GérerGestionLes difficultés

Quand faut-il décider d’arrêter son activité ?

Plus d’un entrepreneur a décidé de cesser son activité avant que la situation ne l’oblige à prendre des risques qui le conduirait à la faillite personnelle et souvent sage décision  pour mieux rebondir. Décider de cesser son activité et de fermer
l’entreprise est toujours une opération douloureuse. C’est d’ailleurs souvent vécu comme un échec personnel. Mais
certains combats étant perdus d’avance, mieux vaut savoir quand et comment
rendre les armes. 

Quels sont les signes
annonciateurs ?

Dans la plupart de cas de
cessation d’activité, c’est la trésorerie qui est l’élément déclencheur. Aussi,
plusieurs signes ne trompent pas :

  • le fonds
    de roulement est insuffisant,
  • le
    compte de l’entreprise est dans le rouge,
  • vous ne
    parvenez plus à dégager de bénéfices,
  •  vous ne
    parvenez plus à payer vos salariés,
  • les
    charges (sociales, fiscales, matérielles, etc.) sont trop élevées,
  •  vous ne
    parvenez plus à régler vos fournisseurs et prestataires,
  •  vous
    n’avez plus de commandes,
  • les
    perspectives de développement sont très incertaines,
  • le
    secteur d’activité dans lequel vous exercez est en déclin,

Au-delà ces signes, il est
important de se demander si vous êtes encore la bonne personne pour diriger
l’entreprise, si vous êtes toujours motivé(e) et s’il n’est pas temps de passer la
main.

Savoir dire
« STOP ! » 

Au final, tout dépend de la
visibilité que vous avez sur votre activité. Si la baisse de commandes est
momentanée, mais que vous avez la certitude de pouvoir retrouver un niveau plus
en phase avec vos attentes personnelles et vos exigences financières, cela ne
remet pas forcément en cause l’existence même de l’entreprise. Tout au plus, cela
la fragilise pendant un certains laps de temps.

En revanche, si vous ne voyez
aucune possibilité de renouer avec un niveau d’activité suffisant, si vous avez
exploré toutes les pistes et qu’aucune possibilité claire de développement ne
s’offre à vous, il est urgent d’arrêter. Il ne faut surtout pas s’entêter. Il
n’y a, en effet, aucune honte à cesser son activité. Il est même du devoir du
chef d’entreprise de savoir dire « Stop ! » le plus tôt
possible, pour ne pas s’endetter auprès des administrations fiscales ni auprès
des fournisseurs.

A qui s’adresser ?

L’expert-comptable est le
premier vers qui se tourner. Il a un rôle important de conseil. C’est lui qui,
aux vues de vos bilans, pourra vous aiguiller et dresser un planning
prévisionnel permettant de savoir si, oui ou non, la poursuite de l’activité
est possible, et viable. Bien entendu, quand il s’agit d’une entreprise
individuelle, il est beaucoup plus facile de prendre du recul sur l’activité et
d’avoir une visibilité pertinente. En revanche, dès qu’il y a des salariés, cela
devient tout de suite plus compliqué. D’où le rôle clé de l’expert-comptable.

Quand « déposer le bilan » ?

Si la poursuite de l’activité
n’est définitivement plus possible et que l’entreprise ne parvient plus à
régler ses dettes, elle doit faire un dépôt
de bilan
  dans les plus brefs
délais auprès du tribunal de commerce (pour les commerçants et les artisans) ou
du tribunal de grande instance (pour les autres) du lieu d’activité. Le chef
d’entreprise doit alors effectuer une déclaration de cessation de paiements
dans les 45 jours et demander l’ouverture d’une procédure de redressement ou de
liquidation judiciaire. Les dettes de l’entreprise sont momentanément gelées,
jusqu’à ce que l’actif de l’entreprise soit comptabilisé et utilisé pour payer
les créanciers.

Quand déclarer sa « cessation
d’activité » ?

Si le chef d’entreprise ne
voit aucune possibilité de développement, il peut aussi déclarer sa
« cessation d’activité ». C’est d’ailleurs la solution la plus sage.
Elle peut aussi intervenir lorsqu’un dirigeant décide de prendre sa retraite ou
de changer de voie, et n’a trouvé aucun repreneur pour son affaire. Il convient
alors de signaler la radiation de l’entreprise auprès du CFE (Centre de
Formalité des entreprises) ou du greffe du Tribunal de commerce avec
différentes pièces justificatives, qui dépendent du statut juridique de
l’entreprise. Cette déclaration doit être faite dans les 30 jours suivant la fin
de l’activité. C’est ensuite le CFE qui se charge d’informer toutes les
administrations concernées (caisses de retraite et de sécurité sociale, TVA,
etc.) afin de régulariser les cotisations.

Attention !

Il est primordial de ne pas
attendre que la situation de l’entreprise dégénère pour cesser son activité.
Car en cas d’entêtement, le chef d’entreprise encourt certaines sanctions dont
l’interdiction de gérer.

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