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Interview de Stéphane Treppoz, PDG de Sarenza

Quel a été votre parcours jusqu’à votre arrivée à la tête de Sarenza ?

Après avoir obtenu mon diplôme à HEC, je suis parti vivre aux états-Unis pendant 6 ans pour développer la filiale américaine des jeux de construction Mécano. à mon retour en France, je suis entré dans le groupe Général des Eaux, futur Vivendi, où je gérais les fusions-acquisitions dans les médias. J’ai ensuite développé AOL en France pendant 2 ans, avant d’avoir une activité de business angel dans une société d’investissements. J’ai repris Sarenza avec ma meilleure amie Hélène Supau il y a trois ans à une période où l’entreprise était en grande difficulté.

Comment êtes-vous arrivé dans l’aventure Sarenza ?

Un des trois fondateurs de la société avait travaillé pour moi chez AOL. Il m’a appelé à l’automne 2006, quelques temps après que Sarenza ait fait une importante levée de fonds. Le concept de l’entreprise était très bon, mais elle était tout de même en pleine déconfiture au niveau du business. J’ai réalisé un audit de la société pour le compte des actionnaires financiers qui nous a conduits à la conclusion que la société avait un grand avenir, mais qu’il fallait tout changer. Lorsque nous sommes arrivés à la tête de Sarenza, nous avons pris une participation au capital et nous sommes appliqués à remettre l’affaire en route en réorganisant tout.

Justement, aujourd’hui Sarenza se porte bien, comment avez-vous réussi à remettre l’entreprise sur pieds ?

Ça a été assez simple : nous avons tout refait ! Nous avons notamment ré-internalisé des services tels que la maintenance du site ou le service après-vente, afin de garantir au client une qualité d’utilisation maximum. Nous avons également revu la stratégie d’achat de nos produits et négocié avec tous les fournisseurs. Ces changements ont permis à Sarenza de se placer enfin dans une dynamique de rentabilité et de croissance.

Avez-vous facilement réussi à vous faire accepter comme le nouveau patron par les équipes ?

Ce qui reste difficile dans une reprise d’entreprise, est de faire ses preuves pour obtenir une véritable légitimité face aux salariés. Nous avons donc essayé de dire ce que nous faisions et de faire ce que nous disions. Les gens nous ont vus travailler avec sérieux et le succès de l’entreprise a prouvé notre légitimité à la tête de Sarenza.

Vous qui avez développé de nombreuses entreprises, comment envisagez-vous la mise en place d’une stratégie efficace ?

Je pense que, pour une société, ce qui va vraiment faire la différence, ce n’est pas sa vision stratégique, mais plutôt l’exécution de cette stratégie. Ce qu’il faut faire pour que l’entreprise se développe, tout le monde peut le voir, ce n’est qu’une question de bon sens. Mais traduire cette stratégie en actions est beaucoup plus compliqué. Mettre en musique cette vision au sein de l’entreprise n’est pas si simple. Pour exécuter une stratégie, il faut être très rigoureux, se faire accompagner d’une bonne équipe et être intransigeant sur les points importants. Il est impératif également de se doter d’indicateurs de suivi de l’application de cette stratégie.

Vous avez récemment lancé le fonds d’investissement ISIA. En tant que business angel, comment sélectionnez-vous les projets que vous allez accompagner ?

A 90 % en fonction des équipes qui le portent et seulement à 10 % par rapport à l’idée. Si le patron est bon, même si son concept ne l’est pas, il saura toujours le faire évoluer pour obtenir un projet qui tient la route. Je pense qu’il faut surtout parier sur les hommes.

Les 10 conseils de Stéphane Treppoz pour les entrepreneurs

  • Soyez certains que vous êtes faits pour ce challenge : l’entrepreneuriat n’est pas fait pour tout le monde.
  • Assurez-vous que votre modèle économique est viable, surtout en cas de concurrence accrue.
  • Sachez vous entourer et demander conseil.
  • Si
    vous avez envie de tester d’abord votre modèle à petite échelle, et que
    celui-ci le permet, commencez par devenir auto-entrepreneur, une
    formule simple et rapide à mettre en œuvre.
  • N’investissez dans
    votre entreprise que ce que vous êtes prêts à perdre, rien de plus.
    Cette prise de risque est le prix de la liberté de l’entrepreneur.
  • Utilisez à bon escient les fonds d’investissements pour porter le risque.
  • Les
    banques ne prêtant que très exceptionnellement aux très jeunes
    entreprises, tournez vous vers deux autres formes d’aides : les aides de
    l’état, les fonds d’investissements, business angels, capitaux
    risqueurs.
  • Gérez l’argent de manière frugale pour vous donner le temps de réussir.
  • Soyez rigoureux dans le suivi de vos engagements.
  • Sachez arrêter un projet quand sa viabilité est incertaine.

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