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Financement externe : le parcours du combattant

Vous avez travaillé sur votre business plan et vous avez constaté qu’il est nécessaire de renforcer votre financement. Pour faire plus simple, il vous faut du cash ! Bien que vous ayez déjà optimisé votre cash interne, en relançant vos clients et en optimisant vos stocks, par exemple, cela ne suffit pas. Il vous faut maintenant trouver des ressources externes mais vers qui vous tourner ? Quelles vont être les contraintes ? Les possibilités de financement externe sont diverses : banques, investisseurs, crowdfunding, subventions et il vous faudra effectuer un choix.

Comment choisir ?

Avant de vous tourner vers tel ou tel type de financement, vous devez vous poser la question de vos objectifs et des contraintes. Votre structure de bilan est-elle suffisamment bonne pour qu’un banquier s’intéresse à votre dossier ? Êtes-vous prêt à partager le pouvoir avec d’autres investisseurs ? Avez-vous les équipes nécessaires pour préparer les documents, les dossiers à présenter à des investisseurs, à des organismes de subvention ? Autant de questions que vous devez mettre sur le tapis avant de rechercher votre financement externe. Les démarches prennent généralement du temps et il est donc important de bien choisir sa voie avant de vous lancer dans vos demandes.

La banque, ai-je droit au prêt ?

Quoiqu’on en dise, il s’agit de la source principale de financement pour les entreprises en France. Les banques continuent à prêter, même s’il est clair qu’elles prêtent difficilement en cette période. La plupart du temps, les banques ne s’occupent pas trop du moyen ou long terme. Elles sont plutôt dans le court terme notamment depuis la convention Bâle 3, qui a été conclue après la crise de 2008. Celle-ci a eu pour conséquence d’obliger les banques à demander davantage de fonds propres pour le même niveau de prêt. Cela tient compte de la nature du prêt et du risque qu’il représente.

Deux conséquences sont à donc à prendre en compte :

  • les banques doivent augmenter leurs fonds propres, ce qui signifie améliorer leur marge. Leur aversion du risque en est devenue d’autant plus grande. Elles sont donc plus exigeantes sur la qualité de l’emprunteur.
  • elles prêtent particulièrement sur des crédits qui sont moins risqués, du point de vue de la convention Bâle 3. Ainsi, elles ne proposent pratiquement plus de crédit de trésorerie, mais mettent en avant systématiquement l’affacturage, car ce financement est adossé à des factures clients.

Finalement, il est plus difficile de trouver du financement. Le préalable est en général : une structure saine de bilan et un cash interne optimisé ce qui signifie que le besoin de fonds de roulement est bien maîtrisé. Il est également important que les entreprises entretiennent depuis longtemps une relation de confiance avec leur banque, en la rencontrant régulièrement pour la tenir informée des évolutions.

Par ailleurs, le financement à court terme, quand il est obtenu, est plus cher, car l’affacturage est un mode de financement qui coûte plus. Il nécessite également un investissement en temps pour pouvoir le suivre, et le contrôler.

Faire appel à des investisseurs, partage du pouvoir

Malgré toutes les évolutions fiscales de ces derniers temps, il y a toujours des investisseurs. Si votre projet est bon, il pourra trouver potentiellement un financement. Il existe toutes sortes d’investisseurs, et votre première démarche demeure de vous adresser à la bonne catégorie suivant le stade de développement de votre entreprise. Si vous êtes au stade de l’amorçage, il faudra cibler le capital-risque. Si vous existez et que vous voulez vous développer (à l’export par exemple), ce sont les investisseurs spécialisés en capital développement qui vous intéressent. Etc…

Faire entrer des investisseurs n’est cependant pas anodin, car en contrepartie de leurs apports, ils auront des exigences sur leur participation au capital et parfois même sur le management de votre société ou sa stratégie … Vous ne serez plus le seul pilote à bord car vous devrez avoir leur approbation. Autrement dit : il vous faudra rendre des comptes. L’interventionnisme des investisseurs n’est pas toujours important car ils ne cherchent pas à s’immiscer dans la gestion mais il existe. Vous devrez l’accepter avant d’envisager de vous tourner vers ce type de financement.

Si votre décision est prise, sachez que le parcours sera long (12 mois sont souvent nécessaires). La première chose demeure de réaliser un bon business plan. Il s’agit de votre outil de « vente » auprès d’eux. Il doit être sincère, réaliste, tout en donnant envie. Le plus important reste la synthèse qui se trouve au tout début du document qui leur permet de rapidement faire le tri. L’investisseur commencera par lire cela et il y passera très peu de temps car il est probable qu’il reçoive beaucoup de business plans. S’il lui plaît et que votre stratégie lui semble réaliste, il lira la suite, et si vous avez bien travaillé, il vous appellera.

Ne croyez pas que parce qu’un investisseur vous a contacté que vous avez atteint le Graal. Non, la route est encore très longue. Il vous posera beaucoup de questions et vous testera, mais cela vous fera progresser dans votre projet. Quand,  enfin il sera d’accord, et que ses demandes vous conviendront, n’oubliez pas de rédiger un pacte d’actionnaires. Ce document régira vos relations avec vos actionnaires. N’hésitez pas à prendre un conseil spécialisé qui vous aidera à négocier et vous permettra de mieux le comprendre. Ce document doit être signé avant l’entrée au capital de votre investisseur.

Pensez au Crowdfunding : le financement participatif

Le financement par la foule, si on le traduit littéralement. Il s’agit de faire financer son projet ou une entreprise en s’adressant à des investisseurs qui chacun mettent une somme. Ce financement connaît aujourd’hui un essor en France, mais existe depuis beaucoup plus longtemps aux USA, où il est maintenant bien implanté.

Le Crowdfunding a été très largement facilité par internet et la création de plateformes. Il a été popularisé en France par le financement du premier disque de Grégoire. Il existe aujourd’hui de nombreuses plateformes de financement qui s’adressent à tous types de projets et sous toutes formes de financement : dons, prêts, apports en capital. En France, la loi actuelle est assez restrictive à la fois sur le montant que chacun peut investir, et sur le nombre d’investisseurs. La loi évolue et va vers une libéralisation du secteur pour permettre le financement de projets toujours plus importants.

A noter que les plateformes spécialisées vont vérifier votre sérieux et vont vous demander des informations pour fiabiliser ce que vous communiquez. Il n’en reste pas moins que l’aspect marketing de votre demande est important pour que des investisseurs s’y intéressent et vous apportent des fonds. Le crowdfunding peut donc vous aider à financer certains projets mais reste pour l’instant la plupart du temps relativement marginal.

S’informer sur les subventions

Il en existe de très nombreuses et en faire un catalogue exhaustif prend énormément de temps. Elles peuvent être remboursables ou pas, avec des demandes de garantie ou non. Elles proviennent d’organismes publics comme les conseils régionaux, ou d’associations diverses comme le réseau Entreprendre. Elles peuvent servir à financer autant le démarrage d’une entreprise, que de la recherche ou du développement à l’export. La difficulté des subventions reste de trouver la bonne. C’est-à-dire celle qui correspond à votre projet. Celle pour laquelle vous remplirez les critères d’attribution. Dans ce maquis, il est souvent compliqué de s’y retrouver.

Le premier conseil est de définir, en priorité, la raison pour laquelle vous allez chercher une subvention. Cela vous permettra de circonscrire le périmètre de recherche. Quand vous aurez identifié le ou les organismes susceptibles de vous financer, il faut, avant d’aller plus loin, vérifier les critères d’attribution. Si vous ne les remplissez pas, ne perdez pas votre temps.

Si vous correspondez aux critères, prenez contact avec l’organisme pour vérifier qu’il a toujours des fonds disponibles pour l’attribution des subventions. Il arrive, en effet, qu’en cours d’année, les fonds alloués pour tel type de subvention soient épuisés. Il ne sert à rien alors de déposer un dossier. S’il reste de l’argent, vous pouvez compléter votre dossier et le déposer.

Les subventions sont donc un financement potentiel intéressant, mais attention au temps perdu à leur recherche, surtout si vous n’avez pas optimisé celle-ci.

Vous pouvez constater que les sources de financement externe existent. Elles seront d’autant plus accessibles que votre société aura fait son travail sur l’amélioration du cash généré par son business. Dans tous les cas, les obtenir n’est pas un long fleuve tranquille et vous demandera un investissement en temps et en compétences. N’hésitez pas à aller chercher ces compétences à l’extérieur si vous n’en disposez pas où si vous êtes déjà surchargé.

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