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6 étapes pour gérer un salarié qui a un problème d’alcool

L’alcoolisme touche près de 10 % des salariés, selon l’Association
nationale de prévention en alcoologie et en addictologie. Vous pouvez faire
face à cette situation à tout moment dans votre entreprise. Il est nécessaire
de ne pas fermer les yeux sur ce problème, à l’origine de près de 20 % des
accidents de travail, d’après le cabinet Hassé-Consultants, spécialiste de
l’alcoologie en entreprise. Voici donc six étapes pour gérer un collaborateur
qui a un problème avec l’alcool.

Identifier les
signaux

Détecter les signes qui vous indiquent qu’une personne fait
face à un problème d’alcool n’est pas toujours évident. Il convient de ne pas
se tromper en cas de suspicion, au risque de porter un mauvais jugement sur la
personne et, par conséquent, de la vexer voire de la blesser. Notez bien qu’un
salarié concerné par cette situation fera tout pour la dissimuler. Si vous
remarquez qu’un de vos collaborateurs a tendance à disparaître plusieurs fois
dans la journée, à se parfumer plus que nécessaire et se brosser les dents trop
régulièrement, portez-lui une attention particulière. Menez votre enquête afin
de connaître la réputation qu’il détient auprès de ses collègues et s’il lui
arrive de montrer des symptômes de manque. En fonction des résultats que vous
obtiendrez, des dispositions peuvent être à adopter. Selon l’article L. 4121-1
du Code du travail, l’entreprise doit « assurer la sécurité et protéger la
santé physique et mentale des salariés ». Dans le cas où vous décelez un
salarié alcoolique, mieux vaut prendre les choses en main et ne pas laisser la
situation se dégrader. Ainsi, faites bien attention aux signaux pour ne pas
louper une éventuelle addiction !

Amener le salarié à
reconnaître son problème sans le juger

Une fois votre enquête terminée et le salarié identifié, il vous
faudra prendre rendez-vous avec la personne en question pour tenter de trouver
une solution, en privé, dans un premier temps. La première étape demeure de
l’amener à reconnaître son problème. Gardez à l’esprit que vous devrez porter
une attention toute particulière aux mots que vous emploierez pour ne pas
l’offusquer et fermer la conversation. Cherchez plutôt à trouver ce qui ne va
pas afin de l’aider à améliorer la situation. N’hésitez d’ailleurs pas à le
questionner sur les éventuels problèmes qu’il peut avoir et faites de votre
mieux pour arranger son quotidien. Vous pouvez ensuite lui conseiller d’aller chez
le médecin pour discuter et trouver des solutions adaptées. Votre objectif
demeure de l’amener à accepter qu’il doit se faire aider. Veillez à réaliser
cette étape sans émettre le moindre jugement envers votre collaborateur.
Comprenez bien qu’il s’agit d’une addiction et faites preuve de compassion.
Soyez à son écoute !

Lui laisser une
chance

En faisant le choix de virer ou de mettre à pied la personne,
vous risquez de nourrir davantage son addiction à l’alcool. Après l’avoir reçu
en privé dans votre bureau, faites de votre mieux pour l’accompagner au
quotidien dans ce combat. Laissez-lui une chance ! En le gardant dans
votre entreprise, vous pourrez ainsi surveiller votre salarié et vous assurer
qu’il maintient ses efforts. N’hésitez pas à mettre en place une action
collective si nécessaire. Si ce dernier peut compter sur son entourage, il y
trouvera un meilleur soutien et aura plus de chances de sortir de cette situation.

L’aider dans les
démarches à suivre

Pour aider votre salarié, il faut parfois faire preuve de
fermeté. Même avec une forte volonté de sortir de cette situation, la personne
peut certainement avoir du mal à aller chercher de l’aide auprès de
professionnels. Étant donné que vous ne possédez aucune formation en la
matière, il convient davantage de l’aider dans les démarches à suivre afin de
l’orienter vers des structures adaptées. N’hésitez pas à l’accompagner pour
trouver le suivi qui lui correspond le mieux. Gardez tout de même à l’esprit
que vous devez maintenir la hiérarchie dans vos relations. Vous restez toujours
son supérieur. Par conséquent, vous ne pouvez pas toujours vous occuper de lui.
Soutenez-le donc dans cette étape primordiale, mais n’allez pas trop loin !

Le revoir quelque
temps plus tard en rendez-vous

Quelque temps après le début de la prise en main de votre
salarié, proposez-lui un autre rendez-vous afin de voir ce qu’il en est par
rapport à son problème avec l’alcool. Profitez de ce moment pour réaliser un
premier bilan. Notez bien les efforts fournis par la personne afin de
l’encourager à continuer dans cette voie. Dans le cas contraire, s’il s’avère
que rien n’a été fait pour améliorer la situation, exercez une certaine pression
(dans la mesure du raisonnable) sur ce dernier pour qu’il se rende réellement
compte du risque qui pèse sur lui si rien ne change. Peu importe de quel côté
se situe votre collaborateur, continuez de lui apporter votre soutien pour
motiver ses efforts ou à l’encourager à en fournir. Prévoyez dans votre agenda
un créneau pour cette rencontre !

Prendre une décision  

Une fois le deuxième rendez-vous réalisé, vous pouvez
attendre encore un mois avant de prendre une décision concernant l’avenir de
votre salarié. Dans le cas où de réels efforts ont été fournis et que des
résultats commencent à se faire apercevoir, n’hésitez pas à le féliciter et le
récompenser. À l’inverse, si vous n’observez aucune amélioration après tout ce laps
de temps, il demeure nécessaire d’envisager une séparation. La personne prendra
peut-être enfin conscience de sa situation mais attendez tout de même quelques
mois avant de prendre une décision !

Réussir à gérer un salarié qui a un problème avec l’alcool
prend du temps et ne s’avère pas toujours facile. Au bout du chemin, la réussite
n’est pas toujours au rendez-vous. En tant que dirigeant, vous devez toutefois tout
mettre en œuvre pour aider votre collaborateur. Ne baissez pas les bras et
faites de votre mieux ! 

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