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Consommation collaborative et financement participatif

À propos de la Consommation Collaborative, un journaliste du TIME Magazine écrit : « Un jour, nous regarderons le XXe siècle et nous nous demanderons pourquoi nous possédions autant de choses. »

La consommation collaborative 

La consommation collaborative est un modèle économique qui repose davantage sur l’usage que sur la propriété. La forte croissance de cette nouvelle tendance est liée à l’essor d’Internet, et permet de voir apparaître de plus en plus de service de valorisation de l’usage : location entre particuliers, prêt entre particuliers, troc, service d’hébergement, auto-partage, réseaux sociaux, apprentissages collaboratifs…

Cette nouvelle forme d’économie, celle qu’on appelle communément « économie du partage » s’applique aujourd’hui à tous les domaines : automobile, transport, alimentation, financement de projets, mode et distribution. Les distributeurs et les constructeurs automobiles ont été les précurseurs en favorisant le covoiturage, les dispositifs de troc, de partage et les services d’auto-partage. Et dans ce contexte actuel de crise économique qui perdure, nous avons tous besoin de nous remettre en question, de nous interroger sur nos modes de consommation et sur notre place dans la société. 

Grâce au développement fulgurant des nouvelles technologies et de la place qu’occupent les solutions communautaires sur Internet, les formes d’échange et de partage entre particuliers progressent considérablement. Internet et les solutions de Peer-to-Peer* ont permis :

  • Le déploiement de communautés d’internautes regroupées par sujets d’intérêt et besoins : en favorisant leurs liens sociaux et la mise en relation de ceux qui possèdent et ceux qui recherchent.
  • Le développement des systèmes d’évaluation de la réputation : en créant et favorisant les avis et critiques sur les utilisateurs, produits et services présents sur Internet ; en instaurant des relations de confiance entre utilisateurs de systèmes d’échanges.

La mode et le prêt-à-porter — qui représentent 6% de la consommation mondiale, tous secteurs confondus, devant l’automobile (4%) et les équipements et services de télécommunication (3%)** — ont pleinement intégré ces nouvelles tendances : vide-dressing, locations d’accessoires, trocs, échanges et locations de vêtements, appel à la créativité du futur acheteur,…

Le financement participatif

Le financement participatif, ou « crowdfunding », est aussi une solution qui séduit de plus en plus de créateurs de mode : pour financer les matières premières, participer à des salons professionnels et surtout fédérer et dynamiser leurs réseaux. La capacité de créer du lien social est un atout majeur dans le développement des plateformes de consommation et de financement collaboratif. C’est un avis que partagent de nombreux historiens et sociologues. Pour les consom’acteurs que nous sommes, il y a une recherche de relation affinitaire, un besoin de contact réel avec les producteurs, créateurs, fournisseurs des produits et services que nous consommons. Le plaisir se trouve donc dans l’acte d’échange du bien ou du service, certes, mais aussi dans l’échange relationnel.

Dans cette dynamique, le crowdfunding est un moyen pour les créateurs d’entreprise de sortir de l’isolement, de s’entourer, se faire conseiller et soutenir. La levée de fonds est presque la cerise sur le gâteau. Une étude récente, publiée par Massolution, nous indique que le nombre de plateformes de financement participatif est 5,6 fois plus important dans le monde depuis 2007. En 2012, les plateformes de crowdfunding ont réussi à lever 2,7 milliards de dollars avec un million de campagnes réussies. En 2012, 30% des investissements concernent des projets sociaux ou philanthropiques, 16,9% des entreprises, 11,9% des films ou les arts de la scène, et 7,5% la musique. Les financements en dons ou dons contre récompenses ont augmenté de 85% à 1,4 milliard de dollars. Cette croissance principalement dû aux projets d’entrepreneurs montre que ce mode de financement s’étend bien au delà des projets artistiques et technologiques qui ont fait sa notoriété. 

Issu de la culture du « Do It Yourself » (la plateforme aide les porteurs de projet à collecter des fonds par eux-mêmes), le crowdfunding — littéralement « financement par la foule » — vise à se populariser auprès des projets « Main Stream » qui concernent le cœur de l’activité économique globale. Ces projets de l’ « économie réelle » ont donc toutes les chances d’attirer les foules : les financements sont très concrets, les récompenses tangibles et l’impact direct est visible pour les donateurs. Par exemple :

  • Pour un restaurateur : une nouvelle salle à ouvrir, une cave à transformer en bar à vin, l’amélioration des équipements d’une cuisine… Les idées sont nombreuses et les récompenses à offrir aux parrains sont attrayantes : dégustations de vins, soirée dédiée aux donateurs ou repas offerts.
  • Un agriculteur, ou un vigneron, qui a besoin d’un nouvel équipement de production, d’une nouvelle machine, d’aménager un espace de travail, peut offrir en échange de financement des visites de sa propriété, des produits du terroir ou des dégustations.

L’intérêt de la création d’un circuit court entre l’entrepreneur et le donateur devient évident : la consommation peut ainsi avoir un impact direct sur l’économie globale. Les modes de consommation et le développement de la création d’entreprise sont le reflet du dynamisme, de la capacité d’adaptation et de l’innovation de l’économie d’un pays.

La prise de conscience de notre pouvoir de consom’acteur est primordiale. La nécessité d’entreprendre s’encourage et se favorise. C’est avec des petits gestes, en remettant le consommateur responsable et l’entrepreneur au centre de la société que l’on accède à un mode de vie plus humain.

*Échanges entre pairs, basés sur le développement d’un réseau d’échange et de partage entre internautes, en libre participation et engagés dans la production de ressources communes.

**Source : « Comment se diffusent les modes ? », article rédigé par Martine Fournier pour le magazine Les Grands dossiers des Sciences humaines, n° 22.

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