Management

Quelle est la culture de votre entreprise ?

Dans un récent billet, Tim O’Reilly (fondateur d’O’Reilly Media, maison d’édition spécialisée dans l’informatique) fait la liste de ses échecs. Le premier échec qu’il admet est de ne pas avoir assez gardé la main sur la culture de son entreprise.

Ce regret d’un entrepreneur qui a pourtant construit une belle et solide entreprise peut surprendre le lecteur français. Surtout si on considère que les entrepreneurs français abandonnent (très souvent), dès la création de leur entreprise, toute ambition sur la question de la culture d’entreprise.

Le moment de l’abandon

O’Reilly est capable de dater très précisément les deux moments où il a lâché prise sur cette question : lorsque son entreprise a passé le cap des soixante employés, puis la centaine. A ces deux occasions, il confesse avoir été tenté de faire ce que son instinct lui dictait – imposer ses choix de recrutement – pour finalement renoncer et déléguer cette tâche à un service RH.

Les raisons du regret

Mais pourquoi ce regret ? Ce désintérêt a permis, selon ce dernier, à des salariés d’intégrer la société, qui, bien que compétents, ne partageaient pas assez la culture de son entreprise. Et celle-ci a donc fini, petit à petit, par changer, par s’infléchir, et par s’éloigner de la vision initiale qui avait inspiré la création même de cette entreprise.

La culture d’entreprise : la direction claire et invisible

Disant cela, O’Reilly définit, en creux, à quoi sert, de manière très concrète, la culture d’entreprise : elle donne à chacun des membres d’une entreprise une direction claire, sans qu’il soit nécessaire de la formuler explicitement. La culture d’entreprise est finalement une évidence invisible.

Elle est évidente, car elle guide toutes les actions au sein d’une entreprise et le recul, notamment temporel, permet de voir la cohérence d’une culture d’entreprise. Et elle est invisible car, au quotidien, quand chacun est engagé dans des tâches d’exécution, cette culture n’apparaît pas : chacun pense qu’il fait des séries de choix individuels. Ce qui est, en grande partie, une illusion.

Cette invisibilité a un défaut : elle peut laisser croire qu’une entreprise peut ne pas avoir de culture d’entreprise. Or, dès le premier jour, votre entreprise a eu sa culture c’est-à-dire sa manière de faire qui est propre. La question n’est donc pas de se choisir une culture d’entreprise, mais de travailler à comprendre celle que l’on met naturellement en place, de manière quotidienne.

Toute entreprise a une culture propre

L’identification de cette culture d’entreprise est un exercice de lucidité car, bien souvent, nous sommes divisés entre ce que nous croyons faire et ce que nous faisons effectivement. Nous professons sincèrement des valeurs, mais sommes prompts, face au réel, à rogner sur ces valeurs. Si nous renonçons, même temporairement, à une valeur – c’est qu’elle n’est pas une valeur réelle, elle est un espoir, un rêve, un fantasme.

Les bénéfices de la connaissance de la culture

Passé cet exercice de lucidité, il est important de voir ce que la connaissance de vos valeurs et de votre culture présente comme bénéfice. C’est un moyen d’avoir un compas sûr pour traverser chaque jour et prendre des décisions qui sont cohérentes les unes avec les autres. C’est un moyen pour vous séparer de tout ce qui vous prend du temps et n’est pas vous – et, comme cela n’est pas vous, cela vous prend du temps de le faire.

C’est enfin l’outil pour recruter des personnes qui, en adhérant à votre culture, ne seront pas simplement les exécutants de votre politique, mais auront une capacité pour faire vivre votre entreprise et proposer, jour après jour, des innovations qui la feront croître et grandir.

Ainsi, selon Tony Hsieh, le fondateur de Zappos, construire la bonne culture d’entreprise est la condition nécessaire et suffisante pour créer une entreprise. Tim O’Reilly ne le contredirait pas. Et vous, quelle est la culture de votre entreprise ?

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