GérerGestionGestion du temps et du stress

Le malaise des dirigeants des petites PME traditionnelles

Depuis des mois, tous les acteurs de l’économie s’accordent à dire
que les entreprises françaises rencontrent des difficultés et notamment
nos PME en admettant qu’elles sont fortement pénalisées par des charges
salariales élevées, sous une pression intenable sur la trésorerie
(délais de paiement, commandes confirmées tardivement, négociations
commerciales des prix très tendues …) et une fiscalité trop changeante.

Ces
12 derniers mois, le milieu politique n’a eu de cesse de s’engager à
prendre des mesures pour améliorer la situation financière que subissent
ces PME : mise en œuvre de la Loi de Modernisation de l’Economie,
lancement de la Banque Publique d’Investissement, demande aux banques de
soutenir les besoins de financements des entreprises, crédit d’impôt…
autant de mesures pour laisser aux entreprises un peu d’air en vue de
reprendre leur développement.

Des solutions trop limitées

Force est de constater que ces mesures ne ciblent pas la majorité des entreprises.

Côté
pile, les dernières décisions gouvernementales répondent principalement
aux attentes des grandes PME exportatrices, entreprises innovantes et
grosses entreprises françaises.

Coté face, 96,8 % des entreprises
françaises, celles qui embauchent de 1 à 19 salariés, ont fait le dos
rond pendant un temps, peinent aujourd’hui à maintenir les emplois et
finissent malheureusement par s’essouffler. Constat inquiétant quand on
sait que ces TPE détiennent la majorité des emplois et créent 27% de la
valeur produite de notre pays (source IFOP sept 2012).

A l’inverse
des moyennes et grandes entreprises, les TPE, de nature plus
traditionnelles, ne bénéficient d’aucune notoriété, ne cherchent pas à
délocaliser pour améliorer leur profit et n’ont personne pour injecter
des centaines de milliers d’euros afin de soutenir leur activité. Pour
elles, les suppressions d’emplois liées à la crise sont moins voyantes,
quelques unes par-ci par-là. Mais au final, il ne s’agit pas des 8000
licenciements d’un grand constructeur automobile. Non, se sont 48 300
salariés qui sont touchés par les défaillances dans les TPE pour le seul
3è trimestre 2012 (chiffres Altares).

Des TPE désabusées et seules

Oubliés
des médias et des politiques, face à une réglementation fiscale et
administrative qui évolue sans cesse, les dirigeants de TPE ne se sont
jamais sentis aussi seuls. Confrontés à des problèmes de trésorerie
grandissants qui fragilisent la situation financière de leurs
entreprises, ils subissent plus directement la faiblesse de la
consommation intérieure. Ils ont du mal à obtenir des aides à
l’investissement et ne bénéficient que rarement du soutien de leur
banque. Ceci sans compter les délais de paiement qui s’allongent encore
plus pour les TPE travaillant avec des grands groupes ou des services de
l’Etat.

L’ensemble de ces difficultés s’appuie sur une situation
conjoncturelle qui ne va pas s’arranger et qui inquiète de plus en plus
les dirigeants de TPE.
Les mesures annoncées seront certes bénéfiques
pour les entreprises de plus de 50 salariés, mais elles changeront peu
la situation des petites entreprises.

Car difficile pour ces
dirigeants d’entreprises « traditionnelles » de parler d’innovation, de
trouver de nouveaux marchés pour bénéficier des mesures décidées par le
gouvernement… cela n’est pas toujours possible.
Se sont aussi eux
qui sont en première ligne face au mécontentement de leurs salariés car
ces derniers ont perdu depuis octobre quelques dizaines d’euros chaque
mois sur leur salaire avec la fin des heures supplémentaires
défiscalisées.

Quant à la mesure de Crédit d’Impôt pour la
Compétitivité et l’Emploi inauguré par le gouvernement début novembre,
son impact sur les TPE ne sera que minimal : 6% de la masse salariale
brute pour une entreprise qui emploie 6 à 7 personnes payées au SMIC,
cela ne sera pas suffisant pour investir.

Des orientations plus justes et spécifiques pour l’avenir

Au
monde de l’entreprise français d’être plus uni et « patriote »
économiquement. Il est temps de changer notre manière de travailler
entre fournisseurs et sous-traitants en consolidant les relations, en
devenant partenaires au lieu de rechercher l’amélioration des marges à
tout prix.

Aux moyennes et grandes entreprises d’aller dans ce
sens pour tirer vers le haut ces petites entreprises car elles ont
toutes les mêmes objectifs de rentabilité et de croissance. Elles sont
toutes créatrices d’emplois.

Au gouvernement de donner plus de
clarté, de simplicité, de pérennité et de perspectives dans les mesures
de changement qui sont prises. Quatre éléments indispensables pour une
gestion cohérente et seine de l’entreprise.

Aux TPE, qui ne
peuvent plus attendre, de raisonner en terme d’amélioration de leur
compétitivité, car ce n’est pas un sujet réservé aux grandes
entreprises. Une compétitivité qui peut passer par une maîtrise des
coûts, un des leviers de la performance économique. Il n’est pas
nécessaire de mettre en place des solutions logicielles lourdes et
coûteuses pour y parvenir.

La mise en place de bonnes pratiques
au sein des entreprises est une solution de compétitivité. En l’absence
d’aides conjoncturelles gouvernementales, pour les dirigeants, le chemin
vers ce gain de productivité et de compétitivité passe par un retour
aux fondamentaux (mise à plat des coûts, des processus opérationnels,
clarification des postes clients et fournisseurs…) en vue de mieux
répondre aux objectifs finaux de l’entreprise.
L’accompagnement du
dirigeant sur ces questions de gestion est une action concrète et peu
coûteuse pour ceux qui sont prêts à franchir le pas et désireux de
passer la tempête.

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