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Ce bad buzz sur les réseaux sociaux qui a coûté très cher à Gucci

La marque Gucci accusée de «blackface» et de racisme pour un pull aux lèvres rouges : un bad buzz qui coûte fort cher à Gucci tant sur le plan financier que sur le plan de sa notoriété auprès des jeunes.

La marque italienne, Gucci, a fait l’objet de nombreuses et virulentes critiques sur les réseaux sociaux pour son nouveau pull noir qui s’étend jusqu’au visage et qui contourne la bouche avec d’épaisses lèvres rouges. Gucci a développé la notoriété de sa marque grâce aux réseaux sociaux et a profité de ses liens avec les artistes hip-hop et présente des défilés de mode excentriques qui séduisent la jeunesse. Mais hélas en février, après la sortie d’un pull que ses détracteurs ont comparé à un blackface, Gucci a affronté le désamour de son public.

Mais qu’est-ce que donc le Blackface ?

A l’origine, le « Blackface » est une coutume esclavagiste du 19e siècle qui a pour but de dénigrer les Hommes noirs. Elle s’inscrit dans la tradition des “ minstrel shows ”, qui étaient des spectacles, dans lesquels des Blancs se noircissaient le visage pour jouer des Noirs et se moquer d’eux. Ils transmettaient des stéréotypes humiliants donnant aux personnes de couleur tous les défauts. Hélas, certains conscients ou non conscients de cette discrimination peuvent se retrouver en fâcheuse position. Ainsi, Justin Trudeau, le premier ministre canadien s’est trouvé au cœur d’une polémique après la publication par le magazine Time d’une vieille photo embarrassante. Justin Trudeau s’est confondu en excuses pour s’être maquillé le visage en noir lors d’une soirée déguisée en 2001. Il n’a pas nié et a reconnu sa stupidité, ce qui est à son honneur : « C’est quelque chose que je ne considérais pas comme raciste à l’époque, mais je reconnais aujourd’hui que c’était raciste, et j’en suis profondément désolé. » Mais il n’est pas le seul : en 2017, le footballeur Antoine Giezmann avait provoqué un tollé en s’affichant déguisé en joueur de basket noir, dans un hommage aux Harlem Globetrotters. Face à la polémique, il avait retiré sa photo et présenté des excuses.

Gucci, sans perdre un instant a supprimé le pull

…et s’est confondu en excuses : « Gucci deeply apologizes for the offense caused by the wool balaclava jumper. We consider diversity to be a fundamental value to be fully upheld, respected, and at the forefront of every decision we make. » (Gucci s’excuse profondément pour les offencses causées par le wool balaclava jumper. Nous considérons la diversité comme une valeur fondamentale qui doit être pleinement soutenue, respectée et au premier plan de toutes les décisions que nous prenons, ndlr)

Et le résultat financier pour Gucci ?

Selon Tribe Dynamics, en mars, Gucci a perdu la première place des entreprises de luxe en termes d’engagement sur les réseaux sociaux et a enregistré, en juillet, sa première baisse trimestrielle des ventes en Amérique du Nord depuis début 2016. Cette histoire montre que si les entreprises de luxe qui prospèrent grâce à Instagram et à d’autres plateformes, peuvent aussi se retrouver dans la situation inverse. Les réseaux sociaux sont devenus les influenceurs de la mode en quête de notoriété. Ainsi, des célébrités ont posté des vidéos d’elles-mêmes brûlant des produits Gucci et ont appelé au boycott – dont le rappeur T.I., qui, sur Instagram, a rappelé être « un client à sept chiffres par an et supporter de longue date » de Gucci.

La jeunesse, la force de Gucci

Gucci, qui vend des articles comme des portefeuilles à 270 euros, des baskets à 1 440 euros et des robes à 4 500 euros, est particulièrement vulnérable aux fluctuations sur les réseaux sociaux en raison de sa proximité avec une clientèle de jeunes. La marque Gucci est étroitement associée à la culture hip-hop américaine, qui définit les tendances du streetwear. Gucci Gang, un single du rappeur adolescent Lil Pump, qui répète le nom de la marque des dizaines de fois pendant la chanson, affiche près d’un milliard de vues sur YouTube et s’est classé troisième des charts américains à sa sortie en 2017. Gucci est loin d’être la seule marque à subir les foudres des réseaux sociaux, notamment lorsque des questions ethniques ou d’autres sujets sensibles sont concernés. Alors attention quand vous créez !!!

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