la mesure de vos innovations

Pourquoi choisir le contrat pro ? Il n’est pas toujours simple de trouver sur le marché du travail des personnes maîtrisant les nouvelles fonctions nécessaires. Le contrat de professionnalisation peut s’avérer alors très utile pour concilier innovation, formation et recrutement. Témoignage de Frank Nataf, dirigeant de la société ADVITAM

Pourquoi votre société cherchait-elle à recruter ?

ADVITAM est une structure d’aide à domicile pour les publics dépendants, soit âgés, soit handicapés. Nous sommes situés à Paris, Toulouse et Cherbourg et comptons en tout 130 salariés. Depuis trois ans, nous avons créé un certain nombre d’offres spécialisées par rapport à des besoins de nos clients. Nous avons décidé notamment de monter un service pour personnes sourdes, maîtrisant la langue des signes française (LSF). L’idée était que le meilleur accompagnement serait fait par des personnes elles-mêmes sourdes, signant LSF.

Mais recruter de nouveaux salariés n’était pas facile…

En effet, nous avions un problème car nous ne parvenions pas à trouver des personnes sourdes formées à ce métier. Par ailleurs, il n’existait pas vraiment de formation adaptée. Nous avons donc décidé de créer une formation, en nous inspirant du contenu du titre professionnel déjà existant Assistant de vie aux familles. Cela s’est fait avec CAP Emploi et le GRETA. Les cours ont été adaptés, dispensés en LSF, avec des focus sur des points spécifiques comme la gestion simultanée de la surdité et de l’autisme ou de la perte de vue.

Pourquoi réaliser ces nouvelles embauches en contrat de professionnalisation ?

Nous avons choisi le contrat de professionnalisation car ce contrat offre l’avantage de coupler une formation avec une mise en situation. Au total, une dizaine de personnes ont été recrutées. Au départ, elles ont travaillé en doublon avec des auxiliaires de vie et au fur et à mesure, elles ont gagné en autonomie, avec une supervision assez resserrée par notre psychologue.

Avez-vous trouvé des aides dans votre démarche ?

Cap Emploi nous a accompagné dans notre première étape de recrutement, pour monter ce dispositif et identifier des candidats. Nous avons aménagé une structure passerelle de formation, en amont des recrutements, qui a concerné 13 ou 14 personnes. à la suite de cela, les contrats de professionnalisation ont été signés, en CDD d’un an, l’objectif étant à terme de signer avec tout le monde un CDI. Nous avons reçu les aides de l’AGEFIPH, mais nous attendons encore la réponse concernant les exonérations de charge via Pôle Emploi. Cela permet de compenser un surcoût, car, au démarrage du contrat, ces salariés sourds ont eu besoin d’un encadrement assez important, ce qui peut être coûteux, notamment en termes d’interprétariat. Nous aurions de toute façon choisi cette formule sans les aides, car elle correspond à notre projet.

Au final, comment jugez-vous cette expérience ?

Les retours que nous avons montrent que cette formule semble convenir aux personnes ayant été embauchées. La difficulté a surtout été, au tout début, d’expliquer aux personnes sourdes ayant du mal avec le français, tous les enjeux du contrat de professionnalisation. Il nous fallait être le plus clair possible dès le départ, sur les notions d’alternance, de professionnalisation, de partage du temps entre travail et formation… Même avec un interprète, cela reste difficile.

Pour nous, ce contrat reste une très bonne solution, surtout sur des métiers où la meilleure acquisition de connaissance se fait sur le terrain, plutôt qu’en cours. Il y a besoin de beaucoup de pratique, en complément des aspects théoriques. Au final, je pense que c’est une expérience très positive. Cela nous a d’ailleurs convaincu de renouveler l’expérience, en formant une deuxième promotion à partir de janvier 2012, en réponse à une demande importante parmi le public sourd.

Aides financières par l’Agefiph

L’AGEFIPH propose un ensemble d’aides financières et de services pour faciliter l’insertion des travailleurs handicapés par les entreprises. Dans le cadre du contrat de professionnalisation en particulier, ces aides s’adressent aux personnes handicapées afin de les soutenir dans leur démarche de professionnalisation ainsi qu’aux entreprises pour les inciter à recruter des personnes handicapées. Chacun pourra être destinataire de subvention(s) spécifique(s).
CAP EMPLOI est l’organisme qui facilite le recrutement et l’intégration dans l’entreprise de collaborateurs handicapés. Les conseillers Cap Emploi apportent aides et conseils pour le recrutement et l’intégration de collaborateurs handicapés :

  • Analyse des postes à pourvoir et des profils recherchés.
  •  Information sur le handicap en situation de travail et, en fonction des besoins, les moyens de le compenser.
  •  Recherche et présentation de candidats.
  • Mobilisation des aides financières existantes : contrats aidés par l’Etat, prime à l’embauche Agefiph, …
  •  Suivi de la personne nouvellement embauchée.
  •  Appui au montage de dossiers Agefiph, le cas échéant : aménagement de poste, formation, tutorat, …
  •  Information sur les aides et dispositifs existants pour préserver l’emploi du salarié en cas d’aggravation du handicap ou d’évolution du poste de travail. www.agefiph.fr

Les bons plans de Canel Frichet, DG de Winamax

La directrice générale du site de poker en ligne Winamax nous parle de ses trucs et astuces pour mieux gérer son temps, son argent, son entreprise ou encore sa vie personnelle.

Quels sont vos trucs pour perdre le moins de temps possible, pour optimiser votre agenda ?

Nous avons opté pour une équipe à taille humaine (70 personnes) relayée par des agences (créative, évènementielle, média…) lorsqu’il faut déployer des opérations d’envergure et chronophages. Cela permet d’avoir une communication interne permanente sans être obligé de passer des heures en réunion sur chaque sujet. Avec les partenaires, agences ou avec les différents prestataires, je ne réserve du temps que pour les rendez-vous où je suis indispensable.

Il m’arrive aussi de démarrer des réunions pour donner l’impulsion et les grandes lignes, et de laisser les équipes continuer pour passer en revue l’ensemble des points opérationnels. En d’autres termes, il faut apprendre à déléguer correctement petit à petit, de manière à pouvoir élargir son champ d’action. Côté pratique, mes rendez-vous Outlook remontent dans l’agenda de mon IPhone, je ne prends que des taxis dans Paris (appli G7) pour éviter les galères de parking. Et puis, j’évite d’accepter systématiquement un déjeuner, pour ce qui peut être un rendez-vous d’une demi-heure à mon bureau !

Quelles tâches déléguez-vous ? À qui ?

Au-delà du principe de délégation, chaque spécialiste dans son domaine est autonome. Nous échangeons en amont sur le plan stratégique, sur le plan des ressources (financières, humaines), nous établissons un calendrier approximatif, et le reste est à la responsabilité du responsable de pôle. La suite des interactions prend deux formes : la remontée d’informations sur l’avancement du projet (2 à 3 fois selon la taille du projet) qui est l’occasion de validations éventuelles ; et les problèmes ou interrogations qui peuvent nous amener à modifier les plans de départ.

Quelle a été votre stratégie pour acquérir rapidement des clients ?

Dans l’industrie du poker en ligne, atteindre une masse critique de clients est clé. Pour résumer, plus vous avez de clients, meilleure est l’offre de poker (nombre de tournois à toute heure, montant des gains affichés…). Notre premier objectif était donc de réunir sur notre plateforme de jeu le plus grand nombre de joueurs de poker. Lors de l’ouverture des jeux en ligne à la concurrence, en juin 2010, dans un encombrement médiatique fort, nous avons mené une grande campagne de communication pour recruter de nouveaux clients.

Notre problématique était double : créer une marque forte sur le long terme et, à court terme, émerger dans un contexte hyper concurrentiel. Nous avons donc concentré nos efforts sur deux médias : la télévision, pour livrer un message de marque et développer une notoriété ; et le web, en mode « test & learn » pour aller chercher les joueurs de poker avec un circuit d’acquisition court et traçable. Enfin, nous avons pris le risque de déployer une grande partie de notre budget dans les premiers mois d’été (période habituellement creuse pour le poker en ligne), ce qui a permis à la fois de prendre nos concurrents de court, et de générer un chiffre d’affaires permettant de continuer à investir les médias sur le moyen terme.

Comment faisiez-vous au départ pour économiser de l’argent ?

Il faut parfois mieux se demander ce que peut rapporter le budget investi ! Dans un contexte d’ouverture de marché et de création de marque, notre pari a été celui de l’investissement. Plus un marché est investi par la concurrence, plus il devient coûteux de recruter des clients. Le budget est donc relatif au contexte… En revanche, une vigilance permanente est apportée au contrôle des coûts fixes. Pour pouvoir absorber les mouvements du marché et les changements législatifs éventuels, garder une structure souple est à mon sens crucial.

Avez-vous été accompagnée ?

J’ai fait appel à un certain nombre de spécialistes des médias, de la pub, du référencement, du SEM. à l’issue des appels d’offre, les choix d’agences ont été faits selon deux critères principaux : l’aptitude des équipes agence et interne à se comprendre et à travailler ensemble, et le niveau de spécialisation de l’agence. En définitive, les agences dites « 360° » non spécialistes, proposant des réunions de travail à 10 personnes et plus ont été écartées. Attention également à la taille de l’agence. Plus cette dernière est importante, plus elle aura tendance à travailler avec des prestataires de renom… faisant vite grimper vos factures de production.

Quels conseils pourriez-vous donner aux entrepreneurs pour leur permettre d’améliorer leurs vies personnelles ?

L’équilibre vie professionnelle / vie privée des entrepreneurs est souvent difficile à trouver, puisqu’ils sont animés par une grande motivation ou aspiration pour leur travail. Je me suis néanmoins parfois rendu compte que de prendre un peu plus de temps pour soi permettait de revenir dans l’entreprise avec plus de recul, et plus de punch. In fine, du temps et de l’efficacité gagnée ! Beaucoup de managers de la Silicon valley disent à leurs cadres que s’ils n’arrivent pas à terminer leur journée à 18h, c’est qu’ils sont mal organisés…. à méditer.

Quelles sont vos astuces pour réseauter efficacement ?

L’intérêt que vous portez aux entreprises qui vous entourent (secteur, réseau personnel) vous permettra de trouver une écoute auprès de leur dirigeant. La curiosité est à mon sens la base de l’échange. Quant au réseau en lui-même, il se déploie au fur et à mesure que l’on parle de son projet, ou de son entreprise, quand on a souvent tendance à cultiver la discrétion ou le secret.

Téléprocédure fiscale : les obligations

Les entreprises peuvent être soumises à l’obligation de télédéclarer et/ou télépayer leurs impôts. Les obligations varient pour chaque impôt en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise. Les obligations de la Téléprocédure fiscale varient pour chaque impôt en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise

L’obligation de télédéclarer et télépayer la TVA

Le seuil de l’obligation de télédéclarer et de télérégler la TVA est fixé à 230 000 € HT depuis le1er octobre 2011, c’est-à-dire pour les exercices de référence clos au titre d’une période postérieure à août 2010). Si le chiffre d’affaires de l’avant dernier exercice clos dépasse le seuil, vous entrez dans l’obligation. Ainsi, dès le deuxième mois suivant la clôture de votre exercice, vous devez télédéclarer et télépayer la TVA due en ligne sur impots.gouv.fr (Professionnels > Espace abonné) ou par l’intermédiaire d’un prestataire EDI (expert-comptable, etc.).

L’obligation de télépayer l’impôt sur les sociétés (IS) et la taxe sur les salaires (TS)

Le seuil de l’obligation de télépayer l’impôt sur les sociétés (IS) et la taxe sur les salaires (TS) est fixé à 230 000 € HT depuis le 1er octobre. Il faut tenir compte du chiffre d’affaires de l’exercice clos précédent celui au titre duquel les échéances sont dues. Le télépaiement s’effectue en ligne sur impots.gouv.fr (Professionnels > Espace abonné). Il pourra également s’effectuer par l’intermédiaire d’un comptable pour déclarer la TVA ou d’un prestataire (partenaire EDI) à compter de la fin de l’année 2011. Remarque : l’obligation de télérèglement de la TS est liée à l’obligation de télérèglement de l’IS. En conséquence, une entreprise sera astreinte au télépaiement de la TS uniquement si elle est soumise au télérèglement de l’IS.

Les obligations de paiement en matière de cotisation foncière des entreprises (CFE)

Depuis le 1er octobre 2011, les entreprises dont le chiffre d’affaires hors taxes de l’exercice précédent dépasse 230 000 € ont le choix entre le télérèglement et le prélèvement mensuel ou à l’échéance pour payer la cotisation foncière des entreprises. La possibilité de payer la CFE par virement n’est plus autorisée à compter de cette date. Le télépaiement s’effectue en ligne sur impots.gouv.fr (Professionnels > Espace abonné). Les entreprises qui ne dépassent pas ce seuil peuvent utiliser le télépaiement ainsi que les moyens traditionnels (chèque, prélèvement mensuel, prélèvement à l’échéance, TIP ou numéraire).

L’obligation de déposer les déclarations de résultats et de CVAE avec la procédure TDFC

Si le chiffre d’affaires de votre entreprise dépasse 15 000 000 € HT (le projet de loi de finances pour 2012 abaisserait le seuil de l’obligation de télédéclaration et de télérèglement, notamment en supprimant le seuil de 15 M€ à partir du 1er janvier 2013), et si les résultats sont soumis à l’impôt sur les sociétés, vous devez transmettre la déclaration de résultats par l’intermédiaire d’un partenaire EDI (procédure EDI-TDFC). Si le chiffre d’affaires de votre entreprise dépasse 500 000 € HT, vous devez télédéclarer et télérégler la CVAE. La CVAE (formulaire 1330) est télédéclarée selon la procédure EDI-TDFC.

L’obligation de télépayer la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE)

Toutes les entreprises redevables de la CVAE ont l’obligation de télépayer les acomptes et le solde de la cotisation. Le télépaiement s’effectue en ligne sur impots.gouv.fr (Professionnels > Espace abonné). Il peut, depuis le 15 juin 2011, s’effectuer par l’intermédiaire d’un comptable ou d’un prestataire (partenaire EDI). Les relevés d’acomptes (1329-AC) du 15 juin et du 15 septembre 2011 ont été télédéclarés et télépayés. Cette souscription peut s’effectuer soit par la procédure EDI, soit par la procédure EFI via le portail www.impots.gouv.fr (Professionnels > Espace abonné).

Mobilité électrique : anticiper les besoins

La jeune entreprise Advansolar a fait le pari d’être prête pour l’arrivée des véhicules électriques et de produire l’énergie solaire dont ils auront besoin sur le lieu même de consommation.

Après avoir travaillé plusieurs années dans le secteur des énergies fossiles, Raphael Brière, ingénieur, en était sûr : le secteur énergétique serait le cœur de l’activité de sa future entreprise. Mais pas n’importe quelle énergie : une énergie propre et prometteuse… l’énergie solaire. Il met alors au point un concept de production d’énergie solaire consommée sur le lieu de sa captation. Cette énergie n’est pas donc vendue en tant que telle. C’est ainsi qu’est née l’entreprise Advansolar, qui compte aujourd’hui 6 personnes.
L’entrepreneur n’a pas souhaité bâtir un modèle économique sur la base de subventions. Il a préféré faire le choix de la liberté, sans dépendre de l’état et des régulations de législation.

Un produit livré clé en main

Avant la création de la société en 2010, Raphael Brière a traversé une longue période d’étude de marché, d’analyse, d’évaluation, de rencontres des divers acteurs pour parfaitement appréhender les besoins et les attentes. Sa volonté était alors surtout d’anticiper ces besoins pour être le premier intervenant sur le marché.Une première levée de fonds de 200 000 € permet de faire la preuve du concept et de construire le premier Sun Pod : un abri de recharge solaire pour tous types de véhicules électriques. Cet abri pour vélo, moto, voiture, voiturette de golf ou fauteuil pour personne à mobilité réduite ne fonctionne qu’à l’énergie solaire et sans raccord au réseau. La société assure le produit complet : conception, fabrication et installation. L’abri énergétique est livré clé en main prêt à recevoir les véhicules.

Les marchés publics : être patient

Aujourd’hui la société est prête à installer tout abri solaire pour les parcs de véhicules électriques qui doivent être rechargés… mais le marché est encore modeste, même si le volume des vélos électriques vendu a progressé de 33 % en 2010. Dans la mesure où les plus gros clients potentiels sont les collectivités, les communes, les communautés urbaines et les grandes entreprises, il convient de savoir être patient, car le cycle de décision est long. En 2011, la société a tout de même réussi à facturer des prestations et construit un abri cycles électriques pour la communauté urbaine de Nice-Côte d’Azur.

Patienter en s’attaquant au marché privé

Décider de se lancer sur un futur secteur à succès par anticipation nécessite de pourvoir attendre. Pour cela, Advansolar s’est attaqué au marché des particuliers en créant le Sun Pod Home. Cet appareil permet d’abriter une voiture et de produire de l’énergie solaire à usage domestique. Ce marché est davantage mûr que les marchés publics et le circuit de décision est beaucoup plus rapide. Un secteur qui permet à Advansolar de patienter avant l’éclosion du marché public pour son offre.

Advansolar prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros en 2012 et d’être à l’équilibre fin 2013. La société souhaite se structurer industriellement afin de pouvoir répondre à la perspective d’une grosse production et également de se développer à l’export. C’est pourquoi elle procèdera à une deuxième levée de fonds au premier semestre 2012, probablement auprès de partenaires industriels.

Pour Raphael Brière, l’aventure de chef d’entreprise innovante est passionnante, d’autant plus que son concept unique a fait ses preuves sur le terrain. Reste à patienter quelques mois avant d’exploiter la venue à maturité du marché public, tout en veillant à toujours garder son avance.

Les 3 conseils de Raphael Brière

  1. Lancez-vous ! C’est toujours le premier pas qui est le plus dur à faire. Après, tout est plus facile.
  2. Parlez de votre projet et écoutez les avis des autres. Pour faire avancer son projet, il faut prendre des conseils autour de soi en échangeant avec d’autres chefs d’entreprise. Le piège est de rester seul.
  3. Osez ! C’est sûrement le principal conseil que je donnerai à une personne qui souhaite se lancer !

Interview de Boris Saragaglia, Fondateur de Spartoo

Retrouvez notre interview exclusive de Boris Saragaglia, Fondateur de Spartoo

Pourquoi avoir choisi la voie de l’entrepreneuriat ?

J’ai eu naturellement envie d’entreprendre et de créer une entreprise car j’aime construire des choses à partir de rien et en faire un succès. J’aime construire un projet, lui donner du sens et des valeurs qui me correspondent. Je suis aussi très attaché à ma liberté. Tout ça fait que j’ai décidé de me lancer dans le projet Spartoo pendant mon cursus à HEC entrepreneurs.

Comment avez-vous trouvé l’idée de votre entreprise ?

Je savais que les business qui se développent très fortement sur les autres continents finissent toujours par arriver en Europe. J’ai donc analysé les portfolios des sociétés de capital risque aux états-Unis et en Asie. J’ai remarqué qu’en 2004, Sequoia Capital avait investi 40 millions de dollars dans Zappos, un site américain de vente de chaussures en ligne. J’ai donc décidé de reproduire le modèle en Europe.

Spartoo n’est donc pas né par passion mais plutôt par raison ?

Complètement, c’est une idée qui a émergé à partir de l’analyse de données très simples. Je pense que pour entreprendre il faut être passionné, mais passionné par le travail, par la résolution de problématiques, pas forcément du produit qu’on vend.

Vous êtes vous associé pour créer Spartoo ?

Oui, comme j’aime les belles histoires humaines, j’ai emmené deux copains avec moi dans l’aventure ! Ils sont d’ailleurs toujours présents à mes côtés dans l’aventure cinq ans après. J’aime les belles histoires et surtout j’aime les construire avec des gens.

A l’époque le business de la chaussure sur le net n’existait pas en France. Ne vous a-t-on pas pris pour un fou ?

J’avais alors 23 ans et je proposais de vendre des chaussures sur Internet, ce qui n’était absolument pas dans les habitudes de consommation… alors oui, j’ai été très peu pris au sérieux ! Mais ce n’est pas grave, j’ai fait preuve de ténacité et nous avons construit l’entreprise pas à pas.

Comment avez-vous financé le démarrage ?

J’ai levé un premier million en 2006. J’ai par la suite fait deux autres levées de fonds, en 2007 4,3 millions auprès d’un fonds français, puis 12,3 millions auprès notamment de fonds américains prestigieux, il y a deux ans. Nous avons levé le premier million en présentant des maquettes du site qui n’était pas encore lancé et en parlant des partenariats avec les marques que nous étions en train de conclure.

N’était-ce pas difficile d’être crédible face aux investisseurs à seulement 23 ans ?

J’ai pallié cette difficulté en leur donnant un maximum de lisibilité sur ce que je voulais faire. J’expliquais exactement comment je souhaitais procéder pour le développement de Spartoo. Puis j’ai fait en sorte de réaliser toutes les promesses que j’avais vendues aux investisseurs, et petit à petit ma crédibilité envers eux s’est renforcée.

Quand vous avez lancé Spartoo vous aviez en tête une ambition pour cette entreprise ?

Ce qui m’importe depuis le départ c’est de construire une société solide sur le long terme. Je me suis donc assuré que chaque élément soit basé sur des fondamentaux solides. J’avais également envie de créer un vrai leader européen dans son secteur.

Comment gérez-vous la concurrence avec les autres sites positionnés sur le même secteur ?

Déjà je pense que ce n’est pas grave d’avoir la même idée de business que d’autres personnes. L’important est de la réaliser mieux qu’eux. Alors nous travaillons dur afin d’être toujours plus proches de nos clients et d’être meilleurs sur l’offre aussi.

Comment vous expliquez-vous le succès de Spartoo ?

Nous nous basons sur trois grandes orientations : d’abord nous sommes toujours axés vers nos clients, puis nous définissons toute notre stratégie à partir de données chiffrées et enfin nous avons une plateforme technologique puissante qui nous permet de nous développer facilement.

Vous avez une vision très rationnelle du business ?

Je travaille comme un architecte. Nous devons construire une belle tour, solide, qui résiste aux intempéries  et pour cela, nous devons nous fonder sur des données tangibles, pas sur des spéculations.

Selon vous quel est le rôle du patron ?

Je me vois surtout comme un coéquipier ayant pour objectif de résoudre les problématiques avec ses équipes et de challenger ses collaborateurs sur leurs objectifs. Nous avons une approche de la hiérarchie très plate au sein de Spartoo : on discute avec moi comme avec les autres.

Est-ce facile de gérer un tel succès professionnel si jeune ?

Déjà moi je ne vois pas cela comme un succès, mais plutôt comme un bon démarrage ! Pour moi, l’aventure Spartoo est avant tout une aventure humaine sympa à vivre ! Après, je ne prends pas le temps de me retourner pour voir si c’est un succès ou pas. Je préfère regarder devant et penser à la suite.

Quel est votre rêve pour les 40 prochaines années de votre vie professionnelle ?

Je ne suis pas quelqu’un qui rêve. Je fais simplement des choses que j’aime : construire et jouir de ma liberté. Je préfère vivre et trouver mon bonheur dans le présent, plutôt que de m’imaginer un monde meilleur pour le futur. Je n’ai pas l’habitude de me projeter dans le futur ou de regarder le passé. Je savoure simplement l’instant présent.

Vous sentez-vous en décalage avec vos amis par rapport à votre réalité quotidienne de chef d’entreprise ?

Complètement. Mais j’essaie d’avoir le recul nécessaire et la maturité suffisante pour gérer cette problématique. l

5 conseils

  1. Se concentrer sur ses clients. C’est la chose la plus importante dans le business.
  2. Toujours appuyer ses stratégies sur des données chiffrées. Il ne faut pas opposer cette manière de fonctionner à la créativité. Ce n’est pas parce que vous êtes rationnel que vous n’êtes pas créatif.
  3. Résoudre les problèmes à court terme avec une vision du long terme. Il faut toujours penser à construire solide.
  4. S’entourer de personnes experts qui sont belles humainement et avec qui vous prenez plaisir à travailler, mais s’assurer aussi qu’ils sont bons dans leur travail.
  5. Ne pas avoir une vision mono-pays de son business. L’économie a besoin d’entrepreneurs forts sur l’Europe. Pensez votre entreprise de manière globale mais agissez sur le local, en essayant de bien comprendre chaque pays.

Interview de Jean-Claude Bourrelier, Fondateur du groupe Bricorama

Retrouvez notre interview de Jean-Claude Bourrelier, Fondateur du groupe Bricorama

Comment en êtes-vous venu à l’entrepreneuriat ?

J’ai commencé à travailler un peu avant mes 14 ans. Issu d’une famille modeste, avec un père atteint d’une maladie professionnelle, je n’ai pas eu d’autres choix que d’arrêter l’école, même si j’étais bon élève. J’ai commencé comme apprenti boulanger, avant de devoir passer apprenti charcutier à cause de problèmes d’oreilles. Mon CAP charcutier en poche, je suis monté à Paris pour trouver du travail. Là j’ai enchaîné les petits boulots… avant de m’installer à mon compte. C’est à 29 ans que j’ai monté mon premier magasin de bricolage.

Pourquoi avoir choisi la voie de la création d’entreprise ?

Le patron pour lequel je travaillais ne voulait pas me faire progresser dans l’entreprise malgré mes bons résultats, simplement parce que je n’avais pas les diplômes nécessaires. Comme j’avais envie d’évoluer, la seule solution restait la création d’entreprise.

Pourquoi avoir choisi de monter un magasin de bricolage ?

Je travaillais alors chez Black et Decker et visitais régulièrement des magasins de bricolage. J’ai donc trouvé que c’était une bonne opportunité pour moi. Aujourd’hui l’entreprise Black et Decker fait partie de mes fournisseurs. Quand elle voit l’énergie que je mets pour développer mon groupe, elle ne comprend pas pourquoi les dirigeants de l’époque n’ont pas voulu me donner une promotion !

Comment avez-vous financé votre premier magasin ?

Sans argent. J’avais demandé de l’argent aux banquiers qui m’ont répondu que je devais d’abord faire un business plan. Une fois ce document réalisé, je suis retourné les voir. Ils m’ont dit cette fois-ci que je devais d’abord signer le bail. Après l’avoir fait, je suis retourné les voir. Ils m’ont fait patienter encore trois mois pour me signifier leur accord. Le comité de crédit, ayant vu que mes recettes étaient largement au-dessus des prévisions du business plan, a accepté de me financer. Mais ce n’était plus la peine ! Je n’avais jamais été aussi riche ! J’ai réussi à financer le développement grâce aux avantages apportés par le crédit fournisseur, le fait de payer le stock après avoir touché l’argent des clients.

Qu’est-ce qui a fait la différence entre un magasin de bricolage de quartier et le vôtre ?

Quand je retourne dans mon premier magasin, qui est toujours ouvert, j’y rencontre mes premiers clients qui me disent qu’ils étaient sûrs que j’allais réussir. Selon eux, je mettais beaucoup d’énergie, de sérieux et de passion dans le développement de mon magasin. Et je pense que j’ai toujours été très à l’écoute du client.

Et comment avez-vous développé cette qualité d’écoute du client ?

Sans doute cette capacité à bien écouter les clients est-elle liée à mon expérience. J’ai été quasiment sourd jusqu’à l’âge de 20 ans, ce qui fait que j’étais constamment obligé de bien tendre l’oreille pour essayer d’entendre, et d’observer le visage des gens pour lire sur leurs lèvres. J’ai donc appris à être très à l’écoute des gens grâce à ce handicap. Puis, à 20 ans j’ai subi une opération pour me guérir de ma surdité. Ça a été formidable, une seconde naissance ! J’ai pu quitter mon métier de charcutier et espérer connaître un développement au niveau professionnel. Quand on surmonte un handicap, il devient une vraie force. Ça ne sert à rien de se plaindre de ses difficultés car on peut s’en servir comme un tremplin et que de toutes façons les gens n’aiment pas les pleureurs !

Comment votre entreprise se situe-t-elle aujourd’hui sur le marché du bricolage ?

Ce marché est structuré en duopole avec deux enseignes filiales d’hypermarchés : Leroy Merlin, filiale d’Auchan et Castorama, ancienne filiale de Carrefour, revendue depuis à un groupe anglais. Grâce à la puissance financière des hypermarchés, ces deux leaders représentent 70 % du secteur. Bricorama se place comme le challenger sur ce marché.

Comment avez-vous développé le groupe Bricorama ?

Par la croissance interne et externe à la fois. Nous ouvrons chaque année de nombreux magasin et rachetons des enseignes dès qu’une occasion se présente. J’ai racheté ainsi Bricostore, la Bricaillerie, Outirama… des entreprises en difficultés car elles n’avaient pas été gérées de manière rigoureuse. C’est la loi du capitalisme : les plus faibles disparaissent et seuls les forts persistent.

Comment vous êtes-vous développé à l’international ?

J’ai racheté des enseignes à l’étranger et j’ai ouvert de nouveaux magasins. Mais pour moi l’international reste une chose très complexe. Cela représente un vrai risque pour une entreprise de s’attaquer à l’étranger. Chaque pays a ses habitudes de consommation différentes, les gens pensent différemment, leurs styles de vie varient beaucoup. L’international, c’est une remise en cause permanente.

Pourquoi avoir fait le choix d’entrer en Bourse en 1996 ?

A l’époque je voulais racheter une très grosse enseigne leader sur le marché. Pour cela, il me fallait augmenter mon capital et j’ai donc fait le choix d’entrer en Bourse. Ce rachat allait nous faire plus que doubler et j’avais donc besoin d’associés pour faire cette acquisition. Malheureusement, Leroy Merlin m’en a empêché car ils étaient plus riches. J’ai alors essayé de sortir de la Bourse mais des « fonds vautours » m’ont bloqué.

Vous regrettez cette introduction en Bourse ?

Aujourd’hui c’est pour moi un handicap d’être en Bourse. Cela donne énormément de contraintes, c’est une vraie lourdeur au quotidien ! Nous avons en plus été obligés de passer d’Euronext à Alternext, ce qui nous a coûté très cher.

Quand vous vous êtes lancé, aviez-vous l’ambition de développer un tel groupe ?

Non pas du tout ! J’ai été pris un peu malgré moi dans cet engrenage. Après avoir un ouvert un premier magasin, je me suis dit qu’avec un second ce serait mieux. Puis j’ai pensé qu’avec 5 magasins la gestion serait plus facile… Et puis après ce fut l’engrenage d’une entreprise qui doit toujours se développer sans jamais stagner.

De quoi êtes-vous le plus fier ?

D’avoir duré. Ce qui est le plus difficile, c’est de faire perdurer une entreprise. Je ne sais pas encore de quelle manière ça se fera, mais mon souhait est que le groupe continue à se développer quand je ne serai plus là.

Le travail est une valeur qui vous est chère ?

Oui, mon père m’a toujours conseillé de ne rien attendre des autres et de ne compter que sur mon propre travail pour m’en sortir. Depuis 51 ans, je travaille toujours 7/7 jours ! Cela me permets de ne jamais être fatigué, car je pense que c’est lorsqu’on s’arrête qu’on perd son énergie. Les vacances, ça me fatigue, alors que le travail, non !

Que vous a apporté cette origine modeste ?

La niaque. Lorsqu’on n’a pas la chance d’avoir eu des diplômes, on n’est sans cesse obligé de faire ses preuves, de prouver sa valeur. Aujourd’hui je recrute d’ailleurs davantage les personnes au feeling, en fonction de leur niaque, plus qu’au regard de leurs diplômes. Cette niaque est née en moi car j’étais « traumatisé » par le futur. Lorsqu’on nait dans un milieu ouvrier et qu’on réfléchit un peu, on se dit que toute sa vie on restera dans la même condition sociale que ses parents. C’est très angoissant. Donc j’ai choisi de ne pas me plaindre de mon sort et de me battre pour y arriver, grâce au travail.

Vous avez désormais totalement changé votre condition sociale…

Oui, mais je ne suis pas du tout matérialiste. Dans mon bureau, tout est de la récup’ ! Et je roule en Peugeot 407, pas dans une grosse berline ! Quand vous vous enrichissez, vous vous rendez compte que ce n’est pas l’argent qui fait le bonheur.

Regrettez-vous toujours le fait de ne pas avoir pu avoir de diplômes ?

Oui, car si j’avais eu des diplômes, ma vie serait totalement différente. Quand vous êtes issu de grandes écoles, on vous voit comme l’élite de la nation et toutes les portes vous sont ouvertes. Si j’avais été énarque, je sais qu’aujourd’hui je serai patron d’une entreprise du Cac 40. Je ne me plains pas de ma situation mais je suis lucide. l

5 conseils

  1. Beaucoup travailler. Lorsqu’on fait des erreurs, si l’on travaille beaucoup, on peut les corriger rapidement. Diriger une entreprise, c’est comme piloter un bateau. Celui qui n’est pas tout le temps à la barre aura du mal à redresser le navire qui a pris une mauvaise direction. Alors que si le capitaine reste à la barre, il pourra vite s’apercevoir que le bateau dérive pour le redresser.
  2. Plus l’entreprise est grande, plus il faut être vigilant. Plus le navire est grand, plus il sera difficile à redresser. Quand on a une petite entreprise on rêve du moment où elle aura grandi. Mais quand on atteint une taille importante, on comprend que cela demande encore plus de vigilance, car chaque erreur de pilotage peut être très longue à corriger.
  3. Être à l’écoute du client. C’est l’empathie envers le client, cette envie de répondre précisément à ses besoins qui fera la différence.
  4. Faire preuve d’exemplarité. Ce n’est qu’en montrant l’exemple qu’on peut manager ses équipes efficacement. J’essaie d’appliquer moi-même toutes les choses que je demande à mes équipes.
  5. Tenir ses engagements ! Auprès de ses clients comme avec ses collaborateurs.

Entreprendre autrement avec Flandre Ateliers

Une entreprise en avance sur son secteur avec une équipe composée à 80 % de personnes handicapées… Flandre Ateliers, une exception ou une entreprise d’avenir ? 

Entre un père chef d’entreprise et une mère médecin du travail, on pourrait dire qu’Hervé Knecht, le président du directoire de Flandre Ateliers, a réussi une synthèse parfaite : celle de devenir chef d’entreprise sociale et solidaire.

Aujourd’hui Flandre Ateliers compte 300 collaborateurs, réalise 11 Millions d’euros de chiffre d’affaires et s’est spécialisé dans le service tertiaire : centre d’appels, numérisation et scanérisation.

En 1991, lorsqu’il crée son entreprise située dans le nord, Hervé Knecht s’adresse naturellement aux 2 gros donneurs d’ordre de la région : La Redoute et les 3 Suisses. Financé d’abord par des investisseurs du milieu solidaire, tels que La Nef ou Cigales, il crée un centre d’appels et un atelier de conditionnement de tri et de contrôle textile. Il obtient très vite son agrément d’entreprise adaptée.

Faire évoluer l’entreprise pour maintenir les emplois

Mais quelques années plus tard, la délocalisation des centres d’appels et la baisse de l’activité manutention et contrôle au profit de nouveaux intervenants logisticiens pose le problème de la survie de Flandre Atelier : « Mon objet est d’employer durablement, il ne pouvait donc pas y avoir d’ajustement par les salaires » déclare fermement le dirigeant. Finalement, il ne licencie pas et recherche quels seront les marchés de demain, vers lesquels reconvertir l’entreprise.

Il perfectionne son centre d’appels et investit en 2008 1,5 Million d’euros pour créer un service de scanerisation et numérisation. Il met alors en place un énorme plan de formation pour aménager l’employabilité de tous ses collaborateurs « qui ont abandonné leur bleu de travail au profit d’écrans et de chemise blanche. Une belle aventure humaine ! » raconte le chef d’entreprise.

Ses clients aujourd’hui sont notamment Bouygues Telecom pour la numérisation de tous les contrats, SNCF pour le traitement des courriers de réclamations, ou Orange pour la gestion du courrier des boutiques.

Une entreprise solidaire avant tout

« Je gère des compétences avant de gérer des handicaps. Toute décision au sein de l’entreprise prend en compte deux paramètres : l’aspect économique et le besoin social » explique Hervé Knecht. « Une entreprise adaptée rend un vrai service de prestation sociale pour lequel elle reçoit un financement de l’état, une subvention. Mais c’est comparable à de nombreuses entreprises conventionnelles qui reçoivent aussi des subventions pour s’installer dans des zones d’aménagement prioritaire. »
Autre particularité de l’entreprise adaptée : celle-ci doit savoir gérer un absentéisme important. Car un de ses collaborateurs peut traverser des périodes de faiblesse morale ou physique. Il convient alors de mettre en place une organisation du poste pendant son absence puis de lui faciliter son retour le mieux possible.

Le comportement éthique dans l’entreprise est présente à tous les niveaux et également au niveau des salaires qui ne vont pas au dessus de 7 fois le SMIC. Atelier Flandre n’a pas d’actionnaire qui exigerait chaque année des performances au-delà de la rentabilité actuelle.

Cela n’empêche pas de voir plus loin. Le dirigeant a déjà créé deux autres entreprises sociales : Ettique, pour le travail temporaire, et Insertel, pour l’insertion par les métiers du travail à distance. Ce sont au total 500 collaborateurs qui sont déjà rejoints par les 40 collaborateurs d’une nouvelle entreprise de reconversion : passer de la manutention à la numérisation.

Article par ELISABETH LECUYER