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Les geeks salariés : qui sont-ils et qu’attendent-ils ?

Il est facile de dresser un portrait empli de préjugés et d’idées préconçues sur les geeks, leur comportement, mais aussi en fait leurs convictions et visions de l’entreprise et de l’avenir. On les imagine souvent réfractaires à l’entreprise et à leurs collègues et vivants dans un monde détaché du réel ou en parfaite opposition à la société.

BCG Platinion a réalisé avec Viavoice une étude « dans la tête d’un geek », sur les liens des geeks avec l’entreprise. Qu’en attendent-ils ? Que pensent-ils du management ? Pour réaliser cette étude, 732 personnes du monde entier ont été interrogées de septembre à octobre 2018 : ingénieur data, scientifique data, coordinateur IT, ingénieur en machine learning, architecte analytics… c’est-à-dire des « personnes travaillant dans les secteurs de l’IT et du digital ».

Quelle est la vision des geeks sur l’entreprise ?

Les geeks ont une image positive du monde de leur société et de l’entreprise en général. En effet, 69% des geeks ont non seulement une image positive du monde de l’entreprise mais aussi 86% ont une image positive de leur firme.Cette idée est bien loin des images stéréotypées qui les montraient en rupture avec l’entreprise.

Pourquoi les geeks aiment-ils leur boîte ?

Pour expliquer leur engouement est que contrairement aux préjugés, ils sont activement recherchés par les spécialistes du recrutement en raison de leurs compétences spécifiques et ils apparaissent comme de perles rares. En quelques mots, s’ils restent dans une entreprise, c’est parce qu’elle correspond à leurs attentes car quitter l’entreprise ne les laissera pas au chômage. Bien au contraire.

Quelles sont les entreprises qui les attirent ?

Les geeks ont des goûts plutôt classiques en matière d’employeur idéal. Comme l’ensemble des actifs, ils veulent travailler dans une entreprise privée (44%) normale, 15 % deviendraient volontiers indépendants et 14% rejoindraient une start-up. Ils ne sont que 4% à exprimer le désir travailler pour un géant du numérique de type GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). Mais pour corroborer cette idée, l’étude du BCG Platinion indique aussi que 37% des geeks souhaiteraient décrocher un CDI dans une entreprise (la proportion est de 57% pour l’ensemble des actifs âgés de 18 à 30 ans), 22% rêvent de diriger leur entreprise. Ils sont 20% à souhaiter travailler ponctuellement sur des missions et 18 % à vouloir être indépendants. Les chiffres sont éloquents de leur souhait de vivre en conformité avec la dimension sociale.

Le binôme gagnant : la mission et les collègues

Pour les geeks ce qui est essentiel dans leur travail, c’est le binôme, l’intérêt de la mission et les collègues. Seulement 7% trouvent important d’être connectés à une communauté relative à leurs compétences dans l’entreprise et 2% à être connectés à une communauté relative à leurs compétences hors de l’entreprise.

Le management ?

La question portant sur les contraintes de l’entreprise, « un management inadapté ou illégitime » arrive en tête avec 47% des réponses. Suivent ensuite la lourdeur des process et du reporting (38%) et l’organisation (29%). Juste derrière arrive le manque de sens, cité par 24% des répondants. Pour garder sur le long terme les talents des geeks, il faudra que les entreprises leur proposent un management adapté.

Leurs souhaits et leur vision de l’avenir

59% souhaitent un meilleur équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, avoir l’opportunité d’innover et d’être force de proposition selon 42% des geeks tandis que 35% veulent davantage d’autonomie dans le travail.  Certes ils possèdent les compétences, mais en ce qui concerne l’avenir, 47 % se disent pessimistes quant à l’avenir de la société et du monde, 50% sont donc optimistes. Cette vision est bien sûr liée à l’obsolescence des compétences qui les obligent à sans cesse s’adapter et il apparaît évident que dans leur choix d’intégrer une entreprise la possibilité de développer leurs compétences sera un atout clef.

Recruter des atypiques : la nouvelle tendance des entreprises !

Frédéric Vezon, président et cofondateur d’ASPertise est un serial entrepreneur porteur du syndrome d’asperger. Il remet en cause les préjugés et nous montre que les atypiques peuvent se révéler une véritable force pour les entreprises. Pourquoi ne pas se mettre à penser différemment ?

Selon le dirigeant « la plupart des équipes ont des biais cognitifs communs, une même structure mentale. Pour enrichir le groupe, il faut intégrer des gens câblés différemment, qui voit ce qu’on ne voit pas. ». Elément qui serait d’autant plus vrai en termes de « cyber-sécurité où l’on sait que la plupart des hackers pensent autrement. Autre atout selon le dirigeant : « En termes de concentration, un atypique est capable de se concentrer beaucoup plus intensément qu’une personne ordinaire sur certains sujets.! Il nous confie ainsi « les atypiques ont une relation intime avec l’informatique, les chiffres, une facilité. L’hypothèse est que l’informatique a été créée par des Aspergers pour des Aspergers. Plus on va vers les langages de première génération, plus ils sont forts et s’éclatent ! ». Mais c’est surtout dans la capacité à innover dans ce domaine que résiderait leur apport : « la différence cognitive permet d’avoir une approche différente des problèmes et des solutions innovantes. Microsoft fait tous les ans des recrutements auprès des Aspergers en particulier et il se dit que la SiliconValley a été bâtie par des atypiques».

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