10 bonnes raisons de ne pas faire de business plan

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale    06/07/16    7
10 bonnes raisons de ne pas faire de business plan !

« Tu veux te lancer ? Alors commence d’abord par faire un business plan ! ». Cette phrase, tous les porteurs de projet l’ont déjà entendue maintes fois. Et si, malgré leur bonne volonté, tous ceux qui vous conseillent de passer par la case business plan avaient tort ?...

De toute façon il sera faux !

Un joli document de 50 pages avec de très beaux graphiques et des chiffres un peu partout, et tout ça pour quoi ? Pour prouver que votre idée de business est l’idée du siècle et que dans même pas deux ans vous serez le roi du pétrole ! C’est beau… mais c’est faux ! Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul à avoir rédigé un business plan qui ressemble davantage à un conte de fée qu’à la dure réalité du marché. Les investisseurs le savent : les business plan qu’ils reçoivent sont toujours trop optimistes et analysent le marché en fonction des intérêts de l’entreprise. Les investisseurs recherchent d’ailleurs plus à savoir, dans le précieux document, si les entrepreneurs sont capables de se poser les bonnes questions que s’ils y apportent les bonnes réponses.

Ça ne vous apportera pas grand-chose

Qui a dit que le business plan constituait une bonne base pour piloter son entreprise au quotidien ? Tout le monde ? Hé bien, un petit conseil : arrêtez d’écouter ce que tous les apprentis-entrepreneurs clament autour de vous et concentrez-vous sur les vraies données qui vont vous aider à piloter votre entreprise : les retours des clients. Votre business plan aura beau vous démontrer, chiffres à l’appui, que vous devez aller vers la direction A, si vos clients, eux, vous attendent plutôt sur la direction B, il faudra délaisser votre business plan et ses prévisions.

C’est très chronophage

Lorsque vous aurez terminé de rédiger votre joli business plan, vous pourrez être fier de dire autour de vous que vous avez passé trois mois à finaliser le document. Bravo, vous venez de passer trois mois enfermé chez vous devant votre ordinateur alors que vous auriez pu consacrer ce temps précieux à aller à la rencontre de vos prospects, à démarcher de nouveaux clients, et à tester l’impact de votre offre sur votre cible. Mieux vaut aller droit au but et ne pas perdre de temps pour imposer au plus vite votre offre sur le marché, surtout s’il s’agit d’innovation. Chaque jour est compté !

Tous les business plan se ressemblent

A moins que vous vous lanciez dans la rédaction d’un business plan un peu atypique, qui sort du cadre bien défini du parfait petit business plan, vous ne proposerez à vos investisseurs et partenaires qu’un énième document cloné. Si vous décidez de rédiger tout de même un business plan, innovez un peu, et sortez de la structure habituelle. Osez poser les vraies questions, émettre clairement les problèmes que vous rencontrez et les solutions que vous envisagez, les éventuelles difficultés que vous avez su dépasser… Et abordez les points qui fâchent, toutes ces questions que vous poseront de toute façon les investisseurs : comment rebondirez-vous si votre marché s’effondre ? Avez-vous clairement défini les modalités en cas de conflits d’associés… Vous arriverez d’autant mieux à vendre du rêve si vous le raccrochez à la réalité.

Les investisseurs attendent du nouveau

Vous pensez vraiment que vous allez impressionner les investisseurs avec votre business plan affreusement plan-plan ? Sachez que, pour retenir l’attention de financeurs qui voient passer toute la journée des porteurs de projets aux business plans similaires, il va vous falloir innover. Sans aller jusqu’à passer pour un farfelu, osez vous passer d’un business plan ultra complet et imposez-vous grâce à une présentation orale qui prouve votre talent d’entrepreneur et la pertinence de votre projet.

Ça vous bloquera dans votre agilité

Un des problèmes du business plan est qu’il a tendance à enfermer l’entrepreneur dans un scénario totalement prédéfini, l’empêchant parfois de prendre des chemins auxquels il n’avait pas pensé. En se cramponnant à son business plan, par peur de l’inconnu, l’entrepreneur passe à côté de ce qui fait justement la grande force des petites structures face aux grandes boîtes : l’agilité. La voie du succès sera peut-être très loin de celle que vous aviez imaginé dans votre business plan initial. Sûrement même. Et il vous faudra être prêt à renoncer à tout moment à votre plan bien établi pour vous lancer dans une stratégie improvisée, mais terriblement efficace. Un peu de spontanéité ne fait pas de mal au business !

Essayez plutôt de prouver que de démontrer

Vous remettez aux investisseurs un dossier de 50 pages dans lequel vous démontrez par A + B que votre idée est géniale ? Sachez qu’ils risquent de vous répondre simplement que vous n’avez plus qu’à prouver que votre concept est super ! Mieux que d’expliquer avec des jolies phrases que vous allez cartonner, faites votre maximum pour apporter à vos futurs investisseurs la preuve concrète que votre entreprise décolle. La réaction des clients face à votre offre sera beaucoup plus parlante que tous les tableaux et graphiques du monde.

Vous croyez vraiment qu’ils s’ennuient à faire ça dans la Silicon Valley ?

Vous vous dites que, sans business plan, vous irez forcément dans le mur ? Rassurez-vous en vous rappelant que de très nombreux entrepreneurs ont réussi sans gaspiller leur temps à rédiger un business plan. Croyez-vous que Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Bill Gates ou encore Jeff Bezos ont pris leurs petits cahiers pour faire un business plan avant de se lancer ? La réponse est non. Ils se sont lancés, ont parfois pris des chemins qui n’étaient pas les meilleurs, ont rectifié le tir… et ont cartonné, simplement en se lançant sur le terrain.

Vous y trouverez plein de bonnes excuses pour ne pas créer votre boîte

Les partisans de la méthode « no business plan » avancent toujours un argument assez convaincant. Le business plan ne servirait qu’à fournir au porteur de projet une multitude de bonnes raisons de ne pas entreprendre. Des mauvais chiffres qui indiquent que le marché est totalement bouché, une étude un peu trop poussée sur les futurs concurrents qui prouve qu’ils seront indépassables… Parfois, il vaut mieux faire l’autruche et se lancer en kamikaze. à trop chercher les bonnes conditions pour créer sa boîte, on finit par ne jamais se lancer.

Vous vous couperez de la réalité

Faire des recherches derrière votre ordinateur pour récolter les chiffres de l’étude de marché, vous creuser la tête pour trouver la plus belle forme de diagramme pour mettre en valeur vos avantages concurrentiels… Tout ça c’est très bien. Mais c’est loin, très loin du terrain et de vos clients, les seules vérités à analyser avec soin. à trop être dans l’étude du marché, vous risquez de ne jamais être capable d’être dans l’action sur ce marché ! Ne pas se lancer à l’aveugle c’est bien. Mais ne perdez pas de vue le monde réel, qui réagit parfois d’une façon étonnante et très différente de celle que vous aviez prévu dans vos tableaux !

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d Vidéo
8 juin 2015 6
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7 commentaire(s)
JOUVE

Ah mais voilà une idée intéressante et porteuse de bon sens !
Je suis à l'aube d'un nouveau projet, financièrement très important, avec de gros besoins en capitaux, je vais appliquer votre méthode :-) En tant que conférencière, un exercice que j'adore et avec lequel je me sens plus à l'aise qu'avec des écrits "formatés", je devrais m'en sortir :-)

LA FONTAINE disait : On rencontre souvent son destin par les chemins que l'on prend pour l'éviter...
Grâce à vous, je vais me simplifier la vie et prendre un chemin plus direct et certainement plus humain !

Je vous raconterai...

TBPS

Bonjour
Je me fais l'avocat du diable ... Je pense que la plupart des points sont valides, certains sont un peu limites (oui, tout le monde dans la silicon valley fait des business plan) mais d'autres sont très vrais.
Je pense qu'un business plan est avant tout une façon de prendre du recul sur son projet et de vérifier qu'on a bien pensé à tout avant de se lancer pour de vrai, avec financement où non.
Nous avons conçu une plateforme de création de business plan: http://www.thebusinessplanshop.com
Le site permet d'obtenir un plan structuré assez facilement avec également une aide pour calculer son budget prévisionnel.
Notre logiciel cherche a éradiquer les points 3 (c'est plus rapide et facile à créér) et les points 1 et 6 (ça permet de faire des modifications au fur et a mesure sans s'emmeler les pinceaux)
N'hésitez pas a essayer et donner votre avis!

David

Jonathan

Bonjour,

Votre article est intéressant, mais il y a deux points essentiels qui ne sont pas pris en compte : le besoin en capitaux et la crédibilité du projet.

Certains projets n'ont pas besoin de financement au départ, ce qui est le cas pour mon dernier projet. Pas eu besoin de prévisionnel, les clients sont venus dès le départ et mon salaire a été doublé en un an (alors déjà gérant d'une autre SARL). Ce projet va probablement exploser dans les mois qui viennent et le chiffre d'affaire multiplié par 5 puis par 10 en moins de deux ans, on va très vite parler en centaines de milliers d'euros avec un budget de communication et de recherche égal à zero, pour l'instant auto-entrepreneur par stratégie, une société va être créée début 2015.
Lorsqu'on me demande mes prévisions de chiffres (assurance juridique / responsabilité civile), je suis bien embêté. Et quand mes interlocuteurs voient que le projet a un très gros potentiel, ils ne comprennent pas qu'il n'y ait pas eu de business plan. (et je ne peux pas leur répondre : "J'en sais rien combien je vais faire à n+2 et je m'en fous."

Certes je n'ai pas besoin de business plan, je n'ai rien à financer, mais sans celui-ci, il est plus difficile de séduire de nouveaux partenaires.
Je me suis entouré de cabinets conseils (Haxone), et autres partenaires pour m'aider à adopter la meilleure stratégie. Il s'avère qu'un business plan leur serait bien utile... Est-ce qu'on crée une holding ? Quel statut pour la société ? Quel capital ? Anticiper la levée de fonds, le statut J.E.I.... etc... pour ça on a besoin d'un plan chronologique avec budgets et prévisions.

Inutile au début, c'est clair, un projet qui demande des financements alors qu'il n'a pas encore commencé, c'est souvent un projet sans avenir. Des rêveurs qui pensent séduire des milliardaires et faire fortune en levant des fonds... Etre ambitieux c'est bien, mais n'oubliez pas le principal, pour construire un projet solide, il faut commencer par creuser et faire les fondations.

Des startups qui lèvent 100K€ il y en a des wagons, combien dépassent les 5 ans d’existence (et pendant ce temps les fondateurs sont au smic et encore...) ? Une levée de fonds ne doit pas servir à développer un projet, mais à le consolider, à le faire grossir.

Je vous invite à étudier l'Effectuation (recherchez sur Youtube / Google), c'est la seule vraie approche de l'entrepreneuriat.

Jonathan

Jean

Pas convaincu !

Impossible d'évaluer un BFR sans plan de trésorerie par exemple. L'idée d'un prévisionnel n'est pas de tout maitriser mais bien d'anticiper et limiter les incertitudes.

Mais point de vu intéressant. Ca permet de se détacher de ce document et de prendre un peu de recul !

ASCONE

Des idées intéressantes, tant dans le propos initial que dans les commentaires.

Comme cela a été dit par TBPS, faire un business plan, seul ou encore mieux avec un conseil extérieur, permet surtout de prendre du recul pour bien maîtriser son projet, et être clair dans sa tête.

La forme (écrite standardisée, orale ou visuelle) est secondaire.

Qu'il serve pour lever des fonds auprès d'établissements bancaires ou d'investisseurs me parait une évidence, comme l'est également l'utilisation comme outil de suivi ultérieur des réalisations.

Se doter d'outils de gestion prévisionnels est essentiel pour assurer la pérennité d'un projet. L'expérience m'a montré, qu'outre leurs compétences techniques, des professionnels extérieurs peuvent apporter une vision externe objective, et permettre ainsi cette prise de recul et la sécurisation d'un projet.


Suzy

Bonjour,

Personnellement, je ne suis pas d'accord.

J'ai fait moi-même mon business plan et j'ai appris beaucoup de choses sur l'aventure qui m'attendait. Je ne suis pas resté enfermé et j'ai été accompagné par la CCI de ma commune et j'ai énormément appris.

Sans cela, je pense que je n'aurais pas convaincu mes investisseurs.

Certes, les montants sont très loin de la réalité car on est sur du prévisionnel mais cela donne la tendance et surtout l'objectif à atteindre.

NOBA

Je trouve très instructif votre article.

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