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Femmes et entrepreneuriat, encore du chemin à parcourir

La récente loi qui impose aux entreprises de rendre des comptes grâce à l’index égalité hommes/femmes est révélateur que les préjugés sont fortement ancrés. En ce qui concerne l’entrepreneuriat féminin, Timme, start-up fondée en 2015, publie un baromètre réalisé auprès de ses clients afin d’établir le portrait-robot de l’entrepreneur.e hexagonal.e.  Qu’en est-il des femmes qui entreprennent ? Qui sont-elles ? Qu’attendent-elles ? Quelles difficultés rencontrent-elles ? Décryptage.

Le rêve de l’indépendance

69 % des femmes
entrepreneures
 interrogées déclarent que l’indépendance est leur raison principale mais celle-ci est associée à l’envie de donner vie à un projet (51 %), d’être son propre patron (45 %), de mettre du sens à son existence (45 %). 

Ces trois souhaits montrent combien les femmes ont envie de s’épanouir et cette étude confortent d’autres études dans lesquelles les femmes expriment les mêmes motivations.

Le salaire, surprise !  pas la priorité première !

Elles sont seulement 14 % à l !’évoquer à l’inverse des hommes qui sont 38 % à reconnaître vouloir gagner davantage lorsqu’ils créent leur entreprise. 

Si les femmes n’entreprennent pas pour obtenir des revenus mirobolants, il ne faudrait pas les classer dans la catégorie des salaires complémentaires car elles ont pour objectif dégager un salaire chaque mois. Il ne s’agit pas de créer un emploi non rémunérateur pour s’occuper l’esprit comme le sous-entendent nombre de personnes. La confusion existe encore fortement dans les esprits et les hommes le confirment :

« Je pense que certains préjugés ont la vie dure, notamment sur la capacité des femmes à avoir les épaules pour gérer un business. Personnellement, je pense qu’elles sont tout aussi bien armées que nous. »

Des difficultés pour estimer leur salaire

Pour 70 % des femmes, la rémunération est un véritable frein d’autant qu’elles constatent qu’il leur est particulièrement difficile à estimer (46 %) tout comme il est, à leurs yeux, compliqué de calculer un salaire (38 %). Il y a dans cette difficulté le reflet des femmes qui ont pris l’habitude d’avoir un salaire inférieur à celui des hommes qui les empêchent d’avoir une vision claire de leur valeur monétaire et de se détacher des stéréotypes.

« Une femme entrepreneure est vue comme faisant une activité complémentaire à celle de son mari plutôt que considéré comme un « vrai » chef d’entreprise. »

Trouver des clients, un enjeu difficile

Elles sont 51 % à souligner cette difficulté quotidienne dû au fait qu’une femme entrepreneure est toujours et encore moins crédible qu’un homme ! 

« L’entrepreneuriat féminin n’est pas pris au sérieux par la plupart et le relationnel partenaire et client est parfois plus compliqué car il faut démontrer son professionnalisme constamment et prouver qu’on sait où on va et qu’on n’a pas besoin d’aide (le syndrome du chevalier à la rescousse est très fréquent). »

Jamais de regret d’avoir créé une entreprise

Malgré les appréhensions et les obstacles, les femmes qui décident de créer leur entreprise, n’expriment aucun regret de s’être investie.

Les difficultés ne les empêchent pas d’être satisfaites de leur nouveau statut (7,5/10). Elles évaluent ainsi à 8/10 leur taux d’épanouissement personnel. 

Quant au stress 50 % des femmes ne voient aucune différence avec celui d’une femme salariée. Leurs réponses n’est pas le fruit du hasard puisque 95 % des répondantes ont déjà eu une expérience salariée : on note ainsi que 56 % d’entre elles ne constatent pas de décalage important entre leurs attentes et la réalité. 

Difficiles de dépasser le poids des stéréotypes

Elles estiment à 50 % avoir un bon équilibre vie personnelle/vie professionnelle mais seules 16 % pensent avoir atteint un équilibre parfait. Elles évoquent la difficulté de gérer charge de travail et charge mentale.  On assiste même à un phénomène d’auto-culpabilisation, certaines se culpabilisant de devoir arbitrer entre les obligations professionnelles et les obligations familiales, c’est dire que le partage des tâches est loin d’être acquis dans les familles. 

« Les femmes ne sont pas toujours reconnues. Elles assument très souvent en plus des tâches quotidiennes à la maison. »

L’entrepreneuriat implique de travailler beaucoup. L’étude montre que 6 femmes sur 10 travaillent plus que 35 heures et que 14 % des entrepreneures interrogées consacrent même plus de 60 heures à leur activité.  Une entrepreneure sur deux estime qu’il est plus dur de créer sa société quand on est une femme quand 75 % des hommes pensent le contraire. 

Manque de crédibilité, sexisme, a priori quant à la disponibilité et à l’efficacité mais aussi réticence des banques à prêter aux femmes sont des exemples qui reviennent pour expliciter ce ressenti.

Des compétences à acquérir

64 % des femmes considèrent que leur formation académique ne les a pas bien préparées à entreprendre. D’ailleurs, 16 % d’entre-elles ont suivi des formations complémentaires quand 84 % ont appris sur le tas. 

Des chiffres qui ne font pas peur aux femmes qui jugent de façon globale qu’entreprendre peut être à la portée de toutes du moment que les femmes n’hésitent pas à investir dans la formation et à persévérer pour dépasser leurs limites. 

« Moins crédible que les hommes, il faut plus se battre pour montrer ses compétences. »

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