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Interview de Nathalie Davis et Dino Taieb, Fondateurs de Fuxia

Quels ont été vos parcours jusqu’à la création de Fuxia ?

Nathalie : Je suis tombée dans la restauration complètement par hasard, deux ans avant de monter Fuxia. Puis j’ai rencontré Dino, et nous avons voulu créer notre histoire autour de la création d’un restaurant italien.
Dino : J’ai atterri dans la restauration après une formation de styliste dans la fourrure ! La restauration est un métier de contact et Nathalie et moi aimons les gens. Et nous aimons aussi bien manger !

Comment avez-vous défini le concept de Fuxia ?

N : Nous avons essayé de définir ce que nous aimerions trouver dans un restaurant italien, un lieu convivial, avec un grand sens du service, et où l’on puisse manger des produits de bonne qualité à un prix abordable. Dès le départ nous avions l’idée de dupliquer le modèle dans différents quartiers parisiens. L’idée était de créer une chaîne de restaurants de quartiers dans lesquels les clients se reconnaîtraient.
D : Le deuxième restaurant a d’ailleurs ouvert 4 mois après le premier. Il était clair que nous nous donnerions l’énergie et les moyens nécessaires pour ne pas ouvrir qu’un seul restaurant.

Comment avez-vous fait pour attirer les clients ?

D : C’est le bouche-à-oreille qui a fonctionné. Nous nous sommes appliqués à toujours garder une bonne qualité d’assiette. Car dans la restauration, si les plats ne sont pas bons, même les amis ne passent que pour dire bonjour et vont manger en face !

Comment avez-vous financé l’ouverture du premier Fuxia ?

N : C’était un vrai pari d’ouvrir le premier restaurant car nous n’avions rien, aucune réserve financière. Nous avons d’ailleurs fait tous les travaux nous-mêmes.
D : Nous étions allés voir des banquiers qui nous répondaient toujours « on verra ». Finalement, le jour de l’ouverture, les banquiers sont passés devant le restaurant et nous ont demandé combien nous voulions pour le prêt. Le lendemain l’argent était débloqué et nous avions 300 000 francs à disposition !

Et comment avez-vous financé les travaux ?

D : Un ami nous a présenté deux frères qui ont accepté d’investir dans notre projet en entrant au capital. L’un d’eux avait la possibilité d’avoir un local rue Richelieu, et c’est comme ça que nous avons pu y installer le premier Fuxia.
Quand vous vous êtes lancés, aviez-vous peur du risque ?
D : Nous n’y pensions pas vraiment. Car au pire, même si nous n’arrivions pas à nous dupliquer, nous savions que notre restaurant fonctionnerait. Nous envisagions de mener une vie de commerçants traditionnels, avec tous les problèmes que cela engendre, avec énormément de travail.

Aujourd’hui combien avez-vous de restaurants ?

N : Nous aurons bientôt 11 Fuxia en propre, 7 sous forme de franchise et 3 autres restaurants des enseignes Razowski et La Ferme.

Pourquoi êtes-vous passés à la franchise ?

N : Principalement pour pouvoir nous développer en province. Nous sommes très proches de nos restaurants, nous y passons presque tous les jours pour faire le service, vérifier que le produit est toujours bon et chercher le retour clients. Pour les restaurants en province, nous ne pouvions gérer une telle présence au quotidien.
Pourquoi continuer le développement de restaurants en propre ?
D : Plus on a de restaurants en propre, plus on reste maître du jeu. Nous essayons donc de garder une bonne proportion de franchise/restaurant en propre. Cela permet aussi aux franchisés de voir que nous sommes les premiers investisseurs de la marque. C’est pour eux un gage de confiance qui prouve que la marque fonctionne.
N : Cela nous permet aussi de remettre à plat le système, de retravailler les produits, la décoration… Tous les 2/3 ans nous essayons d’affiner un peu le concept. Mais pour cela nous faisons d’abord des tests chez nous avant de les mettre en place dans les franchises. Nos franchisés croient en nous, ils s’investissent humainement et financièrement, c’est impensable pour nous de risquer de leur faire prendre de mauvais choix.

Comment formez-vous vos franchisés ?

N : Pendant 6 mois ils sont dans les restaurants, tournent, sont aux cuisines, au service, sur le terrain. Puis, quand ils ouvrent, nous sommes très présents avec eux. Malgré cela, nous n’oublions pas qu’ils restent des commerçants indépendants, des entrepreneurs, et qu’il y a une frontière qu’il ne faut pas qu’on dépasse. On ne peut pas prendre des décisions à leur place.

Pourquoi avoir lancé de nouvelles enseignes à côté de Fuxia ?

N : Pour éviter de tomber dans l’ennui ! Nous avons lancé Razowski en 2006, un restaurant de burgers faits à base de produits frais, puis en 2007 nous avons racheté la Ferme, une marque qui avait déjà 10 ans et qui était précurseur dans la restauration rapide à connotation bio. Les deux nouvelles enseignes sont un succès et plusieurs ouvertures sont prévues.
D : Fuxia évolue constamment. Avoir d’autres projets nous permet de prendre du recul sur cette enseigne pour nous remettre en question et l’améliorer. C’est en développant d’autres concepts qu’on peut développer Fuxia. Les attentes des clients changent constamment. La clé du succès est d’être tout le temps en phase avec leurs besoins et leurs attentes.

N’est-ce pas difficile de travailler en couple ?

D : Ce n’est pas toujours facile, mais c’est aussi notre force.
N : Le succès de Fuxia vient pour beaucoup du fait qu’au départ il y avait deux esprits, deux compétences très différentes. Nous partageons tout sans nous marcher dessus. Chacun possède son domaine. Nous n’intervenons pas sur les mêmes choses. Etre un couple ne signifie pas que nous sommes toujours d’accord sur tout. Mais nous discutons énormément et creusons chaque question. l

5 conseils

1 Croire à son produit, croire à son idée.

2 Ne pas avoir peur de perdre puisque la peur de l’échec empêche d’avancer.

3 Savoir déléguer, faire confiance.

4 Avoir l’envie de gagner qui compense la peur de perdre.

5 Créer une entreprise avec son conjoint !

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