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Est-ce que la grande démission est réelle ?

Si ces derniers temps, les médias ont largement parlé de la grande démission et que certains y ont vu des signes d’une envie de ne plus travailler et de rester dans l’inertie, il se pourrait bien que l’on puisse appréhender les choses différemment. En effet, il pourrait s’agir en réalité d’une vaste transformation de la société. 

La grande démission : c’est quoi ? 

La grande démission (ou « The Great Resignation » en anglais) est un terme qui a été utilisé pour décrire la tendance actuelle de nombreux travailleurs à quitter leur emploi. Cette tendance a été particulièrement observée depuis la pandémie de COVID-19 et les changements qu’elle a entraînés dans la façon dont les gens travaillent. Il est important de noter que la grande démission n’est pas limitée à une question de personnes qui quittent leur emploi sans de réelles raisons. Au contraire, c’est souvent une décision réfléchie et bien planifiée, prise par des travailleurs qui cherchent à obtenir un meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle, trouver des opportunités plus satisfaisantes et plus  gratifiantes comme des salaires plus élevés, des avantages sociaux . Elle reflète aussi le besoin pour les travailleurs de se sentir plus engagés et épanouis dans leur vie professionnelle. A noter qu’en France, les démissions ont atteint ainsi des chiffres historiquement élevés cette année, avec plus de 500 000 démissions par trimestre en 2022. 

Les causes de la grande démission

La grande démission a d’abord pour cause la pandémie de COVID-19 qui a bouleversé la vie professionnelle de nombreux travailleurs, les obligeant à travailler à domicile ou à faire face à des perturbations dans leur travail. Cette expérience a amené de nombreux travailleurs à réfléchir à leur carrière et à leurs priorités, et à envisager de nouveaux horizons. Plusieurs nouveaux désirs en ont découlé : le désir de flexibilité, le besoin de reconnaissance et peut-être surtout la recherche de sens. Dans l’ensemble, la grande démission reflète le désir des travailleurs de trouver un travail qui est plus en accord avec leurs valeurs, leurs priorités et leur style de vie.

Une rotation en réalité ? 

Si on parle de grande démission, il pourrait s’agir en réalité d’une grande rotation. En effet, le marché du travail s’est avéré plus tendu et le taux d’activité étant pourtant plus élevé qu’avant la crise sanitaire. Cela implique certes que de plus en plus de personnes quittent leur emploi, mais aussi qu’elles restent dans le marché du travail. C’est en fait davantage une réorientation, voire l’accession à un nouveau poste par des entreprises qui offrent de meilleures conditions de travail (et une rémunération plus élevée). Certaines ont également créé leur propre activité. Cela nous permet donc de penser qu’il y a eu une profonde mutation avec des nouveaux enjeux pour les entreprises à la clé.

Que doivent faire les entreprises pour motiver et fidéliser leurs salariés ? 

Pour faire face à la grande démission, les employeurs peuvent adopter plusieurs stratégies et notamment offrir des conditions et avantages attractifs tels que des congés payés, des assurances santé, des horaires de travail flexibles, des programmes de formation et de développement, des possibilités de travail à distance et des options de travail à temps partiel. Elles peuvent surtout donner du sens au travail en travaillant notamment sur le partage de la vision et les valeurs qu’elles portent et donc travailler sur leur communication. 

Les entreprises cherchent également à établir une culture d’entreprise positive qui valorise la diversité, l’équité et l’inclusion et à établir des programmes de reconnaissance et de récompense ainsi que des opportunités de croissance et de développement pour les employés. 
Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez vous intéresser au débat avec le Réseau 137, cabinet de management de transition, qui a invité Cécile Dejoux (professeure, chercheuse, conférencière spécialisée dans le sujets management / transformation et intelligence artificielle), Isabelle Quainon (DRH adjointe du groupe Véolia) et Dorian Roucher (sous-directeur à la DARES) à échanger lors de sa dernière Agora. 

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