BusinessGérerLes difficultés

Pérennité de l’entreprise : l’incertitude, un risque pour le dirigeant

Le sujet qui concentre toutes les attentions dans les TPE et PME est aujourd’hui la trésorerie. Les dirigeants consacrent beaucoup d’énergie à essayer de stabiliser leur situation financière pour pouvoir pérenniser leur activité. En effet, 48 % d’entre eux ont vu évoluer à la baisse leur situation financière depuis 2010 (1). Les inquiétudes sont nombreuses.

Seulement, le ressenti ayant une place importante dans les décisions, il est de plus en plus nécessaire de mettre en place des indicateurs pouvant permettre de suivre la situation en temps réel.

L’origine des problèmes de trésorerie

Des commandes en baisse

Avec la crise qui dure, de plus en plus d’entreprises font face à une forte dégradation des carnets de commandes. Elle se traduit très différemment selon les secteurs. Dans le BTP, il s’agit surtout du taux de remplissage, la visibilité est à moins d’un mois sur des petits chantiers, quand auparavant le planning était rempli à 3-6 mois sur de longs chantiers. Pour les autres secteurs (commerces, services, industries) c’est une forte baisse de la consommation qui impact le volume des ventes.

Des délais de paiements qui se rallongent

Si la Loi de Modernisation Économique à réduit les délais de règlements à 45 jours, elle ne concerne pas les particuliers. Car, si théoriquement il n’y a pas de délai pour les particuliers, on sait que pour favoriser la relation commerciale et dans le contexte actuel, les entreprises sont obligées d’accorder un étalement des paiements. Il devient alors difficile d’obtenir le solde des règlements. A tel point que 66% des dirigeants trouvent qu’ils se sont rallongés (1).

Un accès au crédit compliqué

Malgré la volonté politique d’appuyer les besoins en trésorerie des entreprises, les sociétés ont du mal à être accompagnées par les banques, 68% des dirigeants estimaient avoir du mal à trouver des fonds (1) et ce bien que les relations avec leur conseiller bancaire reste majoritairement au beau fixe.

Mais les banques venant d’être dotées d’un budget de 30 Mds d’euros, espérons qu’elles vont enfin soutenir nos petites entreprises, « Ces ressources permettront aux banques de prêter davantage pour le financement de l’économie, principalement au bénéfice des petites et moyennes entreprises », précisait Bercy.

Ce qui favoriserait les entreprises

A coup sûr plus de confiance entre État et entreprise afin de permettre par exemple le versement des cotisations sociales basées sur les encaissements de l’entreprise.

Notre pays n’aime pas les entrepreneurs, « ces riches profiteurs » entend-on souvent. A-t-on vraiment regardé qui sont ces chefs d’entreprise ? Certes, il y a les grands dirigeants mais eux sont nommés par un conseil d’administration qui prend des décisions collégiales. La grande majorité a investi dans une entreprise sur leur bien propre. Ils en portent la totale responsabilité.

Faut-il pointer du doigt les dirigeants de PME ou TPE lorsqu’ils réussissent à gagner de l’argent alors qu’ils ont pris des risques ? Comment donner une meilleure image des entrepreneurs si même le gouvernement n’oriente pas suffisamment sa politique vers eux et décourage ainsi l’esprit d’entreprise ?

Certes, les choses avancent, le choc de simplification, par exemple avec la déclaration sociale nominative ou la simplification des formalités d’enregistrement, peut contribuer à faciliter la vie quotidienne des entreprises et de leurs dirigeants.

Mais ce n’est pas suffisant. Même si les gouvernements successifs se sont mobilisés pour simplifier l’environnement des entreprises, nos structures administratives et politiques ne peuvent s’empêcher de créer de la complexité. Pour exemple, le Code du travail est passé de 400 gr en 1980 à 1,45 kg maintenant. Aujourd’hui, ce qui est donné d’un côté (CIR, CICE,…) et repris aussitôt (impôts, contrôles fiscaux…).

Quelles solutions mettre en œuvre ?

La meilleure solution serait tout simplement que l’activité reparte et que la consommation soit relancée.

Le Crédit d’impôt compétitivité et emploi (CICE) n’y changera rien. Car même avec 100% d’aide, alors que l’avenir du carnet de commande est incertain, comment envisager de créer de l’emploi quand on a déjà du mal à maintenir l’existant ? Sachant que dans les petites entreprises ces salariés ont fait et font encore beaucoup d’efforts pour soutenir à leur niveau leurs entreprises et leurs emplois (heures supplémentaires non payés, congés imposés, primes supprimées, …), comment prendre le risque d’un recrutement qui remettrait en cause cet équilibre devenu précaire ? Sans attendre cette amélioration, il est nécessaire de suivre plusieurs aspects en termes de gestion quotidienne :

Optimisation du poste client

Le crédit client représente en France 25% des actifs d’une entreprise et les défaillances sont dues pour 24% aux impayés clients. Le dirigeant doit donc avoir une vision claire des encaissements à venir. Il est important de surveiller le poste clients pour éviter les risques de défaillances et optimiser le BFR. Parmi les solutions à mettre en œuvre, on peut lister : réduire les factures échues non réglées et le risque d’impayés, systématiser la relance client, traiter tous les litiges, évaluer et prévoir les besoins en trésorerie.

Optimisation des stocks

Moins évident à améliorer, les stocks peuvent pourtant coûter cher. Les actions à réaliser peuvent être longues et ne pas avoir de résultats rapidement, mais les gains sont toujours significatifs. Pour rationaliser ses stocks, il est nécessaire d’optimiser le niveau de stock et d’éviter les ruptures dans les stocks.

Gestion du poste fournisseur

Beaucoup d’entreprises maîtrisent peu ou mal la chaîne de la relation avec les fournisseurs. On se focalise beaucoup sur les coûts d’achats et peu sur les délais de paiement, les remises sur volume ou CA, la livraison, le stock. Pour optimiser le poste fournisseurs, il faut s’intéresser : au processus de décaissement, aux conditions commerciales, aux relations fournisseurs.

Au final l’enjeu principal de la pérennité de notre tissu de petites et moyennes entreprises reste l’emploi bien évidemment ! Aujourd’hui, nous faisons face à un rebond des défaillances, avec 9,4% d’augmentation des redressements et liquidations judiciaires directes au second trimestre 2013 (2) et à une augmentation du chômage pour atteindre 10,4 % au 1er trimestre 2013.
Il est urgent pour les dirigeants de stabiliser la situation financière de leur entreprise. Cela passera par le retour de la consommation, par une maîtrise de leur gestion et une optimisation de leur organisation. Pour y parvenir, il leur faudra de nouveau prendre sur eux et accepter de faire appel à du conseil pour parvenir à avoir du recul sur leur organisation quotidienne et se concentrer sur le métier, le savoir-faire, l’expertise de l’entreprise.

(1) Sondage Le Journal des entreprises/TMO Régions – avril 2013
(2) Analyse 2è trimestre 2013 : défaillances et sauvegardes d’entreprises en France – Etude Altares

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page