CréationGérerLes difficultés

Et si l’entrepreneuriat n’avait pas que des avantages ?

Avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, il convient de
réaliser que ce ne sera pas chose facile. On a souvent tendance à ne voir que
le bon côté de la balance, en pensant à une plus grande liberté et l’absence de
contraintes, mais il faut être conscient que la vie d’entrepreneur « n’est
pas un long fleuve tranquille
 ». Etre son propre patron sous-entend
plus de responsabilités, de contraintes et de difficultés que l’on n’avait pas
forcément envisagées.

Une protection sociale
à gérer soi-même

Tous les entrepreneurs ne sont pas forcément des travailleurs non-salariés
(TNS) : par exemple, le dirigeant de SAS qui possède moins de la moitié du
capital de son entreprise, possédera le statut de salarié. Les autres ont le
statut de TNS. Dès lors, leurs cotisations sociales sont 30 à 50 % moins
élevées que celles des dirigeants recevant une fiche de paie tous les mois. La
protection octroyée à ces TNS est moins qualitative.

En effet, les cotisations au RSI ne permettent pas d’être indemnisé en cas
d’accident du travail, de maladie professionnelle, ou bien sûr de chômage
résultant de la cessation d’activité. Cela semble particulièrement
problématique dans le cas des métiers comportant un risque important, comme
ceux du bâtiment.

Certaines prestations sont subordonnées à l’ancienneté dans l’activité : il
faut compter un an d’affiliation pour pouvoir bénéficier des compensations en
cas de maladie ou de maternité. Le délai de carence est toujours de 7 jours
pour un arrêt maladie.

Il existe néanmoins des solutions pour y remédier. Les cotisations
obligatoires étant plus basses, il semble nécessaire d’épargner au moins une
partie des sommes économisées pour ensuite les placer dans des assurances
volontaires, privées ou non. Il est possible de s’assurer volontairement auprès
de la Sécurité Sociale pour se protéger des risques liés aux accidents du travail
et maladies professionnelles. Tout ce qui est versé dans des assurances
complémentaires destinée à couvrir les aléas comme la vieillesse, la santé, la
maternité, l’invalidité-décès, est déductible de votre revenu professionnel.
C’était l’objectif des contrats Madelin par exemple. Aujourd’hui, il existe
même des assurances privées couvrant le risque de chômage.

Autre alternative pour ceux que ces inconvénients rebutent : vous pourrez
aussi choisir un statut salarié (gérant minoritaire de SARL, de SAS…), ce qui
vous permettra de contourner ces problèmes.

Entreprendre comporte
des risques

Lancer une entreprise suppose en général d’investir a minima beaucoup de
temps, et bien souvent des sommes non négligeables.

Il semble devenu assez simple de protéger son domicile principal.
Auparavant, il paraissait indispensable de constituer une société commerciale
(EURL, SA, SARL, SAS…) pour bénéficier de la séparation des patrimoines
privés et professionnels. L’autre solution, non sans risques, consistait à jouer
sur le régime matrimonial (on rendait le conjoint seul propriétaire des biens
du couple). Depuis la Loi Dutreil, on peut désormais réaliser une déclaration
d’insaisissabilité par les créanciers professionnels de la résidence
principale, devant un notaire (cette démarche n’est pas rétroactive).

Les investissements professionnels constituent encore un risque qu’il faut
être prêt à assumer lorsqu’on décide de devenir entrepreneur. Ce risque pourra
nuire dans les relations avec son banquier, mais aussi, et c’est peut-être plus
grave, avec ses proches. Nombreux sont en effet les entrepreneurs qui
sollicitent leurs familles et leurs amis lors de la création d’entreprise. Que
se passera-t-il s’ils se révèlent incapables de rembourser leurs dettes ?

La fin de la tranquillité
d’esprit

Lorsque l’on entreprend, il devient très difficile de séparer le temps
professionnel du temps privé. Il y a toujours quelque chose à faire, et
certains ont du mal à se déconnecter, concrètement (smartphone allumé, boîte
e-mail professionnelle ouverte même le dimanche, etc).

Cela peut se comprendre au regard des lourdes responsabilités à assumer.
Lorsque l’entreprise grandit, il faut parfois embaucher et choisir les
personnes avec qui l’on va travailler, chose pas forcément aisée. Les managers
et la gestion d’équipe ne se déroulent pas toujours comme on le souhaiterait.
Avec les fluctuations de l’activité économique, c’est aussi risquer de devoir
licencier, à un moment donné. 

Parmi les difficultés classiques de l’entrepreneur, on compte aussi la
complexité des démarches administratives. Faire ses comptes, déclarer ses
revenus, gérer sa protection sociale, ce sont autant de tâches complexes,
prenantes et généralement stressantes. Les difficultés à gérer sa trés

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer