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Le made in France a-t-il toujours le vent en poupe ?

Les entreprises françaises se lancent le défi de réaliser des productions made in France,
considérées comme des gages de qualité. Grâce à cette appellation mais surtout
à leur savoir-faire des entreprises comme le Slip Français ou encore Luhmen sont devenues des success story. Le made
in France deviendra-t-il une référence incontournable ?

En janvier 2017, Emmanuel Macron a reçu plus
de 140 grands entrepreneurs étrangers pour leur présenter l’attractivité française. Mettre en exergue les atouts de la production française se montre révélateur de l’implication du gouvernement et
de son souhait de miser sur sa croissance. Au cours de cette rencontre, 72% des
investisseurs américains ont émis le souhait de profiter de cette embellie et
de s’y investir à l’avenir. Les cartes sont-elles dans nos mains !

En France

Pour l’Hexagone, la part du made in
France est exponentielle et se révèle être un facteur de développement des entreprises.
En effet, les consommateurs français se sentent réellement concernés car produire
en France, c’est contribuer au développement du savoir-faire sur le territoire
et donc de multiplier les emplois. Cet argument de l’emploi et la diminution du
temps des trajets, qui réduisent de manière considérable
les impacts sur l’environnement, en a convaincu plus d’un d’acheter français. Mais aussi et ce n’est pas non plus négligeable,
l’application du droit français en matière salariale reste un fer de lance. Les
consommateurs sont hostiles à une production étrangère
dans laquelle les conditions de travail sont loin de respecter les droits de
l’Homme et conduisent à exploiter une main d’œuvre au nom du profit et à
détruire les emplois dans l’hexagone. Le made in France s’impose donc comme un
gage de qualité des produits et du respect de la dignité de la vie.

Le prix est-il rédhibitoire ?

Pour les entreprises et les
consommateurs, la difficulté du made in France se situe essentiellement dans le
prix. Le Slip français, par exemple, se fait le chantre du gage
de qualité mais le prix à investir pour le consommateur est de l’ordre de 30€ à
40€ contrairement à un sous-vêtement en grande surface dont le
prix avoisine les 10€. Certes, le made in France est loin
d’être bon marché, mais il reste un pari gagnant en général. Pour les
sous-traitants du Slip français, la croissance était de l’ordre de
15% en 2017 et l’année 2018 s’annonce encore meilleure. Beaucoup d’acheteurs
préfèrent investir dans la qualité pour un produit durable mais ne restent pas
insensibles à la concurrence des grands groupes étrangers aux prix imbattables
et qui correspondent davantage à leur budget.

En France, la fabrication « nationale » continue de s’implanter même si cette concurrence étrangère est
redoutable. Certaines entreprises ont fait le pari de rapatrier des locaux, des
sous-traitants pour satisfaire les français qui y voient en contrepartie une baisse du chomage.
Grâce à cet engouement, les plateformes
téléphoniques des services clients se situent en France et offrent une
proximité qui améliorent la qualité de la communication. Les entreprises françaises misent sur ce label pour concurrencer les mastodontes
étrangers et sensibiliser les acheteurs à une consommation plus locale.

À l’étranger

Si le made in
France arrive à convaincre les Français, il peine à se développer à l’international. L’institut de recherche COE-Rexecode évoque une part
d’exportation décevante pour l’année 2017. La part des produits français dans l’exportation des pays de la zone euro est tombé à
12,9% contre 17% au début des années 2000.

Certes, Toyota a annoncé investir 300
millions d’euros dans son usine du nord, près de Valenciennes afin de
moderniser le site de production et d’embaucher 700 salariés aux qualités
techniques reconnues. Cependant, les produits français rencontrent des difficultés pour
s’exporter en raison de leurs prix non attractifs et bien évidemment engendrent
des faillites et des pertes d’investissement car le label ne fait pas tout.

Marquage de l’origine ou Origine
française garantie, un leurre ?

Le label définit par le code des douanes
comme un « marquage de l’origine », correspond «
à la dernière transformation réalisée dans l’Hexagone ».
Pour répondre à un possible manque de transparence de la part des fabricants,
le label OFG (Origine France Garantie) a été lancé en 2010. Il impose que le
coût de revient unitaire du produit soit réalisé en France à hauteur de 50% à
100%. Pour attester de cette certification, l’entreprise doit se soumettre à un
audit annuel qui permet de vérifier l’origine du produit.  Ainsi, des marques très célèbres profitent de la notoriété de ce
label sur le sol français pour promouvoir les produits
fabriqués en partie à l’étranger. Etam ou encore Longchamp investissent dans un
marketing autour de la fabrication française et son gage de qualité et leur fabrication est en partie réalisée à l’étranger. Ainsi Etam
a reconnu lors d’une interview que « La
marque Etam fait preuve d’un réel savoir-faire fran
çais. Tout est pensé et prototypé en France, tout comme les
dossiers techniques, pour un envoi en production dans le monde entier. Ainsi,
nous ne pouvons pas réellement parler de made in France.
» La frontière est tenue mais les questions de l’environnement peuvent
devenir un facteur qui jouera en faveur du label et de notre poduciton sur le
territoire.

Le made in France garde le vent en poupe
sur le territoire français, parfois au détriment d’un manque de
transparence des marques. Investir dans ce label séduit les consommateurs
français, mais l’exportation s’avère encore un pari à gagner.

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