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Entreprendre sans vouloir de salariés, une bonne idée ?

De nombreux entrepreneurs désireux de créer leur société choisissent de ne pas recruter de salariés : on estime ainsi que près de 90 % des nouvelles entreprises ne comptent qu’un seul membre. Cependant, ce choix comporte aussi des désavantages sur le long terme, qu’il est bon de prendre en compte. Au final, est-ce vraiment une bonne idée de créer son entreprise sans salariés ?

La simplification administrative

Le statut d’entrepreneur individuel, que l’on opte pour une micro-entreprise ou une EI traditionnelle, est sans conteste le plus facile à mettre en place, le moins onéreux et le plus aisé à gérer au quotidien. Sur le plan administratif, il s’agit d’une option à la portée du plus grand nombre, qui rend accessible le fait d’entreprendre en se passant de salariés. Ce type de création d’activité ne demande pas de capital de départ minimum, ne réclame pas la rédaction de statuts et implique des frais de gestion tout à fait limités. Une entreprise sans collaborateurs peut donc bénéficier d’un statut simplifié très pratique pour se lancer, en plus d’offrir un fonctionnement plus souple.

La maîtrise des dépenses, un atout

Pour les nouveaux chefs d’entreprise, la perspective de ne pas embaucher de salariés dans un premier temps obéit à une logique simple : limiter les dépenses initiales. En effet, l’absence de salaires à verser tous les mois permet de concentrer les investissements sur le cœur de l’activité. La forme de l’entreprise individuelle donne également la possibilité de gérer plus facilement la partie comptable : le dirigeant n’est pas obligé de réaliser une séparation entre son patrimoine personnel et professionnel. Seul maître à bord, il prend les décisions de son choix avec la plus grande liberté. Enfin, il peut s’abstenir de certaines formalités comme le dépôt des comptes annuels au greffe.

Le choix de la sécurité

Entreprendre sans vouloir de salariés peut aussi être considéré comme un choix judicieux lorsqu’on souhaite conserver par ailleurs une certaine sécurité financière. Il est possible d’opter pour le statut de salarié-entrepreneur, qui permet de tester son projet d’entreprise sans avoir pour autant à abandonner son emploi. Une entreprise individuelle peut en effet être créée sans avoir à modifier son contrat de travail si celui-ci ne comporte pas de clause d’exclusivité. Un congé ou un temps partiel peuvent aussi être demandés pour créer son entreprise individuelle : si le projet ne démarre pas comme escompté, il est possible de retourner à son activité première, chose impossible quand on a déjà embauché des salariés…

Les inconvénients de la création d’entreprise en indépendant

Avec l’explosion du statut d’auto-entrepreneur ces dernières années, de très nombreux travailleurs indépendants ont fait leur apparition. En 2015, le rapport Mettling estimait que 10 % de la population active en France s’était déjà essayée au travail indépendant. Pour autant, créer son entreprise seul comporte des inconvénients à ne pas négliger. Le plus notable est que le chef d’entreprise est le seul responsable sur le plan juridique : en cas de faillite, il peut être amené à rembourser ses dettes en cédant ses biens personnels. Un autre inconvénient vient du fait que l’entrepreneur devra payer l’impôt sur le revenu sur la totalité du bénéfice réalisé, ce qui est loin d’être négligeable. Comme pour les entreprises individuelles, la responsabilité de l’auto-entrepreneur est illimitée pour les dettes contractées lors de son activité professionnelle.      L’absence  d’assurance chômage

En qualité de travailleur indépendant, l’auto entrepreneur ne pourra pas prétendre à l’assurance chômage en cas d’échec. Il existe  des solutions pour être couvert contre le chômage, comme le portage salarial.

Les plafonds limités du régime auto entrepreneur

Les plafonds prévus pour le régime de l’auto entrepreneur sont relativement faibles. Lorsque le chiffre d’affaires dépasse les limites ci-après, le régime de l’auto-entrepreneur cesse dès l’année qui suit celle du dépassement :

  • 176 200 euros de chiffre d’affaires hors taxes pour les activités de vente de marchandises et fourniture de logement ;
  • 72 500 euros de chiffre d’affaires hors taxes pour les activités de prestations de services.

 Les cotisations et les impôts calculées sur le CA

Les cotisations sociales de l’auto entrepreneur, ainsi que son impôt sur le revenu (s’il a opté pour le prélèvement libératoire) sont calculées à partir de son chiffre d’affaires, et seront donc dues même si l’auto entrepreneur ne dégage aucun profit en réalité.

L’impossibilité de déduire ses charges en micro-entreprise

Vous ne pourrez pas déduire les charges liées à l’activité pour calculer le bénéfice à déclarer pour payer vos cotisations sociales et votre impôt. Vous payez vos impôts et cotisations sociales en fonction de votre chiffre d’affaires et non de votre bénéfice. L’administration fiscale appliquera un abattement forfaitaire lorsque vous ferez votre déclaration de revenus pour prendre en compte vos frais professionnels de manière forfaitaire.

L’impossibilité de récupérer la TVA sur vos investissements, frais professionnels et achats liés à l’activité

Vous ne pourrez pas non plus demander le remboursement de la TVA payée sur vos frais professionnels et investissements liés à votre activité auto-entrepreneur.

L’affiliation obligatoire à la Sécurité Sociale des Indépendants (ex RSI)

L’obligation d’affiliation à la Sécurité Sociale des Indépendants, anciennement appelée Régime Social des Indépendants (RSI), pour votre sécurité sociale. Depuis 2019, les auto-entrepreneurs sont gérés par la CPAM (sécurité sociale générale).

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