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Un compte bancaire professionnel… nouvelle génération !

Dans le paysage des néobanques, Qonto s’intègre parfaitement en tant que banque en ligne dédiée exclusivement aux professionnels. Une première sur le marché français, et qui compte bien dépasser les frontières de l’Hexagone pour devenir le leader en Europe.

« Qonto, c’est une nouvelle manière de penser les banques et les services qu’il y a autour », lance son dirigeant, Alexandre Prot. Créée en avril 2016, la néobanque française creuse son sillon dans le secteur des banques en ligne. Sa spécificité : elle se destine exclusivement aux entreprises, particulièrement les PME, TPE et indépendants.

Se distinguer dans un écosystème FinTech. 

Parmi les FinTech (alliance des termes « Finance » et « Technologie », ndlr), Qonto a bel et bien su se faire sa place. Là où la majorité des banques en ligne comme Boursorama ou Fortuneo se consacrent prioritairement aux particuliers pour ensuite élargir l’offre aux professionnels, le service, lui, ne s’adresse qu’aux entreprises. « Par rapport aux offres proposées aux particuliers, celles pour les professionnels restent limitées car ils ne sont pas considérés en tant que personnes morales, explique le cofondateur, avant de poursuivre : beaucoup de petites et moyennes entreprises étaient comme laissées-pour-compte face aux grands groupes déjà équipés. L’objectif est de pallier cette frustration grâce à un service qui leur est dédié. » Avec Qonto, les professionnels bénéficient alors d’un IBAN, d’une carte de paiement ajustable en temps réel et peuvent également passer des virements ou prélèvements. L’inscription s’effectue entièrement en ligne pour un coût qui oscille entre 9 et 299 euros HT par mois. 

Phase de test. 

C’est aux côtés de Steve Anavi que le concept voit le jour. Auparavant dans le business de la cigarette électronique (Smok.io, rachetée en 2015, ndlr), les deux cofondateurs, mécontents de leur banquier, décident de créer leur propre service. Son lancement aura nécessité plus de six mois avant d’être testé en interne (ils étaient alors un peu moins de dix personnes, ndlr) afin de résoudre les quelques bugs liés au démarrage. « Nous étions les seuls à utiliser le service. Nous mettions, par exemple, 100 euros sur un compte et réalisions de petits virements et retraits », raconte Alexandre Prot. Puis, en avril 2017, la version « bêta » est lancée. Ils mettent ainsi, gratuitement, le service à la disposition de 200 entreprises préinscrites pendant un peu moins de trois mois. « L’enjeu était d’améliorer les fonctionnalités de la plateforme grâce aux retours des premiers utilisateurs », précise le cofondateur. Début juillet de la même année, alors que l’effectif salarial a doublé pour passer à une vingtaine de salariés, Qonto est commercialisé. Fin 2017, le service BtoB compte 5 000 entreprises clientes, avant d’en enregistrer 10 000 en mars suivant.

Les clients, au cœur de la décision. 

Aujourd’hui, ce sont plus de 20 000 sociétés qui composent la base cliente de l’entreprise. Et pour répondre à leurs attentes, Qonto mise, entre autres, sur les retours de ses utilisateurs. Ainsi, des mails de commentaires et suggestions lui sont régulièrement envoyés. Des feedbacks qui favorisent le développement du service et lui permettent de se perfectionner. « Nous plaçons nos utilisateurs au centre de nos décisions et priorisons les améliorations à effectuer selon leur degré d’importance et leur délai de faisabilité », affirme le dirigeant de Qonto. Côté support, le délai moyen de réactivité s’avère de treize minutes, tandis que le service client reste ouvert du lundi au samedi. Une stratégie qui leur vaut un taux de satisfaction de 96 %.

Différents accès pour un même compte. 

Gérer ses finances « seul ou en équipe ». Telle est la baseline annoncée par le site de la néobanque. Toujours dans une logique de simplification d’utilisation, le service propose différents accès pour un même compte bancaire. « Selon si vous êtes le dirigeant ou l’expert-comptable rattaché à l’entreprise en question, les fonctionnalités liées au compte seront plus ou moins limitées, précise Alexandre Prot. Il ajoute : par exemple, un expert-comptable n’aura, en principe, accès au compte qu’en lecture seule, sans possibilité d’effectuer telle ou telle opération. » Le client peut aussi choisir le nombre de cartes bancaires comme de salariés y ayant accès, sans oublier leurs plafonds associés. Il n’est donc plus question de tout centraliser vers une et même personne, mais de partager les droits et accès au compte, ajustables pour chaque collaborateur, et gagner du temps.

Un plus par rapport aux banques traditionnelles. 

« Un certain nombre de banques contraignent les entreprises à se munir d’un boîtier dès lors qu’elles souhaitent passer un virement via leur compte professionnel. Avec Qonto, un simple mot de passe, renouvelé toutes les 45 secondes, autorise l’opération », lance le dirigeant. Autre avantage : la présence d’une barre de recherche. Cette dernière permet de retrouver rapidement une facture ou une note de frais, par exemple, en tapant simplement les mots clés. Au-delà de la rapidité, le service souhaite également se distinguer en offrant toujours plus de visibilité. « Contrairement aux banques traditionnelles, où l’historique des opérations comptables n’est disponible qu’en moyenne trois mois, celui de Qonto s’avère illimité », ajoute-t-il. Seul bémol, la banque en ligne ne propose ni de produits d’épargne, ni de solutions de financement.

Une relation à distance, mais avec un suivi. 

À l’heure où de plus en plus de personnes effectuent leurs achats sur le net, l’absence d’une agence physique n’est, pour Alexandre Prot, pas un frein au développement des néobanques comme Qonto. « Les clients sont contents de ne pas avoir à se déplacer en agence et de pouvoir régler tout à distance », confie le cofondateur du service. Et puis, ce n’est pas parce que l’on ne voit pas physiquement des personnes qu’il n’y a pas de suivi. Sur la plateforme, une équipe dédiée se charge de répondre aux interrogations et besoins de leurs clients ou prospects. De quoi rassurer ceux qui ont l’habitude des banques traditionnelles et de leurs rendez-vous physiques avec un conseiller bancaire. Doté d’une application mobile déjà traduite en anglais, le service compte bien conquérir l’international.

Un second tour de table pour s’exporter. 

Ce n’est pas un hasard si l’appellation « Qonto » tire son origine de « Konto », qui signifie « Compte », en espéranto. Le service de banque en ligne a en effet vocation à s’exporter, particulièrement au sein de l’Union européenne. « Nos utilisateurs basés en France ne sont pas tous francophones et certains souhaitent s’exporter à l’international », explique Alexandre Prot. Dans le viseur pour 2019 : l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Et pour devenir le leader en Europe, il n’a pas hésité à lever dix millions d’euros en juillet 2017 auprès de ses deux principaux investisseurs historiques, Valar Ventures et Alven Capital (une première levée de fonds de 1,6 million d’euros avait déjà été réalisée en 2016 afin de soutenir les coûts liés au lancement du service, ndlr). Ce second tour de table lui aura également permis de « constituer une équipe de choc », comme l’affirme son dirigeant. Avec 60 % du budget global alloué à la masse salariale, ils sont passés de 20 à 80 collaborateurs et ont investi des locaux de près de 1 000 m² (à l’origine, ils étaient de 340 m², ndlr) situés en plein cœur de Paris.

Miser sur le partenariat. 

Pour pouvoir encaisser les paiements par carte bancaire aussi bien pour les magasins physiques que pour les chauffeurs de VTC, Qonto s’est associé avec le terminal de paiement iZettle. Et récemment, la néobanque affiche son partenariat avec Alan et Malt pour le lancement de leur plateforme Sésame. À destination, cette fois, des quelques 800 000 travailleurs freelances, elle devrait leur fournir des offres préférentielles sur des services dédiés. Alors que Malt permettra aux indépendants de trouver de nouvelles missions et qu’Alan a ciblé la population en tant que complémentaire santé, Qonto vise, elle aussi, les freelanceurs de par son activité. Autant dire que la start-up n’est pas à court d’idées, reste plus qu’à savoir si elle sera à la hauteur de ses ambitions.

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