GérerGestionLe B.A. BA de la fiscalité

Pourquoi l’assurance vie luxembourgeoise séduit-elle autant ?

Suite à la Loi Sapin 2 fin 2016, beaucoup de dirigeants français se
sont tournés vers des solutions  hors
France pour protéger leurs avoirs. Craignant que cette nouvelle loi
anti-corruption ne les prive de leurs placements, bon nombre d’entre eux optent
pour une assurance-vie luxembourgeoise. Les détails.

Loi Sapin 2 : un article 21 bis inquiétant

Le fameux article 21 bis de la
Loi Sapin 2 ferait trembler les Français épargnants. Et pour cause, celui-ci
stipule qu’en cas de crise, il sera possible de « suspendre, retarder
ou limiter temporairement, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des
valeurs de rachat, la faculté d’arbitrages ou le versement d’avances sur
contrat 
»
des compagnies de droit français. Une formulation sans équivoque qui en
inquiète plus d’un. Les assureurs, qui ont toujours travaillé avec l’aide de
fonds privés ou d’emprunts d’État, se sentent, eux aussi, menacés par cette
mesure. La loi les vise directement en permettant le blocage temporaire des
contrats d’assurance-vie français. Un certain nombre de dirigeants d’entreprise
bénéficiaires de ce type de convention songent donc à aller voir ailleurs. Les
contrats d’assurance-vie
luxembourgeois
attirent, de fait, de nombreux Européens venus des quatre coins du
continent. 

La ruée vers
l’assurance-vie luxembourgeoise

Depuis l’annonce de la Loi Sapin 2 fin 2016, de nombreux
entrepreneurs épargnants français ont 
souscrit à des assurances-vie luxembourgeoises. Le Grand-Duché propose
un système intéressant qui séduit, même si la fiscalité appliquée dans ces
contrats d’assurance-vie reste celle du pays d’origine. Les contrats
d’assurance vie luxembourgeois présentent des avantages
non-négligeables tel que la sécurité des actifs placés, célèbre atout du
petit pays. Multi devises, les contrats luxembourgeois peuvent également
impliquer des sommes en dollars, livres, francs suisse tout comme en euros.

Depuis peu, les assurances-vie luxembourgeoises ne
s’adressent plus uniquement aux privilégiés. Le premier palier pour accéder à
un contrat s’élève désormais à 50 000 euros, contre 500 000
auparavant. Le grand avantage des assureurs luxembourgeois réside en réalité
dans le caractère insaisissable de leurs contrats. En d’autres termes, les
biens et placements des dirigeants d’entreprise épargnants demeurent
intouchables, quoi qu’il advienne. « Les actifs qu’ils placent dans l’assurance
vie luxembourgeoise ne font pas partie du bilan de la compagnie, contrairement
à la France, mais sont déposés auprès d’un organisme distinct de l’assureur

», explique Edouard Binet, le président de Cèdre Patrimoine, un cabinet de gestion de patrimoine leader sur ce créneau. Même en cas de faillite de
l’assureur, « les clients sont considérés
comme des créanciers de premier rang, remboursés en priorité
», précise
Sébastien Veynand, Directeur général de Generali Luxembourg.

Assurance vie France VS
Luxembourg : deux types de contrats bien distincts

Quelques
nuances entre contrats d’assurance vie français et luxembourgeois sont à
distinguer. Sachant que la sécurité des fonds constitue une priorité pour les
investisseurs, en France, les capitaux investis dans une assurance-vie sont
garantis pour un montant maximum de 70 000 euros. Les contrats d’assurance
vie luxembourgeois, quant à eux, protègent quel que soit le montant. Il s’agit
de ce qu’on appelle le « Super Privilège ». La gestion financière de
ces contrats se révèle également beaucoup plus souple. A partir de 250 000
euros, le client choisit sa devise et peut en cumuler plusieurs. Il se voit
aussi offrir la possibilité de gérer ses fonds de manière personnalisée à
travers des fonds dédiés et de transférer des titres (contenant ou non des
valeurs mobilières) dans le contrat. Il s’avère donc tout à fait possible
d’ouvrir un compte titre dans une société luxembourgeoise et d’y détenir des
actions en direct. Cela implique de prendre des actions « au
porteur » (investissement à moyen terme dans une ou plusieurs entreprises
qui consiste à reverser les titres sur un compte titre, ndlr). La réputation de
grand gérant d’actifs du Grand-Duché demeure également intacte : il
représente une place spéculative historique et propose des placements
extrêmement variés.

Conserver ses biens autrement

Si
vous craignez trop pour votre épargne française, délocaliser vos fonds ne
constitue pas forcément l’unique option pour les garder à votre main. Placer
son argent ailleurs que dans une assurance-vie reste une possibilité, bien que
ce produit constitue un excellent moyen de le faire. Déposer les sommes sur des
livrets épargne différents peut aussi vous convenir. Si vous aimez prendre des
risques, vous pouvez investir en Bourse grâce au Plan d’épargne en action (PEA
ou PEA-PME), qui n’implique pas d’impôts sur le revenu sur les gains après cinq
ans. Une autre solution consiste à placer votre argent dans un Fonds Commun de
Placement à Risque (FCPR) où il sera bloqué pendant six à huit ans.

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page