Consommation collaborative et financement participatif

Pendant plusieurs décennies, posséder, être propriétaire de ce que l’on achetait faisaient partie du train de vie social et des habitudes. L’idée de partage en dehors du cocon familial ou amical était incongrue. Or aujourd’hui, la consommation collaborative et le financement participatif ont définitivement ancré une nouvelle ère des échanges.

Le principal problème de l’extrait initial était la répétition rapprochée de « En effet » et le manque de relief visuel. Cette structure aérée et rythmée permet une lecture beaucoup plus fluide :

La consommation collaborative

Ce modèle économique repose désormais davantage sur l’usage que sur la propriété. Indissociable de l’essor d’Internet, la forte croissance de cette tendance s’est pérennisée au fil des ans.

En effet, le numérique permet le développement continu de nombreux services de valorisation de l’usage :

  • Mobilité : Auto-partage et mobilités partagées
  • Logement : Services d’hébergement
  • Biens matériels : Location, prêt entre particuliers et troc
  • Échanges et savoirs : Réseaux sociaux et apprentissages collaboratifs…

L’économie de partage

Cette forme d’économie, communément appelée « économie du partage », s’est désormais généralisée à tous les secteurs d’activité. On la retrouve notamment dans l’alimentation, la mode, la distribution ainsi que le financement de projets. Cependant, ce sont l’automobile et le transport qui ont fait office de pionniers en la matière. En effet, les distributeurs et les constructeurs automobiles ont été les précurseurs de ce mouvement en favorisant très tôt le covoiturage, les dispositifs de troc ou de partage, ainsi que les services d’auto-partage.

Face à ce contexte actuel de mutations économiques et de crises qui perdurent, cette transition prend tout son sens. Elle nous pousse ainsi à une nécessaire remise en question individuelle et collective. Plus que jamais, nous éprouvons le besoin de nous interroger sur nos modes de consommation, tout en repensant profondément notre place dans la société.

Les technologies, le soutien inconditionnel de l’économie collaborative

Grâce au développement fulgurant des technologies numériques et de la place centrale qu’occupent les solutions communautaires sur Internet, les formes d’échange et de partage entre particuliers progressent considérablement. Internet et les solutions de Peer-to-Peer* ont permis :

  • Le déploiement de communautés d’internautes regroupées par sujets d’intérêt et besoins, favorisant leurs liens sociaux et la mise en relation de ceux qui possèdent et ceux qui recherchent.
  • Le développement des systèmes d’évaluation de la réputation, qui créent et favorisent les avis et critiques sur les utilisateurs, produits et services présents sur Internet, instaurant ainsi des relations de confiance indispensables entre utilisateurs de systèmes d’échanges.

La mode et le prêt-à-porter — qui représentent environ 6% de la consommation mondiale, tous secteurs confondus, devant l’automobile (4%) et les équipements et services de télécommunication (3%)** — ont pleinement intégré ces tendances : vide-dressing, locations d’accessoires, trocs, échanges et locations de vêtements, appel à la créativité du futur acheteur,…

Le financement participatif

Le financement participatif, ou « crowdfunding », est aussi une solution qui séduit de plus en plus de créateurs de mode. Par exemple, pour financer les matières premières, participer à des salons professionnels et surtout fédérer et dynamiser leurs réseaux. La capacité de créer du lien social est un atout majeur dans le développement des plateformes de consommation et de financement collaboratif. C’est un avis que partagent de nombreux historiens et sociologues. Pour les consom’acteurs que nous sommes, il y a une recherche de relation affinitaire, un besoin de contact réel avec les producteurs, créateurs, partenaires et fournisseurs des produits et services que nous consommons. Le plaisir se trouve donc dans l’acte d’échange du bien ou du service, certes, mais aussi dans l’échange relationnel.

Un moyen incontournable pour les entrepreneurs

Dans cette dynamique, le crowdfunding est un moyen pour les créateurs d’entreprise de sortir de l’isolement, de s’entourer, se faire conseiller et soutenir. La levée de fonds est presque la cerise sur le gâteau.

Issu de la culture du « Do It Yourself » (la plateforme aide les porteurs de projet à collecter des fonds par eux-mêmes), le crowdfunding — littéralement « financement par la foule » — s’est largement popularisé auprès des projets « Main Stream » qui concernent le cœur de l’activité économique globale. Ces projets de l’ « économie réelle » ont donc toutes les chances d’attirer les foules. Ainsi, les financements sont très concrets, les récompenses tangibles et l’impact direct est visible pour les donateurs.

Par exemple :

  • Pour un restaurateur : Une nouvelle salle à ouvrir, une cave à transformer en bar à vin, l’amélioration des équipements d’une cuisine… Les idées sont nombreuses et les récompenses à offrir aux parrains sont attrayantes. Par exemple : dégustations de vins, soirée dédiée aux donateurs ou repas offerts.
  • Pour un agriculteur ou un vigneron : S’il a besoin d’un nouvel équipement de production, d’une nouvelle machine, d’aménager un espace de travail, il peut offrir en échange de financement des visites de sa propriété, des produits du terroir ou des dégustations.

L’impact sur l’économie globale

L’intérêt de la création d’un circuit court entre l’entrepreneur et le donateur devient évident. La consommation peut ainsi avoir un impact direct sur l’économie globale. Les modes de consommation et le développement de la création d’entreprise sont le reflet du dynamisme, de la capacité d’adaptation et de l’innovation de l’économie d’un pays.

La prise de conscience de notre pouvoir de consom’acteur est primordiale. La nécessité d’entreprendre s’encourage et se favorise. C’est avec des petits gestes, en remettant le consommateur responsable et l’entrepreneur au centre de la société, que l’on accède à un mode de vie plus humain.

*Échanges entre pairs, basés sur le développement d’un réseau d’échange et de partage entre internautes, en libre participation et engagés dans la production de ressources communes. Source : « Comment se diffusent les modes ? », article rédigé par Martine Fournier pour le magazine Les Grands dossiers des Sciences humaines, n° 22 (données macroéconomiques de structure conservées à titre illustratif).

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