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L’intraprenariat, un statut « d’entrepreneur-salarié »

Innover est la préoccupation première de
toutes les entreprises si elles ne veulent pas être dépassées par la
concurrence. Garder des talents ou recruter des talents innovateurs se révèlent
être une stratégie payante pour l’entreprise comme pour le salarié. L’entrepreneur
et le salarié pourrait voir leurs deux missions confondues pour devenir une seule
entité. Faire de ces deux acteurs, une seule personne relève du pari de
l’Américain Gifford Pinchot qui a nommé cette spécificité « l’intraprenariat ». 

Comment réaliser l’intraprenariat ?

Les entreprises engagent des salariés
pour produire et créer de l’innovation dans le but de se développer. Les
salariés se retrouvent sous l’égide de leur employeur et chaque idée devient
alors celle de l’entreprise. Pour plus d’un employé, cette méthode se révèle
particulièrement frustrante lors de la création d’un projet ou d’un lancement
d’une idée innovante. En
effet, le salarié  n’est pas protégé et doit se soumettre au règlement de
l’entreprise et se voit en quelque sorte dépossédé de son idée. Aussi certains n’hésitent
pas à quitter l’entreprise pour se lancer seul et mener à bien leur projet. Le
concept de l’intraprenariat a pour objectif de libérer le salarié de cette
emprise pour créer une coordination plus simple et d’éviter une possible
concurrence entre l’entreprise et son ancien salarié qui souhaite développer
son idée innovante ailleurs. L’enjeu est de concilier le souhait d’innovation
des entreprises et le désir d’indépendance des salariés grâce à l’intraprenariat.

Un schéma comme celui-ci reste encore très rare en France car la
législation n’a pas encore donné un statut précis à cette forme de binôme
gagnant. Elle nécessiterait la reconnaissance d’un réel statut de «
salarié-entrepreneur » ou intrapreneur qui ne desservirait
ni l’entreprise ni le salarié. Les deux parties signataires du contrat de
travail devraient s’entendre au préalable sur les enjeux et les complications
possibles. Le concept donnerait une place au salarié dans l’entreprise tout en donnant
un accès aux droits de la propriété intellectuelle en cas d’idée ou de brevet à
déposer. Il s’agirait aussi  pour
cet intrapreneur  de percevoir une part
du capital ou une participation en fonction de la valeur créée par
l’entreprise. L’enjeu de ce concept permettrait aux entreprises de garder des
talents porteurs d’innovation qui sont souvent trop à l’étroit dans
leur rôle de salariés.

L’intraprenariat, le modèle de Seed Up

En France, certaines entreprises ont
souhaité tenter l’expérience malgré une absence explicite de
la loi française. Seed Up, une entreprise créée depuis 2015, a voulu
s’essayer au concept. Constituée de plusieurs métiers comme designers,
développeurs et ingénieurs, elle a voulu innover par l’intraprenariat. Les
salariés sont recrutés pour deux ans avec rémunération. Une fois les deux ans
achevés, ils deviennent associés actifs dans la société-projet mise en œuvre en
amont. Durant leurs années de salariat, des missions et des projets internes
sont réalisés pour ensuite être dirigés par les
mêmes acteurs. Les deux entités de salariés et entrepreneurs ne sont pas
réunies dès le départ : il s’agit d’une évolution de leur projet. Mais ils
ne peuvent se sentir brimés sur leurs projets ou leurs missions car ils
deviendront associés de l’entreprise par la suite. Le « salarié-entrepreneur » peut être envisagé de différentes manières selon la nécessité des salariés
et de l’entreprise. Seed Up rencontre à l’heure actuelle des difficultés à
cause de l’absence de législation.

Le cumul du statut d’auto-entrepreneur
et du statut de salarié est actuellement possible, mais n’implique pas les
mêmes avantages qu’un « entrepreneur salarié ». Le cumul concerne seulement des
personnes avec deux activités distinctes ou bien une personne qui cumule un
statut d’auto-entrepreneur et un statut de salarié. Ce statut ne permet en
aucun cas d’avoir accès aux décisions de l’entreprise et aux droits de la
propriété intellectuelle. Les modèles peuvent être différents
en matière d’intraprenariat et il devient difficile de pouvoir fédérer ce
modèle au sein des entreprises sans une loi concernant ce statut.

Les coopératives, une autre forme
d’intrapreneuriat

Les coopératives d’activité d’emploi
(CAE) relèvent d’un salariat que l’on qualifie d’entrepreneur. En fait, les
entrepreneurs deviennent salariés pour le compte de la coopérative au sein de
laquelle chacun pratique son activité de manière indépendante. La seule
condition est la mise en commun de toutes les
activités réunies en un seul chiffre d’affaires. Près de 10 000 indépendants
demeurent sous ce statut, faisant de ce modèle un concept intéressant. Certes ce
concept ne fonctionne pas entièrement comme une entreprise car ce sont les
salariés qui, chaque mois, décident de leur salaire et de la somme consacrée à
leur trésorerie et en conséquence ce modèle correspond davantage à l’entreprenariat.
L’entrepreneur -coopérateur bénéficie d’un
statut de salarié lui d’obtenir les avantages comme l’assurance-chômage et
maladie, les droits en matière de retraite et le congé maternité.

Les coopératives se définissent comme
des espaces de travail collaboratifs où les coopérateurs peuvent également
bénéficier d’un suivi personnalisé pour mener à bien leur projet. L’idée reste
comparable aux incubateurs de start-up, avec le statut de salarié en plus.
Cette solution donne accès à plus de droits qu’un micro-entrepreneur. Ils ont
accès au droit du travail, à tous les avantages d’un salarié, aux outils
financiers et bien d’autres éléments. La formule des coopératives s’avère
bénéfique pour des auto-entrepreneurs qui trouvent un soutien performant, mais
là encore il ne s’agit pas d’une contribution explicite dans une entreprise.

Les entrepreneurs-salariés de
l’Américain Gifford Pinchot pourraient améliorer la croissance et l’innovation
française afin de conjuguer l’esprit des salariés avec des
décisions entrepreneuriales. La solution reste encore très lointaine pour la
législation française, certains tentent tout de même de s’émanciper pour
sauter le pas comme l’entreprise Seed Up.

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