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Le Coronavirus, jackpot pour la vente en ligne ?

Les sites de vente en ligne ont semblé exploser pendant le confinement. En effet, le seul moyen de faire des courses en dehors de l’alimentaire était de commander par le biais des sites en ligne. Pourtant, l’analyse n’est pas si simple car les sites marchands sont intrinsèquement liés à la livraison. Focus sur cette période exceptionnelle et ses conséquences sur la vente en ligne

La FEVAD a effectué une enquête sur l’impact du Covid-19 sur le e-commerce français. Selon les conclusions de cette enquête 94% des sites e-commerce sont toujours ouverts. Toutefois, le constat est que 76% des sites ont enregistré un recul des ventes depuis le 15 mars, date du début du confinement. Pour pouvoir continuer à vendre, les sites de e-commerce ont adapté leurs conditions de travail (82% en télétravail) afin de respecter les recommandations sanitaires. Mais le plus alarmant de cette enquête est que plus d’une entreprise sur trois estime qu’elle n’aurait pas pu résister économiquement plus de trois mois. Fort heureusement le confinement s’est arrêté en partie le 11 mai. 

Sites ouverts pendant le confinement mais avec une réduction d’activité

Selon l’étude réalisée du 23 au 25 mars auprès de 136 sites de e-commerce et auprès des acteurs du B2C, du B2B et du C2C., 94% des sites sont toujours ouverts. Cependplus d’un tiers d’entre eux a dû réduire son activité. Les sites qui ont le plus souffert et qui ont dû interrompre leur activité e-commerce sont ceux liés aux enseignes magasins (8%) alors que seulement 4% des pure-players sont concernés.

76% des sites ont cependant enregistré un recul des ventes depuis le 15 mars et pour la moitié d’entre eux ce recul est de plus de 50%. La mode et l’équipement de la maison figurent parmi les secteurs les plus touchés. 

Le jackpot pour quels sites ?

18% des sites ont un chiffre d’affaires en hausse et sans surprise, il s’agit des sites dans l’alimentaire, la téléphonie-informatique ainsi que les produits culturels et éducatifs, liés d’une part au besoin essentiel de se nourrir mais aussi de s’adapter au télétravail aussi bien pour les adultes que pour les enfants scolarisés. Quant aux produits culturels, il a bien fallu occuper le temps libre et d’ailleurs les puzzles ont fait un carton. Pourtant les sites marchands sont par ailleurs nombreux à déclarer avoir des difficultés d’approvisionnement (40%) et 48% s’attentent à ce que cela continue selon l’origine des produits.

Une adaptation dans l’organisation du travail   et des livraisons

Les e-commerçants ont profondément adapté l’organisation du travail. 82% des entreprises pratiquent le télétravail, 66% ont recours au chômage partiel et 22% ont fermé certains sites. Cette adaptation s’est révélée chronophage mais a eu aussi un impact majeur sur les relations humaines.

La logistique a été très perturbée aussi bien dans les entrepôts que chez les prestataires logistiques qui se sont révélés avoir des conséquences négatives sur les délais de livraison : 85% des sites notent un allongement des délais pour livrer les colis aux cyberacheteurs. 29% d’entre eux ont enregistré des annulations de commandes en raison de l’allongement des délais. Habitués à la livraison sous 24h et 48h, les délais sont devenus un obstacle.  De plus, les commerces qui servaient habituellement de points de points retraits ont fermé et ont demandé une adaptation et une nouvelle organisation : 1/3 des sites ont proposé la gratuité ou des frais réduits pour la livraison des commandes à domicile.

La majorité des sites ont proposé un allongement du droit de rétractation en offrant aux clients la possibilité de retourner les produits dans un délai de 30 à 60 jours, contre 14 jours en temps normal, pour pouvoir s’adapter aux difficultés rencontrées. 

Un avenir bien incertain.

Si le plan gouvernemental de soutien aux entreprises semble être bien accueilli par une majorité des e-commerçants qui le juge globalement satisfaisant, l’inquiétude domine malgré tout chez les professionnels quant aux perspectives d’avenir.

A la question « si la situation de confinement devait durer au-delà d’un mois combien de temps pensez-vous que votre entreprise pourrait résister économiquement ? », près de 40% des entreprises estiment qu’elles ne pourront pas résister économiquement plus de trois mois et 20% préfèrent ne pas se prononcer.

La réalité avant le confinement

Le 5 février 2020 a été dévoilée l’étude globale du e-commerce en France. Réalisée également par la FEVAD, cette étude présente le bilan des ventes sur internet tout au long de l’année 2019. 11,6% de croissance par rapport à 2018 et plus de 100 milliards d’euros pour l’e-commerce en France. La France recense plus de 190 000 sites marchands soit +15% par rapport à 2018 dont la majorité effectuent aujourd’hui moins de 100 ventes par mois. Par conséquent, plus l’offre sur internet s’élargit, plus le nombre de transactions est important comme le souligne les plus d’1,7 milliard de ventes e-commerce sur l’année 2019 (soit +15,7%). 

Avant le confinement, Top 10 des sites marchands : les Français compétitifs

Les sites marchands ont acquis en peu de temps une notoriété qui ne se dément pas et qui met en exergue l’évolution des comportements d’achats des Français. Les sites marchands Français sont plébiscités par les consommateurs.

La Fevad et Médiamétrie ont publié une étude significative qui révèle le nombre de personnes ayant réellement commandé sur chacun des sites qui font l’objet de leur observation. Elle a été menée sur 10 marchés, représentatifs des principaux secteurs du e-commerce. Elle permet de dresser un classement des sites e-commerce, en fonction du nombre d’acheteurs, c’est-à-dire selon l’importance de la clientèle et indique le pourcentage d’e-acheteurs ayant déclaré avoir commandé sur chacun d’entre eux, au cours des 12 derniers mois. 

Omniprésence d’Amazon (53,7%) certes mais suivi par les sites de la Fnac (27,0%) et de Cdiscount (18,2%).  Cette étude nous permet d’observer que 70% de ce top 10 est composé de sites français, avec Fnac, Cdiscount, Veepee, E.Leclerc, La Redoute, Showroomprivé.com et Carrefour. Ce chiffre est révélateur de la présence et de la résistance de l’e-commerce français sur le territoire. Il défie la concurrence étrangère qui peut pénétrer un marché sans barrières. La parité entre les pure-players (Amazon, Cdiscount, Veepee, Showroomprivé.com et Rakuten), et les enseignes de magasins physiques (Fnac, E.Leclerc, La Redoute, Carrefour et Ali Express).

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