Pourquoi l’Activity-Based Working redéfinit le futur du bureau

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Le « bureau attitré » est-il en train de devenir une relique du XXe siècle, au même titre que le télécopieur ou le classeur suspendu ? À l’heure où les frontières entre vie pro et vie perso se brouillent, une méthode émerge comme la réponse définitive au désarroi des DRH : l’Activity-Based Working (ABW).

Bien plus qu’un simple réaménagement de mobilier, l’ABW est un pacte de confiance qui stipule que le salarié est le mieux placé pour savoir il travaillera le mieux.

1. Déconstruire le Mmythe : qu’est-ce que l’ABW ?

Imaginez votre journée type. Le matin, vous avez besoin d’un silence monacal pour rédiger un rapport complexe. L’après-midi, vous devez brainstormer avec trois collègues sur un nouveau projet. En fin de journée, vous passez une série d’appels confidentiels.

Dans un bureau classique, vous faites tout cela au même endroit. Dans une configuration ABW, vous changez d’environnement selon votre tâche :

  • La « Library » (Zone de silence) : Pour la concentration profonde (Deep Work).
  • Les « Huddle Rooms » : Petites bulles pour des réunions flash.
  • Le « Social Hub » : Un espace café-lounging où naissent les idées informelles.

2. L’Analyse : pourquoi ça marche (et pourquoi on en a besoin)

Levier de productivité vs « théâtre de la présence »

L’ABW s’attaque au fléau du présentéisme. En offrant la liberté de mouvement, l’entreprise valorise le résultat plutôt que le temps passé sur une chaise. Les études montrent qu’un employé qui choisit son environnement réduit son niveau de stress de manière significative.

Le remède à la « fatigue de l’open space »

L’open space traditionnel nous a promis la collaboration mais nous a apporté les nuisances sonores et les interruptions constantes. L’ABW corrige le tir en réintégrant le droit à l’isolement sans pour autant cloisonner les équipes dans des bureaux fermés et austères.

3. Les défis : ce n’est pas qu’une question de canapés

Passer à l’ABW est un saut périlleux pour la culture d’entreprise. Les principaux obstacles ne sont pas techniques, mais psychologiques :

  1. Le deuil du territoire : « Où vais-je mettre la photo de mes enfants ? » La perte d’un bureau fixe peut être vécue comme une perte de statut ou de sécurité.
  2. Le management par la vue : Pour certains managers, si l’employé n’est pas sous leurs yeux, il ne travaille pas. L’ABW exige un management par objectifs.
  3. La propreté et la logistique : Cela impose une politique stricte de « Clean Desk » et une infrastructure numérique (WiFi, Cloud) sans faille.

4. Le verdict journalistique : gadget ou révolution ?

Si l’ABW est utilisé uniquement pour réduire la surface immobilière (et donc les coûts), c’est un échec assuré. Le salarié se sentira comme un « nomade sans domicile fixe ».

En revanche, si l’approche est centrée sur l’humain, elle devient un outil d’attractivité majeur pour les talents de la Gen Z et des Milléniaux, qui cherchent de la flexibilité et de l’autonomie. C’est la fin du bureau subit, et le début du bureau choisi.

Tableau comparatif : bureau classique vs ABW

CaractéristiqueBureau TraditionnelActivity-Based Working
Philosophie« Je viens à mon poste. »« Je choisis mon outil. »
EspaceRigide et uniforme.Diversifié et ergonomique.
TechnologieFixe (PC tour, câbles).Mobile (Laptop, Cloud, 5G).
CultureContrôle et hiérarchie.Autonomie et confiance.

Note de l’expert : L’ABW ne se décrète pas, il se co-construit. Les entreprises qui réussissent cette transition sont celles qui interrogent leurs salariés sur leurs usages réels avant de déplacer la moindre cloison.

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