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Leka : un projet d’entreprise original et utile

Leka – Smart Toys est un projet d’entreprise comme on aimerait en voir davantage. Comme nous l’a expliqué Ladislas de Toldi, co-fondateur de Leka, dans l’entretien qu’il nous a accordé, la volonté n’est pas de monter un business classique mais de concilier l’aspect business avec une réelle approche d’utilité « sociale ». Le projet consiste au développement de « smart toys » robotisés et interactifs pour les enfants atteints d’autisme. C’est ce concept novateur en France qui a d’ailleurs permis au trois co-fondateurs d’être lauréats du prix « innovons ensemble » de la 4ème édition du concours Moovjee.

Le concept

Leka – Smart Toys n’en est qu’au stade de projet mais un potentiel certain se dessine déjà. Les trois créateurs, Ladislas de Toldi, Mickaël Guerra et Marine Couteau, âgés de 23 à 24 ans, se sont fixés pour objectif de créer et commercialiser des solutions interactives et robotisées pour les enfants autistes.

Tout part de recherches menées sur l’accompagnement des enfants autistes au Canada et aux Etats-Unis, pays novateurs en la matière. Ces recherches ont conduit à la conclusion que l’utilisation de robots ou d’interfaces graphiques adaptées était extrêmement bénéfique pour ces enfants, parce qu’ils avaient beaucoup plus de facilités à interagir avec des robots qu’avec des personnes. Or, pour leur permettre d’évoluer, de grandir, d’apprendre, ils ont besoin de cette interaction constante.

Les objets proposés par Leka seront à destination des établissements spécialisés et bien sûr également des parents, comme nous l’explique Ladislas de Toldi : « l’idée est que nos produits élargissent l’interaction que l’enfant a avec les parents ou les éducateurs pour ensuite faire une analyse statistique pour voir comment évolue cette interaction. Est-ce qu’au début l’enfant était plutôt violent et est devenu moins violent, est-ce qu’il ne portait pas la boule et maintenant il la porte, ce genre de chose.»

Un retard à combler en France

La France possède un retard conséquent en ce qui concerne l’accompagnement des enfants autistes. Il existe très peu de produits spécialisés, développés spécialement pour eux. Beaucoup de jeux utilisés aujourd’hui pour les enfants autistes sont des jeux standards qui sont modifiés ou même pris comme tels.

Le co-fondateur de Leka nous a confirmé le retard qu’accuse la France dans ce domaine : « C’est quelque chose qui n’existait pas beaucoup sur le marché et en France en plus on a vingt ans de retard dans l’accompagnement et le suivi des personnes autistes, pour diverses raisons, mais il y a énormément de choses qui sont à faire, et je pense que ça passe par la technologie. »

Un projet scolaire à l’origine

Tout part d’un projet scolaire, dans l’école de biologie industrielle, à Cergy Pontoise : « On a travaillé dessus en quatrième année, dans un cours d’innovation et création d’entreprise. Au départ on était neuf mais on savait dès le début que créer une entreprise à neuf n’était pas une tache facile. Aujourd’hui il reste trois personnes dans le projet, il y a Marine qui a fait la même formation que moi, qui était dans le projet initial, et Mickael qui est un ingénieur déjà diplômé lui de l’EISTI, qui est une école d’informatique à Cergy. »

Leka est incubé à Neuville et avait suivi un programme de pré-incubation, l’année dernière, disposant ainsi d’un accompagnement gratuit avec des conseils, des rencontres, qui les ont guidés dans leur développement. La date de création de l’entreprise est fixée pour juin.

Une réelle volonté d’aider au-delà de l’entrepreneuriat

A l’origine Ladislas n’avais pas forcément pour projet de devenir entreprendre mais les circonstances et le destin ont fait qu’il s’est lancé. Lui qui voulait initialement travailler chez Total a été convaincu par le potentiel du projet, par l’optique d’apprendre de nouvelles choses, par la perspective d’aider : « Je pense que si on ne le faisait pas pour les enfants autistes, d’abord on en serait pas là aujourd’hui, mais on ne se serait probablement pas lancé. Il est vrai qu’on pourrait peut être très bien s’en sortir mais ce serait moins intéressant et moins pertinent du point de vue de l’expérience. »

Des difficultés mais au final de belles perspectives

L’aspect technique a constitué une première barrière importante : « Très longtemps on a vendu un rêve qui plaisait à tout le monde, donc les gens écoutaient, mais comme on a tardé à avoir un prototype fonctionnel, on a pris quelques claques car les gens attendaient quelque chose de concret. »

Ladislas faisait de l’informatique et possédait des bases solides en électronique alors que Mickael, de part sa formation était naturellement très bon en informatique. Les trois cofondateurs ont eu recours à une plateforme Open Source leur permettant d’apprendre la programmation et l’électronique, et en même temps d’acheter des cartes, qui, reliées à l’ordinateur, donnent la possibilité de programmer très simplement et donc de développer très rapidement un prototype. C’est de cette manière qu’ils sot parvenu à surmonter une partie du défi technique que constitue ce genre de « jouets ».

Bien sûr dans un second temps, une fois que le produit proposera une assurance forte, l’entreprise s’orientera vers des composants (cartes électroniques, sphères…) sur mesure.

Il est à noter, enfin, que même si la perspective d’un possible développement à l’international (Belgique particulièrement) est présente dans la tête des cofondateurs, la volonté est forte de produire les « smart toys » en France, parce que d’une part la France a des atouts non négligeables pour la production de produit à forte valeur ajoutée mais également parce que chacun à son échelle peut participer au processus de redynamisation de notre pays.

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