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Les levées de fonds pour se faire remarquer

Depuis une dizaine d’années, les levées de fonds se sont multipliées et les réussites dans le domaine ne manquent pas. Certaines se sont particulièrement illustrées avec des montants records comme Ecovadis avec 182 M€, ContentSquare (173 M€), Manomano (125 M€) ou encore BackMarket (110 M€). Même si cette dernière année s’avère un peu moins en raison des circonstances exceptionnelles, les levées de fonds sont toujours plébiscitées.

Des montants levés impressionnants


Première remarque à se faire : les montants levés sont souvent sans commune mesure avec ce qui était réalisé il y a 10 ans. Il apparaît évident que les records avec des montants à deux chiffres ne sont plus si exceptionnels et que le dépassement de la barre des 100 m€ est devenu « fréquent ». Des sommes qu’on aurait pu juger comme astronomiques, il y a encore peu de temps, sont devenues monnaie courante. Ces montants servent généralement à conquérir rapidement le marché et sont souvent dans la logique « Winner-Take-All », autrement dit que le premier à s’imposer remporte tout. Cette logique basée sur une notoriété et une image de marque du premier arrivé a entraîné un accroissement fulgurant des montants levés même si cela n’est pas la seule raison.

Loin d’un symbole de réussite


Si beaucoup considèrent les levées de fonds comme un aboutissement ou un symbole de réussite, elles ne représentent souvent qu’une étape. Il s’agit avant tout d’avoir de l’argent pour se développer suffisamment vite ou de pouvoir dépasser certaines étapes grâce aux montants levés. En soi, elles ne représentent qu’une méthode de financement qui sert à lancer de nouveaux « projets » et d’ailleurs elles sont souvent classifiées en fonction de la raison pour laquelle les montants sont levés ou du stade de développement de l’entreprise. Et il faut dire que si l’entreprise fonctionnait déjà à plein régime et était suffisamment rentable, on ne voit pas pourquoi elle ferait appel à des fonds extérieurs pour pouvoir poursuivre son développement. Le fait de s’être illustré dans le domaine marque souvent cependant la présence des bases solides. La communication pendant ce moment fort contribue à en faire un symbole de réussite.

Mais finalement qu’est-ce qu’une levée de fonds ?


Pour revenir à la base, une levée de fonds n’a rien de compliqué. Elle représente un tour de table dans lequel les fondateurs d’une société décident de céder des parts et les investisseurs d’investir de l’argent dans des projets de développement ou de consolidation. Autrement dit, les fondateurs octroient une prise de participation dans le capital social en échange de leur part. Le montant levé détermine, en quelque sorte, la valorisation de la société puisqu’en fonction de ce montant un pourcentage de part est attribué même si elle peut se réaliser suivant diverses méthodes comme celles des multiples. C’est avant tout une négociation qui prendra quelques semaines voire des mois.

Les différentes levées de fonds


Amorçage ou pré-seed.


Ces levées de fonds se déroulent en général au début de projet. Elles interviennent avant la série A et servent à faire en sorte que l’entreprise « s’amorce ». La rentabilité n’est donc pas encore présente et il est généralement considéré davantage comme une étape de financement qu’une véritable levée de fonds. Il s’agit alors de mettre en place le projet et d’élaborer le produit ou service et de déterminer l’offre. Il s’avère nécessaire de fixer le projet et les pivots ne sont pas rares pendant cette période. Certaines contraintes techniques peuvent être en cours de résolution et les premiers clients ne sont pas forcément encore présents puisque le produit demande parfois de réaliser des prototypes ou encore de faire une étude de marché. Elle est souvent considérée comme une étape avant la levée de fonds, tout simplement parce que les investisseurs sont encore souvent la love money (les amis et la famille), les fonds d’origine publique comme l’État ou les collectivités territoriales ou encore l’emprunt bancaire.

Les levées de fonds


Une fois cette première étape franchie, c’est à ce moment que l’on parle de levée de fonds. L’entreprise a en général déjà commencé à vivre de son modèle économique et celui-ci a souvent déjà été éprouvé. La mise sur le marché entraîne naturellement de nouveaux besoins qu’ils soient matériels, financiers ou humains et il est alors parfois nécessaire de lever des fonds pour poursuivre l’aventure. La plupart du temps les levées de fonds ont pour but de recruter, d’investir notamment dans du matériel, de se faire connaître ou tout simplement de gérer un BFR qui peut affecter la trésorerie. L’entreprise ne génère donc pas suffisamment de cash pour pouvoir réaliser différentes opérations utiles pour le présent ou l’avenir.
Le niveau du « seed » correspond souvent au tout début et des investisseurs comme les Business Angels, les fonds d’amorçage, les banques au travers de l’emprunt ou la Bpifrance sont souvent les seuls acteurs à ce niveau. C’est une levée de fonds de moyenne taille qui se situe entre 150 K et 1 million d’euros.

Les différentes séries de levée de fond


La série A suit parfois cette première levée de fonds. C’est une étape où il faut rendre scalable le business et aller progressivement vers la rentabilité. Elle peut être réalisée pour s’étendre sur le plan national ou sur des premiers tests à l’international et pour accélérer le développement. Il s’agit souvent d’obtenir des financements compris entre 800 K et 3 millions d’euros.

La série B s’adresse aux entreprises qui veulent généralement s’internationaliser ou encore qui décide de racheter des entreprises concurrentes. La société est généralement déjà rentable sur son marché national et tente de s’imposer. Le business model a fait ses preuves et il ne s’agit plus de vérifier que l’entreprise peut être rentable mais bien qu’elle puisse décupler sa rentabilité.

La série C est généralement l’étape considérée comme pré-IPO, c’est-à-dire avant leur entrée en bourse. L’objectif est de s’imposer comme le leader du marché. Les montants ne sont pas uniformes mais dépassent généralement la dizaine de millions d’euros.

Les série D ou E dite IPO servent généralement à préparer à l’introduction en bourse.

Le Capital Risque (ou Venture Capital) est une branche du Capital Investissement (ou Private Equity). Les fonds de capital-risque regroupent de grands investisseurs financiers, dont l’objectif est d’investir dans le démarrage et le développement de start-ups innovantes qui pourront devenir des licornes. Ces fonds ont pour stratégie d’entrer dans le capital des start-ups au démarrage afin de bénéficier de la hausse de la valorisation des parts et de pouvoir revendre leurs parts entre 3 et 7 ans plus tard en faisant une plus-value. 

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