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Cadres : un besoin de se déconnecter de l’entreprise

Pour de nombreux salariés, l’entreprise
est devenue le principal centre d’intérêt de leur vie, au point qu’ils ont du
mal à couper le cordon avec elle quand ils sont chez eux. Même si cette
implication peut être appréciée
par les entreprises, elles doivent tout de même ne pas en faire des personnes
corvéables à merci.

Des difficultés à décrocher

Un sondage a été réalisé par Vavoice
pour ugict-cgt. Un échantillon de 1035 cadres a été interrogé du 4 au 18
janvier 2018, il souligne qu’en raison d’une augmentation du temps et de la
charge de travail, les cadres consacrent moins de temps à leur vie personnelle.
60% déclarent ainsi travailler lors de leurs jours de repos. Mais si les salariés
ont du mal à se détacher de leur travail, c’est par souci d’implication et de
volonté d’accomplir leurs tâches sans être en retard.

Pour répondre aux exigences de cadences
à suivre, ils restent connectés durant leurs journées de repos. Ils sont 76% à
déclarer utiliser les nouvelles technologies dédiées à un usage professionnel.
Dans cette perspective, plus de la moitié des cadres rencontrent des
difficultés à se détacher de leur travail en dehors des heures de bureau. Pour
rester performants, être disponibles et montrer leur dévouement rapidement en
cas de problème, ils ne quittent pas leurs tablettes ou leurs portables. Même
si ce sacerdoce peut avoir des avantages pour l’entreprise, il s’avère
relativement nocif pour la vie du salarié. Les valeurs du bien-être se
retrouvent bafouées, à cause, de leur implication dans la vie de l’entreprise.

Un risque pour la santé

Le manque de repos a des conséquences
qui peuvent se révéler nuisibles pour la santé psychologique des salariés selon
les spécialistes de la santé. S’ils ne peuvent pas décrocher de leurs tâches
professionnelles, le burn-out peut survenir. Un salarié sous pression au
travail et en conséquence chez lui ne trouvera pas de moment de détente pour se
reposer et revenir plus performant. Même si parfois, ils veulent bien faire en
restant connectés, faire redescendre la pression s’avère nécessaire. La
performance est importante, mais pas au détriment des salariés, l’employeur
doit pouvoir leur faire comprendre les risques et les aider dans cette
démarche. Pour la mettre en place, pourquoi ne pas donner des règles précises
et montrer son exemplarité auprès des salariés.

Des demandes de la part des cadres

Pour résoudre ce type de situation, les
salariés nécessitent d’être écoutés. Dans le sondage réalisé par Vavoice pour
ugict-cgt, les cadres interrogés souhaitent avoir leur mot à dire dans le cas
d’une omniprésence de leur travail dans leur vie personnelle. C’est ce qui
s’appelle le droit à la déconnexion, ils sont 57% à vouloir y
avoir accès pour prendre du temps pour eux. Bien entendu, tout le monde ne se
sent pas forcé de travailler lors des jours de repos et certains le font par
envie. Les employeurs ont tout de même besoin de prévenir les salariés sur les
risques encourus.

Dans l’espoir de pouvoir un peu se
détacher de leur travail, les cadres ont d’autres réclamations selon le sondage
de Vavoice. L’entreprise est omniprésente dans la vie d’un cadre, il est très
souvent sollicité et fait de longues heures chaque jour. Pour s’émanciper un peu
de l’entreprise, les salariés ne veulent plus qu’elle empiète sur leur vie personnelle et leurs valeurs en général.
Dans cette optique, les salariés déclarent à 54% être en décalage avec les
pratiques et les choix de l’entreprise. Ils ne sont peu satisfaits des tâches
réalisées qui vont à l’encontre de ce qu’ils envisagent professionnellement.
Pour arriver à combler ce souci qui concerne plus de la moitié des cadres, un
droit d’alerte serait la solution. Il permettrait aux salariés de refuser de
mettre en œuvre une directive si elle ne correspond pas à leur éthique.

Plus de droits voulus par les cadres

Une telle demande peut vraiment poser
problème au sein d’une entreprise. En tant qu’employeur, il est nécessaire de
communiquer sur les suggestions des salariés même si elles paraissent
démesurées. Dans ce type de situation, la parole ne doit pas être brimée pour comprendre les demandes. Bien entendu, elles ne
peuvent pas toujours être mises en place, c’est pourquoi d’autres solutions
similaires devront être envisagées avec les équipes concernées. Dans
l’ensemble, les réclamations peuvent être nombreuses et les cadres souhaitent
être d’autant plus écoutés sur ces droits :

  • L’egalité professionnelle femmes /
    hommes en matière de déroulement de carrière et de rémunération : 94%
  • Un droit d’alerte et de proposition
    alternative sans sanction pour le respect de l’éthique professionnelle : 90%
  • Le droit à une protection sociale
    maintenant le niveau de vie (chômage, maladie et retraite) : 90%
  • Le droit à la déconnexion
    et la régulation de la charge de travail pour le respect de l’équilibre des
    temps de vie : 89%
  • Un pouvoir de prescription pour les
    managers en matière de formation et de qualité de vie au travail avec un budget
    dédié : 89%
  • La reconnaissance du diplôme dans la
    rémunération dès l’embauche : 73%

Dans l’entreprise, les cadres sont
souvent sollicités pour de nombreuses tâches. C’est donc
normal qu’ils souhaitent se détacher un peu de leur entreprise et réclament
plus de droits. Cette volonté correspond à un besoin d’une vie personnelle plus
épanouie ou tout simplement d’une envie que l’entreprise corresponde à des
valeurs intrinsèques.

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