Start-Up

L’avocat qui donne un coup de jeune au secteur du droit, Jean-Philippe Touati

De par son vécu, Jean-Philippe Touati est un entrepreneur inspiré et réfléchi. En partant de l’expérience de la dématérialisation de son propre cabinet il y a 5 ans, ce professionnel du droit a développé une nouvelle méthode de travail basée sur les nouvelles technologies. Avec certains de ses confrères, il vient de fonder le réseau AvocatSphère, réseau innovant d’avocats, actuellement en phase de lancement. Parcours.

Jean Philippe Touati, inscrit au Barreau de Paris depuis 20 ans, est un entrepreneur-avocat. En 2009, il quitte ses associés et se lance dans une expérience inédite en créant le cabinet e-touati.com, avocat 2.0, dédié au monde de l’entreprise. « L’idée était de repenser entièrement la manière dont j’exerçais mon métier en y intégrant toutes les possibilités offertes par les nouvelles technologies afin d’être non seulement plus efficace mais aussi plus proche de mes clients, plus réactif et compétitif ». À 46 ans, il affiche délibérément l’objectif de faire bouger les lignes, d’innover et de participer activement à la mutation que sa profession est en train de vivre.

Élément déclencheur

C’est une situation peu commode qui a poussé Jean-Philippe Touati à innover sur le plan professionnel. Travaillant dans un cabinet à taille humaine, il décide d’acquérir en 2007 avec ses associés de l’époque des locaux professionnels dans un immeuble ancien du VIIIème arrondissement de Paris. Mais les travaux prévus pour ne durer que deux à trois mois vont en fait perdurer pendant près de deux ans.

« Durant cette période, je me suis retrouvé à devoir payer une infrastructure d’avocat qu’il m’était impossible d’utiliser. Mon bureau était un véritable champ de ruines. Il m’a fallu trouver du jour au lendemain une solution alternative pour continuer à exercer mon activité. J’ai alors mis en place une organisation relevant du système D afin de pouvoir travailler à distance et me suis rendu compte assez rapidement qu’il existait potentiellement une autre façon d’exercer ma profession, d’autant qu’en dépit de conditions de travail très difficiles, j’avais réussi à maintenir mon chiffre d’affaires. Je suis alors passé du système D au concept en créant de nouveaux outils dédiés à la profession d’avocat ».

En 2011, Il crée et lance la plate-forme web « vacations-avocats.fr » permettant notamment à chaque avocat inscrit sur le site (environ 1.500 actuellement) de mettre en ligne son agenda d’audiences.

Un avocat est « un chef d’entreprise à part entière ». Cette prise de conscience a d’ailleurs conduit le Barreau de Paris à créer « le Barreau entrepreneurial » ». Mais à présent, Jean-Philippe Touati a décidé d’aller plus loin dans le concept de la dématérialisation du cabinet d’avocat. « Il m’a fallu du temps avant de maîtriser toutes les étapes menant à cette dématérialisation. Mais à présent, je dispose d’outils performants et efficaces que j’ai en partie conçus et perfectionnés avec le temps. Le cœur de mon cabinet est notamment constitué d’un outil de gestion électronique de documents full web répondant aux normes de sécurité les plus exigeantes. Le nouveau mode d’organisation que j’ai adopté m’a permis notamment de réduire mes charges fixes ». Mais il ouvre la voie, selon ses dires, à de formidables opportunités. « Les avocats doivent non plus se considérer comme des concurrents entre eux mais comme de possibles partenaires. Le droit se complexifie chaque jour davantage. Pour répondre aux besoins de nos clients, il faut savoir faire appel aux compétences des uns et des autres pour traiter un dossier dans son ensemble ».

Des avocats 2.0 en réseau

C’est sous cet angle qu’est née l’idée du réseau AvocatSphère. Le but : pouvoir travailler ensemble sans partager nécessairement les mêmes locaux en disposant des outils technologiques et d’une organisation adaptée au travail collaboratif. AvocatSphère est né également de la volonté de proposer aux clients et prospects une sorte de guichet unique où ces derniers n’ont plus à se soucier de savoir si tel ou tel avocat a bien toutes les compétences nécessaires pour traiter leurs dossiers. La raison est simple : chaque avocat du réseau, recruté pour ses compétences et son éthique, possède la capacité de former une équipe de confrères de confiance disposant du savoir-faire et de l’expérience requise dans chaque secteur du droit considéré.

« Ce mode de fonctionnement permet à chaque avocat de travailler en mode projet et de décupler ainsi son potentiel, par la mise en œuvre d’associations éphémères entre confrères, le temps d’un ou plusieurs dossiers, selon les besoins. Le client s’y retrouve puisque les frais fixes sont bien moins importants que ceux inhérents aux infrastructures traditionnelles d’avocats regroupés par compétences au sein d’un même bâtiment ».

Les clients de Jean-Philippe Touati se sont habitués à travailler en étroite collaboration avec leur conseil par écrans interposés, « ce qui n’empêche pas de se voir physiquement pour discuter de vive voix d’une affaire ou d’une stratégie à arrêter », nous précise l’avocat. « La dématérialisation du cabinet n’est pas la dématérialisation de l’avocat »

Jean-Philippe Touati a décidément pris le train de l’innovation en marche pour l’appliquer à son secteur d’activité. Une profession en pleine mutation auquel contribue l’avocat, enthousiaste pour l’avenir.

Trois questions à … Jean Philippe Touati 

Quel regard portez-vous sur votre profession ? 

Le métier d’avocat doit évoluer pour s’adapter aux exigences d’un monde en transformation permanente. Je conçois le fait de travailler en mode dématérialisé comme l’ouverture d’un nouveau champ des possibles, permettant aux avocats de collaborer avec les membres d’autres professions (experts-comptables, notaires, huissiers, consultants, etc.) afin de proposer une gamme de services dépassant le simple périmètre du droit.

Comment voyez-vous l’avenir d’AvocatSphere ? 

Très vite, ce réseau devrait être présent aux côtés des entrepreneurs qui ont envie de « changer le monde » et deviendra pour les avocats qui en font partie la source d’échanges fructueux, d’opportunités de travail, de partages et d’associations durables.

Depuis quand êtes-vous passionné de droit ? 

Je n’étais pas passionné au départ mais c’est véritablement venu avec le temps. Je trouve cette aventure entrepreneuriale exaltante. Ce n’était pas forcément le cas au démarrage lorsqu’il s’agissait de mettre mes pas dans ceux des confrères qui m’avaient précédé jusque-là. Il y a désormais de nouvelles pages à écrire qui laissent une place importante à la créativité. J’exerce un très beau métier et suis heureux d’apporter ma petite pierre à l’édifice pour innover dans ce secteur en plein changement.

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