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L’équipe au centre de la réussite

Olivier Reynaud, cofondateur et CEO d’Aive, société d’intelligence artificielle dans la vidéo, a décidé de se lancer en compagnie de son ancien associé et d’en convaincre deux nouveaux pour une nouvelle aventure entrepreneuriale.

Comment vous est venue l’idée d‘AIVE ?

Je suis acteur et observateur du monde de la vidéo et du digital depuis plus de 10 ans. Au fil du temps j’ai établi un constat : les entreprises ont une appétence grandissante pour la vidéo, elles les adaptent au digital pour communiquer, faire passer une émotion ou une expérience. Mais le point noir c’est la post-production qui fait perdre parfois un temps fou aux créatifs. Il n’existe, par exemple, pas de technologie qualitative, capable d’adapter un fichier vidéo à différents formats TV, tablette, téléphone etc. C’est là que j’ai commencé à imaginer une intelligence artificielle créative capable de résoudre ces problèmes à grande échelle. C’est comme cela que le concept d’Aive est né, après différents échanges avec mon co-fondateur Rudy Lellouche. Je suis créatif depuis toujours, mon co-fondateur lui est ingénieur, nous formons le binôme parfait pour cette nouvelle aventure ! Mais nous ne sommes pas restés seuls. Nous ont rejoints un CTO Arnaud Briche, et notre Chief Creative Officer Marielle Postec qui a plus de 15 ans d’expérience dans les grandes agences de création comme Havas Paris, TBWA… À partir de là, nous avions trouvé notre équipe de choc. C’était le départ.

Quand a été créée l’entreprise ?

Dans notre tête à Rudy et moi depuis 2017, puis la société a été créée en 2019, le temps pour nous de nous libérer de nos obligations professionnelles par ailleurs, de constituer une équipe d’excellence et de co-construire le produit avec des marques. C’est alors que nous nous sommes lancés dans notre road show à la recherche des capitaux nécessaires. Nous avons eu la chance de nous entourer essentiellement de Business Angels (BA) de renom comme Guillaume Lestrade (Meero), Pauline Duval (Groupe Duval), Renaud Visage (Eventbrite), Aurélie Jean (PhD In Silico Veritas) ou encore Hervé Labeille (TETU / HLA Partenariat TV) pour ne citer qu’eux. La Bpifrance nous a ensuite suivis et fait confiance. C’est ainsi que nous avons rassemblé 3,2 millions d’euros. Ce premier tour de financement a été clôturé l’été dernier. La fusée était lancée !

Comment s’est passé le lancement ?

Le lancement d’Aive a été annoncé en juin 2019, d’abord localement, car nos équipes Tech sont toutes à Montpellier, tout comme l’était Teads, ce qui avait été un facteur de succès. Je suis pour ma part basé à Paris avec mon équipe de direction et l’équipe commerciale. Incroyable mais vrai, depuis le lancement nous recevons une candidature par jour, déjà 150 candidatures potentielles ! Un avantage pour recruter des talents. Nous avons très rapidement pu recruter une équipe d’experts en tech. Le noyau est extrêmement solide. En septembre nous avions déjà une petite dizaine de développeurs avec nous pour le lancement. Chaque mois, une personne arrive et nous sommes aujourd’hui 15. D’ici deux ans, nous devrions facilement doubler l’équipe. Nous sommes en plein développement de notre technologie dont la sortie est prévue courant deuxième semestre 2020. Le projet est plus qu’enthousiasmant.

Quel est le défi d’AIVE ?

Il faut comprendre que quand une marque crée un film, elle doit l’adapter dans plusieurs formats (tablette, téléphone…) et plusieurs durées (30’, 1’30…). Cela demande d’analyser le contenu afin de privilégier certaines scènes par exemple. Notre IA sera autonome et capable de faire seule ces ajustements. Ainsi des centaines, voire des milliers de vidéos, pourront être traitées chaque jour, puis chaque heure. Une solution pour les marques qui perdent aujourd’hui énormément de temps et d’argent à réaliser ces manipulations… soit plusieurs dizaines de milliers d’euros voire des centaines par jour. Cela leur coûte jusqu’à un tiers du budget de production ! Les marques sont obligées de limiter leur créativité en fonction de leur capacité et de leur budget. Notre but est de libérer les créatifs de cette partie post-production qui n’est pas celle où ils s’amusent. Mais ce n’est pas tout, nous avons d’autres projets pour les années à venir.

Comment vous voyez-vous fin 2020 ?

Nous développons actuellement une technologie qui permet d’adapter la vidéo dans tous les formats et toutes les durées possibles. Une technologie qui automatise aussi la distribution de vidéo. La vidéo ne touche pas que la publicité, notre technologie pourra s’adapter à de multiples besoins et marques. Personnellement, je suis un vrai fan de la vidéo. J’évolue dans ce domaine depuis des années, c’était déjà le fondement de ma précédente société Teads en 2010 (ndlr. la société a été rachetée 285 millions d’euros par Altice). Au début, il n’y avait que du texte, aujourd’hui tout est image et vidéo. Une étude montre qu’en 2022, 82 % du trafic monde va être lié à de la vidéo. Nous voulons donc équiper tous les acteurs.

Quels ont été les plus grands défis depuis le début ?

Il nous a fallu d’abord rassembler une première équipe, celle des fondateurs et cela nous a pris du temps. Ensuite, il a fallu créer le produit idéal, celui qui répondait à un besoin et une problématique. Nous avons pris le temps de discuter avec des marques. C’est ainsi que le produit a mûri avec le temps. Le dernier défi a été le financement car pour aller loin, il nous a fallu convaincre alors que le projet n’existait encore que sur papier ! Un sacré challenge et il n’est pas fini. Nous aimerions demain devenir une Licorne !

4 Conseils d’ Olivier Reynaud 

  • Trouver la meilleure équipe. Quand je dis équipe, il y a certes les associés mais également les talents qu’on recrute. Il existe plusieurs écoles dans l’entrepreneuriat dont celles qui privilégient le mono-entrepreneuriat avec un seul entrepreneur mais personnellement je trouve que la réflexion s’enrichit quand on est plusieurs.
  • Créer le meilleur produit. Il faut trouver un problème puis sa solution. Et non l’inverse. On se trompe si on crée une technologie et qu’on se demande ensuite comment la vendre.
  • Être proche des clients dès le début. Échanger avec ses futurs clients dès le premier jour permet de construire le produit et de trouver le bon concept.
  • Aller vite. Il faut prendre le marché de court et créer un produit avec une barrière forte. C’est la clé pour ne pas être copié. Soyez en avance, personne ne pourra vous rattraper. C’est très souvent les premiers qui gagnent le match. N’attendez pas le projet parfait, lancez-vous et votre projet évoluera dans le temps.

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