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Pourquoi il faut se préparer un confinement plus long ?

Si certaines personnes pensent encore que le confinement ne devrait durer que 15 jours, il faut bien se l’avouer, il devrait en réalité durer au moins un mois et donc courir jusqu’au 15 avril minimum. Les récentes déclarations vont en ce sens. Mais pourquoi le délai de confinement est-il finalement prolongé ?

Comme l’a bien précisé hier matin, le président du Comité consultatif national d’éthique, Jean-François Delfraissy ou encore Santé Publique France au travers de Geneviève Chêne, sa directrice générale, sur France Info une prolongation du confinement sera « très vraisemblablement nécessaire ». Ceci est vrai pour plusieurs raisons qui s’expliquent facilement. 

Les rebelles qui ne suivent pas vraiment les consignes

Tout d’abord il faut constater qu’un certain nombre de personnes ne semblent pas comprendre le principe du confinement c’est-à-dire de sortir le moins possible voire pas du tout. Ils contaminent ainsi ce qu’ils croisent ou se font contaminer. Les nombreux départs de villes vers les provinces à l’annonce du confinement (et souvent critiqués) des gens vers la campagne ont de plus contribué à étendre la zone de propagation à des zones jusqu’alors peu touchées. Si on comprend que la surface des appartements dans les villes peut vite donner envie d’aller prendre l’air à la campagne où les espaces sont beaucoup plus étendus ou encore de ne pas respecter les consignes, surtout que certains (irresponsables ?) semblent ne rien changer à leurs habitudes de vacances, ce comportement entraîne que la propagation va continuer. La durée de confinement devrait parallèlement augmenter d’autant plus afin que les hôpitaux ne soient pas débordés. Une attitude qui reste étonnante quand on sait que certains le sont déjà et qu’on ne pourra pas prendre forcément en charge tous les patients… A noter que les départs après le confinement renforcent encore cette propagation qui aurait dû être davantage limitée dès le mardi 17 à midi. Attitude identique pour ceux qui ne respectent pas les distances de sécurité dans les commerces par exemple et qui continuent de participer à la propagation du virus. 

La nécessité du travail

Pour traiter une épidémie, il y a besoin de matériel ou encore pour éviter la rupture d’approvisionnement des supermarchés et pharmacie. L’arrêt total engendrerait d’ailleurs des mouvements de panique bien pire que le mal. Or, toutes les entreprises sont en réalité inter-liées et pour que les hôpitaux ou les pharmacies fonctionnent, il y a besoin d’un grand nombre de fournitures.  Par exemple, une pharmacie a besoin de cartons pour recevoir les masques et donc il faut qu’un certain nombre d’entreprises (voire un grand nombre) continuent de tourner pour que les acheminements puissent se faire. L’information aussi doit continuer et les déplacements sont donc inévitables. Or, les différents salariés des entreprises se croisent et se contaminent naturellement. Si chacun salue leur dévouement, il faut constater que cela prolonge la durée de confinement naturellement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, à l’occasion d’une visioconférence avec le Premier ministre Edouard Philippe et plusieurs ministres, le président de la République a appelé à « la responsabilité ‘civique’ des entreprises pour poursuivre leur activité lorsque cela est possible ».

Car de toutes façons, il ne va pas disparaître par enchantement

On pourrait se dire que si presque tout le monde pratiquait strictement le confinement, la disparition serait tout simplement possible. C’est oublier qu’il s’agit d’un virus qui se propage extrêmement vite et facilement. La grippe fait également de nombreux morts chaque année et il est déjà presque impossible de l’arrêter. Il suffit de réaliser que le taux de transmission est beaucoup plus important pour comprendre que cela n’arrêterait pas le virus. En imaginant même que tout le monde se prête au jeu, ce qui pourrait sembler irréalisable car il faut bien faire des courses de première nécessité par exemple, cela implique que l’ensemble des pays pratiqueraient le confinement en même temps, ce qui est quasi irréalisable. Les frontières n’étant jamais étanches autant dire que sa non propagation demeure quasi impossible. Il suffit de voir qu’il n’a même pas pu être arrêté d’un continent à un autre pour réaliser que c’est le cas. Autrement dit, quelle que soit la durée de confinement, il continuera de se propager. 

Parce que le but n’est pas d’arrêter la propagation

Si on pourrait croire qu’il s’agit d’arrêter la propagation, il s’agit en réalité de la freiner afin que les hôpitaux puissent continuer de fournir les soins intensifs pour ceux qui le nécessitent en disposant d’assez de lits notamment pour la réanimation. Il s’agit donc que tous les cas graves n’arrivent pas en même temps à l’hôpital comme on s’en doute, ce qui obligerait les professionnels de soins à choisir en fonction de la gravité estimée, ceux qui ont accès à des soins ou non. Certaines régions ont d’ailleurs subi une forte affluence leur obligeant à faire ce choix comme le témoigne un grand nombre de témoignages de médecins d’hôpitaux. Finalement, une majorité de la population sera peut-être touchée mais sans conséquences sur la vie et cette transmission va développer d’une personne à une autre les résistances nécessaires. Il est nécessaire que les soins puisent être pratiqués à ceux qui sont soumis à une rude épreuve physique par le virus si d’autres peuvent le vivre sans plus de difficultés que les virus qui sévissent chaque année. C’est pourquoi la durée estimée de l’épidémie est généralement estimée à 3 mois. La capacité à sauver des vies en adoptant le bon comportement reste donc une affaire de nombre de lits disponibles dans les hôpitaux (ainsi que de personnels) afin d’endiguer l’épidémie et limiter le nombre de morts dû à une incapacité de notre service de santé de les prendre en charge. De plus, arrêter l’économie totalement durant quelques mois auraient des conséquences économiques vues comme désastreuses alors que le but annoncé est de la faire repartir rapidement et d’éviter un maximum de licenciements. 

 Au final 

Au final entre les retards, les comportements qui ne respectent pas les consignes, le faible nombre de lits de réanimation et une propagation qui continue de se réaliser quoi qu’il arrive du fait de la viralité du coronavirus, il est clair que la période de 15 jours initialement donnée ne devrait pas suffire et qu’il faudra très probablement prolongée cette période. La durée de guérison joue également un rôle puisqu’il s’agit de faire sortir les premiers malades pour accueillir les suivants. Voici donc quelques raisons qui devraient entraîner que la période de confinement ne devrait pas s’arrêter à 15 jours même si on peut imaginer une diminution des contraintes en cas de disponibilité rapide des lits dans les hôpitaux (même si cela reste finalement peu probable) !

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