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Association dans la reprise : attention danger !

Reprendre une entreprise avec des associés peut être un bon moyen pour développer rapidement un projet… à condition de bien maîtriser l’art de l’association entrepreneuriale ! L’association à plusieurs co-entrepreneurs dans le cadre d’une reprise d’entreprise se fait souvent avec plusieurs associés actifs, au sens où chacun d’eux prévoit de participer activement à la conduite de l’entreprise.

La finalité de la reprise reste souvent assise sur une communauté d’intérêts et sur une répartition des pouvoirs et du capital pertinente et stable. Au-delà de l’approche financière, le projet industriel constituera le socle du partenariat.

Une formule qui a des avantages et inconvénients

L’association est souvent une question d’apports financiers : ils sont plus conséquents à plusieurs que tout seul et permettent de cibler des entreprises de tailles plus importantes. Mais ce n’est pas la seule raison qui incite à reprendre une entreprise à plusieurs. On pensera notamment à l’optimisation des compétences des associés, à la mutualisation des compétences et des visions pour les décisions stratégiques ainsi qu’à la complémentarité des compétences. De manière plus basique, la présence de plusieurs associés permet souvent de réduire les coûts en apportant une force de travail peu onéreuse puisque nombre de repreneurs comme pour les entrepreneurs mettent plusieurs années avant de se payer et apportent donc gratuitement leur force de travail.

S’associer n’a pas que des avantages puisque dans la reprise, l’association peut entraîner des démarches plus compliquées (recherche de dossiers qui permettent de supporter les rémunérations des associés le cas échéant et qui correspondent au plus près au cahier des charges). Ils existent comme pour toute association également des risques de conflits, aussi bien en période de conjoncture faste que lors des difficultés de l’entreprise. Ces derniers représentent d’ailleurs l’un des premiers facteurs de mortalité des entreprises.

Conseil : prenez le temps nécessaire à la réflexion préalable sur votre projet.

1re étape de l’association : la réflexion

Il faut mener une réflexion sur son projet : quelles sont mes attentes, mes besoins, mes motivations, mes capacités, mes compétences, mes savoir-faire, mes savoir-être. Et par symétrie, quelles sont les qualités et les compétences que les associés devront apporter par rapport aux miennes. Il faudra répondre à de nombreuses questions : pourquoi m’associer ? Pour de multiples raisons : pour ne pas être et rester seul, accélérer le développement, compléter mes compétences ou pour augmenter mes ressources financières et relationnelles. Avec qui m’associer ? Prévoyez le meilleur comme le pire. Lors des discussions, abordez tous les points et surtout les questions qui gênent. Mesurez la faculté à vivre et travailler ensemble. Et appréciez la compatibilité des motivations. Comment m’associer ? Définissez qui dirigera l’entreprise, comment seront réparties les fonctions et qui prendra les grandes décisions. N’oubliez pas également d’aborder la question de la rémunération.

Conseil : soyez intransigeant avec les critères de cohérence hommes/projet, ne laissez aucun point d’ombre lors des discussions avec vos futurs associés, ne faites aucune impasse.

2e étape : la réalisation des démarches

Toutes ces démarches vont se concrétiser par des documents qui vont vous engager, les uns envers les autres et préciser qui fera quoi. C’est sans aucun doute le point le plus important aux yeux des financiers qui apporteront leur concours au projet. Cet ensemble de dispositions sera fixé dans les statuts de l’entreprise et dans le pacte d’associés. Ces documents définiront également les possibilités de désengagement des associés (clauses de sortie), les rémunérations, quels que soient les niveaux, les modalités de calcul de celles-ci et les « accessoires » de ces rémunérations : contrats de prévoyance, attributs du pouvoir (voitures, équipements informatiques et téléphoniques). Ces documents contiendront, entre autres, les réponses aux questions suivantes : à quelles solutions de médiation confiez-vous l’avenir de la société en cas de désaccord ? ou avez-vous examiné les possibilités d’exclusion d’un ou plusieurs associés, avec des clauses de préemption assorties de droits de préférence ?

Conseil : Si certains partenariats s’inscrivent sur le long terme, d’autres vont se limiter aux quelques années fructueuses prévues au Business Plan : gardez la maîtrise du jeu, soyez prêt, si besoin, à changer d’associés en cours de route. Et rappelez-vous toujours du constat OSEO : si l’association de 2 repreneurs complémentaires constitue un facteur de succès, 3 repreneurs augmentent le risque d’échec de 75 % !

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