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L’entrepreneure aux valeurs solides, interview de Tiana Raoilison

A 29 ans et bientôt maman, Tiana Raoilison est
également co-fondatrice de la société Smartelia, une société qui propose des
services d’assistants à distance pour les entrepreneurs et dirigeants de
TPE-PME. L’entrepreneure porte en elle des valeurs solides qui font aujourd’hui
d’elle une chef d’entreprise efficace. Portrait. 

Les valeurs positives et la bonne humeur de Tiana Raoilison, on peut les
voir venir. De son rire profond et sincère, elle n’hésite pas à se livrer à
cœur ouvert sur son parcours professionnel, qui l’a amené à goûté à
l’entrepreneuriat il y a deux ans. 

Un parcours aléatoire…
mais l’envie d’apprendre !

La jeune femme a ainsi co-créé Smartelia en 2012. L’entreprise propose à
ses clients un assistant qui prend en charge, à distance, tout ce qui ce qui
n’est pas censé être le rôle du dirigeant, laissant à ce dernier la possibilité
de se concentrer sur son expertise et cœur de métier de son organisation. Mais
avant cette belle réussite, la jeune femme a eu un peu de mal à trouver sa
voie. 

« J’ai d’abord fait des études de droit, avant de
passer en sciences politique et communication, puis de suivre des cours de
marketing… Je pense que c’est assez clair : je ne savais pas vraiment ce que
je voulais faire et je recherchais activement ma voie. J’avançais sans vision
claire. »
, précise Tiana. La future entrepreneure ne se plaît pleinement dans aucune
des formations qu’elle réalise mais trouve néanmoins son bonheur dans le fait
d’apprendre dans différents domaines. 

Une première
expérience formatrice

Elle entame ensuite plusieurs stages dans des entreprises de toutes
tailles, TPE, PME ou Grands Comptes. Mais là aussi, la jeune Franco-Malgache ne
s’épanouit pas réellement. Elle termine malgré tout ses études en 2010 et se
lance directement dans la création. En dépit de toute son incertitude, Tiana
est certaine d’une chose : elle désire entreprendre. Elle co-fonde avec son
mari, l’agence EmoSon, spécialisée dans l’identité sonore. Mais l’aventure est
de courte durée : l’expérience manque à l’appel, le secteur est en crise et
Tiana abandonne le projet en cours de route. EmoSon reprend à nouveau en 2014 à
travers son mari. 

Malgré ce premier échec entrepreneurial, la jeune femme reste marquée par
cette expérience. « Même si mon premier projet
s’est endormi, ma conviction de vouloir créer mon entreprise demeure intacte. »
, affirme la jeune femme
qui porte l’entrepreneuriat dans son cœur. « J’étais tellement déçue de mes
expériences passées en stage et lors de mon parcours en alternance : je voulais
vraiment transposer mes valeurs, mon style de vie et ma façon de penser au
travers une entreprise. Je désirais aussi avoir la liberté de choisir les gens
avec qui j’ai envie de travailler, afin de créer une équipe qui voyage dans le
même bateau, comme une famille. », explique-t-elle. 

Nouveau départ 

Quelque temps après, Tiana découvre sur les réseaux sociaux qu’il existe un
incubateur Newcopark à Madagascar, son pays d’origine. La structure organisait
alors un concours de business plan pour de jeunes entrepreneurs-étudiants qui
souhaitaient monter une boîte sur l’île. Tiana, curieuse, se renseigne et
décide d’écrire à Cédric Donck, Business angel et fondateur de l’incubateur «
Newcopark ». « J’ai envoyé un mail en
précisant que j’étais intéressée par ce qu’il faisait, que j’avais un club
d’entrepreneur étudiant. Il m’a répondu 2 mois plus tard… Après un bref
rendez-vous Skype de 20 minutes, il m’a proposé de faire partie du Jury du
concours. J’ai accepté et me suis rendue à Madagascar, 20 jours après. ». 

Sur place, Tiana découvre la jeunesse entrepreneuriale malgache et fait la
rencontre de Harittina Randriamanantena, actuelle directrice de production de
Smartelia : sa collaboratrice au quotidien. 

Deux mois après, Cédric Donck demandera à Tiana si elle souhaite se lancer
dans l’aventure Smartelia et co-créer ensemble la première société d’assistants
virtuels francophones. Adjugé ! Tiana accepte et se lance une deuxième fois fin
d’année 2012. Les deux femmes, accompagné de leur Business Angel, font
progressivement grossir l’entreprise jusqu’à aujourd’hui. Depuis son existence,
Smartelia a permis la création directe de 45 emplois à Madagascar. Et comme une
bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Tiana Raoilison porte en elle la vie et
devrait, dans les prochains mois, vivre encore une nouvelle aventure.
Familiale, celle-ci.

3 Questions à… Tiana
Raoilison

Quelles ont été les difficultés lorsque vous avez
commencé à travailler sur le projet Smartelia ? 

Nous avons rencontré des difficultés au niveau des clients notamment
concernant l’expérience client. Au tout début de l’aventure, quand nous
démarchions des personnes de notre réseau ou des individus que l’on connaissait
et qui nous faisaient confiance, cela ne posait pas de problèmes. En revanche,
dès que nous avions des clients qui ne nous connaissaient pas du tout, les
choses n’aboutissaient jamais ! Nous nous sommes rendu compte que nous faisions
peut-être un peu mal les choses sur certains points et nous avons donc repensé
notre organisation et surtout l’expérience client dans la délégation. À ce
moment-là, j’ai vite compris que l’entrepreneuriat était semblable à une
relation de couple. La flamme doit être entretenue en permanence. On peut vite
la perdre, si on se laisse décourager par les plaintes des clients ou un
produit qui ne se vend pas. Au début, l’aventure entrepreneuriale est toujours
très euphorisante, mais quand viennent les difficultés il faut apprendre à anticiper
l’avenir et surtout à rester humble.

Quelles sont les valeurs que vous avez introduites
dans votre entreprise ? 

D’abord, l’humilité. On ne peut pas avancer sans elle car il faut toujours
se remettre en question. L’empathie et l’intégrité demeurent également des
valeurs essentielles car il ne faut jamais mentir au client, et surtout
l’écouter. Enfin, la convivialité apparaît pour moi importante. On insiste pour
que nos équipes gardent le sourire et qu’elles n’hésitent pas à parler quand il
y a quelque chose qui ne va pas. Nous recrutons dans ce sens, c’est-à-dire des
candidats qui sont de bonne volonté. Si nous voyons rapidement qu’un candidat
ne rentre pas dans les valeurs de Smartelia, nous n’hésiterons pas à mettre sa
candidature de côté, car cela ne fonctionnera pas à long terme.

Allez-vous mettre en pause les activités de Smartelia
le temps de votre grossesse ?

Non du tout ! Quand je suis tombée enceinte, nous en avons parlé avec mon
Business Angel, Cédric Donck, qui m’accompagne dans mon aventure personnelle
d’entrepreneur et avec qui je fais le point de façon régulière, sur mes
difficultés mais aussi mes réussites ! Concernant ma grossesse, ce fut
l’occasion de passer à l’étape supérieure : du stade de l’entrepreneur à celui
de chef d’entreprise. Aujourd’hui je vais donc recruter mon premier stagiaire,
déléguer de plus en plus pour transmettre tout ce que j’ai construit et appris
lors de ces deux ans d’aventures entrepreneuriales.

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