Dans une société contemporaine, les compétences ne sont plus un donné : elles changent, progressent et se renouvellent constamment. Les professions évoluent, les technologies progressent rapidement, et les exigences des clients se modifient encore plus rapidement. Dans ce cadre, deux concepts se révèlent essentiels : l’upskilling et le reskilling.
Comprendre l’upskilling et le reskilling
L’upskilling, ou “monter en compétences”, consiste à aider un salarié à renforcer ses compétences existantes pour rester performant ou évoluer vers un niveau supérieur. Par exemple, un commercial expert de la vente traditionnelle qui apprend le marketing digital ou l’intelligence artificielle applique l’upskilling.
Le reskilling, ou “reconversion des compétences”, va plus loin : il s’agit de former un collaborateur à un métier complètement différent pour répondre aux besoins nouveaux de l’entreprise ou du marché. Un technicien de production qui devient analyste de données ou responsable de maintenance prédictive est un exemple classique.
Selon le World Economic Forum, Future of Jobs Report 2025, plus de 50 % des employés auront besoin d’une montée en compétences ou d’une reconversion significative d’ici 2027, et cette tendance s’accentue en 2026 avec l’accélération de l’IA et de l’automatisation.
Une stratégie vitale pour l’entreprise
Investir dans l’upskilling et le reskilling n’est pas seulement un geste RH : c’est un levier économique. Dans un marché où les talents sont rares et les technologies en évolution constante, former ses équipes devient un avantage compétitif.
Selon LinkedIn Learning 2025, les entreprises qui développent les compétences de leurs collaborateurs constatent une augmentation moyenne de 12 % de la productivité et une baisse de 15 % du turnover. En 2026, cette tendance se renforce : les entreprises qui investissent dans la formation voient leurs équipes plus motivées, plus engagées et mieux préparées à affronter les défis futurs.
Les métiers et compétences les plus touchés
Certaines transformations sont particulièrement visibles : intelligence artificielle, data, cloud computing, cybersécurité. Mais les soft skills prennent également une place centrale :
- créativité,
- collaboration,
- adaptabilité,
- gestion de projet
Dans la banque, l’upskilling concerne les conseillers client qui apprennent à utiliser les outils numériques pour offrir une expérience personnalisée. Dans l’industrie, le reskilling permet à des techniciens de production de devenir analystes de données ou responsables de maintenance prédictive.
Une réponse à la pénurie de talents
La pénurie de compétences reste un défi majeur. Selon ManpowerGroup Talent Shortage Survey 2026, 71 % des employeurs peinent à recruter des talents qualifiés, un chiffre en constante augmentation. Plutôt que de multiplier les recrutements externes, l’upskilling et le reskilling permettent de faire évoluer les talents existants, tout en renforçant leur fidélité et leur motivation.
Mettre en place une stratégie efficace
- Cartographier les compétences
Identifier celles qui existent, celles qui disparaissent et celles qui deviendront stratégiques. - Définir des parcours personnalisés
Chaque collaborateur a un rythme différent. Mixer formations en ligne, ateliers pratiques et mentoring permet de répondre à tous les besoins. - Associer motivation et reconnaissance
Certifications, évolution possible ou récompenses concrètes : l’apprentissage doit être valorisant. - Mesurer l’impact
Suivre la progression des compétences, la performance, la fidélisation et l’effet sur la productivité.
Les tendances 2026 à suivre
- Apprentissage hybride : combiner présentiel et digital pour s’adapter aux contraintes de mobilité et de temps.
- Microformation : modules courts, pratiques, souvent accessibles sur mobile, pour un apprentissage continu.
- IA au service de la formation : recommandations personnalisées et simulations interactives.
- Coaching et mentoring : l’accompagnement humain reste indispensable pour transférer le savoir-faire et renforcer la motivation.
Les bénéfices pour tous
Pour l’entreprise :
- Agilité renforcée face aux changements de marché.
- Réduction du turnover grâce à des collaborateurs valorisés.
- Image employeur attractive pour attirer de nouveaux talents.
Pour les salariés :
- Sécurité professionnelle face aux évolutions rapides.
- Motivation et engagement accrus.
- Adaptabilité facilitée pour évoluer dans de nouveaux rôles ou secteurs.
Une culture d’entreprise transformée
Upskilling et reskilling ne sont pas que des programmes de formation : ils changent la culture d’entreprise. La logique de poste figé cède la place à celle de parcours de compétences. Les salariés sont encouragés à apprendre, expérimenter, échouer et recommencer. La hiérarchie devient facilitatrice plutôt que directive.
Cette approche favorise l’innovation, la créativité et la résilience : des qualités indispensables dans un monde économique et technologique en constante évolution.

