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La crise comme levier de croissance pour votre business

En chinois, le mot « crise » est formé de deux caractères. L’un représente le danger. L’autre l’opportunité.

Beaucoup de mes clients viennent me voir car ils veulent « réussir à survivre à la crise », « limiter la casse ». Ils sont inquiets, parfois assez défaitistes quant à leur pérennité. Ils ne savent plus quoi faire. Ils dépensent beaucoup de temps et d’énergie à essayer de faire plus de ce qu’ils font déjà en allant jusqu’à brader leurs prix pour conserver leurs clients.

Après les avoir accompagnés dans l’expression de leurs doutes, mais aussi de leurs motivations à agir – étapes essentielles afin de les amener à conscientiser verbalement les enjeux – je leur pose la question suivante : « En quoi cette période difficile peut être une opportunité de croissance pour vous ? ».

A bien y réfléchir, le mot « crise » nous renvoie à des émotions plutôt désagréables comme le pessimisme, la peur, le repli, le « sauve-qui-peut ». On en oublierait presque le 2ème effet « kiss-kool » à savoir l’apparition d’opportunités d’évolution qu’il faut se dépêcher de saisir.

Si l’on s’intéresse à notre histoire, aucune crise n’a jamais empêché les innovations de se succéder. Et si l’on y regarde de plus près, ce sont les entreprises qui se mobilisent autour de nouvelles ambitions, de nouveaux projets, de nouveaux modèles économiques, de nouveaux métiers, ou encore de nouveaux marchés qui réussissent à tirer leur épingle du jeu dans ces périodes incertaines.

La première étape serait donc de prendre conscience que de simples « réglages » ordinaires ne suffisent pas. Les signaux que nous envoie la crise doivent nous permettre de voir que les changements à opérer se situent là où on ne les voit aprioripas.
La crise oblige les entreprises à regarder au-delà de ce point aveugle et à initier une dynamique de création.
Et vous, chers entrepreneurs, que voulez-vous ? Préférez-vous subir cette crise en attendant qu’elle passe ? Ou préférez-vous trouver et mettre en place les leviers pour la dépasser?
En un mot : « Êtes-vous prêt à (re)entreprendre ? »

Voici quelques clés pour vous aider à saisir les opportunités qui pourraient bien s’offrir à vous

1- Soyez à l’écoute de votre environnement, et détectez les besoins de vos clients 

Mao Zedong disait « les idées justes surgissent de la pratique sociale »
Commencez par vous intéresser à vos clients, à leurs besoins. Si vos carnets de commandes s’appauvrissent, c’est que vos clients vont chercher à combler leurs besoins en investissant ailleurs. Mais où ? Que cherchent-ils aujourd’hui pour s’adapter eux aussi à ce contexte économique ?

Regardez au-delà de votre propre activité :« Quelles sont les tendances de consommations ? », « quelles sont les préoccupations actuelles de la population ? »

Prenons le cas de l’un de mes clients, dirigeant d’une imprimerie de taille moyenne. Devant le constat que ses clients se tournaient de plus en plus vers des solutions d’impressions low-cost, il en concluait naturellement qu’il ne pouvait rien y faire, que les clients n’avaient plus d’argent. Je l’ai encouragé à aller les rencontrer et c’est en s’intéressant à leurs enjeux qu’il s’est rendu compte qu’en réalité l’argent était toujours là, mais qu’il était alors investi dans les solutions numériques.
Ce constat lui a permis de prendre la décision de revoir son positionnement afin d’intégrer une offre en création de sites web.

Rendez-vous dans les salons d’entrepreneurs et observez les nouveaux métiers, les nouveaux marchés et modèles économiques qui apparaissent chaque année.

2- Sortez des sentiers battus, n’attendez pas que quelqu’un d’autre le fasse à votre place

Plutôt que de vous demander ce que vous pouvez proposer de plus par rapport à ce que vous savez déjà faire, demandez-vous plutôt ce que vous pourriez faire de différent, de complémentaire pour élargir votre offre et ainsi continuer à répondre aux besoins de vos clients.

Intéressons-nous au cas de l’apparition de l’e-commerce. Prenez Carrefour ou les Galeries Lafayette. Ces deux enseignes détenaient le savoir-faire et les fournisseurs pour créer le plus grand magasin en ligne. Or c’est Amazon, une start-up qui l’a fait.
En se cantonnant uniquement à ce que l’on sait faire, on tombe dans le piège de la « pensée catégorielle » et on passe à côté de créneaux pourtant plein d’avenir.

Pour cela, le brainstorming est l’un des outils les plus puissants, à condition de savoir le mener de manière à s’empêcher toute critique dès qu’une idée est générée. 

En tant que coach, j’accompagne mes clients à mettre en place des actions de brainstorming à l’aide d’outils performants favorisant la créativité. Parmi ces outils on retrouve les techniques utilisées par Walt Disney lorsqu’il réunissait ses équipes pour créer de nouvelles histoires.

L’objectif d’un brainstorming n’est pas de repartir avec une solution concrète. On va y chercher des nouvelles impulsions, des nouvelles manières d’appréhender les situations et d’envisager les problèmes. 

Les phases d’évaluation, de décision et de construction du plan d’action doivent venir après.

Steeve Jobs disait : « Créer, c’est relier les choses entre elles, c’est tout. ». D’ailleurs lui-même n’a rien inventé, il a simplement tiré parti d’innovations crées par d’autres, avec intelligence et conviction.
L’exemple de l’invention de l’Ipod en est la parfaite démonstration. C’est Sony qui a créé le Walkman dans les années 80. C’est aussi Sony qui a racheté Columbia et qui avait donc les droits de nombreux artistes. Et pourtant c’est Apple qui a relié les deux idées suivantes : un appareil servant à écouter de la musique en se promenant et des formats numériques mp3.

Cette histoire démontre une nouvelle fois l’importance pour les entreprises de faire en permanence des associations d’idées avant leurs concurrents.

3- Inviter tous les acteurs de votre entreprise dans ce brainstorming

La semaine dernière un chef d’entreprise a dit à son équipe pendant une journée de coaching d’équipe que j’animais : « Je me fiche que la bonne idée vienne de moi, elle peut venir de l’un d’entre vous, de la standardiste, ou même de l’inconnu dans la rue, ce qui compte c’est d’oser exprimer et d’être à l’écoute de toutes les idées » 

De mon point de vue, je vois deux avantages majeurs à impliquer les équipes dans cette réflexion : 
Premièrement, ce sont vos équipes qui, le plus souvent, sont sur le terrain au contact de vos clients. Ils vous apporteront des idées que vous n’auriez pas pu entrevoir de là où vous vous trouvez. 

De plus nous l’avons vu au -dessus, c’est souvent l’association d’idées qui aboutit à l’innovation.

Alors : encouragez-les à exprimer leurs idées. 
Deuxièmement, gérer une période de crise revient à changer le moteur de l’équipe alors qu’il est en train de fonctionner à plein régime. Les faire participer vous permettra d’initier une dynamique collective qui renforcera leur motivation, leur raison d’être dans l’entreprise, et qui facilitera leur adhésion lorsque vous passerez au plan d’action.

4- Testez vos idées

Avant de vous lancer dans la concrétisation – parfois onéreuse- de vos idées, commencez par en tester un échantillon. Il existe plusieurs moyens d’expérimenter vos idées, à vous de trouver celui qui sera le plus adapté pour vous.

5- Faites- vous accompagner par un professionnel du changement

Dans un contexte économique tendu, l’action du chef d’entreprise et surtout sa capacité à apporter les bonnes réponses sont essentielles. Tous les yeux se tournent vers lui. Lui-même, inquiet, peut clairement manquer de recul pour agir avec assurance vers ces bonnes réponses. 

Il est alors essentiel de choisir une personne extérieure à l’entreprise qui saura l’accompagner à la fois dans sa prise de recul, dans sa vision, dans l’animation des séances de brainstorming, mais aussi dans la mise en œuvre des actions pour transformer efficacement ces opportunités en résultats concrets.

Et qui sait, cette crise fera peut- être de vous le nouveau Steeve Jobs.

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