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Les risques et les solutions d’assurance

Entretien avec Frédéric Gudin du Pavillon, directeur adjoint des assurances dommages à la Fédération française des sociétés d’assurances

Comment définiriez-vous un risque pour une entreprise ?

Entreprendre c’est prendre des risques. Les entreprises et les entrepreneurs sont confrontés quotidiennement à une multitude de risques. Mais, en les identifiant et en trouvant des moyens de les minimiser ou de les anticiper, on se donne les moyens d’avancer sans être paralysé. En ce qui concerne l’assurance, et en ne tenant pas compte des risques liés à la vie économique de l’entreprise, on peut les classifier en trois grandes typologies : les risques aux personnes, les risques aux biens et ceux liés à la responsabilité.

Quelles solutions peut apporter l’assurance ?

Le métier de l’assureur, c’est de gérer les risques. Il y a ceux que l’assurance peut couvrir et ceux qu’elle ne peut pas. D’une manière générale un assureur peut couvrir un risque dès lors qu’il est possible de définir un aléa. C’est-à-dire un événement futur, incertain et indépendant de la volonté de l’assuré. Mais, comme je le disais, certains risques ne sont pas assurables. Je pense par exemple aux conséquences pénales ou aux événements contraires à l’ordre public.

Pouvez-vous nous détailler les trois types de risques et les solutions apportées ?

Dans le cadre des risques liés aux personnes, l’entreprise est soumise à un cadre conventionnel et légal qui impute à sa charge certaines obligations en matière de protection sociale (retraite, prévoyance) à l’égard de ses salariés. Ces obligations constituent des risques assurables au sens où il s’agit d’événements aléatoires qui engendrent des conséquences financières. L’entreprise peut souscrire des contrats d’assurance collectifs ouverts à tous ses salariés ou à une catégorie d’entre eux. Ces contrats ouvrent droit, sous certaines conditions, à divers avantages en matière fiscale et sociale pour l’entreprise. Dans celui lié aux biens, je vois deux types de risques : ceux de voir des dommages causés et ceux de voir son activité touchée. Les bâtiments peuvent être endommagés ou bien l’activité de l’entreprise arrêtée à la suite d’un incendie, d’une explosion… L’assurance multirisques ou de risques directs regroupe l’ensemble des garanties appropriées à l’activité de l’entreprise : toutefois, dans certains cas spécifiques, l’assureur propose la souscription de contrats séparés. L’assurance des pertes d’exploitation permet la prise en charge des conséquences financières de l’arrêt accidentel de l’activité (perte de la marge brute, frais supplémentaires…). Et enfin concernant la responsabilité, l’entreprise ainsi que toute personne participant à son exploitation, peut être reconnue responsable en cas de dommages causés à un tiers par un incendie, une explosion, un dégât des eaux, ou même tout simplement son activité. Mais on peut aussi parler de dommages causés à des tiers par exemple lors de visites de clients, de fournisseurs ou lorsqu’elle utilise du matériel loué ou acheté en crédit-bail, lorsque les salariés peuvent mettre en cause la responsabilité civile de l’entreprise, etc… Face à cela il existe tout un arsenal de moyens pour se couvrir de ces risques.

Existe-t-il d’autres risques ?

L’entreprise est soumise à d’autres risques qui ne sont pas directement liés aux personnes, aux biens ou aux responsabilités et pour lesquels des garanties d’assurance peuvent être souscrites. Lorsque des litiges avec les clients, les fournisseurs, l’administration… perturbent l’activité de l’entreprise, l’assurance de protection juridique propose des informations téléphoniques, la gestion amiable des litiges et la défense des intérêts de l’entreprise devant les tribunaux. L’entreprise qui accorde des crédits à ses clients s’expose aux risques liés à leur insolvabilité, l’assurance crédit lui permet de se prémunir contre le risque normal de perte de créances. Différentes formules d’assurance peuvent aussi être proposées pour garantir les risques économiques et financiers liés à l’exportation. Quels que soient les contrats souscrits, il est important de vérifier les risques couverts, les garanties en option, les exclusions, l’adaptation des montants de garantie aux risques encourus et le montant des franchises. Enfin, dernier point crucial, en cas de modification des informations initiales, l’assureur doit être prévenu systématiquement, car cela touche à la nature ou à la portée du contrat d’assurance.

Des risques aussi nombreux, ne risquent-ils pas d’asphyxier économiquement une entreprise ?

Les assureurs disposent de deux outils non négligeables afin de proposer aux entreprises les meilleures couvertures aux meilleures conditions tarifaires. Tout d’abord la mutualisation des risques. Cela correspond au partage, sur l’ensemble d’une population d’assurés, du coût des sinistres supporté par une partie de cette population. Elle fonctionne correctement dans la mesure où elle porte sur des risques suffisamment nombreux et homogènes. L’autre levier est celui de la prévention. La connaissance du risque fait que l’on peut s’en prémunir et ainsi se doter de réelles chances de le subir ou tout du moins d’en atténuer les conséquences. Ces deux mécanismes permettent aux assurés de ne pas être étouffés budgétairement par le coût des assurances.

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