L’analyse du langage non-verbal rencontre un franc succès aujourd’hui. Elle permet de décrypter les faits et gestes des politiciens ou des diplomates, leur faisant avouer leurs peurs, leur mépris ou leurs espoirs sans qu’ils aient prononcé le moindre mot. Pour tenter de contrôler cette communication invisible, ces personnalités s’entraînent longuement avec des coachs. Le problème ? Cela bride souvent leur spontanéité, parfois à leurs dépens.
Vous pensez tout savoir sur vos collaborateurs ? Sachez que leurs gestes les trahissent et révèlent une partie de leurs pensées profondes. En effet, un simple croisement de jambes ou un mouvement de regard peuvent vous en dire long sur le comportement actuel de votre salarié.
Voici un guide pratique des principaux gestes professionnels à observer (incluant les regards et les poignées de main) pour mieux comprendre les motivations de vos équipes. Attention toutefois à ne pas tomber dans la caricature : l’objectif est d’ajuster votre management, pas de nuire à vos relations.
Le décryptage des signaux corporels au bureau
Il se caresse le menton
Votre collaborateur vous écoute attentivement et se caresse le menton d’un air intéressé quand il s’exprime, ou inversement lorsque vous prenez la parole.
En réalité : Ce geste peut signifier que votre salarié se méfie de vous, ou pire, qu’il vous sous-estime. C’est parfois le signe qu’il anticipe une action en douce, comme celle de quitter prochainement l’entreprise.
Il se touche constamment le nez
Chez lui, c’est presque maladif, que ce soit au moment de prendre la parole ou dès que vous lancez la conversation. Sa justification ? Une mauvaise allergie.
En réalité : Il y a de fortes chances qu’il travestisse la vérité. Si ce geste survient dès que vous l’interrogez, il est possible qu’il prépare ses mensonges avec un temps d’avance. Nuance culturelle : Les Japonais ont tendance à se toucher le nez par simple habitude lorsqu’ils parlent, évitez donc les interprétations trop hâtives !
Il sourit sans les yeux
Pour distinguer un vrai sourire d’un faux, le secret réside dans le regard. Les petites « pattes d’oie » qui se forment au coin des yeux sont le gage d’un sourire franc et authentique.
En réalité : Si les yeux restent parfaitement fixes et lisses, votre interlocuteur vous cache probablement le fond de sa pensée.
Il garde les mains serrées durant tout l’entretien
Ses mains restent fermées, crispées l’une contre l’autre tout au long de votre échange.
En réalité : Votre collaborateur se montre contrarié, tendu ou particulièrement mal à l’aise. La balle est dans votre camp pour briser la glace et l’amadouer.
Il joint ses mains « en prière »
Les paumes sont collées ou les doigts entrelacés devant lui, à la manière d’une prière.
En réalité : Il passe en mode observation active. Dans cette posture, il va passer beaucoup plus de temps à vous analyser qu’à vous écouter.
Il garde un index posé sur sa joue
Pendant que vous parlez, son index reste pointé verticalement le long de sa joue.
En réalité : Ce signal traduit une insatisfaction vis-à-vis de vos propos. Dans certains cas, cela peut glisser vers de l’agacement ou du mépris.
Sa main gauche agrippe son avant-bras droit
Il se tient le bras de manière inconsciente pendant la discussion.
En réalité : C’est un geste d’auto-protection qui avoue un échec, une baisse de confiance ou une difficulté qu’il a du mal à surmonter.
Il se couvre la bouche avec un coude en appui
Sa main masque ses lèvres tandis que son bras est appuyé sur la table ou le fauteuil.
En réalité : Il se méfie de vos déclarations, ne vous prend pas tout à fait au sérieux et attend des explications plus concrètes.
Il croise ses chevilles sous la chaise
Ses pieds sont verrouillés au niveau des chevilles.
En réalité : Votre employé n’est tout simplement pas de bonne humeur aujourd’hui. Rassurez-vous, cela n’a pas forcément un lien direct avec vous ou votre entretien.
Le croisement des jambes : une question de genre
Le sens du croisement de ses jambes varie selon qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme.
En réalité : Si la jambe gauche est croisée sur la droite : un homme n’est pas du tout convaincu par vos arguments, tandis qu’une femme se montre au contraire conquise. Le constat s’inverse si la jambe droite passe au-dessus de la gauche. Attention : Les gauchers ont une gestuelle naturellement inversée !
Il se croise les bras
Un grand classique de la communication non-verbale.
En réalité : C’est une posture de fermeture. Votre interlocuteur restera sur la défensive tout au long de l’entretien tant qu’il n’aura pas décroisé les bras.
Ses jambes restent « en équerre »
Ses jambes forment un angle droit et rigide, les pieds bien à plat ou orientés vers la sortie.
En réalité : Il s’agit d’un désintérêt total pour le sujet de la discussion. Son corps exprime son envie de partir.
Les signaux corporels positifs
Heureusement, certains gestes confirment l’engagement et l’ouverture de votre collaborateur. Deux attitudes doivent particulièrement retenir votre attention :
- Le pouce sous le menton : Lorsqu’il appuie son coude et garde son pouce en retrait sous le menton, l’index droit couvrant ses lèvres, il est en pleine réflexion constructive.
- La main sur la joue : S’il maintient un coude appuyé et pose délicatement la main contre sa joue, il se montre sincèrement très attentif à vos propos.
Ce que dit sa poignée de main
Le contact physique de la poignée de main donne une excellente indication sur la posture de votre interlocuteur. Voici comment l’interpréter si votre employé vous tend une main :
| Type de poignée de main | Profil psychologique associé |
| Paume tournée vers le sol | Profil dominateur, cherche à prendre le dessus. |
| Main molle (le « poisson mort ») | Personne timide, en manque de confiance, ou peu concernée. |
| Main douloureuse (broyeur de phalanges) | Personne agressive, qui cherche inconsciemment le conflit. |
| Main fuyante (retrait rapide) | Profil insaisissable qui cherchera à vous culpabiliser. |
À surveiller également : S’il ne vous tend que le bout des doigts, il fuit le contact direct par timidité ou par aversion. Enfin, s’il ne tend mystérieusement que l’index, il s’agit probablement d’une personne complexée.
Conclusion : Manager avec empathie, sans caricaturer
Bien que cette analyse succincte puisse prêter à discussion, elle offre une grille de lecture précieuse pour le quotidien. L’objectif de cette démarche n’est pas de fliquer vos équipes, mais de vous inciter à prêter une oreille plus attentive aux sentiments de vos collaborateurs. Si l’observation de ces attitudes vous permet de désamorcer des conflits cachés et de créer des relations managériales plus harmonieuses, alors vous avez tout gagné !

