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Deskopolitan, le nouveau réseau premium d’espaces partagés

Fondée par Alexis Rebiffé et Paul Chevrillon, Deskopolitan fait partie de cette nouvelle génération de réseaux d’espaces de bureaux partagés. Propriétaire de son immobilier, la marque au positionnement premium affiche, clairement, son ambition : revisiter les centres d’affaires en proposant une palette de services défiant toute concurrence. 

Revisiter des centres d’affaires. 

Créée il y a cinq ans, Deskopolitan s’inspire des nouveaux modes de travail pour développer son réseau d’espaces de bureaux partagés. Après une première expérience ratée dans l’entrepreneuriat, son dirigeant, Alexis Rebiffé, souhaitait, pour sa prochaine société, un modèle basé sur un système d’abonnement. « Une fois que des personnes deviennent clients d’un espace de coworking et qu’elles jugent les services agréables, elles y restent », assure-t-il. Pour les deux cofondateurs, Alexis Rebiffé et Paul Chevrillon, l’enjeu n’est pourtant pas tant de faire du coworking que de revisiter les centres d’affaires. « Nous souhaitions à la fois retrouver le côté convivial et social des espaces de coworking, tout en le mixant avec le professionnalisme des centres d’affaires ». Après six mois de travaux, le premier site ouvre ses portes en janvier 2017, rue du Château d’Eau, dans le Xème arrondissement de la capitale. Logés dans une ancienne manufacture (occupée auparavant par l’agence de publicité française BETC, ndlr), ce sont alors 1 350 mètres carrés, prévus pour accueillir 200 personnes, qui sont mis à la disposition des travailleurs. Et les deux cofondateurs entendent bien ne pas en rester là.

Faciliter le quotidien des utilisateurs. 

« Notre clé d’entrée, c’est les services », lance Alexis Rebiffé. Affichant une offre premium, l’ambition de Deskopolitan demeure de faciliter la vie des collaborateurs, qu’ils soient freelances, salariés d’une PME ou encore d’un grand groupe. « Le premier élément qui vient gâcher la vie des travailleurs parisiens reste les transports », poursuit-il. Pour tenter de rapprocher les bureaux des lieux de résidence de leurs utilisateurs, les cofondateurs ont alors ciblé l’est de Paris, qui regroupe des quartiers résidentiels, pour y implanter leurs espaces de travail. « Nous aurions, certes, pu opter pour les banlieues mais le coworking fonctionne d’abord dans les villes où le coût de la vie s’avère élevé », explique le cofondateur. Toujours dans cette logique de faciliter le quotidien des collaborateurs, une seconde réflexion naît d’un tout autre constat : « Lorsqu’arrive le weekend, ayant bien travaillé la semaine, les travailleurs n’ont qu’une envie : celle de se détendre. Nous nous sommes alors demandé comment intégrer les corvées de la vie quotidienne en semaine, les jours de travail. » Pour cette raison, les deux cofondateurs ont fait le choix d’intégrer un certain nombre de services à leurs espaces de travail comme de la conciergerie d’entreprise, un coiffeur pour hommes et femmes, un barbier mais aussi un service de restauration.

Des espaces non pas pour travailler mais pour « réussir ». 

« Ce ne sont pas des espaces pour travailler mais des espaces pour réussir ! », affiche fièrement le slogan de Deskopolitan. « Nous sommes très attachés à construire une communauté de membres avec lesquels on partage les mêmes valeurs », affirme Alexis Rebiffé. Leur positionnement premium leur permet, selon lui, de s’adresser à des entreprises qui, en grande majorité, se portent extrêmement bien et qui se consacrent exclusivement à leur travail. « Chez nous, il n’y a ni babyfoot, ni console de jeux vidéo parce qu’on considère que le vrai loisir se trouve hors des murs, lorsqu’on quitte le bureau. Deskopolitan est, avant tout, un lieu dédié au travail », explique le dirigeant. Bien que l’équipe de Benoît Hamon ait choisi leur espace, rue du Château d’Eau, pour y installer son QG lors de la dernière campagne présidentielle, Deskopolitan n’est associée à aucun mouvement politique mais a été qualifiée de simple « partenaire d’intérêt public ». Quoi qu’il en soit, sa culture porte d’abord sur sur la confiance et le prix juste : « Nous avons fait ce choix de vendre des services premium tout en étant très transparents avec le client pour qui la marge de négociation est très limitée  » Une stratégie qui leur a permis dès la première année, d’être bien au-delà des objectifs fixés.

Être propriétaire de son immobilier… 

Un autre atout de Deskopolitan reste qu’il possède son propre immobilier. « Être propriétaire nous permet de générer de la rentabilité sur l’exploitation comme sur notre immobilier, une première sur le marché du coworking », dévoile Alexis Rebiffé, avant de poursuivre : « En travaillant sur le concept, nous nous sommes rapidement rendu compte que nous ne pouvions pas monter le projet seuls. Nous avions besoin de capitaux. » Si acheter des immeubles de plusieurs milliers de mètres carrés n’était, au départ, pas leur ambition, les cofondateurs se sont vus offrir l’opportunité d’aller présenter leur projet au groupe, spécialisé dans l’investissement industriel et fondé par le père de Paul. « Notre première intention était de louer un plateau de bureaux pour ensuite commercialiser les postes », précise le dirigeant de Deskopolitan. Au bout du compte, ce sont plusieurs dizaines de millions d’euros qui seront investis par le groupe (est devenu actionnaire majoritaire de Deskopolitan, ndlr) dans la société pour l’achat de biens immobiliers. « En tant que jeunes start-uppers de 30 ans, sans capital de départ, cette activité nous aurait été inaccessible sans le soutien du groupe. » 

…pour développer une offre la plus complète possible. 

« Nos concurrents, même avec tous les moyens qu’ils mettent, ne parviennent pas à développer une offre aussi complète que la nôtre, regroupant l’ensemble des services sous le même toit », affirme le dirigeant de Deskopolitan. Selon lui, pour des raisons de réglementations liées à la sécurité, louer un ensemble immobilier permettant à la fois d’y développer des espaces de travail ainsi que des services annexes reste très compliqué compte tenu de l’obligation de dissocier les accès des évacuations. Le cofondateur s’explique à ce sujet : « Lorsque nous élaborons le permis de construire, nous y intégrons directement notre activité d’exploitation, ce qui ne serait, sans doute, pas faisable avec un propriétaire-bailleur. Avoir différentes activités empilées dans un seul et même immeuble qui n’est pas le sien demeure, en ce sens, quasi-impossible. » Un avantage de taille qui leur permet, d’après Alexis Rebiffé, de couvrir les éventuels risques liés à l’exploitation de leur activité.

Sortir du lot pour vaincre la guerre du coworking. 

L’arrivée de mastodontes tels que WeWork ou même Station F en 2017 a tendance à placer ladite année sous le signe de la guerre du coworking. Mais pour le dirigeant de Deskopolitan, « le plus intéressant reste à venir car le marché s’est structuré ». Il ajoute : « Ce dernier n’étant pas un puits sans fond, un léger ralentissement va se faire sentir et, à ce moment-là, on pourra, véritablement, observer ceux qui tireront leur épingle du jeu ». Les deux cofondateurs le savent, pour se démarquer, la notion de fidélisation constitue un élément clé. C’est pourquoi ils misent sur la qualité de leurs services mais aussi sur le soin apporté aux détails tels que le traitement de la lumière au sein des espaces, l’acoustique ou encore l’ergonomie. Avec l’ouverture d’un deuxième site de 6 000 mètres carrés d’une capacité de 400 personnes, prévue pour l’été prochain, boulevard Voltaire, ils entendent d’ailleurs bien améliorer leur offre de services. « Nous serons alors le premier acteur à réunir sous le même toit des espaces de travail, des crèches, un fitness, un restaurant, une résidence hôtelière, un potager en toiture, divers ateliers ainsi que tous les services de bien-être. » Autour de ce bâtiment, désigné comme un « campus urbain », s’ajouteront également 1 000 mètres carrés d’espaces extérieurs. « Le bâtiment de Château d’Eau n’est, finalement qu’une sorte de préambule. En développant le concept de Deskopolitan, nous nous sommes rendu compte d’une chose : il s’agit d’un métier plus proche de l’hôtellerie que de l’office management », conclut, enthousiaste, son dirigeant.

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