Vie quotidienne ou professionnelle, art, sport ou aventure, les travailleurs handicapés ont depuis longtemps démontré leur capacité à se hisser au plus haut niveau. L’entreprenariat n’échappe pas à cette conquête et la réussite de certains entrepreneurs handicapés démontre que la volonté brise toutes les barrières !
Avec les multiples aides offertes par l’État, les réseaux d’accompagnement et les collectivités, un travailleur handicapé a aujourd’hui toutes les chances de créer sa boite.
L’Agefiph a pour objectif de favoriser l’intégration professionnelle des travailleurs handicapés, et notamment des entrepreneurs qui sont dans cette situation.
L’Agefiph (Association pour la gestion du fonds d’insertion professionnelle des handicapés) est une association nationale, conçue depuis juillet 1987. L’organisme prodigue des aides financières majeures pour la création d’entreprise, tout en sécurisant l’insertion professionnelle des personnes handicapées. Non seulement cette association vise à améliorer l’intégration des personnes concernées dans le domaine du travail, mais elle leur ouvre grand la voie vers la création d’entreprise. Si l’association ne prend pas en charge l’intégralité des dépenses d’un projet sans limite. Elle apporte un levier financier de départ déterminant et un filet de sécurité indispensable pour le jeune entrepreneur.
L’aide à la création d’entreprise accordée par l’Agefiph
L’aide à la création ou à la reprise d’entreprise accordée par l’Agefiph a pour but d’offrir la possibilité concrète à une personne handicapée de devenir son propre patron.
Toute personne handicapée peut en bénéficier dès lors qu’elle en fait la demande, idéalement accompagnée par un conseiller Cap emploi, France Travail ou un réseau d’accompagnement (comme la BGE), auprès de la délégation régionale Agefiph dont elle dépend. Cette aide, d’un montant forfaitaire réévalué à 6 300 €, est octroyée pour participer de manière décisive au financement du démarrage de l’activité.
Le projet de création ou de reprise d’entreprise doit répondre à certaines conditions :
- Il doit permettre à la personne handicapée d’obtenir le statut de dirigeant de la société ou de l’entreprise.
- Le projet doit présenter un plan de financement total viable (incluant l’aide de l’Agefiph, les apports personnels et d’éventuels emprunts bancaires ou microcrédits) permettant de couvrir les premiers investissements et le besoin en fonds de roulement.
L’aide ou la subvention : l’accompagnement post-création
Au-delà du capital de départ, l’Agefiph propose un écosystème de subventions et de services pour pérenniser l’activité. En complément de l’aide forfaitaire, le créateur peut bénéficier d’un accompagnement personnalisé avant et après la création (suivi de l’entreprise sur les premières années par un organisme spécialisé).
De plus, d’autres aides de l’Agefiph peuvent s’activer selon les besoins réels du projet :
- la prise en charge des formations nécessaires à la gestion de l’entreprise,
- l’aide à l’aménagement des situations de travail pour adapter les outils professionnels au handicap du nouveau dirigeant.
Les projets financés
Les porteurs de projets éligibles à l’aide de l’Agefiph doivent être reconnus bénéficiaires de l’obligation d’emploi (OETH) par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH, qui a remplacé l’ancienne Cotorep). La personne handicapée doit être le créateur ou le repreneur de l’activité. La forme juridique de l’entreprise est libre (entreprise individuelle, société, etc.), à l’exclusion des structures associatives (loi 1901).
Le porteur de projet doit exercer le contrôle effectif de l’entreprise (dirigeant majoritaire). Cette démarche entrepreneuriale doit rester une solution réaliste.
Elle doit permettre à la personne d’accéder à un emploi durable et compatible avec son état de santé.
Contrairement aux idées reçues, les micro-entrepreneurs (auto-entrepreneurs) peuvent bénéficier de l’aide de l’Agefiph. Cela est possible à condition que l’activité constitue leur profession principale.
En cas de cessation volontaire de l’activité ou de revente prématurée de l’entreprise, sans motif de force majeure, la situation peut changer. Le remboursement de la subvention peut alors être exigé.
Qui peut bénéficier du soutien de l’Agefiph ?
Ce sont d’abord les travailleurs reconnus handicapés (RQTH) par les Commissions des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH). Sont également éligibles :
- Les victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles dont l’incapacité permanente est au moins égale à 10 %.
- Les titulaires d’une pension d’invalidité à condition que celle-ci réduise d’au moins deux tiers leur capacité de travail.
- Les pensionnés de guerre ou assimilés.
- Les titulaires de la Carte Mobilité Inclusion (CMI) mention invalidité.
- Les bénéficiaires de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH).
Rappelons-le : que vous choisissiez la forme d’une société classique ou le régime de la micro-entreprise, vous êtes le bienvenu dans les dispositifs de l’Agefiph.
Les aides de l’Agefiph destinées à l’entreprise
L’Agefiph aide également les structures qui se développent et embauchent. Plusieurs mesures financières peuvent venir soutenir les nouveaux dirigeants dans leur rôle de manager :
L’aide à l’embauche :
Si le créateur ne peut pas percevoir de prime d’insertion pour lui-même en tant que salarié, d’autres dispositifs existent. Il peut notamment bénéficier d’aides financières importantes s’il recrute des collaborateurs en situation de handicap. Ces recrutements peuvent se faire en alternance, en CDD ou en CDI.
L’accessibilité et les équipements :
Des subventions spécifiques permettent de financer l’aménagement technique des postes de travail, l’achat de logiciels d’accessibilité ou la mise aux normes des locaux professionnels.
La compensation du handicap :
Des aides humaines (interprétariat en LSF, auxiliaires professionnels) peuvent être cofinancées pour fluidifier la communication et le quotidien de l’entreprise.
Pour connaître les derniers barèmes et simplifier vos démarches en ligne, rendez-vous directement sur le site officiel : www.agefiph.fr.
Les concours : un tremplin pour la visibilité
Un concours a pour but de détecter de nouveaux projets exécutables, innovants et concrets. Si vous pensez que votre projet est cohérent, ne laissez pas votre handicap être un frein. Visant à mobiliser et valoriser les créateurs d’entreprise, de nombreux prix nationaux et régionaux (comme le Prix de l’Entrepreneur de l’Agefiph ou les trophées de l’inclusion) s’ouvrent chaque année aux candidats.
Certes, tous les participants ne décrochent pas la dotation financière à l’issue des délibérations, car seuls les lauréats sont primés. Néanmoins, participer reste un moyen redoutable pour faire connaître son activité, activer son réseau, gagner en crédibilité auprès des banques et prouver la valeur de son projet.
Le crédit solidaire et le microcrédit accompagnés
Peu importe votre handicap, un projet viable et économiquement solide a de réelles chances d’obtenir un financement solidaire. Même si les banques traditionnelles peuvent parfois être difficiles d’accès, d’autres solutions existent.
Le microcrédit professionnel, souvent associé à un prêt d’honneur à taux zéro, permet d’obtenir un capital de départ essentiel pour faciliter l’accès au financement bancaire.
Les porteurs de projet en situation de handicap peuvent être accompagnés par plusieurs acteurs majeurs. Parmi eux, on retrouve l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique). Il existe aussi les réseaux Initiative France et France Active. La NEF peut également intervenir, notamment pour les projets à forte valeur écologique ou sociale.
Les prêts d’honneur et financements de reprise
Le paysage du financement a évolué. Les anciens dispositifs comme le PCE (Prêt à la Création d’Entreprise) ont été remplacés par des outils plus souples et globaux.
Aujourd’hui, les créateurs en situation de handicap s’appuient massivement sur les prêts d’honneur sans garantie ni caution personnelle, octroyés par les réseaux d’accompagnement. Ces prêts, qui se situent généralement entre 3 000 et 15 000 euros, agissent comme un label de confiance. Ils renforcent vos fonds propres et rassurent les partenaires bancaires pour l’obtention d’un crédit principal.
Le soutien à l’innovation avec Bpifrance
Si vous jugez que votre projet d’entreprise comporte une dimension innovante, technologique ou d’usage, des aides spécifiques existent. Bpifrance (l’institution publique qui a repris et modernisé les missions de l’ancien OSEO) soutient massivement l’innovation en France, en partenariat avec les Régions.
À travers des subventions, comme la Bourse French Tech, Bpifrance soutient les projets de création et de développement d’entreprise. Elle propose aussi des avances remboursables et des prêts d’amorçage pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Son rôle est d’accompagner le financement des projets à potentiel. Bpifrance n’évalue pas la situation de handicap du porteur de projet. Elle se concentre sur la viabilité, l’ambition et le caractère innovant de l’entreprise.
En conclusion
Il existe donc plusieurs moyens, réseaux et aides pour créer une entreprise, y compris pour les personnes en situation de handicap. Mais construire un plan de financement ou demander un prêt ou une subvention publique ne s’improvise pas. Avant de vous lancer seul dans ces démarches, il est important de vous entourer de professionnels de l’accompagnement. Pensez aussi à solliciter les dispositifs d’aide à la structuration de projet : c’est souvent là que se joue la réussite future du dirigeant.

