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L’agroalimentaire n’a pas dit son dernier mot

L’agroalimentaire quel que soit le secteur est secoué par l’évolution des besoins des consommateurs mais aussi par leur prise de conscience d’avoir pris de mauvaises habitudes. Regard sur nos habitudes préférées : le pain, le vin, le fromage, le sucre et le café !!!

Les industriels mènent les petites boulangeries à la baguette

En France, 320 baguettes de pain sont consommées et produites chaque seconde, soit un total de 10 milliards par an. De 1950 à 2017, la consommation de pain des Français s’est, malgré tout, divisée par trois notamment du fait de l’inflation. Des nouvelles habitudes alimentaires qui pèsent sur l’activité des boulangers du pays. Au premier trimestre de l’année dernière, dans le secteur de l’agroalimentaire, un tiers des sociétés placées en redressement ou en liquidation judiciaire sont des boulangeries-pâtisseries, selon le baromètre du cabinet Altares. Face à la diversité de la demande, les petites boulangeries rencontrent des difficultés et sont, parfois, contraintes de mettre la clé sous la porte. De leur côté, les industriels profitent du créneau pour s’imposer sur le marché. Et ce, que ce soit via la grande distribution en créant leur propre filiale de boulangerie ou en devenant une chaîne spécialisée. De quoi compromettre l’avenir des artisans boulangers.

Le marché du vin, avec ou sans modération ?

Qu’il soit rouge, blanc ou rosé, le vin continue de séduire les Français et génère plus de 550 000 emplois directs ou indirects sur le territoire. Culturellement attaché à la production ainsi qu’à la consommation dudit breuvage, le pays en a fait l’une de ses marques de reconnaissance, au même titre que le pain ou le fromage. Pourtant, détrônée par l’Italie, la France n’est plus le premier producteur mondial. Les viticulteurs le savent, le climat peut se révéler leur meilleur comme leur pire allié…

Pour 2017, ils déplorent une récolte, historiquement, basse avec une production diminuée de 19 % par rapport à l’année précédente, soit 36,9 millions d’hectolitres, selon le ministère de l’Agriculture. Bien que la France ait perdu sa première place, la fabrication viticole française représente plus de 16 % de la production mondiale.

Affichant une majorité de vins portant une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) ou d’indication géographique protégée, ses produits représentent un vrai gage de qualité sur le territoire comme à l’étranger.

On ne va pas en faire tout un fromage !

Disponible en crèmerie-fromagerie, dans les fermes ou les marchés classiques mais également en hypermarchés et supermarchés, le fromage fait partie des incontournables de la culture française. En ville ou à la campagne, son succès est tel que les Français lui allouent près de 7 % de leur budget alimentaire. En moyenne, ces derniers consomment 26 kg par an et par personne, ce qui classe l’Hexagone deuxième consommateur mondial derrière la Grèce. En tête d’affiche, l’emmental et le camembert. Leader des produits laitiers, le fromage génère environ 87 % du chiffre d’affaires du secteur, soit 22,3 milliards d’euros, selon le site de Tentation fromage. Parmi ses ingrédients, le lait de vache compose 83 % de la production en France, les fromages à pâte molle rapportant le plus de bénéfices (40,7 % du chiffre d’affaires global, ndlr). Malgré tout, le marché du fromage n’échappe pas à la crise et voit ses ventes reculer. Une baisse de régime qu’il faut, néanmoins, relativiser puisqu’il continue de faire partie des piliers de l’économie alimentaire française.

Le secteur sucrier : vers une libéralisation du marché ?

Premier producteur de sucre européen et 10ème producteur mondial, la France a exporté plus de deux millions de tonnes de sucre, en 2016, principalement dans des pays de l’Union européenne.

Début 2017, le prix de la tonne de sucre blanc oscillait entre 500 et 530 euros. Pour la période 2017 – 2018, la production mondiale de sucre pourrait atteindre les 178 millions de tonnes, soit trois millions de tonnes de plus que pour 2016 – 2017. Depuis le 1er octobre 2017, le système des quotas de sucre a pris fin. Ce dernier, qui encadrait le secteur sucrier européen, imposait des contraintes de production et d’exportation. La libéralisation du marché du sucre permet ainsi aux acteurs de la filière française de produire autant de sucre de betterave (en Métropole) et de canne (dans les DOM) qu’ils le souhaitent. L’enjeu serait d’exporter une part croissante de leur production à l’international.

Le café, nouvel or noir ?

En grains, moulu, soluble ou en dosette, s’il y a bien un produit dont les consommateurs français ne se lassent pas, cela demeure le café. Chaque année, ce sont 5,4 kilogrammes de café qui sont consommés par habitant, en France. Les marques s’en donnent à cœur joie avec un marché estimé à plus de 1,1 milliard d’euros en 2016, contre 790 millions d’euros en 2013. En l’espace de six années, les ventes de capsules de café ont triplé sur le territoire. En tête, le géant Nespresso, suivi de Senseo, Tassimo, Café Royal, Carte Noire… Depuis qu’il est possible de copier le concept des célèbres dosettes Nestlé (les brevets étant tombés dans le domaine public en 2012, ndlr), le marché explose et prend 43,9 % des ventes issues de la grande distribution en 2016.

Si le coût moyen d’une tasse de café est de 0,09 euro pour une cafetière à filtre, il s’élève à 0,30 euro (café court) et 0,50 euro (café long) pour une machine à dosettes. En moyenne, 40 % des foyers français sont équipés de machine à dosettes. 

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