Management

Le langage corporate : un vrai casse-tête

Depuis l’émergence des
anglicismes en France, le langage appelé « corporate » ne cesse de s’étendre au sein des
entreprises. S’exprimer dans ce langage parfois incompréhensible pour un
néophyte est souvent une marque d’appartenance à une communauté. Certaines
équipes manient à l’envie un vocabulaire qui leur est spécifique (marketing,
designer, informaticiens…) et votre challenge est de décrypter le sens des mots
avant de paraître ridicules pour les avoir employés de façon inappropriée.
Décryptage de ces langues pratiquées dans les entreprises.

Quelques termes courants

Ces mots et expressions
restent très souvent employés dans les entreprises. Ils évoquent des situations
ou encore des actions sous forme d’anglicismes. Facile à décrypter pour les personnes qualifiées en
anglais ou spécialistes d’un secteur, ils sont parfois utilisés dans un sens à
connotations différentes, créant des situations comiques pour les nouveaux
arrivants.

 Focus ou encore Focuser
: ce nom ou ce verbe
francisé signifie être concentré sur quelque chose. Il peut aussi souligner
l’importance d’un dossier et le fait qu’il sera la seule préoccupation du
salarié pendant un temps.

One to one : cette expression peut s’avérer difficile à
comprendre même une fois traduite. En réalité elle veut dire que la personne
qui s’adresse à vous, veut vous voir en tête à tête pour évoquer un sujet.

Brainstorm : ce mot anglais qui fait référence au
cerveau en anglais, évoque une réunion où les collaborateurs réfléchissent ensemble autour d’un sujet.
Une réunion pour rappeler les éléments clefs et faire preuve de créativité avec de nouvelles idées pour un projet.

Feedback : entendu très régulièrement dans le monde de
l’entreprise ou même en dehors, il est presque devenu un mot commun dans la
langue française.
Il désigne un retour sur le
travail fait en amont, il consiste à éclairer le collaborateur qui a travaillé
sur un sujet, un dossier ou un projet.

PPT
: ce n’est pas vraiment
un mot mais plutôt une abréviation du logiciel Power Point. Une façon plus rapide de dire qu’une présentation
doit être effectuée pour une prochaine réunion ou un « brainstorming ».

Process : très peu différent du mot processus, il
indique les multiples étapes à franchir dans la réalisation d’un projet ou
d’une tâche au sein d’une entreprise. Dans les grandes structures, ce mot a un
sens péjoratif. Effectuer tous les process avant d’arriver à son but est souvent semé d’embûches.

Call : littéralement traduit de l’anglais, ce mot
n’a pas d’autre signification qu’un appel. Même s’il s’avère peu compliqué, il est très courant dans le langage
corporate. Les phrases ressembleront plus à : « Je te laisse, j’ai
un call » que
« Je te laisse, j’ai un
appel à passer ». Cet emploi est très souvent moqué par les
collaborateurs peu « corporate » pour son côté stupide.

Quelques termes
compliqués et assez rares

Le langage corporate
n’est pas à la
portée de tous et des
entreprises ne se content pas seulement des mots énoncés plus haut. Elles vont
plus loin dans cette novlangue et font des phrases incompréhensibles pour les personnes lambda.
Quelques termes compliqués et peu utilisés, mais que l’on peut rencontrer un
peu partout.

Quick win : cette expression venue de l’anglais,
désigne une action. Elle évoque une situation ou un projet qui a rapporté des
gains très rapidement. Elle s’apparente un peu à l’univers des jeux vidéo,
comme si avec peu de moyens, il y avait une victoire retentissante.

Input / Output : littéralement et dans de nombreux domaines
ces mots signifient tout simplement entrée et sortie. Dans le langage
corporate, les output signifient des éléments, des données, des
caractéristiques provenant d’une chose ou d’une personne. Dans l’autre sens,
pour les input, sont eux destinés à une chose ou une personne.

Workshop : il s’apparente un peu au brainstorming,
mais il demeure moins commun dans la bouche des salariés. Il représente une réunion d’une plus grosse
envergure que le brainstorming et demande une plus grande concentration et
participation des collaborateurs. Il a un concept plus créatif.

Flagger
: très peu utilisé, il
arrive tout de même de le retrouver chez les collaborateurs d’une entreprise.
Il n’est pas connoté de manière péjorative. Dérivé du mot « flag », qui
veut dire drapeau en anglais, il consiste à coller une étiquette à des choses
ou des personnes.

Le langage corporate
aussi dans les noms de postes

Même si le langage
corporate n’est pas courant dans toutes les entreprises, il devient parfois
omniprésent au sein des start-up. L’anglicisme est loin d’échapper
à ces petites
structures qui n’hésitent pas à tout renommer avec des termes anglais. Cette
pratique s’avère très déroutante pour les néophytes.

COO : il signifie Chief Operating Officer, ce qui
correspond en français à
Directeur de l’exploitation.

CEO : cette abréviation est l’équivalent de PDG
ou DG en français. Elle est très utilisée ces derniers
temps dans les échanges à l’international.

Mais ces deux
abréviations prennent leur quartier et conduisent dans les entreprises françaises à créer des confusions sur les
fonctions attribuées à ces postes.

Depuis de nombreuses
années, les entreprises utilisent les anglicismes malgré les nombreuses mises
en garde des linguistes. Elles remplacent des termes français existants et construisent un langage
propre à l’entreprise. Le langage corporate fait souvent sourire à cause des
phrases qui confondent et mélangent français et anglais. Dans les entreprises, pour les nouveaux arrivants,
il vaut mieux se mettre dans ce bain linguistique rapidement pour ne pas se
sentir dépassés voire exclus. Peut-être que le langage
corporate finira par s’estomper si c’est seulement une mode. C’est pourquoi les
premiers jours, vous pouvez écrire un petit lexique des termes les plus
utilisés. Il ne faut surtout pas hésiter à demander la signification des mots, même si vous paraissez
ridicule les premières minutes et pourquoi pas vous rendre sur internet qui
vous donnera le ou les sens du mot barbare.

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